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Au plan

Halbert, 1849 : En prison.

Avoir des planches

France, 1894 : Être à son aise devant le public, avoir l’habitude de la scène ; argot des coulisses.

Avoir du pain sur la planche

Delvau, 1867 : Avoir des économies ou des rentes. Argot des bourgeois.

Virmaître, 1894 : Être riche et ne pas avoir à s’occuper du lendemain. Être condamné à un certain nombre d’années de prison (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Être riche, ou condamné à plusieurs années de prison.

Balayer les planches

Rigaud, 1881 : Jouer dans une pièce qui sert de lever de rideau, — dans le jargon des comédiens.

Ayez donc du talent… pour balayer les planches.

(Ed. Brisebarre et Eug. Nus, La Route de Brest, acte IV, scène 1.)

France, 1894 : Chanter le premier dans un concert, argot des coulisses ; — le trottoir, marcher en laissant traîner sa robe.

Brûler les planches

Delvau, 1867 : v. a. Avoir l’habitude de la scène, jouer un rôle avec aplomb. Argot des coulisses.

Rigaud, 1881 : Jouer avec entrain, déployer beaucoup de chaleur, — dans le jargon des comédiens.

Monvel est l’acteur pour lequel a été inventée cette expression de coulisses.

(V. Couailliac, La Vie de théâtre.)

Déplanquer

un détenu, 1846 : Ôter, découvrir, dégager du Mont-de-Piété.

Halbert, 1849 : Déterrer.

Larchey, 1865 : Exhiber (Vidocq). V. Vague.

Delvau, 1867 : v. a. Retirer des objets d’une cachette ou du plan, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Retirer un objet caché, — dans le jargon des voleurs.

Virmaître, 1894 : Quand un voleur est en prison, il est en planque. Il est également en planque quand il est filé par un agent ; quand il sort de prison ou quand il grille l’agent, il se déplanque (Argot des voleurs). V. Déplanqueur.

Hayard, 1907 : Sortir de prison.

Déplanquer son faux centre

Rigaud, 1881 : Être condamné sous un nom d’emprunt.

Déplanqueur

Virmaître, 1894 : Complice qui déterre les objets volés pendant que son camarade subit sa peine. C’est un usage chez les voleurs d’enterrer pour les soustraire à la justice, les objets volés ; au moins s’ils subissent une peine ils ne font pas du plan de couillé (Argot des voleurs).

Drapeau, drap de lit (planter un)

Hayard, 1907 : Ne pas payer ses dettes.

Emplanquer

Rigaud, 1881 : Arriver, — dans le jargon des voleurs.

Enplanquer

Larchey, 1865 : Arriver.

La rousse enplanque.

Bailly.

Entauler à la planque

Virmaître, 1894 : Entrer dans une cachette pour se soustraire aux recherches de la police. On entaule aussi à la planque des objets volés pour les reprendre au sortir de prison (Argot des voleurs).

Être sur la planche

Delvau, 1867 : v. n. Comparaître en police correctionnelle ou devant la Cour d’assises. Argot des voleurs.

Faire du plan de couillet

Rossignol, 1901 : De la prison pour rien ou pour un autre.

La rousse en planque

Halbert, 1849 : La police vient.

Laisser en plan

Larchey, 1865 : Abandonner.

Et cet animal de barbier qui me laisse en plan.

Cormon.

Mettre en plan

Larchey, 1865 : Rester en gage chez un restaurateur jusqu’à l’acquittement de sa note.

Monter sur la planche

Rossignol, 1901 : Faire des révélations.

Pain sur la planche (avoir du)

Merlin, 1888 : Avoir une collection de punitions.

Plan

d’Hautel, 1808 : Mettre quelque chose en plan. Pour dire mettre un habit, un bijou, un effet quelconque en gage, lorsqu’on a fait de la dépense en un lieu et que l’on n’a pas de quoi payer.

Clémens, 1840 : Étui à l’usage des voleurs.

un détenu, 1846 : Prison. Être au plan : emprisonné ; cachette, Mont-de-Piété.

Halbert, 1849 : Prison, cachot.

Delvau, 1867 : s. m. Le Mont-de-Piété, — dans l’argot des faubouriens. Être en plan. Rester comme otage chez un restaurateur, pendant qu’un ami est à la recherche de l’argent nécessaire à l’acquit de la note. Laisser en plan. Abandonner, quitter brusquement quelqu’un, l’oublier, après lui avoir promis de revenir. Laisser tout en plan. Interrompre toutes ses occupations pour s’occuper d’autre chose.

Delvau, 1867 : s. m. Prison, — dans l’argot des voleurs. Être au plan. Être en prison. Tomber au plan. Se faire arrêter.

Quoi tu voudrais que je grinchisse
Sans traquer de tomber au plan ?

dit une chanson publiée par le National de 1835.

Delvau, 1867 : s. m. Arrêts, — dans l’argot des soldats. Être au plan. Être consigné.

Delvau, 1867 : s. m. Moyen, imaginalion, ficelle, — dans l’argot des faubouriens. Tirer un plan. Imaginer quelque chose pour sortir d’embarras. Il n’y a pas plan. Il n’y a pas moyen de faire telle chose.

Rigaud, 1881 : Mont-de-Piété. Mot à mot : la planche où sont les objets laissés en nantissement. — Mettre au plan, engager au Mont-de-Piété ou ailleurs.

M’man, j’ai mis ma veste au plan hier soir.

(Gavarni.)

Rigaud, 1881 : Prison. — Hospice des Enfants-Trouvés.

Rigaud, 1881 : Moyen. Il y a plan, il n’y a pas plan ; expression dont se servent beaucoup d’ouvriers lorsqu’ils vont demander de l’ouvrage. — Patron, est-ce qu’il y a plan ? Mot à mot : est-ce qu’il y a moyen de travailler chez vous ?

Oui, il n’y a pas plan, murmurait Céline.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

La Rue, 1894 : Le Mont-de piété. Prison. Abandon. Moyen : il n’y a pas plan. Étui à l’usage des voleurs.

Virmaître, 1894 : Le Mont-de-Piété. Allusion à la planche sur laquelle on emmagasine les effets engagés (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Prison.
— Je tire dix berges de plan.
Tomber en plan :
se faire arrêter.
Être en plan : rester en gage pour un écot.
Laisser sa femme en plan c’est synonyme de la lâcher (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Prison.

Rossignol, 1901 : Mont-de-piété.

Plan (le)

Hayard, 1907 : Le mont-de-Piété. La prison.

Plan (mettre en, laisser en)

Rigaud, 1881 : Quitter quelqu’un sans le prévenir, planter là.

Plan (mettre en)

Larchey, 1865 : Engager.

Pour faire à sa belle Un don digne d’elle, L’employé met sa montre en plan.

Désaugiers, 1815.

Plan de couillé

Virmaître, 1894 : Faire de la prison pour un autre. Faire de la prison sans avoir joui du produit de son vol. Couillé est le diminutif de couillon. Dialogue au Dépôt :
— Pourquoi que t’es ici ?
— J’ai pas de piaule pour pagnoter.
— Je file la comète ; j’ai été fabriqué par un sale sergot.
— Et ton nière ?
— Mon orgue ? J’étais méquard de la bande à Bibi.
— Alors tu vas aller au carré des petites gerbes.
— Veux-tu me désenflaquer et m’aider à casser la ficelle ?.
— Pour aller à la boîte aux cailloux, où y a pas mèche de faire chibis ; où on ne boulotte que des bourres-coquins et où on ne lampe que du sirop de macchabée ? y a pas de pet.
— Je te donne la paire de sigues, mais tu ne bonniras que peau.
— Tes sigues, c’est du carme à l’estorgue.
— Non, c’est du bath.
— C’est pas assez, car si les palpeurs me foutent deux bergesde Centrousse, ça serait du plan de couillé.
Mot à mot : de la prison pour rien (Argot des voleurs).

Plan de couyé

Halbert, 1849 : Subir une peine pour un autre.

Plancarde

Clémens, 1840 : Bascule de la guillotine.

Planche

d’Hautel, 1808 : Compter sur lui, c’est se fier sur une planche pourrie. Pour dire, qu’une personne ne mérite aucune confiance, qu’on ne doit faire aucun fonds sur ses promesses.
Faire la planche. Donner l’exemple, montrer le chemin, encourager un autre en faisant une chose le premier. Cette expression est aussi reçue parmi les nageurs, et signifie nager étant couché sur le dos.

Rigaud, 1881 : Sabre, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Femme très maigre. — Femme qui n’a pas que l’apparence de la froideur.

Rigaud, 1881 : Tableau noir servant aux démonstrations mathématiques, — dans le jargon du collège. — Passer à la planche, passer au tableau.

Planché

Rigaud, 1881 : Condamné.

Planché (être)

Delvau, 1867 : Être condamné, — dans l’argot des voleurs.

Planche (faire la)

Fustier, 1889 : « Ta maîtresse ? il y a un mois qu’elle vient faire la planche dans mon garni ! »

(Événement, 1885.)

Planche (faire sa)

Larchey, 1865 : Montrer une froideur excessive. — Sans planche : Sans façon.

L’écaillère de ses propos poissards vous entretient sans planche.

Cabarets de Paris, 1821.

Planche au pain : Banc des prévenus.

Delvau, 1867 : Témoigner du dédain, faire sa Sophie, — dans l’argot des faubouriens. Sans planche. Avec franchise, rondement.

Planche à lavement

Virmaître, 1894 : Le confessionnal. On y lave sa conscience ; pour certains, il faudrait une rude lessive (Argot des voleurs).

Planche à pain

Merlin, 1888 : Au propre, planche longue et mince destinée à recevoir les rations de pain et de biscuit des hommes ; au figuré, un individu bâti en Don Quichotte.

Virmaître, 1894 : Cour d’assises. Se dit aussi d’une femme maigre (Argot des voleurs). N.

Planche à tracer

Delvau, 1867 : s. f. Table, — dans l’argot des francs-maçons. Ils disent aussi Plate-forme et Atelier.

Delvau, 1867 : s. f. Feuille de papier blanc, — dans le même argot [des francs-maçons]. Signifie aussi Lettre, missive quelconque.

Rigaud, 1881 : Table à manger, — dans le jargon des francs-maçons qui disent encore atelier.

Planche au pain

Bras-de-Fer, 1829 : Cour d’assises.

Clémens, 1840 : Banc des accusés.

Halbert, 1849 : Banc des accusés, tribunal.

Delvau, 1867 : s. f. Le banc des accusés, — dans l’argot des prisons. Être mis sur la planche au pain. Passer en Cour d’assises.

Rigaud, 1881 : Banc des prévenus. — Lit, — dans le jargon des filles publiques.

La Rue, 1894 : Le banc des accusés. Lit.

Planche au pin (la)

M.D., 1844 : Banc des accusés.

Planche-au-pain

un détenu, 1846 : Banc des accusés.

Plancher

d’Hautel, 1808 : Le plancher des vaches. La terre ferme sur laquelle on marche.
Il n’est rien tel que de marcher sur le plancher des vaches. Pour dire, qu’il y a moins de risque à courir en voyageant sur terre que sur mer.
Il faut soulager le plancher. Se dit, pour inviter quelques personnes à sortir d’une chambre où il y a trop de monde.

d’Hautel, 1808 : Terme populaire qui équivaut à se moquer, se jouer de quelqu’un, le railler, le persiffler, le promener.
Est-ce que tu planches ? Pour te moques-tu de moi ?

Larchey, 1865 : Moquer.

Est-ce que tu planches ? pour : Te moques-tu de moi ?

1808, d’Hautel.

Plancherie : Mauvaise plaisanterie.

I’me propose le bâton. Moi, j’lui dis : Allons donc ! Tu planches.

Ch., Avignon, 1813.

Planché : Condamné.

Delvau, 1867 : v. n. Se moquer, rire, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens. On dit aussi Flancher.

Rigaud, 1881 : Quitter un ami de prison, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Plaisanter. — Parles-tu sérieusement ou planches-tu ?

Rigaud, 1881 : Coucher à la salle de police, sur la planche du gouvernement. J’ai planché deux jours, — dans le jargon du régiment.

La Rue, 1894 : Rire, se moquer. Condamner. Quitter un ami de prison.

Plancher (débarrasser le)

Rigaud, 1881 : S’en aller, lorsqu’on importune quelqu’un. Débarrassez-moi le plancher.

Plancher des vaches

Larchey, 1865 : « La terre était sa vraie patrie ; la terre, le plancher des vaches. »

J. Janin.

Delvau, 1867 : s. m. La terre, — dans l’argot du peuple, à qui Rabelais a emprunté cette expression pour la mettre sur les lèvres de ce poltron de Panurge.

Plancherie

Rigaud, 1881 : Plaisanterie d’un goût douteux.

Planches

Delvau, 1867 : s. f. La scène, le théâtre en général, — dans l’argot des acteurs. Balayer les planches. Jouer dans un lever de rideau ; commencer le spectacle. Brûler les planches. Cabotiner. Signifie aussi Débiter son rôle avec un entrain excessif.

Delvau, 1867 : s. f. L’établi, — dans l’argot des tailleurs. Avoir fait les planches. Avoir été ouvrier avant d’avoir été patron.

Rigaud, 1881 : Établi de tailleur. — Avoir fait les planches, avoir travaillé comme ouvrier avant d’être devenu patron.

Planches (avoir des)

Rigaud, 1881 : Mot à mot : avoir l’habitude des planches, jouer la comédie depuis longtemps ; être sur la scène aussi à l’aise que chez soi. Madame Thierret avait des planches autant qu’actrice du monde.

Plancheur, Plancheuse

Rigaud, 1881 : Mauvais plaisant, mauvaise plaisante.

Plançonner

Delvau, 1867 : v. a. Bredouiller, — dans l’argot des coulisses, où l’on a conservé le souvenir du brave Plançon, acteur de la Gaîté.

Rigaud, 1881 : Bredouiller. Dérivé de Plançon, mauvais acteur de la Gaîté qui bredouillait à la fin et souvent au commencement de chaque tirade. (Argot des coulisses).

Planque

Clémens, 1840 : Cachette.

un détenu, 1846 : Guet. Hommes en planque : hommes qui font le guet.

Halbert, 1849 : Cachette.

Larchey, 1865 : Cachette. V. Bayafe. — Planquer : Cacher. V. Déplanquer, Enplanquer.

Larchey, 1865 : Observation. — On se cache pour bien observer.

J’allai en compagnie de H., et le laissant en planque (en observation), je montai chez Chardon.

Canler.

Delvau, 1867 : s. f. Cachette, — dans l’argot des voleurs. Être en planque. Être prisonnier. Signifie aussi Être en observation.

Rigaud, 1881 : Lieu, endroit, cachette. — Poste d’observation d’où un agent de police surveille un malfaiteur.

La Rue, 1894 : Cachette. Lieu, endroit, maison. Poste d’observation d’un agent qui guette un malfaiteur. Planquer, abandonner, poster, placer. Se planquer, se mettre à couvert.

Rossignol, 1901 : Un agent de police est en planque lorsqu’il est à un endroit quelconque pour surveiller un individu.

Hayard, 1907 : Cachette.

Planque (en faire une)

Virmaître, 1894 : Agent qui se planque pour surveiller des individus. Être en planque, être filé. Mot à mot : planque, attendre. La chanson des mecs dit :

Jadis pour une fille, la plus chouette des catins
Tous les mecs se mettaientu en planque
C’qui lui valait le flac dont casquaient les rupins
Sans les grinchir ni d’truc ni d’banque. (Argot des voleurs).

Planqué (être)

Halbert, 1849 : Faire le guet.

Planque à larbin

Virmaître, 1894 : Bureau de placement spécial pour les domestiques (Argot des voleurs). V. Suce-larbin.

Planque à larbins

Rigaud, 1881 : Bureau de placement.

Planque à plombes

Rigaud, 1881 : Pendule.

Planque à sergots

Rigaud, 1881 : Poste de police.

Planque à suif

Rigaud, 1881 : Tripot.

Planque à tortorer

Rigaud, 1881 : Restaurant.

Planque des gouâpeurs

Rigaud, 1881 : Dépôt de la préfecture de police.

Planquer

un détenu, 1846 : Faire le guet.

Halbert, 1849 : Cacher.

Delvau, 1867 : v. a. Cacher. Signifie aussi Emprisonner.

Delvau, 1867 : v. a. et n. Mettre quelque chose de côté, — dans l’argot des typographes.

Delvau, 1867 : v. a. et n. Engager quelque chose au Mont-de-Piété, mettre au plan. Argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Cacher. — Observer. — Mettre de l’argent de côté.

Virmaître, 1894 : Cacher.
— Pour dépister la rousse, je vais me planquer un marqué chez un garnaffier de mes aminches (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Faire une planque ; veut aussi dire cacher, dissimuler.

en me couchant, je suis obligé de planquer mon porte-monnaie pour que ma femme n’y fasse pas une descente.

Planquer (mettre en planque)

Hayard, 1907 : Accumuler.

Planquer (se)

Rigaud, 1881 : Se cacher. — Planquer le marmot, cacher un objet volé.

Planquer des sortes

Boutmy, 1883 : v. Cacher les lettres ou sortes qui entrent en grande quantité dans un travail en cours d’exécution. L’ouvrier qui planque des sortes cause un préjudice à tous ses compagnons, qui ne trouvent plus celles qui devraient être dans des casses ou bardeaux d’un usage commun.

Planques

Rossignol, 1901 : Marques scrofuleuses sur le visage.

Plans (tirer des)

Merlin, 1888 : Chercher un moyen.

Planter

d’Hautel, 1808 : S’il est bien planté, il reviendra. Se dit d’une personne dont on fait peu de cas, et qui s’en est allée avec humeur.
Il est allé planter ses choux. Se dit par raillerie d’un homme qui s’est retiré à la campagne.
Planter là quelqu’un. L’abandonner, le quitter, lui retirer son amitié, sa protection, ses secours.
Arrive qui plante. Locution adverbiale qui marque la résolution dans laquelle on est, de ne pas changer d’idée quelque chose qu’il arrive.
Il m’a planté-là pour reverdir. Pour, il m’a abandonné subitement ; il m’a fait croquer le marmot.

Halbert, 1849 : Laisser.

Fustier, 1889 : Coïre.

La Rue, 1894 : Coïre.

Planter des cornes

Delvau, 1864 : Introduire son membre dans le vagin d’une femme mariée à un autre homme, — ce qui fait pousser des cornes à celui-ci et quelquefois un enfant à celle-là.

Planter la quelqu’un

Delvau, 1867 : v. a. Le quitter brusquement, soit parce qu’il vous ennuie, soit parce qu’on est pressé. C’est l’ancienne expression : Planter là quelqu’un pour reverdir, mais écourtée et plus elliptique.

Planter le harpon

Delvau, 1867 : v. a. Lancer une idée, avancer une proposition, — dans l’argot des marins.

Planter son poireau

Delvau, 1867 : v. a. Attendre quelqu’un qui ne vient pas, — dans l’argot des faubouriens.

Planter un acte

Rigaud, 1881 : Veut dire que le mouvement général et les positions en sont fixés. On dit planter la décoration dans le même sens. (A. Bouchard.) Planter un comparse. Le faire grimer, le placer, lui dessiner la marche à suivre et lui donner les indications nécessaires. (Musée Philipon, Théâtre de Bourg-en-Bresse.)

Planter un chou

Fustier, 1889 : Tromper indignement.

Mon ci-devant m’a planté un chou colossal.

(Réveil, 1882.)

Planter un drapeau

Virmaître, 1894 : Autrefois on disait faire un puff. Les ouvriers et les petits employés ont l’habitude de manger à la semaine ou au mois chez leur restaurateur ; fréquemment quand ils quittent leur place, ils ne payent pas le gargotier.
— Pourquoi ne passeslu pas par-là ?
— J’ai planté un drapeau.
Allusion au drapeau planté par les cantonniers sur la voie publique qu’ils réparent pour avertir qu’il ne faut pas passer là (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Faire une dette chez un marchand de vin ; on dit aussi faire un pouf.

Planter un homme

Delvau, 1864 : Baiser une femme.

Que fais-tu donc là ? demandait un passant à Diogène, qui, en sa qualité de cynique, n’avait pas craint de trousser une fille en plein Agora et était en train de besogner avec elle, — Tu le vois ; je plante un homme, répondit-il.

A. François.

Plantes (user ses)

Rigaud, 1881 : Marcher beaucoup. Mot à mot : user les plantes de ses pieds.

Planteur

d’Hautel, 1808 : Un planteur de choux. Se dit par ironie d’un gentilhomme, ou d’un homme de distinction qui s’est retiré à la campagne.

Planteuse de bois

Virmaître, 1894 : Femme qui fait son mari cocu. Mot à mot : elle lui plante du bois sur la tête (Argot du peuple). N.

Plantureusement

d’Hautel, 1808 : Abondamment, largement, en grande quantité.

Plantureux

d’Hautel, 1808 : Abondant, fertile.
Un pays plantureux. Qui abonde en toute chose.


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