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Annuaire sous le bras (passer l’)

(Rigaud, 1881) : Quand un officier est promu à l’ancienneté, on dit qu’il passe l’annuaire sous le bras ou bien avec la protection de la veuve Berger-Levrault, laquelle est l’éditeur de l’annuaire.

(Fr. de Reiffenberg, La Vie de garnison, 1863.)

Arme à gauche (passer l’)

(Larchey, 1865) : Mourir, militairement parlant. Aux enterrements, le soldat passe l’arme sous le bras gauche.

Toute la famille a passé l’arme à gauche.

Lacroix, 1832.

Il a reçu une volée que le diable en a pris les armes : Il a reçu une volée mortelle, telle que le diable aurait pu emporter son âme. — arme est souvent pris pour âme au moyen âge.

(Rigaud, 1881) : Mourir, — dans le jargon des troupiers.

(Merlin, 1888) : Mourir.

Bleu (passer au bleu)

(Virmaître, 1894) : Faire disparaître un objet quelconque. Le samedi de paye quand l’ouvrier care un peu de galtouze, la ménagère dit :
— Mon vieux tu m’as fait passer cent sous au bleu (Argot du peuple).

Bleu (passer au)

(Hayard, 1907) : Faire disparaître.

(France, 1907) : Faire disparaitre, perdre. « Mon argent est passé au bleu. » N’y voir que du bleu, ne s’apercevoir de rien.

Casserole (passer à la)

(Rigaud, 1881) : Traiter par des sudorifiques les blessures de l’amour.

Censure (passer la)

(Rigaud, 1881) : C’est la visite faite chaque jour au dépôt par les agents du service de sûreté pour s’assurer s’ils ne reconnaîtront pas quelques récidivistes. En style de police, cela s’appelle faire le dépôt. (V. Mémoires de Canler.)

Cheveux (passer la main dans les)

(Merlin, 1888) : C’est le rôle du perruquier de la compagnie que de passer la main dans les cheveux de ses camarades, c’est-à-dire de les tondre suivant l’ordonnance.

Couverte (faire passer à la)

(Merlin, 1888) : Berner. Genre de punition infligée par les soldats à un mauvais camarade, à un mouchard, à un voleur.

Daudée (passer à la)

(Virmaître, 1894) : Souteneur qui floppe sa marmite quand elle ne rapporte pas de pognon (Argot des souteneurs). N.

Dixième (passer au)

(Larchey, 1865) : Devenir fou. — Terme usité parmi les officiers d’artillerie. Frappés du nombre des camarades que leur enlevaient des attaques subites d’aliénation mentale, ils disent : Il est passé au dixième (régiment), pour montrer combien ils sont décimés par des pertes sur lesquelles l’étude des sciences exactes n’est pas, dit-on, sans influence.

Duchêne (passer à)

(Rigaud, 1881) : Payer, — dans le jargon des barrières. C’est-à-dire se faire arracher une dent. Duchêne est le nom d’un très populaire et très habile dentiste, le Calvin de la mâchoire. Maintenant que nous avons bouffé, faut passer à Duchêne ; garçon ! la craie.

Fabrication (passer à la)

(Rigaud, 1881) : Être arrêté. Variantes : Être fabriqué, être ferré, — dans le jargon des voleurs. — Être trompé, être exploité par un maître chiffonnier, — dans le jargon des chiffonniers.

(La Rue, 1894) : Être arrêté. Signifie aussi être volé.

Faire passer le goût du pain

(Larchey, 1865) : Tuer. On trouve Perdre le goût du pain (Mourir) dans le Dictionnaire comique de Leroux. V. Claquer.

Tous les jean-f…… qui voulaient faire perdre le goût du pain aux braves montagnards.

1793, Hébert.

V’là la guillotine qui se met à jouer. On enlève le goût du pain au monde.

H. Monnier.

(Delvau, 1867) : Tuer quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Perdre le goût du pain, pour Mourir.

Faites-la passer, qu’on la voie !

(Rigaud, 1881) : Locution particulière aux gommeux. — Dans un dîner, au bal, lorsqu’une femme fait sa tête, lorsqu’une femme vient de dire une grosse bêtise, ces messieurs ne manquent pas de s’écrier : Faites-la passer qu’on la voie ! comme s’il s’agissait d’un objet mis en vente sur la table des enchères à l’hôtel Drouot.

Falot (passer au)

(Merlin, 1888) : Voyez Tourniquet.

Fer à repasser

(Fustier, 1889) : Soulier.

Gabari (passer au)

(Rigaud, 1881) : Perdre, perdre au jeu, être vaincu, — dans le jargon des ouvriers du fer. Avoir passé un camaro au gabari, avoir gagné une partie de cartes à un camarade.

Glace (passer devant la)

(Rigaud, 1881) : Perdre au jeu des consommations dans un café. Autrefois on annonçait les consommations et on payait soi-même au comptoir. Allusion à la glace qui est derrière la dame de comptoir, et devant laquelle le consommateur était forcé de passer. — C’est à tort, je crois, que dans la Fille Elisa, M. E. de Goncourt a donné à l’expression le sens contraire. D’après lui, passer devant la glace, c’est « une expression qui désigne l’entrée de faveur accordée, par la maîtresse d’une maison, à l’amant d’une fille. » Personne n’ignore que ces demoiselles corrompent bien des choses, mais cette expression n’a pas été corrompue jusqu’ici, même en passant par leur bouche.

(La Rue, 1894) : Passer devant le tribunal. Perdre au jeu dos consommations. Partir sans payer une fille parce qu’on est son amant de cœur.

Goût du pain (faire passer le)

(Rigaud, 1881) : Tuer.

Goût du pain (paire passer le)

(La Rue, 1894) : Tuer.

Lunette (passer en)

(Rigaud, 1881) : Nuire, tromper, ruiner. — Être passé en lunette, avoir fait faillite, — dans le jargon des ouvriers du fer.

Ombre (foutre à l’, faire passer à l’)

(Rigaud, 1881) : Tuer. Mettre à l’ombre, emprisonner. — Être à l’ombre, être en prison.

Je vous dis, moi, qu’on s’ taise, ou je vous colloque à l’ombre.

(H. Monnier, Scènes populaires.)

Pains (passer chez)

(La Rue, 1894) : Battre à coups de poing.

Passer

(d’Hautel, 1808) : Faire passer quinze pour douze. Abuser de la confiance et de la crédulité de quelqu’un, pour le tromper, lui en faire accroire.
Passer quelque chose au gros sas. Pour, le faire à la hâte, sans précaution.
Il veut passer pour beau. Se dit de celui qui ne veut rien payer d’un écot, d’une dépense qui s’est faite en commun.
Passer de fil en aiguille. Pour dire, d’un discours à l’autre.
Jeunesse est forte à passer. Signifie qu’il est difficile à passer son jeune âge sans faire de folies.
Cela lui passera devant le nez. Pour dire, il n’y aura point part ; ce n’est point pour lui.
Il a passé comme une chandelle. Pour dire, il est mort sans crise ; dans le moment où on s’y attendoit le moins.
Le temps passe et la mort vient. Signifie que quelque soit le sort auquel on se trouve réduit, le temps n’en passe pas moins vite pour cela.
Passer par l’étamine. Être examiné sévèrement ; connoître l’infortune et l’adversité.
Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné. Se dit de deux personnes qui conviennent mutuellement de se pardonner leurs erreurs.
Passe pour cela. Pour, je consens à cela ; je l’accorde ; cela peut être admis.
S’il passe par mes mains, gare à lui ! Se dit par menace d’une personne dont on a reçu quelque offense, pour faire entendre qu’on s’en vengera dès que l’on en trouvera l’occasion.

(Delvau, 1867) : v. n. Mourir, — dans l’argot des bourgeois.

Passer à l’as

(Rossignol, 1901) : Si dans une affaire ou partage on n’a rien pour soi, on passe à l’as.

Passer à la patience, à la croupière

(Merlin, 1888) : Punition assez scabreuse à définir et que les troupiers infligent à un mauvais camarade à un voleur ou à un délateur.

Passer à la pipe

(Virmaître, 1894) : Quand un individu est arrêté et conduit dans un poste, les agents le battent. On le passe à la pipe. Mot à mot : il est fumé. Synonyme de passer à tabac (Argot du peuple).

Passer à la plume

(Rigaud, 1881) : Être maltraité par un agent de la sûreté, — dans le jargon des voleurs qui disaient autrefois, dans le même sens : Passer à la dure. La variante est : Passer au tabac.

Passer à la plume, passer à tabac, filer la pipe

(La Rue, 1894) : Être maltraité, bourré de coups par les agents de police.

Passer à la sorgue

(Fustier, 1889) : Dormir. (V. Delvau : Sorgue.)

Passer à tabac

(Virmaître, 1894) : Cette expression est toute récente. Quand un individu est arrêté et conduit dans un poste de police, il est souvent frappé par la police, de là : passer à tabac (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Recevoir ou donner des coups. Passer à tabac veut aussi dire être réprimandé.

(Hayard, 1907) : Occupation ordinaire des agents envers ceux qu’ils arrêtent ; assommade à coups de botte et de casse-tête.

Passer au bleu

(Larchey, 1865) : Disparaître.

Plus d’un jaunet passe au bleu.

Jouvet, Chansons.

Équivoque basée sur un procédé de blanchissage. V. Laver, Nettoyer, Lessiver. — La passer douce : vivre à l’aise. — On sous-entend vie. — Se passer de belle : Ne pas recevoir sa part de vol (Vidocq).

(Delvau, 1867) : v. a. Supprimer, vendre, effacer ; manger son bien. Argot des faubouriens. On disait, il y a cinquante ans : Passer ou Aller au safran. Nous changeons de couleurs, mais nous ne changeons pas de mœurs.

Passer au dixième

(Delvau, 1867) : v. n. Devenir fou, — dans l’argot des officiers d’artillerie.

(Rigaud, 1881) : Devenir fou, — dans l’argot des officiers d’artillerie.

Passer d’hommes (se)

(Delvau, 1864) : Jouir sans la collaboration de l’homme, avec le doigt ou le godemichet. — Se passer de femmes, se masturber.

Comment peuvent-elles donc faire pour se passer d’hommes, quand l’envie leur en prend et les tourmente si fort que, le con étant tout en chaleur, il n’y a aucune allégeance, de quelque façon que vous le frottiez.

Mililot.

Passer de belle (se)

(Delvau, 1867) : Ne pas recevoir sa part d’une affaire, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Ne rien trouver à voler, être trompé par un complice au moment de recevoir une part de butin. — Recevoir des conseils au lieu d’argent.

(Virmaître, 1894) : Ne pas recevoir sa part d’un vol ou d’une affaire. Il s’en passe de belles : homme qui vit joyeusement. Mot à mot : qui passe de belles journées. Il s’en passe de belles pour exprimer que dans tel endroit il se passe de vilaines choses. Il en fait de belles : commettre de mauvaises actions.
— Il en fait de belles ton vilain sujet, il crèvera sur l’échafaud (Argot du peuple et des voleurs). N.

Passer debout

(Rigaud, 1881) : Venir à l’heure au magasin, — dans le jargon des commis de nouveautés. Par opposition à être couché. (F. ce mot.)

Passer devant la glace

(Delvau, 1867) : v. n. Payer, — dans l’argot des faubouriens, qui savent que, même dans leurs cafés populaciers, le comptoir est ordinairement orné d’une glace devant laquelle on est forcé de stationner quelques instants.

(Virmaître, 1894) : Payer. Allusion à la glace qui est toujours derrière le comptoir, chez le marchand de vin (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Payer en sortant d’un débit.

Passer devant la mairie

(Delvau, 1867) : v. n. Se marier sans l’assistance du maire et du curé, — dans l’argot du peuple.

Passer devant le four du boulanger

(Virmaître, 1894) : Voilà une expression qui n’est pas banale et qui est très usitée. Quand un gamin ou une gamine sont trop précoces, qu’ils ont l’esprit plus éveillé qu’il ne faudrait, on emploie ce mot. Mais il est plus typique dans ce sens. Quand une toute jeune fille a avalé son pépin et qu’elle pose quand même pour la vertu, on lui dit :
— Ne fais donc pas tant ta gueule, tu as passé devant le four du boulanger.
Mot à mot, elle a vu enfourner (Argot du peuple). N.

Passer l’arme à gauche

(Delvau, 1867) : v. a. Mourir, — dans l’argot des troupiers et du peuple. On dit aussi Défiler la parade.

(Virmaître, 1894) : Mourir (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Mourir.

Passer l’éponge

(Virmaître, 1894) : Oublier, pardonner. Mot à mot : laver le passé (Argot du peuple).

Passer la jambe

(Larchey, 1865) : Donner un croc-en-jambes, et par extension, supplanter.

Son ennemi roulait à ses pieds, car il venait de lui passer la jambe.

Vidal, 1833.

Passer la jambe à Thomas (V. ce mot), c’est, dans l’armée, être de corvée pour l’enlèvement des goguenots. — Allusion à l’action de les renverser dans les latrines.

(Delvau, 1867) : v. a. Donner un croc-en-jambe.

Passer la jambe à Jules

(Rigaud, 1881) : Enlever les tonneaux de vidange, — dans le jargon des troupiers.

Passer la jambe à Thomas

(Delvau, 1867) : v. n. Vider le baquet-latrine de la chambrée, — dans l’argot des soldats et des prisonniers.

(Merlin, 1888) : Voyez Jules.

Passer la jambe à Thomas, à Jules

(La Rue, 1894) : Vider la tinette.

Passer la main sur le dos de quelqu’un

(Delvau, 1867) : v. a. Le flatter, lui dire des choses qu’on sait devoir lui être agréables. Argot du peuple. On dit aussi Passer la main sur le ventre.

Passer la nuit

(Delvau, 1864) : Coucher au bordel.

Comben qui faut t’ rend’, mon bibi ? — Garde tout, j’ passe la nuit.

H. Monnier.

Passer la rampe (ne point)

(Delvau, 1867) : Se dit — dans l’argot des coulisses — de toute pièce ou de tout comédien, littéraire l’une, consciencieux l’autre, qui ne plaisent point au public, qui ne le passionnent pas.

Passer le goût du pain

(Virmaître, 1894) : Étrangler un individu, lui faire passer le goût du pain (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Étrangler sa femme est lui faire passer le goût du pain.

Passer par les mains d’un homme ou d’une femme

(Delvau, 1864) : Coucher ensemble.

Est-ce qu’ils ne font pas tous des listes vraies ou fausses des femmes qui leur ont passé par les mains ?

La Popelinière.

L’Opéra n’eut jamais de danseuse on d’actrice
Qui ne lui passât par les mains.

Sénecé.

Toute la jeunesse de la cour lui passa par les mains.

(La France galante.)

Passer sa fantaisie ou son envie

(Delvau, 1864) : Faire l’acte vénérien.

Et après eu avoir très bien passé ma fantaisie.

Brantôme.

Car le roi n’eut pas plus tôt passé sa fantaisie avec la princesse de Monaco, qu’il pardonna à monsieur de Lauzun.

(La France galante.)

Et pour votre présidente, ce ne sera pas apparemment en restant, à dix lieues d’elle que vous vous en passerez la fantaisie.

De Laclos.

Car sans cesser, ou sur banc, ou sur lit.
Elle voulut en passer son envie.

Cl. Marot.

Voilà ; quand je suis amoureux.
J’en passe incontinent l’envie.

J. Grevin.

Si vous aimez ce garçon, eh bien ! ne pourriez-vous en passer votre envie ?

Tallemant des Réaux.

Passer sur le banc

(Fustier, 1889) : Expression qu’emploient les forçats quand ils vont, pour une infraction au règlement, recevoir des coups de corde.

Combien j’ai vu d’hommes passer sur le banc et s’en relever, atteints pour jamais dans les sources de la vie, parce qu’ils avaient, en présence d’un argousin, imprudemment laissé tomber de leur poche un mince cahier ou simplement quelques feuilles de papier à cigarette !

(Humbert : Mon bagne.)

Perruquier (laissez passer le)

(Merlin, 1888) : Signal d’avertissement donné aux travailleurs de la tranchée, lorsque arrive un obus ou une bombe qui les rasent souvent de près.

Refiler, Repasser

(Rigaud, 1881) : Céder le canevas d’un vol.

Repasser

(d’Hautel, 1808) : On l’a joliment repassé. Se dit d’une personne qui s’est engagée dans une querelle, et qui y a été fort maltraitée.
On dit aussi, repasser des calottes, des darioles, pour dire, frapper quelqu’un sur la tête. Voy. ces mots.

(Delvau, 1867) : v. a. Céder quelque chose à quelqu’un, donner, — dans l’argot du peuple. Repasser une taloche. Donner un soufflet.

(La Rue, 1894) : Battre. Filouter. Dépouiller.

Repasser la chemise de la bourgeoise

(Rigaud, 1881) : Battre sa femme, — dans le jargon du peuple.

Oh ! ce n’est rien ! Je repasse la chemise de ma femme.

(Huysmans, Marthe.)

Repasser le cuir

(Rigaud, 1881) : Battre ; maltraiter. Le cuir, c’est la peau.

Repasser un simple

(Clémens, 1840) : Tromper, gagner, voler quelqu’un.

Repasser une femme

(Delvau, 1864) : La faire jouir en la baisant avec ce fer rouge que les polissons appellent une pine — qui la roussit quelquefois.

Et notez que la moindre bagasse peut en dire autant à un grand roi ou prince, s’il l’a repassée.

Brantome.

Son vaillant fils, fameux par sa crinière,
Un beau matin, par vertu singulière,
Vous repassa tout ce gentil bercail.

Voltaire.

Et m’vla vite en d’voir d’la repasser.

Dumoulin.

Se passer par le coco

(Larchey, 1865) : Manger. — Comparaison de l’estomac humain à celui du cheval et du perroquet. Les refrains connus de la Botte à Coco et de As-tu déjeuné, Coco, ont pu en donner l’idée à l’armée comme à la bourgeoisie.

Sèvres (passer à)

(Rigaud, 1881) : Ne rien recevoir, — dans le jargon des voleurs ; c’est-à-dire être sevré de sa part de butin. (L. Larchey)

Tabac (passer au)

(Rigaud, 1881) : Maltraiter, brutaliser, bourrer de coups, — dans le jargon de la police.

Quand je suis arrivé au service de sûreté, j’ai demandé aux anciens la cause des cris que poussaient des prisonniers, et ils m’ont répondu : Ce sont des individus qu’on ligote fortement en leur demandant s’ils veulent casser du sucre. On appelle cela passer au tabac.

(La Lanterne, compte-rendu du procès de la Lanterne, déposition de M. Cousin, inspect. de police, 23 janv. 1879.)

M. Tard, inspecteur de police, déclare qu’en décembre 1876, il a vu amener un jeune homme de dix-huit à vingt ans qui refusait de donner son nom ; on lui a lié les mains si fortement que le sang a coulé, et comme il persistait à garder le silence, on l’a menacé de chauffer une barre de fer et de la lui passer sous la plante des pieds.

(Idem, idem.)

Tour de bête (passer à son)

(Merlin, 1888) : Être promu à l’ancienneté.

Tourniquet (passer au)

(Merlin, 1888) : Passer au conseil de guerre. On dit aussi : passer au falot.

Y passer

(France, 1907) : Subir l’homme ; être possédée charnellement.

Sa main m’étouffa. Je me débattis. De tout son poids étendu sur mon corps, il m’étouffait. Les veines grossirent et bleuirent à son front rouge. La barbe égratigna mes joues. Ses doigts de brute, étreignant ma bouche, m’enlevait le souffle et la voix. De l’autre poing, il déchirait, il lacérait… Tout mon effort bientôt ne visa plus qu’à me délivrer de l’étranglement ; et mes deux mains s’agriffèrent à celle qui me bâillonait.
Répéterai-je, ici, les mots d’amour qu’il prononça ? Les voici : « Ah ! non !… tu m’as fait assez droguer… tu y passeras, je te dis ! »
S’étant acharné, il vainquit.

(Paul Adam, Le Journal.)


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