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À la carre (dégringoler)

(France, 1907) : Voler dans les boutiques. Ces sortes de larcins sont principalement effectués par les femmes, et les mieux mises, dans les grands magasins.

Abigoter (s’)

(France, 1907) : Devenir bigot. Vieux mot tombé à tord en désuétude et conserver seulement par le peuple.

Abigotir (s’)

(Delvau, 1867) : v. réfl. Devenir bigot, hanter assidûment les églises après avoir hanté non moins assidûment d’autres endroits, — moins respectables. Le mot a trois ou quatre cents ans de noblesse.

Affranchir un gonse

(Clémens, 1840) : Gagner quelqu’un.

Agita ou agoua

(Virmaître, 1894) : Eau. Corruption du mot latin aqua (Argot des voleurs).

Agobille

(Delvau, 1867) : s. f. Outil, — dans l’argot des voleurs.

(France, 1907) : Outil de voleur.

Agobilles

(Rigaud, 1881) : Outils, — dans le jargon des voleurs.

(La Rue, 1894) : Les outils des voleurs.

(Virmaître, 1894) : Outils employés par les malfaiteurs pour voler. Ce mot est très ancien (Argot des voleurs).

Agonant

(France, 1907) : Agaçant.

Oh ! ma petite compagnie, que tu deviens agonante !

(Willy, Claudine à Paris.)

Agonir

(d’Hautel, 1808) : Agonir quelqu’un de sottises. L’injurier, le honnir, l’invectiver de paroles sales et outrageantes.

(Delvau, 1867) : v. n. Accabler d’injures et de sottises. Argot des bourgeois et du peuple.
Ne serait-ce pas une corruption d’abonir, faire honte, un vieux verbe français encore employé en Normandie ainsi qu’agonir. On dit aussi Agoniser.

Agonir, agoniser

(Larchey, 1865) : Insulter. C’est l’agonizin des Grecs.

Je veux t’agoniser d’ici à demain.

Ricard.

Si bien que je fus si tourmentée, si agonie de sottises par les envieuses.

Rétif, 1783.

(France, 1907) : Insulter, accabler d’injures. Alfred Delvau pense que ce mot est une corruption d’ahonir, vieux verbe français encore employé en Normandie.

Agoraphobie

(France, 1907) : État maladif de certaines personnes qui ont la terreur du vide ou des espaces et qui tremblent à l’idée de parcourir une place, une rue, un lieu largement ouvert ; du grec agora, marché, place publique, et phobeô, je hais. Le contraire est la claustrophobie.

Agoua

(Delvau, 1867) : s. f. Eau, — dans l’argot des canotiers, qui parlent espagnol (agua) on ne sait pas pourquoi.

(Rossignol, 1901) : Eau ou aqua. Mot espagnol devenu arabe ; ce que l’on nomme du sabir. Ce mot a été rapporté par les Parisiens envoyés aux bataillons d’infanterie légère d’Afrique où vont tous les jeunes gens condamnés avant leur incorporation, de sorte que ces bataillons ne sont composés que de voleurs. Dans le temps, il n’y avait, dans ces bataillons, que des militaires condamnés par les conseils de guerre pour tout autre délit que pour vol, bris d’armes, vente d’effets, désertion, etc., etc. À cette époque celui qui avait servi aux Zéphirs ne s’en cachait pas.

(Hayard, 1907) : Eau (de l’espagnol agua).

(France, 1907) : Eau. Mot rapporté par les soldats d’Afrique, où il vient en ligne directe de l’espagnol agua.

Agouer

(France, 1907) : Rebuter, rassasier. Être agoué d’aliments, être agoué d’un métier, d’un travail. Cochon agoué, cochon gras, bon à tuer. S’agouer, tousser, s’étrangler en buvant de travers. Dérivé de goule, gorge. Patois du Centre.

Agouïller

(France, 1907) : Égorger, tuer. Patois du Centre.

Le jour de la Saint-Thomas
Agouïlle un cochon gras.

Aide-cargot

(Larchey, 1865) : Valet de cantine.

Aide-cargot, un dégoûtant troupier fait semblant de laver la vaisselle.

Wado.

(Delvau, 1867) : s. m. Aide de cuisine, — dans l’argot des troupiers, par corruption d’aide-gargot.

(France, 1907) : Aide de cuisine, pour aide-gargotier.

Aimer le goudron

(Delvau, 1864) : Aimer s’enculer, soit les femmes, soit les hommes, — ce qui embrène la queue.

Pour Jupiter, façon vraiment divine,
Le con lui pue, il aime le goudron.

(Chanson anonyme moderne.)

Algonquin

(d’Hautel, 1808) : Terme injurieux et de mépris, qui signifie balourd malotru ; homme audacieux et grossier. On se sert particulièrement de ce mot pour désigner un étranger ou un inconnu dont la figure est dure et rebutante, et qui se présente en un lieu avec hardiesse et incivilité.

Aller voir défiler les dragons

(Delvau, 1867) : Dîner par cœur, c’est-à-dire ne pas dîner du tout, — dans l’argot du peuple, qui se rappelle le temps où, ne pouvant repaître son ventre, il allait repaître ses yeux, sous la République, des hussards de la guillotine, et sous l’Empire des dragons de l’Impératrice. Qui admire, dîne !

(Virmaître, 1894) : Ne pas manger. Être de la revue signifie la même chose (Argot du peuple).

(Hayard, 1907) : Se passer de manger.

(France, 1907) : Se passer de dîner ; expression qui vient sans doute de l’habitude qu’on les pauvres gens qui n’ont pas de quoi dîner d’errer par les rues et d’assister au défilé des soldats, aux parades militaires qui avaient lieu précisément à l’heure où l’on dine.
Les Anglais disent : To dine with Duke Humphrey, dîner avec le duc Humphrey, à cause de l’aventure arrivée à un gentleman qui, ayant été visiter avec plusieurs de ses amis le tombeau du duc Humphrey de Glocester, y fut enfermé par plaisanterie ou par mégarde et y resta pendant que le reste de la compagnie dînait dans une hôtellerie voisine. Quand on lui ouvrit le caveau, on dit qu’il avait dîné avec le duc Humphrey et le proverbe resta.

Alter ego

(France, 1907) : Littéralement, autre moi-même. Être l’alter ego de quelqu’un, être un autre lui-même.

Allons-y ! D’abord, je souhaite
Au seul grand, à Victor Hugo,
De ne plus dire a tout poète :
« Vous êtes mon alter ego. »

(Jean Richepin.)

Amphigouri

(d’Hautel, 1808) : Discours ambigu et embrouillé dont les mots ne présentent aucun sens déterminé.

Amphigourique

(d’Hautel, 1808) : Obscur, burlesque ; adjectif du mot précédent.

Angoisse

(d’Hautel, 1808) : Faire avaler des poires d’angoisse à quelqu’un. Lui faire éprouver de mauvais traitemens ; lui rendre la vie dure et malheureuse.

Angora

(Delvau, 1864) : Petit nom d’amitié que les filles donnent à leur con, à cause de son épaisse fourrure.

Flatte mon angora, cher ange, baise-le de tes lèvres : nous allons jouir.

J. Le Vallois.

Angoulème

(Rigaud, 1881) : Bouche, du vieux mot goule, gueule. — Se caresser l’angoulème, faire bonne chère.

(Virmaître, 1894) : La bouche (Argot des voleurs). V. Affamée.

Angoulême

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Bouche.

(Bras-de-Fer, 1829) : Bouche.

(Delvau, 1867) : s. f. La bouche — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot à l’argot du peuple, par corruption du verbe français engouler, avaler, et non, comme le voudrait M. Francisque Michel, par une allusion plus ou moins ingénieuse et plus ou moins fondée à la réputation de goinfrerie de la capitale de l’Angoumois.

(La Rue, 1894) : Bouche.

(France, 1907) : La bouche, argot des voleurs ; imitation du vieux mot français engouler, mettre en goule, dont nous avons fait gueule, goulu, goulafre, gueuleton. Se caresser l’angoulême, manger et boire.

Angoulême (l’)

(anon., 1827) : La bouche.

(Halbert, 1849) : La bouche.

Anisette de goujon

(Rossignol, 1901) : Eau.

Archi-suppôt de l’argot

(Delvau, 1867) : s. m. Docteur ès filouteries.

Archisuppôt de l’argot

(France, 1907) : Haut dignitaire de l’ancienne truanderie.

Les archisuppôts sont ceux que les Grecs appellent philosophes, les Hébreux scribes, les Latins sages, les Égyptiens prophètes, les Indiens gymnosophistes, les Assyriens chaldéens, les Gaulois druides, les Perses mages, les Français docteurs. En un mot, ce sont les plus savants, les plus habiles marpeaux de toutine l’argot, qui sont des écoliers débauchés, et quelques ratichons, de ces coureurs qui enseignent le jargon à rouscailler bigorne, qui ôtent, retranchent et réforment l’argot ainsi qu’ils veulent, et ont aussi puissance de trucher sur le toutine sans ficher quelque floutière.

(Langage de l’argot réformé.)

Argomuche

(Rossignol, 1901) : Argot.

Argonji

(Rossignol, 1901) : Argot. Le vrai mot est argoji, mais le mot le plus moderne est arlogaille.

Argot

(d’Hautel, 1808) : Langage des porte-balles entr’eux, et qui se compose en partie de termes burlesques, de néologismes baroques et de mots anciens que l’usage a rejetés ; on donne aussi ce nom au patois des vauriens, des filous, qui, est inintelligible pour les honnêtes gens.
Les argots. Les extrémités supérieures et inférieures les mains et les pieds.
Fendre l’argot. Se sauver à toutes jambes ; s’éclipser.
Se dresser sur ses argots. Prendre un air arrogant ; s’emporter, se mettre en colère.
Se faire donner sur les argots. Pour se faire battre ; se faire redresser, corriger.

(Halbert, 1849) : Bête.

(Delvau, 1867) : s. m. Imbécile, — dans le langage des voleurs.

(France, 1907) : Imbécile.

Argot, arguche

(Larchey, 1865) : Diminutifs d’argue. Ruse, finesse. V. Roquefort. — L’argot n’est en effet qu’une ruse de langage. V. Truche.

Argoté

(d’Hautel, 1808) : Pour dire, dégourdi, fin, subtil et mâdré.
C’est un luron argoté. Signifie, c’est un fin matois, qui sait faire tourner à son avantage les circonstances les plus défavorables.

(un détenu, 1846) : Homme qui connaît l’argot.

(Halbert, 1849) : Qui se croit malin.

(La Rue, 1894) : Qui se croit malin et qui est dupe.

(France, 1907) : Se croire malin, spirituel et se faire duper.

Argoter

(d’Hautel, 1808) : Parler l’argot ; tenir le langage des porte-balles et des filous.

(Rigaud, 1881) : Parler argot. Argotier, celui qui connaît et parle l’argot comme un académicien est censé connaître et parler la langue française.

(La Rue, 1894) : Parler argot.

(Rossignol, 1901) : Parler argot.

Dévidez-vous l’argoji.

Argoteur

(Rigaud, 1881) : Celui qui parle l’argot comme certains faiseurs de romans font parler leurs personnages.

Argotier

(Delvau, 1867) : s. m. Voleur, — dont l’argot est la langue naturelle.

(France, 1907) : L’antiquité nous apprend, et les docteurs de l’argot nous enseignent qu’un roi de France ayant établi des foires à Niort, Fontenay et autres lieux du Poitou, plusieurs personnes se voulurent mêler de la mercerie ; pour remédier à cela, les vieux mercies s’assemblèrent, et ordonnèrent que ceux qui voudraient, à l’avenir, être merciers, se feraient recevoir par les anciens, nommant et appelant les petits marcelots, pêchons, les autres melotiers-hure. Puis ordonnèrent un certain langage entre eux, avec quelques cérémonies pour être tenues par les professeurs de la mercerie. Il arriva que plusieurs merciers mangèrent leurs balles ; néanmoins ils ne laissèrent pas d’aller aux susdites foires, où ils trouvèrent grande quantité de pauvres gueux et de gens sans aveu, desquels ils s’accostèrent, et leur apprirent leur langage et cérémonies. Des gueux, réciproquement, leur enseignèrent charitablement à mendier. Voilà d’où sont sortis tant de braves et fameux Argotiers, qui établirent l’ordre qui suit :
Premièrement, ordonnèrent et établirent un chef ou général qu’ils nommèrent Grand-Coëre ; quelques-uns le nommèrent roi des Tunes, qui est une erreur : c’est qu’il y a eu un homme qui a été Grand-Coëre trois ans, qu’on appelait roi de Tunes, qui se faisait trainer par deux grands chiens dans une petite charrette, lequel a été exécuté dans Bordeaux pour ses méfaits. Et après ordonnèrent dans chaque province un lieutenant qu’ils nommèrent Cagou, les Archisuppôts de l’Argot, les Narquois, les Orphelins, les Milliards, les Marcandiers, les Riffodes, les Malingreux, les Capons, les Piètres, les Polissons, les Francs-Migoux, les Callots, les Sabuleux, les Hubins, les Coquillards, les Courtaux de Boutanches et les Convertis, tous sujets du Grand-Coëre, excepté les Narquois, qui ont secoué le joug de l’obéissance.

J’aime un argotier au mufle de fauve,
Aux yeux de vieil or, aux reins embrasés,
Qui seul fait craquer mon lit dans l’alcôve
Et mon petit corps sous ses grands baisers.

(Jean Richepin.)

Argoulet

(d’Hautel, 1808) : Un pauvre argoulet. Terme de mépris ; homme obscur et de néant ; chevalier d’industrie ; pauvre hère.

Argousin

(Rigaud, 1881) : Contre-maître, — dans le jargon des ouvriers qui comparent l’atelier à une galère.

(La Rue, 1894) : Policier. Gardien de prison ou du bagne. Contremaître.

(France, 1907) : Contremaître, parce qu’il remplit près des ouvriers le métier des argousins.

Argouzin

(d’Hautel, 1808) : Sobriquet injurieux qui équivaut à iroquois, butord, lourdaud, homme stupide et grossier. C’est aussi le nom qu’on donne aux officiers subalternes qui surveillent les galériens.

Arguche, argot

(La Rue, 1894) : Niais.

Attrimer au trime-ligourt

(La Rue, 1894) : Voler trois fois très bien.

Avaler le goujon

(Rigaud, 1881) : Mourir ; expression populaire, plus usitée au commencement du siècle que de nos jours.

Mais si j’tenions sur mon bord
Monsieur Pitt, par la ventredienne !
Oui j’li frais faire un plongeon,
Oui j’li frais avaler le goujon.

(Pus, Chans., 1806.)

Avaler le goujon, sa cuiller, sa fourchette, sa langue, sa gaffe

(La Rue, 1894) : Mourir.

Avergot

(Clémens, 1840) : Œuf.

(M.D., 1844) : Un œuf.

(Delvau, 1867) : s. m. Œuf, — dans l’argot des voleurs.

(La Rue, 1894) : Œuf.

(France, 1907) : Œuf ; argot des voleurs.

Avergots

(anon., 1827) : Œufs.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Œufs. Il morfile les avergots, il gobe les œufs.

(Bras-de-Fer, 1829) : Œufs.

(Halbert, 1849) : Œufs.

Badigoince

(Rigaud, 1881) : Joue. — Se caler les badigoinces, manger.

Badigoinces

(Delvau, 1867) : s. f. pl. Les lèvres, la bouche, — dans l’argot du peuple qui a eu l’honneur de prêter ce mot à Rabelais. Jouer des badigoinces. Manger ou boire.

(France, 1907) : Les lèvres, la bouche et certaines parties secrètes de la femme. Jouer des badigoinces, manger ; argot populaire.

Badinguiste, badingoin, badingueusard, badingouinard

(France, 1907) : Termes de mépris appliqués aux bonapartistes. On dit aussi Badingateux.

Bagof, bête-à-chagrin

(La Rue, 1894) : Revolver.

Bagotier

(Rossignol, 1901) : Celui qui suit les voitures chargées de bagages de la gare à destination, dans l’espoir qu’on lui fera monter les colis à domicile.

(Hayard, 1907) : Homme qui courre après les fiacres pour monter les malles.

(France, 1907) : Voir Pisteur.

Bagou

(Larchey, 1865) : « Ce mot, qui désignait autrefois l’esprit de répartie stéréotypée, a été détrôné par le mot blague. »

Balzac.

Bagou, Bague : Nom propre (Vidocq). Du vieux mot bagouler : parler. V. Lacombe.

(Rigaud, 1881) : Facilité d’élocution pour ne rien dire, éloquence factice qui en impose aux sots. Les charlatans ont du bagou, soit qu’ils parlent sur la place publique, soit qu’ils débitent leurs boniments du haut d’une tribune. Le bagou n’est que la fausse monnaie du véritable esprit de repartie. Il a été détrôné par sa sœur la blague.

(La Rue, 1894) : Bavardage plein de hardiesse et d’effronterie.

(France, 1907) : Bavardage, platine. La belle avait un fameux bagou.

Bagou ou Bagout

(Delvau, 1867) : s. m. Bavardage de femme ; faux esprit. Argot des gens de lettres et du peuple.
Dans l’argot du peuple, Avoir du bagout équivaut à n’avoir pas sa langue dans sa poche.

Bagou, Bague

(Rigaud, 1881) : Nom propre, dans le jargon des voleurs.

Bagoul

(Halbert, 1849) : Nom.

(Delvau, 1867) : s. m. Nom, — dans l’argot des voleurs.

Bagoulard

(Delvau, 1867) : s. m. Bavard.

(France, 1907) : Bavard.

Bagouler

(Halbert, 1849) : Nommer.

(France, 1907) : Bavarder.

Baiser ou foutre à la dragonne ou en maçon

(Delvau, 1864) : Jouir d’une femme immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.

Ballade, Goguette balladeuse

(Rigaud, 1881) : « C’est la chanson courant de salle en salle, sans domicile fixe, s’installant aujourd’hui là, demain ici, évitant avec soin la périodicité et l’œil des agents. »

(Eug. Imbert, La Goguette et les goguetiers, 1873.)

Ballon (gonfler son)

(Rigaud, 1881) : Commencer à donner des signes de grossesse. — Quand ma tortue aura fini de gonfler son ballon.

Bander de la gorge

(Delvau, 1864) : Se dit d’une femme dont les seins se durcissent et se dressent sous l’impression du désir ou du plaisir.

Baragouin

(d’Hautel, 1808) : Bredouillement, langage précipité, obscur et corrompu, très-difficile à comprendre.
On dit aussi par sobriquet d’un homme qui se hâte trop en parlant, ou dont les idées et les paroles sont confuses et obscures que C’est un vrai baragouin.

Baragouinage

(d’Hautel, 1808) : Manière de parier vicieuse, qui rend inintelligible tout ce que l’on dit ; superlatif de Baragouin.

(Delvau, 1867) : s. m. Langage incohérent, confus, incompréhensible. — dans l’argot du peuple, qui dit cela surtout à propos des langues étrangères. On dit aussi Baragouin.

Baragouiner

(d’Hautel, 1808) : Bégayer, bredouiller, chercher de mauvaises excuses pour se dispenser de faire quelque chose.

(Delvau, 1867) : v. n. et a. Parler bas ; murmurer ; marmotter.

Baragouineur

(d’Hautel, 1808) : Barbouilleur, bégayeur, bredouilleur ; celui qui parle avec trop de précipitation et d’une manière inintelligible.

Bérgosse

(Rossignol, 1901) : Mouton.

Berlingot

(Delvau, 1864) : Le membre viril.

Bige, Bigeois, Bigois

(Rigaud, 1881) : Imbécile, — dans le jargon des voleurs.

Bigeois ou Bigois

(Delvau, 1867) : s. m. Imbécile, homme bige.

Bigois

(Halbert, 1849) : Imbécile.

Bigor

(France, 1907) : Artilleur de marine. Abréviation de bigorneau.

Le bigor, sur terre et sur l’onde,
S’f…iche pas mal des quat’z’éléments ;
Il s’embarque pour le nouveau monde,
Mais il n’en revient pas souvent.
Sans souci d’la couleur des filles,
Il aime aux Indes, tout comme aux Antilles ;
Et voilà, oui, voilà, voilà !
Oui, voilà le bigor français !

(Chanson de l’École polytechnique.

Bigorgnion

(Rigaud, 1881) : Mensonge — dans le jargon des voyous. Lancer des bigorgnions, débiter des mensonges.

Bigorne

(d’Hautel, 1808) : Mot baroque tiré de l’argot des filous.
Jaspiner bigorne. Comprendre et parler le langage des filous. Voy. Jaspiner.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Jargon. Rouscailler bigorne, parler jargon.

(Halbert, 1849) : Langue de l’argot.

(Larchey, 1865) : Argot. — Du vieux mot biguer : changer, troquer. V. Roquefort. L’argot n’est qu’un langage bigué, d’où le diminutif bigorne. — V. Jaspiner.

Rouscaillons bigorne. Qui enterver le saura, à part sézière en rira, mais les rupins de la vergne ne sont dignes de cela.

Vidocq.

(Delvau, 1867) : s. m. L’argot des voleurs, — monstre bicorniger en effet, corne littéraire d’un côté, corne philosophique de l’autre, qui voit rouge et qui écrit noir, qui épouvante la conscience humaine et réjouit la science philologique.

(Rigaud, 1881) : Argot. — Dans la langue régulière, une bigorne est une enclume à deux bouts, dont l’un finit en pointe. L’argot est une langue à double tranchant, à deux bouts, comme la bigorne. — Jaspiner bigorne, rouscailler bigorne comme daron et daronne, parler argot comme père et mère.

(La Rue, 1894) : Argot. Jaspiner ou rouscailler bigorne, parler argot.

(Rossignol, 1901) : Argot ; mot ancien peu usité, on dit plutôt argoji ou arlogaime. Voir Argonji.

(France, 1907) : L’argot des voleurs, Jaspiner ou rouscailler bigorne, parler argot.

N’est-ce pas l’usage de cette langue que l’on appelle rouscailler bigorne ?

(Louis Barron.)

J’ai rencontré la mercandière
Qui du pivois solisait ;
Je lui jaspine en bigorne,
Lonta malura dondaine !
Qu’as-tu donc à morfiller ?
Lonta malura dondé !

(Vidocq.)

Sobriquet donné par les Bretons aux républicains. Salut aux vaillants bigornes !

Bigorneau

(Larchey, 1865) : Soldat de marine. — Tenue de matelot. Comme le petit coquillage de ce nom, le soldat reste attaché au navire ou aux garnisons de la côte, sans naviguer à l’aide de ses propres forces.

(Delvau, 1867) : s. m. Sergent de ville, — dans l’argot du peuple.

(Rigaud, 1881) : Soldat d’infanterie de marine, — dans le jargon des marins.

(France, 1907) : Sergent de ville, argot populaire ; soldat d’infanterie de marine.

Bigorneaux

(Halbert, 1849) : Sergents de ville.


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