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Tap

Tap

(Virmaître, 1894) : Se disait autrefois des condamnés à être exposés publiquement et marqués au fer rouge. Travaux forcés à temps, T. F. T. Travaux forcés à perpétuité T. F. P. Faire le tapin c’était être exposé (Argot des voleurs). N.

Tap ou Tapin

(Delvau, 1867) : s. m. Poteau du pilori, — dans l’argot des voleurs. Faire le tapin. Être exposé. On dit aussi Faire le singe.

Tapage

(Delvau, 1867) : s. m. Amour, — dans l’argot des typographes.

(Rigaud, 1881) : Séduction exercée sur une femme. Est d’un degré plus relevé que le levage, en ce sens que la femme tapée songe moins à ses intérêts qu’au plaisir qu’elle aura.

(Rigaud, 1881) : Emprunt. — Fort tapage, emprunt d’une forte somme.

(La Rue, 1894) : Amour, séduction. Emprunt.

Tapageur

(d’Hautel, 1808) : Crâne, fanfaron ; bretteur qui plaît à exciter le bruit, le trouble et le tumulte.
Mettre son chapeau en tapageur. Le poser sens devant derrière.

Tapageur, euse

(Delvau, 1867) : adj. Éclatant, voyant, criard, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes. Couleurs tapageuses. Couleurs trop vives qui tirent l’œil et l’agacent. Toilette tapageuse. Toilette d’un luxe de mauvais goût, dressée pour faire retourner les hommes et « crever de jalousie » les femmes.

Tapagimini

(d’Hautel, 1808) : Bruit joyeux ; grosse gaieté.
Faire tapagimini. Faire orgie ; se divetrir d’une manière bruyante.

Tapamort

(Delvau, 1867) : s. m. Tambour, — dans l’argot des voyous.

Tapance

(Delvau, 1867) : s. f. Maîtresse ou femme légitime, — dans l’argot des typographes. La tapance du meg. La femme du patron.

(Virmaître, 1894) : Maîtresse ou femme légitime. Les typographes nomment ainsi la femme parce qu’elle tape souvent à la poche ou… autrement. La tapance du mec, c’est la femme du patron.
— Elle est rien râleuse la tapance du mec, elle boufferait des cadratins à la sauce blanche (Argot d’imprimerie). N.

Tape

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Marque sur l’épaule. Avoir la tape, être marqué.

(M.D., 1844) : Exposition.

(Delvau, 1867) : s. f. Coup de la main, à plat ou fermée. Argot du peuple.

(Rossignol, 1901) : Le contraire de tabac. Une pièce qui n’a pas de succès est une tape. Au concert, une chanson qui ne porte pas est une tape. L’artiste qui sort de scène sans applaudissements ramasse une tape.

Tapé

(Delvau, 1867) : adj. Réussi, émouvant, éloquent, — c’est-à-dire bourré de grosses phrases sonores et d’hyperboles de mauvais goût, comme le peuple les aime dans les discours de ses orateurs, dans les livres de ses romanciers et dans les pièces de ses dramaturges. Tapé dans le nœud. Excessivement beau, ou extrêmement remarquable.

(Rigaud, 1881) : L’expression si populaire de « c’est tapé », pour « c’est réussi », nous la trouvons déjà en 1823 dans le Voyage à Sainte-Pélagie, d’Émile Debraux. — « En voilà un (un vers) : il m’a donné bien du mal, c’est vrai ; mais aussi comme c’est tapé ! »

Jupiter avait une bonne tête, Mars était tapé.

(Zola, Nana).

Un travail tapé, un discours tapé.

(La Rue, 1894) : Réussi.

(Rossignol, 1901) : Bien, joli, beau : c’est tapé.

Tape (en recevoir une)

(Virmaître, 1894) : Recevoir un coup ou le donner. Voir ses espérances s’effondrer. Recevoir une tape moralement (Argot du peuple).

Tapé à l’as

(Rigaud, 1881) : Tout ce qu’il y a de plus soigné.

Je vais vous fricoter un dîner, là… tapé à l’as.

(Auvier, Auguste Manette.)

Tape à l’œil

(Virmaître, 1894) : V. Œil au beurre noir.

Tape-à-l’œil

(Delvau, 1867) : s. m. Homme qui a une pétéchie sur l’œil ; chien blanc qui a du poil noir sur les yeux.

(Rigaud, 1881) : Chapeau mou, — dans le jargon du peuple.

Ils avaient des tape-à-l’œil flambant neufs, des pantalons à raies avec des pièces entre les cuisses.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Tape-cul

(Larchey, 1865) : Voiture non suspendue.

Font-ils des embarras avec leur mauvais tape-cul !

Ricard.

(Delvau, 1867) : s. m. Planche en équilibre sur laquelle on se balance à deux. Argot des gamins.

(Fustier, 1889) : Argot militaire. Manœuvre sans étriers.

Tapé, retapé, tapé dans le nœud

(Larchey, 1865) : Émouvant, frappant, réussi.

Aussi a-t-on fait plusieurs couplets sur tous les ministres dont le portrait est bien tapé.

1742, Journal de Barbier.

C’est un peu tapé dans le nœud.

La Bédollière.

Une manière de sentiment bien r’tapé.

Vadé, 1755.

Tapecul

(Delvau, 1867) : s. m. Voiture mal suspendue qui secoue les voyageurs.

Tapedur

(Larchey, 1865) : Serrurier (Vidocq).

(Delvau, 1867) : s. m. Serrurier, — dans l’argot des voleurs.

Tapée

(d’Hautel, 1808) : Pour charge, amas, fardeau ; réunion abondante de plusieurs choses.
Une bonne tapée d’ouvrage. Pour dire, une grande quantité d’ouvrage.

(Larchey, 1865) : Grosse réunion. — Usité dès 1808.

(Delvau, 1867) : s. f. Foule, grande réunion de personnes, — dans l’argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Foule. Une tapée, un tas. — Nous avons boulotté une jolie tapée de moules.

(Virmaître, 1894) : Foule, grande réunion de personnes. A. D. Tapée veut dire beaucoup, il est vrai, mais ce n’est pas le sens que lui donne le peuple. Tapée se dit d’une jolie femme :
— Elle est tapée.
Une phrase bien écrite ou bien dite :
— C’est tapé (Argot du peuple). N.

(Hayard, 1907) : Abondance, affluence.

Taper

(d’Hautel, 1808) : Taper de l’œil. Pour dire, se laisser aller au sommeil ; dormir profondément.
Taper. Pour, répliquer ; riposter avec vivacité.
Voilà un mot bien tapé, une réponse bien tapée. Pour dire, bien appliquée ; une riposte vive et piquante.
Taper. Pour, battre, talocher, cogner ; châtier quelqu’un.

(un détenu, 1846) : Fermer, frapper. Taper le chasse : fermer l’œil, c’est-à dire dormir.

(Delvau, 1867) : v. a. Frapper, battre.

(Delvau, 1867) : v. a. et n. Permolere uxorem, quamlibet aliam, — dans l’argot des typographes.

(Delvau, 1867) : v. a. Demander de l’argent, — dans l’argot des ouvriers. Taper son patron de vingt francs. Lui demander une avance d’un louis.

(Delvau, 1867) : v. n. Prendre sans choisir, — dans l’argot des faubouriens. Taper dans le tas. Prendre au hasard dans une collection de choses ou de femmes. Taper sur les vivres. Se jeter avec avidité sur les plats d’une table ; manger gloutonnement. Taper sur le liquide. S’empresser de boire.

(Rigaud, 1881) : Séduire à première vue une femme. — Elle est tapée, elle en tient. C’est une abréviation de taper dans l’œil, mais applicable seulement a une femme.

(Rigaud, 1881) : Étourdir, porter au cerveau. — Le vin tape sur la coloquinte.

(Rigaud, 1881) : Emprunter. Pour certaines gens, une demande d’argent à laquelle ils ne peuvent se soustraire équivaut à un coup qui les frappe… d’épouvante ; de là taper.

Il songea un instant à taper Théophile, mais il était déjà son débiteur de dix louis.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

(La Rue, 1894) : Séduire. Étourdir. Emprunter.

(Virmaître, 1894) : Taper quelqu’un, lui emprunter de l’argent. On lui refuse en lui disant également :
— Tu peux te taper.
Synonyme de : Tu peux te fouiller (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Emprunter.

Je n’ai pas d’argent, je vais taper mon ami pour qu’il m’en prête.

Taper (s’en)

(Rigaud, 1881) : Boire énormément.

Allons-nous nous en taper !… je vous donnerai l’exemple.

(Scribe, l’Honneur de ma fille, 1836.)

Taper (se)

(Fustier, 1889) : Se voir refuser quelque chose ; s’en passer. — Se masturber.

(La Rue, 1894) : Se voir refuser un objet ou ne pouvoir se le procurer.

Taper à tour de bras

(Virmaître, 1894) : Cogner vigoureusement.
— J’ai beau taper ma femme à tour de bras, quand elle me fait un impair, elle me gobe tout de même (Argot du peuple).

Taper dans l’œil

(Delvau, 1864) : Commencer à plaire à quelqu’un — ou à quelqu’une ; — séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.

Ma petite poulette.
Dans la rue Montorgueil,
Ton p’tit nez en trompette,
Il m’a tapé dans l’œil.
Laïtoit, ete.

Al. Dalbs.

(Delvau, 1867) : v. a. Séduire, — en parlant des choses et des femmes.

(Rigaud, 1881) : Fasciner, produire une vive impression. — Cette femme m’a tapé dans l’œil.

Taper dans le mille

(Rigaud, 1881) : Réussir. Donner du pied au derrière. — Bing ! en plein dans le mille. Allusion au jeu de Siam, au tir à la cible.

Taper dans le tas

(Delvau, 1864) : Étant donné que : — le théâtre représente un atelier de brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites votre choix ; mais ne voulant pas faire four, vous tapez d’abord la plus facile, qui a bientôt une confidente que vous tapez aussi. La deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et… vous arrivez a réaliser le proverbe : Qui en a vu une, les connaît toutes.

(Delvau, 1867) : Avoir de la rondeur dans les allures, de la franchise dans le caractère.

(Rigaud, 1881) : Prendre au hasard. — Frapper au hasard.

(Virmaître, 1894) : Prendre une femme au hasard. Taper dans le tas : attaquer un ouvrage avec vigueur. Taper dans le tas : frapper dans le tas d’une bande de rôdeurs qui vous attaquent (Argot du peuple).

Taper de l’œil

(Larchey, 1865) : Dormir.

Il y avait plus d’une heure que je tapais de l’œil quand je m’entends réveiller.

œuvres badines de Caylus, 1750.

Taper dans l’œil : Séduire.

(Delvau, 1867) : v. n. Dormir. L’expression est plus vieille qu’on ne serait tenté de le croire, car on la trouve dans les Œuvres du comte de Caylus (Histoire de Guillaume Cocher).

(Rigaud, 1881) : Dormir.

Taper de la patte (?)

(Rossignol, 1901) : Voir ripper. Les lapins tapent de la patte.

Taper quelqu’un

(Hayard, 1907) : Lui emprunter de l’argent.

Taper sur la boule

(Larchey, 1865) : Enivrer, battre.

Dans l’gosier comme ça coule, Comme ça tape sur la boule.

J. Moinaux, Ch.

Ce scélérat de vin de champagne avait joliment tapé ces messieurs.

Festeau.

(Delvau, 1867) : v. a. Griser, étourdir, à propos d’un liquide.

Taper sur la giberne

(Larchey, 1865) : Taper sur le derrière. — Allusion à la place ordinaire de la giberne.

Je lui détache un coup de pinceau sur la giberne.

Monselet.

Taper sur le ventre, sur la baraque (se)

(Rigaud, 1881) : Sacrifier au jeune Onan.

Taper sur les vivres, sur la bitture

(Rigaud, 1881) : Manger avec voracité. Taper sur la boisson, boire avec avidité.

Taper sur les vivres, sur la boisson

(Larchey, 1865) : Manger et boire avidement.

D’avoir trop tapé sur l’pichet, Qu’en avaient plein la gargamelle.

Chansonnier, 1836.

Tapette

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Fer rouge avec lequel le bourreau marque les condamnés.

(Delvau, 1867) : s. f. Verve, entrain, platine. Avoir une fière tapette. Être grand parleur, — ou plutôt grand bavard.

(Delvau, 1867) : s. f. Individu faisant partie du troisième sexe.

(Rigaud, 1881) : Faux poinçon servant à marquer les objets d’or et d’argent. (Fr. Michel.)

(Rigaud, 1881) : Bavard. — Jeune tante. De quatorze à vingt ans c’est une tapette, de vingt à… c’est une tante.

(Merlin, 1888) : Voyez Platine.

(La Rue, 1894) : Bavard. Signifie aussi tante. V. ce mot.

(Virmaître, 1894) : Pédéraste passif, il se fait taper dans le tas (Argot du peuple). N.

(Virmaître, 1894) : Homme qui parle sans cesse.
— Il en a une rude tapette.
On dit aussi : forte platine (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Celui qui parle sans cesse a une bonne tapette.

(Rossignol, 1901) : Celui qui prend n’importe quelle cuiller pour mettre dans son pot à moutarde, est une tapette. Voir Chatte.

(Hayard, 1907) : Pédéraste.

(Hayard, 1907) : Langue, homme de mœurs douteuses.

Tapeur, tapeuse

(Rigaud, 1881) : Emprunteur, emprunteuse de profession. Il y a des gens qui n’ont pas d’autre moyen d’existence. Longtemps le passage Jouffroy et la partie du boulevard comprise entre les rues du faubourg Montmartre et Drouot ont été de préférence fréquentés par les tapeurs. (V. les Soupeurs de mon temps, par Roger de Beauvoir, Portrait du marquis de Saint-Cricq.)

Tapeuse

(Fustier, 1889) : Prostituée qui, sans faire payer ses services, emprunte aux clients des sommes plus ou moins élevées qu’elle ne rend bien entendu jamais. (Réveil.)

Tapeuse du tal

(La Rue, 1894) : Prostituée.

Tapez-moi ça

(Fustier, 1889) : Le tapez-moi ça, désigne dans le langage plus que familier cet objet de toilette qu’on nomme une tournure.

Voici que nous sommes toutes contraintes de porter la tournure, l’ajustement qu’on a appelé irrévérencieusement le tapez-moi ça.

(Gil Blas, octobre 1885.) On dit aujourd’hui nuage, v. Supra.

Tapin

(d’Hautel, 1808) : Sobriquet militaire ; apprenti tambour ; mauvais et petit tambour.

(Larchey, 1865) : Tambour. — Mot à mot : petit tapeur (de caisse). — Usité dès 1808.

Le tapin qui tambourinait en tête de l’escouade.

La Bédollière.

(Delvau, 1867) : s. m. Tambour, — dans l’argot des troupiers. Le mot a au moins cent ans de bouteille.

(Merlin, 1888) : Tambour. — Celui qui en bat.

(La Rue, 1894) : Tambour.

(Rossignol, 1901) : Celui qui bat du tambour.

Tapin, Tape-à-mort

(Rigaud, 1881) : Tambour.

Tapiquer

(Delvau, 1867) : v. n. Habiter, — dans l’argot des voleurs.

(La Rue, 1894) : Habiter.

(Virmaître, 1894) : Habiter (Argot des voleurs).

Tapis

(Halbert, 1849) : Café.

(Delvau, 1867) : s. m. Conversation, causerie, — dans l’argot des bourgeois. Être sur le tapis. Être l’objet d’une causerie, le sujet d’une conversation. Amuser le tapis. Distraire d’une préoccupation sérieuse par une causerie agréable.

(Delvau, 1867) : s. m. Cabaret, auberge, hôtel, — dans l’argot des voleurs, qui se servent là d’un vieux mot de la langue romane, tapinet (lieu secret), dont on a fait tapinois. Ils disent aussi Tapis franc, c’est-à dire Cabaret d’affranchis. Tapis de grives. Cantine de caserne. Tapis de malades. Cantine de prison. Tapis de refaite. Table d’hôte.

(Rigaud, 1881) : Auberge, cabaret. — Tapis vert, table de jeu. — Tapis de grives, cantine militaire. Tapis de dégelés, la Morgue. Tapis de refaite, table d’hôte. Tapis bleu, le ciel.

(La Rue, 1894) : Cabaret. Tapissier, cabaretier.

(Hayard, 1907) : Débit où se réunissent les malfaiteurs.

Tapis (être au)

(Rigaud, 1881) : Ne plus avoir le sou pour jouer, regarder les autres jouer, — dans l’argot des vieux joueurs.

Quand nous voyons un homme au-dessous de toutes affaires, nous le disons estre réduit au tapis, manière de parler que nous empruntons aux joueurs.

(Pasquier, Recherches, liv. VIII, ch. 47.)

L’on en voit qui, de pauvres qu’ils ont esté, ou par procès, voyages ou guerres, sont au tapis.

(Brantôme, Vie des dames galantes.)

Tapis bleu

(Delvau, 1867) : s. m. Paradis, — dans l’argot des faubouriens, qui voient par avance le dedans du ciel semblable au dehors.

Tapis brûle (le)

(Delvau, 1867) : Expression de l’argot des joueurs, pour exciter quelqu’un à se mettre au jeu.

(Rigaud, 1881) : Terme des joueurs lorsqu’ils ont hâte de commencer une partie.

Tapis de malades

(Virmaître, 1894) : Cantines des prisons (Argot des voleurs). V. Cargots.

Tapis de pied

(Delvau, 1867) : s. m. Courtisan, — dans l’argot énergique du peuple, qui sait que les gens qui veulent parvenir essuient sans murmurer, de la part des gens parvenus, toutes les humiliations et toutes les mortifications. Il dit aussi Lèche-tout.

Tapis du commandant de place

(Merlin, 1888) : Les fortifications.

Tapis franc

(Clémens, 1840) : Maison de receleur.

(M.D., 1844) : Maison rendez-vous des gens de mauvaise vie.

(Larchey, 1865) : Cabaret. — Franc fait allusion à la clientèle qui est composée d’affranchis ou voleurs. — Tapis est une abréviation du vieux mot tapinet : lieu caché. V. Roquefort. — V. Empoivrer, Crosser. — Tapis de refaite : Table d’hôte. — Tapis de malades : Cantine de prison. — Tapis de grives : Cantine de caserne. — Tapis vert : Prairie. — Tapissier : Cabaretier. V. Baptême, Ogre.

Tapis vert

(Delvau, 1867) : s. m. Tripot, — dans l’argot des voleurs et des bourgeois. Jardiner sur le tapis vert. Jouer dans un tripot.

Tapis-franc

(Halbert, 1849) : Cabaret du plus bas étage.

Tapis-vert

(Halbert, 1849) : Café où se réunissent les voleurs.

Tapis, tapis d’endosse

(Rigaud, 1881) : Châle, dans le jargon des voleurs ; mot à mot : tapis pour le dos.

Tapissage

(Hayard, 1907) : Arrestation.

Tapisserie

(d’Hautel, 1808) : Faire tapisserie. Se dit par raillerie, en parlant des femmes âgées, des mamans, qui, au bal, ne font plus que regarder danser.

(Delvau, 1867) : s. f. Femmes laides ou vieilles qu’on n’invite pas à danser, — dans l’argot des bourgeois. Faire tapisserie. Regarder faire, ou écouter parler les autres.

(Rigaud, 1881) : Figurante du grand monde. — Femme que l’on invite pour faire nombre, femme que l’on n’invite jamais à danser. — Faire tapisserie.

(La Rue, 1894) : Femme que, dans un bal, personne n’invite à danser.

Tapisserie (avoir de la)

(Delvau, 1867) : Avoir beaucoup de figures en main, — dans l’argot des joueurs.

Tapisserie (faire)

(Larchey, 1865) : « Se dit par raillerie des femmes âgées qui au bal ne font plus que regarder danser. » — d’Hautel. — Rangées sur la banquette, le long du mur, elles font corps avec la tapisserie.

Tapissier

(Delvau, 1867) : s. m. Cabaretier.

Tapissier, Orgue tapissier

(Rigaud, 1881) : Aubergiste, cabaretier, logeur. Tapissière, cabaretière, logeuse en garni.

Tapon

(d’Hautel, 1808) : Mettre tout en tapon. Pour, ramasser malproprement tout en un tas ; chiffonner, bouchonner une étoffe quelconque.
Elle est tout en tapon. Se dit d’une personne courte et replète, qui se met en peloton.

(Delvau, 1867) : s. m. Amas de choses, — et spécialement d’étoffes, de chiffons. Argot du peuple. Mettre sa cravate en tapon. La chiffonner, la mettre sans goût, comme si c’était un chiffon. L’expression sort évidemment du vocabulaire des marins, qui appellent Tapon une pièce de liège avec laquelle on bouche l’âme des canons pour empêcher l’eau d’y entrer.

Tapoter

(d’Hautel, 1808) : Manier indiscrètement et fréquemment quelque chose ; tripoter, donner de petites taloches, de petits coups avec la main ; claquer.

Tapoter du piano

(Delvau, 1867) : Toucher médiocrement du piano. Argot des bourgeois.

Tapoteur de piano

(Delvau, 1867) : s. m. Pianiste médiocre.

Tapoteur, tapoteuse de piano

(Rigaud, 1881) : Joueur, joueuse de piano qui martyrise et l’instrument et l’auditoire.

Tapoteuse de piano

(Delvau, 1867) : Femme qui fait des gammes.

Tapotoir

(Rigaud, 1881) : Piano, — dans le jargon des soupeuses.

Garçon, donnez-nous le cabinet du tapotoir.

(Ces dames du Casino, 1862.)

Tappe

(Clémens, 1840) : Échafaud où l’on expose.

(Delvau, 1867) : s. f. La marque qu’on appliquait avant 1830 sur l’épaule des condamnés aux travaux forcés.

Tappe (la)

(anon., 1827) : La fleur-de-lis.

(Bras-de-Fer, 1829) : La fleur de lis.

(Halbert, 1849) : La marque.


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