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Arbalète de chique, d’antonne, de priante

(Rigaud, 1881) : Croix d’église, — dans le jargon des voleurs.

Avaler sa chique

(Virmaître, 1894) : Mourir. Allusion au chiqueur qui s’étoufferait en avalant son pruneau (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Mourir, se taire, s’abstenir.

(Hayard, 1907) : Mourir.

Bachique

(d’Hautel, 1808) : Qui appartient à Bacchus. Le peuple applique ce mot à tout ce qui lui paroit bizarre, grotesque, ou extraordinaire. Ainsi pour exprimer qu’un homme est original, fou, ridicule, il dit qu’Il est bachique. Et de quelque chose qui prête à la risée, C’est bachique.

Chic, chique

(Larchey, 1865) : Distingué, qui a du chic. — « C’est chique et bon genre. »

Ça un homme chic ! C’est pas vrai, c’est un calicot.

Les Cocottes. 1864.

Chic, Chique

(Rigaud, 1881) : Le suprême de l’élégance, de la perfection.

Il absorbe à lui seul une foule de sens. Ce qu’on nommait le goût, la distinction, le comme il faut, la fashion, la mode, l’élégance, se fondent dans le chic.

(N. Roqueplan, Parisine.)

Le mot avait au XVIIe siècle à peu près le sens qu’il a aujourd’hui, comme on peut le voir par l’exemple suivant :

J’use des mots de l’art, je mets en marge hic. J’espère avec le temps que j’entendrai le chic.

(Les Satyres de Du Lorens.)

En terme d’atelier le chic, mot affreux et bizarre et de moderne fabrique signifie : absence de modèle et de nature. Le chic est l’abus de la mémoire ; encore le chic ebt-il plutôt une mémoire de la main qu’une mémoire du cerveau.

(Baudelaire, Salon de 1846.)

Faire de chic, c’est travailler sans le secours du modèle. — Être pourri de chic, être très bien mis, avoir beaucoup de distinction. — Femme chiquée, élégante mise à la dernière mode. — Dans le grand chic, dans le grand genre. — C’est du monde chic, c’est du monde très bien. Pour ces dames, une connaissance chic, c’est un homme généreux.

Un vieux monsieur de la Bourse, ou ce qu’on appelle une connaissance chic.

(Bertall, Petite étude sur le chic parisien.)

Chique

(d’Hautel, 1808) : Une chique de tabac. On appelle ainsi une pincée de tabac que les soldats., les marins et la plupart des journaliers mettent dans leur bouche pour en prendre toute la substance. Voyez Chiquer.
Une chique de pain. Pour dire une bribe, un morceau de pain.

(Halbert, 1849) : Bon ton.

(Larchey, 1865) : Église (Vidocq). V. Momir, Rebâtir. Couper la chique : Dérouter. — Du vieux mot chique : finesse (Roquefort).

De la réjouissance comme ça ! Le peuple s’en passera. C’est c’qui coupe la chique aux bouchers.

Gaucher, Chansons.

Couper la chique à quinze pas : Se faire sentir de loin.

(Larchey, 1865) : Voir chic. — chiquement — Avec chic.

(Delvau, 1867) : s. f. Église, — dans l’argot des voleurs, qui, s’ils ne savent pas le français, savent sans doute l’anglais (Church), ou le flamand (Kerke), ou l’allemand (Kirch).

(Delvau, 1867) : s. f. Griserie, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi mauvaise humeur, — l’état de l’esprit étant la conséquence de l’état du corps. Avoir une chique. Être saoul. Avoir sa chique. Être de mauvaise humeur.

(Delvau, 1867) : s. f. Morceau de tabac cordelé que les marins et les ouvriers qui ne peuvent pas fumer placent dans un coin de leur bouche pour se procurer un plaisir — dégoûtant. Poser sa chique. Se taire, et, par extension, Mourir. On dit aussi, pour imposer silence à quelqu’un : Pose ta chique et fais le mort.

(Rigaud, 1881) : Église, — dans l’ancien argot des voleurs ; vient de l’italien chièsa.

(Rossignol, 1901) : Beau, bien, bon. Une bonne action est chique. Un bel objet est chique. Une femme bien mise est chique.

Chiqué

(Rigaud, 1881) : Fait avec chic. — S’emploie en parlant des choses : un tableau chiqué.

Chique (ça ne vaut pas une)

(Rigaud, 1881) : Ça ne vaut rien.

Au XIVe siècle, on appelait chique en Dauphiné une pièce de monnaie de cette province qui était la plus petite et avait le moins de valeur.

(Ch. Nisard.)

Il faut plutôt chercher l’étymologie dans la chique de tabac qui n’est pas d’une grande valeur.

Chique (coller sa)

(Fustier, 1889) : Argot des enfants qui se servent surtout de cette expression au jeu dit de saute-mouton. Colle ta chique et fais le mort.

Chique (couper la)

(Rigaud, 1881) : Couper la parole ; synonyme de couper le sifflet.

Chiqué (être)

(Delvau, 1867) : Être fait, peint ou dessiné avec goût, avec esprit, avec chic.

Chique (poser sa)

(Rigaud, 1881) : Mourir. — Se taire. — Pose ta chique et fais le mort. Tais-toi et ne bouge pas.

Chique de pain

(Delvau, 1867) : s. f. Morceau de pain.

(Rigaud, 1881) : Croûton de pain.

Chiquement

(Delvau, 1867) : adv. Avec chic.

Chiquenaude

(d’Hautel, 1808) : Il ne vaut pas une chiquenaude. Manière injurieuse et exagérée de dire qu’un homme n’a aucune espèce de mérite.
On ne lui a pas seulement donné une chiquenaude. Pour exprimer que l’on n’a fait aucun mauvais traitement à un enfant qui jette les hauts cris.

Chiquer

(d’Hautel, 1808) : Au propre, mâcher du tabac en feuille. Au figuré, prendre ses repas habituels ; et par extension faire endêver ou pester quelqu’un, le railler, se moquer de lui.
On dit d’un homme pauvre qui n’a rien à mettre sous la dent, qu’il n’a pas de quoi chiquer.

(Halbert, 1849) : Battre.

(Larchey, 1865) : Faire avec chic, supérieurement.

Je leur en ferai des discours, et des chiqués.

Chenu.

Auprès d’elle, Eugénie Nu Bras, Nous chique avec génie, Son pas.

1846, Privat d’Anglemont.

(Larchey, 1865) : Manger, dépenser. — Mot de la langue romane. V. Roquefort.

Ne pourrions-nous pas chiquer un légume quelconque ? mon estomac abhorre le vide.

Balzac.

Il m’a fallu tout mettre en plan. J’ons chiqué jusqu’aux reconnaissances.

Dialogue entre Zuzon et Eustache, chanson, 1836.

(Larchey, 1865) : Battre. Mot à mot : avaler. Même racine que la précédente.

(Delvau, 1867) : v. a. Dessiner ou peindre avec plus d’adresse que de correction, avec plus de chic que de science véritable.

(Delvau, 1867) : v. a. Battre, donner des coups, — dans l’argot des faubouriens, qui déchiquettent volontiers leurs adversaires, surtout lorsqu’ils ont une chique. Se chiquer. Échanger des coups de poing et des coups de pied.

(Delvau, 1867) : s. m. Manger.

(Rigaud, 1881) : Battre. — Se chiquer, s’invectiver, en venir aux mains. — Chiquerie, rixe.

(La Rue, 1894) : Manger. Battre. Mentir, simuler. Feindre une scène.

Chiquer (pour)

(Rossignol, 1901) : Plaisanter, pour rire. — « Ce que vous me dites n’est pas sérieux, c’est sans doute pour chiquer. » Pendant l’exposition de 1889, un agent anglais demandait à un français s’ils étaient bien payés : « Oui, pour chiquer, » lui répondit le Français, l’Anglais prit aussitôt son dictionnaire de poche, mais ne put comprendre la signification des mots : pour chiquer.

Chiquer (se)

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Se battre.

Chiquer contre

(Rossignol, 1901) : Dire le contraire de ce que l’on pense. Ne pas avoir l’air de comprendre une chose dont on vous parle lorsqu’on la connaît est chiquer contre.

Tu n’as pas besoin de me chiquer contre en plaidant le faux pour savoir le vrai.

Chiquer des sortes

(Boutmy, 1883) : v. Synonyme de fricoter.

Chiquer-contre

(Virmaître, 1894) : V. Battre comtois.

Chiquer, Chiquer comte

(Rigaud, 1881) : Mentir, simuler, — dans le jargon des voleurs. Comte est pour comtois. — Les saltimbanques se servent aussi de cette expression.

Chiquer, Chiquer les légumes

(Rigaud, 1881) : Manger, — dans le jargon du peuple.

Chiquet

(d’Hautel, 1808) : La plus petite partie d’une chose.
Il a payé chiquet à chiquet. Pour dire peu à peu, par petites sommes. Ce mot est toujours masculin ; c’est donc un barbarisme que fait le peuple en disant une chiquette de pain, pour un petit morceau de pain.

Chiquette

(Delvau, 1867) : s. f. Petit morceau.

Chiquette à chiquette

(Delvau, 1867) : adv. Par petits morceaux. C’est évidemment le même mot que chicot, qui a lui-même pour racine le vieux mot français chice.

Chiqueur

(d’Hautel, 1808) : Qui est sujet à chiquer. On dit aussi figurément d’un homme qui mange beaucoup et qui aime passionnément la table, que c’est un bon chiqueur.

(Larchey, 1865) : Glouton. — Chiqueur : Artiste dessinant de chic, sans étudier la nature.

(Delvau, 1867) : s. m. Mangeur, glouton.

(Delvau, 1867) : s. m. Artiste qui fait de chic au lieu de faire d’après nature.

(Rigaud, 1881) : Peintre sculpteur qui fait de chic.

Un tas de chiqueurs et de chiqueuses font de petites ordures.

(Le Triboulet, du 6 juin 1880.)

Chiqueur, Chiqueur de blanc

(Rigaud, 1881) : Fainéant ; souteneur de filles.

Couper la chique

(Larchey, 1865) : Voir chique.

Grimoire mouchique

(Rigaud, 1881) : Code pénal. — Dossier judiciaire.

(La Rue, 1894) : Code pénal. Dossier judiciaire.

Jus de chique

(Rigaud, 1881) : Café, — dans le jargon des troupiers. Allusion à la couleur du café. La variante est : Jus de chapeau, à cause de la couleur foncée de la transpiration militaire.

Jus de chique ou de chapeau

(Merlin, 1888) : Café. L’opinion émise par les soldats eux-mêmes sur la qualité de ce liquide dans les casernes vient corroborer celle que nous avons exprimée au mot Champoreau. Il y a, d’ailleurs, trois espèces de café : le zig (1re qualité) que se réservent le cuisinier et le caporal ou brigadier d’ordinaire, charité bien ordonnée… Puis le bitt, destiné au chef ; enfin le jus de chique ou de chapeau (3e et problématique qualité) distribué aux troubades.

Mou comme une chique

(Virmaître, 1894) : Homme de peu de consistance, sans volonté, qui travaille mollement. Allusion au morceau de tabac que le chiqueur a mâché toute une journée : il est mou. De là, mou comme une chique (Argot du peuple).

Mouche, Moche, Mouchique

(Rigaud, 1881) : Laid, mauvais, sans valeur, désagréable. — Toc a succédé à mouche avec le même sens, et moche, variante de mouche, a battu en brèche toc, déjà démodé parmi les voyous. — Être mouchique à la sec, être mal noté dans son quartier, avoir eu déjà des démêlés avec le commissaire de son quartier. Sec est mis par abréviation de section.

Mouchique

(Clémens, 1840) : Laide, mauvaise, sévère.

(Delvau, 1867) : adj. Extrêmement muche, — dans l’argot de Breda-Street.

(Delvau, 1867) : adj. Laid, mauvais, — dans l’argot des voleurs, qui, pour forger ce mot, n’ont pas dû songer aux moujiks russes de 1815, comme l’insinue Francisque Michel, mais ont eu certainement en vue leurs ennemis naturels, les mouchards. Être mouchique à la section. Être mal noté chez le commissaire de police de son quartier.

(La Rue, 1894) : Laid, mauvais, sévère. Mouchique à la section, mal noté dans son quartier.

(Virmaître, 1894) : Laid à faire peur. Vient du mot russe mejiks (Argot du peuple). N.

Mouchique à la section

(Virmaître, 1894) : Mal noté dans son quartier. Quartier est synonyme de section, depuis la division des arrondissements en sections pour les votes (Argot du peuple). N.

Pose ta chique et fais le mort

(Virmaître, 1894) : Reste tranquille et ne parle pas (Argot du peuple).

Poser sa chique

(Larchey, 1865) : Garder le silence. — V. Chique.

Le roi règne sans gouverner. Si le nôtre un jour s’en écarte, Qu’il aille interroger la Charte ! Elle lui répondra d’abord : Pos’ta chique et fais l’mort.

Paris chantant, Jules Leroy.

(Rossignol, 1901) : Se taire, s’abstenir.

Pour chiquer !

(Fustier, 1889) : Allons donc ! Plaisanterie ! argot du bagne.

Se chiquer

(Rossignol, 1901) : Se battre.


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