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Aller où le roi ne va qu’à pied

(Larchey, 1865) : Ce rappel à l’égalité est de tous les temps. On disait au dix-septième siècle :

C’est à mots couverts le lieu où l’on va se décharger du superflu de la mangeaille…

Scarron, qui n’a pas dédaigné de donner l’hospitalité à cette métaphore éminemment philosophique, ajoute :

C’est ce qu’on nomme à Paris, chez les personnes de qualité, la chaise percée ; car depuis environ vingt ans la mode est venue de faire ses nécessités sans sortir de sa chambre, et cela par un pur excès de propreté.

Aller où le roi va à pied

(Delvau, 1867) : V. Aller à ses affaires dans l’argot du peuple.
C’est précisément pour y avoir été que Henri III fut blessé mortellement par Jacques Clément, qui le frappa sur sa chaise d’affaires.

(Virmaître, 1894) : Satisfaire un besoin dans le silence d’un cabinet qui n’a rien de ministériel. L’allusion est juste ; malgré sa grandeur, le roi ne pourrait y aller en voiture (Argot du peuple).

Arrache-pied

(d’Hautel, 1808) : Travailler d’arrache-pied. Phrase idiotique qui signifie travailler avec ardeur et sans intermission ; ne pas désemparer qu’on n’ait terminé son ouvrage.

Avoir les pieds dans l’dos

(Rossignol, 1901) : Être recherché par la police.

Avoir mangé ses pieds

(Delvau, 1867) : Puer de la bouche, — dans l’argot des faubouriens.

(Virmaître, 1894) : Puer de la bouche (Argot du peuple).

Bain de pied

(Larchey, 1865) : Excédent de liquide versé à dessein dans une tasse ou dans un verre ; il déborde et fait prendre au récipient un bain de pied dans la soucoupe.

(Delvau, 1867) : s. m. Excédent de café ou d’eau-de-vie retenu par la soucoupe ou dans le plateau qu’on place par précaution sous chaque demi-tasse ou sous chaque petit verre. Il y a des gens qui boivent cela.

(France, 1907) : « Excédent de liquide versé pour faire bonne mesure ; il déborde et fait prendre à la tasse ou au verre un bain de pied dans la soucoupe. De là le mot. » (Lorédan Larchey). — « Il y a des gens qui boivent cela », ajoute Delvau.
Prendre un bain de pied se dit, dans l’argot des voleurs, pour condamné à la déportation.

Bain-de-pied

(Rigaud, 1881) : Excédant qui tombe d’un petit verre de liqueur dans la soucoupe. — Excédent de café qui inonde la soucoupe. — Une demi-tasse, sans bain-de-pied.

Banc (pied de)

(Rigaud, 1881) : Sergent, — dans le jargon des troupiers.

Bénir des pieds

(Delvau, 1864) : Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l’homme et la femme gigotent des jambes, comme s’ils voulaient envoyer leur bénédiction urbi et orbi.

(France, 1907) : Être pendu ; allusion aux saccades des pendus.

Bénir ses pieds

(Delvau, 1867) : v. a. Être pendu, — dans l’argot impitoyable du peuple, qui fait allusion aux derniers gigottements d’un homme accroché volontairement à un arbre ou involontairement à une potence.

Bête comme ses pieds

(Delvau, 1867) : Se dit, — dans l’argot populaire, — de tout individu extrêmement bête.

Bouton de sous-pied

(Merlin, 1888) : Pièce de vingt francs.

Bureau des pieds

(Virmaître, 1894) : Salle du Dépôt de la Préfecture de Police où M. Bertillon fait passer les détenus à la mensuration pour reconnaître leur identité (Argot des voleurs). N.

(France, 1907) : « Salle du Dépôt de la Préfecture de police où M. Bertillon fait passer les détenus à la mensuration pour reconnaître leur identité ; argot des voleurs. » (Ch. Virmaître.)

C’est plus fort que de jouer au bouchon avec des pains à cacheter dans six pieds de neige

(Virmaître, 1894) : Expression employée pour marquer le comble de l’étonnement. On dit aussi c’est fort de café (Argot du peuple). N.

Camelotte dans le pied

(Larchey, 1865) : En flagrant délit de vol.

J’ai été pris, la camelotte dans le pied.

La Correctionnelle, journal.

Cent pieds de merde (je voudrais te voir dans)

(Virmaître, 1894) : Souhait d’un gendre à sa belle-mere féroce ou à une femme crampon (Argot du peuple). N.

Chaussure à son pied

(Virmaître, 1894) : Femme laide et défectueuse qui trouve quand même un amant on à se marier. Elle a trouvé chaussure à son pied (Argot du peuple). N.

Cheminer autrement que de pieds

(Delvau, 1864) : Faire l’acte vénérien, dans lequel, en effet, on fait beaucoup marcher la pine, — cette troisième jambe qui se fatigue si vite.

Lycaste pourrait bien l’avoir fait cheminer
Autrement que des pieds ; ce sexe est si fragile
Que, prenant bien son temps, vertement on l’enfile.

Trotterel.

Cible à coups de pied

(Delvau, 1867) : s. f. Le derrière. Argot du peuple.

Clarinette de cinq pieds

(Delvau, 1867) : s. f. Fusil, — dans l’argot des soldats.

(Merlin, 1888) : Fusil.

Clarinette, Clarinette de six pieds

(Rigaud, 1881) : Fusil d’infanterie. — Jouer de la clarinette, se battre à coups de fusil, — dans le jargon des troupiers.

Nous allons être obligés de jouer un trio de clarinette.

(A. Camus.)

Cloche-pied

(d’Hautel, 1808) : On dit vulgairement et par corruption à croche pied.

Coup de pied

(Rigaud, 1881) : Avance d’argent, — dans le jargon des tailleurs. Donner un coup de pied au grêle, demander une avance au patron.

Coup de pied de jument

(Delvau, 1867) : s. m. Maladie désagréable, — dans l’argot du peuple.

Coup de pied de Vénus

(Delvau, 1867) : s. m. « Trait empoisonné lancé par le fils de Cythérée au nom de sa mère », — dans l’argot des bourgeois, qui connaissent leur mythologie.

(Rigaud, 1881) : Maladie que l’on traite comme on traite les glaces de Saint-Gobain. Ce qui a fait dire à un de nos plus célèbres spécialistes, en estropiant un hémistiche bien connu de Virgile : Mercurium ayitat molem.

(La Rue, 1894) : Syphilis.

Coups de pied (ne pas se donner de)

(Rigaud, 1881) : Se faire valoir. — Et encore : Ne pas se donner de coups de pied au derrière.

Tu ne te donnes pas de coups de pied au derrière.

(Hennique, La Dévouée.)

Donner de coups de pied (ne pas se)

(Delvau, 1867) : Faire son propre éloge, se dire des choses aimables, s’avantager dans un récit. Argot du peuple.

Donner un coup de pied jusque…

(Delvau, 1867) : Aller jusqu’à tel endroit désigné, — dans l’argot du peuple.

Dormir debout (pied à)

(Larchey, 1865) : Pied démesurément large et long.

Votre général qui a des pieds à dormir debout.

Gavarni.

Édredon de trois pieds

(Delvau, 1867) : s. m. Botte de paille.

(Rigaud, 1881) : Paille.

Encre (tremper son pied dans l’)

(Larchey, 1865) : Être consigné. Les soldats consignés portaient autrefois une guêtre blanche et une guêtre noire. — V. Criblage.

Il ne sait pas ce que c’est que de tremper son pied dans l’encre, et jamais n’a entrevu la porte de la salle de police.

Vidal, 1833.

Faire du genou, faire du pied

(Rigaud, 1881) : Frotter son genou, frotter son pied, contre le genou, contre le pied d’une femme. Petite polissonnerie innocente, quelque chose comme les bagatelles de la porte en espérant le lever du rideau.

Faire pieds neufs

(Delvau, 1867) : v. a. Accoucher d’un enfant, — dans l’argot du peuple, qui se souvient, sans l’avoir lu, du livre Ier, chap. VI, de Gargantua.

Foutre un coup de pied à quelqu’un

(Delvau, 1867) : Lui faire un emprunt, — le taper d’une somme quelconque. On dit aussi Lui foutre un coup de pied dans les jambes, — mais seulement lorsqu’il s’agit d’un emprunt plus important. Une nuance !

J’en ai mon pied

(Virmaître, 1894) : J’en ai assez. J’en ai soupé signifie la même chose. J’ai soupe de ta fiole, de même. Donne-moi mon pied veut dire : Donnez-moi ma part. Ça fait le pied, synonyme de ça fait le joint (l’affaire) (Argot des voleurs). N.

Jouer un pied de cochon

(Larchey, 1865) : Tromper, décamper.

Vous avez donc voulu nous jouer un pied de cochon.

Canler.

(Virmaître, 1894) : Jouer un bon tour à quelqu’un ; s’en aller, le laisser en plan au moment de payer son écot, sachant qu’il est sans le sou (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Faire une méchanceté, ou une mauvaise farce à quelqu’un, c’est lui jouer un pied de cochon.

Laver les pieds (se)

(Rigaud, 1881) : Aller à Cayenne aux frais de l’État. Les voleurs disaient, dans le même sens, il y a quelques années : Prendre un bain de pieds.

Lève-pieds

(Larchey, 1865) : Escaliers, échelle (Vidocq). — Effet pris pour la cause.

(Delvau, 1867) : s. m. Échelle, escalier, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Échelle ; escalier.

(Virmaître, 1894) : V. Montante.

Lever le pied

(Delvau, 1867) : v. a. Fuir en emportant la caisse.

(Virmaître, 1894) : V. Mettre la clé sous la porte.

(Rossignol, 1901) : Fuir. Un caissier lève le pied lorsqu’il a levé la caisse de son patron.

(Hayard, 1907) : Filer sans payer ses créanciers.

Mal aux pieds (avoir)

(Merlin, 1888) : Être chaussé de guêtres de toile. Celles-ci mal ajustées, ont, en effet, l’apparence de linges, de bandages entourant les pieds.

Marché des pieds humides

(Fustier, 1889) : La petite Bourse qui pendant longtemps s’est tenue en plein air ; les spéculateurs étaient ainsi exposés à toutes les intempéries, et, quand il pleuvait, pataugeaient dans les flaques d’eau.

Le marché des pieds humides qu’on est venu plaisanter, est bien plus loyal qu’on ne le pense. Là, pas d’affaires à terme ; argent contre titres ; titres contre argent.

(Le Mercure, journal, 1882.)

Marcher sur le pied

(Delvau, 1867) : v. n. Chercher querelle à quelqu’un, — une querelle d’Allemand ; saisir le moindre prétexte pour se fâcher, — dans l’argot des bourgeois. N’aimer pas qu’on vous marche sur le pied. Être très chatouilleux, très susceptible.

Marquis du tire-pied

(Merlin, 1888) : Le maître bottier.

Mettre à pied

(Delvau, 1867) : v. a. Suspendre un employé de ses fonctions pendant plus ou moins de temps. Argot des bourgeois.

Mettre les pieds dans le plat

(Delvau, 1867) : Ne conserver aucun ménagement, ne prendre aucune précaution, ni garder aucune mesure en parlant ou en agissant. Argot du peuple.

Mise à pied

(Larchey, 1865) : Mise en non activité.

Une mise à pied enseigna à notre inspecteur à faire plus exactement son service.

Canler.

(Delvau, 1867) : s. f. Privation de fonctions et d’appointements. Argot des bourgeois.

(Rigaud, 1881) : Suppression momentanée de paye pour un cocher, un agent de police. — Interdiction momentanée de jouer faite à un acteur par son directeur, sans suppression d’appointements.

Montante, lève-pieds

(La Rue, 1894) : Les cambrioleurs. Ils sont ainsi nommés parce que ces voleurs opèrent généralement dans les chambres de domestiques situées aux étages supérieurs. Ils montent en l’air (Argot des voleurs). N.

Moucher du pied (ne pas se)

(Delvau, 1867) : Avoir le geste prompt et le soufflet facile. Signifie aussi Avoir des allures de bourgeois, et même de grand seigneur. On dit dans le même sens : Ne pas se moucher du coude.

Mouches (envoyer des coups de pied aux)

(Rigaud, 1881) : Mener une conduite déréglée, — dans le jargon des coulisses. C’est ce que le peuple appelle : Jeter son bonnet par-dessus les moulins.

Mouiller les pieds (se)

(Fustier, 1889) : Aller à Nouméa.

Interrogé, il s’écria : Vous me ferez faucher le pré, mais je ne veux pas que les camarades se mouillent les pieds.

(Événement, 1882.)

Ne pas se donner de coups de pied

(Larchey, 1865) : Se vanter.

Ne pas se moucher du pied

(Larchey, 1865) : Agir grandement. — Mot à mot : en personne qui sait vivre et non comme le voyou qui se mouche dans ses doigts, pour effacer avec le pied la trace de la déjection qu’il a rejetée a terre.

Mais c’est des artistes… qui ne se mouchent pas du pied.

Désaugiers.

Ce petit vin colorié Ne se mouche pas du pié.

J. Moineaux.

Quoi ! ton amour contrefait déjà l’estropié. Crois-tu que je sois femme à me moucher du pié.

Le Rapatriage, parade, dix-huitième siècle.

(Larchey, 1865) : Voir Moucher. — En 1808, on disait dans le même sens : Ne pas se moucher sur sa manche.

Nez en pied de marmite

(Rigaud, 1881) : Nez court et gros du bout.

(Rossignol, 1901) : Nez retroussé.

Partir du pied droit

(Delvau, 1867) : Bien commencer une affaire, l’engager gaiement et résolument. Argot du peuple. Quand on veut décider quelqu’un on dit : « Allons, partons du pied droit ! » C’est un ressouvenir des superstitions païennes. Quand Encolpe et Ascylte se disposent à entrer dans la salle du banquet, un des nombreux esclaves de Trimalcion leur crie : Dextro pede ! Dextro pede !

Persil dans les pieds (avoir du)

(Delvau, 1867) : Se dit d’une femme qui a les pieds sales — à force d’avoir marché.

Petit pied, petit con

(Delvau, 1864) : Proverbe qui forme pendant avec cet autre : Long nez, longue pine.

Regarde au nez et tu verras combien
Grand est celui qui aux femmes fait bien ;
Regarde su pied pour au rebours connaître
Quel le vaisseau d’une femme doit être.

(Moyen de parvenir.)

Pied

(d’Hautel, 1808) : Donnez un coup de pied jusqu’à cet endroit. Manière de parler métaphorique, pour engager quelqu’un à se transporter dans un lieu.
Il a un petit pied, mais les grands souliers lui vont bien. Se dit par raillerie d’une personne qui a le pied gros et mal fait, et qui a la prétention de se chausser en pied mignon.
Mettre les pieds dans le plat. Pour, ne plus garder de mesure ; casser les vitres.
J’en ai cent pieds par-dessus la tête. Pour, je suis dégoûté de cette affaire ; je donnerois volontiers tout au diable.
Il a trouvé chaussure à son pied. Pour dire, il a rencontré ce qu’il lui falloit ; et, dans un sens contraire, il a trouvé à qui parler ; quelqu’un qui lui a résisté.
Déferré des quatre pieds. Battu à plattes coutures.
Il se trouvera toujours sur ses pieds. Signifie qu’un homme industrieux et laborieux, quelque chose qui arrive, trouvera toujours de quoi subsister.
Il croit tenir Dieu par les pieds. Se dit pour exagérer le contentement de quelqu’un.
Il a eu un pied de nez. Se dit d’un homme qui a été trompé dans ses espérances ; qui a reçu quelque mortification.
La vache a bon pied. Pour dire qu’un plaideur est riche ; qu’il peut satisfaire aux frais d’un procès.
Elle n’a point de pieds. Se dit d’une chose que l’on attend, et qui n’arrive pas comme on le désire.
Tenir le pied sur la gorge à quelqu’un. Lui faire des propositions déraisonnables ; le tenir avec beaucoup de sévérité.
Il fait cela haut le pied. Pour, d’une manière supérieure, avec habileté, perfection.
Elle sèche sur pied. Se dit d’une personne consumée par le chagrin et la tristesse.
Il voudroit être à cent pieds sous terre. Se dit d’un homme qui est dégoûté de la vie ; qui mène une vie malheureuse.
C’est un pied d’Escaut, un pied plat, un pied poudreux. Se dit d’un misérable, d’un chevalier d’industrie, d’un homme obscur, sans moyens, sans fortune, et qui ne jouit d’aucune considération.
Chercher quelqu’un à pied et à cheval. Le chercher partout.
Faire rage de ses pieds tortus. Intriguer ; se donner beaucoup de mouvement pour la négociation d’une affaire.
Les petits pieds font mal aux grands. Se dit d’une femme qui se trouve souvent mal dans sa grossesse.
Quand on lui donne un pied, il en prend quatre. Se dit d’un homme entreprenant, qui abuse de la liberté qu’on lui a donnée.
Faire le pied de derrière. Saluer avec le pied ; faire des révérences à n’en plus finir.
Faire le pied de grue. C’est-à-dire, le soumis, l’hypocrite, le tartuffe ; s’humilier devant quelqu’un dont on veut tirer parti.
Faire le pied de veau. Flatter, caresser, cajoler quelqu’un qui est puissant ; lui marquer de l’obéissance, de la soumission.
Il ne faut pas lui marcher sur le pied. Se dit d’une personne susceptible qui se pique de la moindre des choses, et que l’on n’offense pas impunément.
Être en pied. Pour dire, être sur ses gardes ; être en mesure ; être en fonds ; être bien dans ses affaires.
Faire pieds neufs. Mettre un enfant au monde ; accoucher.
Mettre quelqu’un au pied du mur. Le réduire au silence ; le confondre ; le mettre hors d’état de répondre.
Au pied de la lettre. Pour dire, à proprement parler.
Des pieds de mouches. On appelle ainsi une écriture mal formée, difficile à lire.
Disputer sur des pieds de mouches. C’est-à dire, sur des bagatelles.
Mettre quelqu’un sur le bon pied. Le contraindre à faire son devoir.
Aller de son pied gaillard. Voyager lestement et sans frais.
Vous êtes encore sur vos pieds. Pour dire, vous êtes encore en état de faire ce qu’il vous plaira.

(Halbert, 1849) : Sol.

(Fustier, 1889) : Part. Ce à quoi on a droit.

Mon pied ! ou je casse ! Ma part ou je te dénonce.

(Humbert : Mon bagne.)

(La Rue, 1894) : Part. En avoir son pied. En avoir suffisamment.

(Hayard, 1907) : Partage.

Pied (avoir son)

(Rossignol, 1901) : Part, compte.

J’ai quatre atouts dans mon jeu, j’ai mon pied.

Pied (donner un coup de)

(Larchey, 1865) : Marcher vivement. — V. d’Hautel, 1808.

Je vais donner un coup de pied jusque dans les salons.

About.

Pied (en avoir son)

(Rigaud, 1881) : En avoir assez.

Pied (être)

(Rigaud, 1881) : Étaler sa bêtise, — dans le jargon des collégiens.

(La Rue, 1894) : Être bête (comme ses pieds).

Pied (ne pas se moucher du)

(Rigaud, 1881) : Être riche, être à son aise. — Faire bien les choses. Chez le peuple on se mouchait et l’on se mouche encore avec le mouchoir de ses cinq doigts ; on secoue le résultat et lorsqu’on est propre on l’essuie avec le pied. Celui qui ne se mouche pas du pied a donc le moyen d’acheter des mouchoirs, un luxe pour beaucoup de gens. L’expression est vieille. On la trouve dans les Turlupinades recueillies et réunies en une comédie par Adrien de Monluc, prince de Chabanois.

La fortune m’a tourné le dos, moy qui avais feu et lieu, pignon sur rue, et une fille belle comme le jour, que nous gardions à un homme qui ne se mouche pas du pied.

(La Comédie des Proverbes.)

Pied bleu

(Larchey, 1865) : Conscrit portant encore les guêtres bleues du paysan.

Le pied bleu ne prête pas longtemps à rire par sa gaucherie.

La Bédollière.

(Delvau, 1867) : s. m. Conscrit, — dans l’argot des troupiers.

Pied de banc

(Delvau, 1867) : s. m. Sergent, — dans le même argot [des troupiers].

(Merlin, 1888) : Sergent. Quatre pieds à un banc, quatre sergents dans une compagnie.

Pied de biche

(Halbert, 1849) : Outil de voleur casseur de portes.

(Virmaître, 1894) : Pince (Argot des voleurs). V. Monseigneur.

(Rossignol, 1901) : Sonnette. Se dit aussi d’une pièce en fer à l’usage des voleurs.

Pied de biche (faire le)

(La Rue, 1894) : Faire une collecte. Mendier à domicile.

Pied de biche (tirer le)

(Rossignol, 1901) : Mendier à domicile.

Pied de cochon

(Larchey, 1865) : Pistolet. — Allusion de forme.

(Delvau, 1867) : s. m. Pistolet.

Pied de Cochon

(Rigaud, 1881) : Pistolet.

Pied de cochon

(Fustier, 1889) : Farce, tromperie. Jouer un pied de cochon à quelqu’un, lui faire une plaisanterie d’un goût douteux.

Pied de Cochon (jouer un)

(Rigaud, 1881) : Mystifier.

Pied de con (un)

(Delvau, 1864) : Un con qui aurait la capacité d’engloutir un vit de douze pouces.

J’ croit ben qu’ la seul’ médecine
Qui pourrait m’guérir tout d’ bon
Et m’empêcher d’ fair’ baton,
Ce s’rait d’fair’ sombrer ma pine,
Capitain’, dans un pied d’con.

G. de la Landelle.

Pied de nez

(Clémens, 1840) : Fait, attrapé.

(Delvau, 1867) : s. m. Polissonnerie des gamins de Paris, que connaissaient déjà les gamins de Pompéi. Faire des pieds de nez à quelqu’un. Se moquer de lui. Avoir un pied de nez. Ne pas trouver ce qu’on cherche ; recevoir de la confusion d’une chose ou d’une personne.

(Delvau, 1867) : s. m. Pièce d’un sou, — dans l’argot des voyous.

(Rigaud, 1881) : Pièce d’un sou.

Pied de vit (un)

(Delvau, 1864) : Un membre de douze pouces. On vous en souhaite. — Va-t’en voir s’ils viennent !

— Alors, dit Cloris tout allègre,
Un pied de mouton au vinaigre
Est bon selon mon appétit.
Mais Charlotte ces mots rehausse :
— J’aime mieux un ton pied de vit ;
Il n’y faut point chercher de sauce.

(Épigramme sur les appétits de quelques dames.)

Sans-bruit, accourez à moi ;
Avec un bon pied-de-roi,
Tous serez tôt secourue.

(Variétés hist. et littér.)

Pied droit (partir du)

(Merlin, 1888) : Contrairement aux principes. Lors de sa libération, le militaire se promet de partir du pied droit de la caserne, c’est-à-dire en narguant cette discipline qui lui est à charge.


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