AccueilA B C D E F G H I J K L M N O ΠP Q R S T U V W X Y ZLiens

courriel

un mot au hasard

Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
le livre


Facebook

Share

Russe-français
Russisch-Deutsch
Rusianeg-Brezhoneg
Russian-English
Ρώσικα-Ελληνικά
Russo-italiano
Ruso-español
Rus-român
Orosz-Magyar
Ruso-aragonés
Rusice-Latine
Французско-русский
Немецко-русский
Бретонско-русский
Französisch-Deutsch
Allemand-français
Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Abatteur de bois

(Delvau, 1864) : Fouteur, — son outil étant considéré comme une cognée, et la nature de la femme, à cause de son poil, comme une forêt.

Il n’étoit pas grand abatteur de bois, aussi étoit-il toujours cocu.

Tallemant des Réaux.

Les beaux abatteurs de bois sont, comme les rois et les poètes, des rares aves.

Baron Wodel.

Ce Jacques était un grand abatteur de bois remuant.

(Moyen de parvenir)

Il lui présenta cent mille choses que ces abatteurs de femmes savent tout courant et par cœur.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Je me connais en gens ;
Vous êtes, je le vois, grand abatteur de quilles.

Régnier.

Abatteur de bois, abatteur de bois remuant, de femmes ou de quilles

(France, 1907) : Se disait autrefois pour désigner un homme valeureux en amour.

Bien que je sois poussé du désir de paraître,
Ne me souhaitez pas que la faveur des rois
Me fasse quelque jour grand veneur ou grand maitre :
C’est assez que je sois grand abatteur de bois.

(Le cabinet satyrique.)

Ce Jacques était un grand abatteur de bois remuant.

(Béroalde de Verville)

Il lui présenta cent mille choses que ces abatteurs de femmes savent tout courant et par cœur.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Je me connais en gens ; vous êtes, je le vois, grand abatteur de quilles.

(Régnier.)

Avoir la gueule de bois

(Virmaître, 1894) : S’être pochardé la veille. L’ivrogne boit de l’eau le lendemain pour éteindre le feu qui lui dessèche la gorge. Mot à mot : Il a la gueule sèche (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : S’être pochardé la veille et avoir soif ; bouche sèche.

Avoir vu péter le loup sur une pierre de bois

(Virmaître, 1894) : Les Lyonnais emploient cette expression pour dire qu’une fille a perdu tout droit à la fleur d’oranger (Argot du peuple). N.

Bois

(d’Hautel, 1808) : Recevoir une voie de bois. Pour recevoir une volée de coups de bâton ; être étrillé, houspillé.
Cela vaut une voie de bois. Se dit en plaisantant à celui qu’un exercice ou un travail pénible a mis en sueur.
On sait de quel bois il se chauffe. Pour on connoit sa conduite ; on sait ce dont il est capable.
Ne savoir de quel bois faire flèche. Pour, ne savoir où donner de la tête, ni comment subsister.
On dit d’une viande dure ou trop cuite, qu’Elle est dure comme du bois.
Un visage de bois flotté. Visage blême, pâle et défait.
À gens de village trompette de bois. Signifie qu’il faut que les choses soient proportionnées à la condition des personnes.
Qui craint les feuilles n’aille pas au bois. Pour dire qu’un peureux ne doit point se hasarder dans des opérations dangereuses.
Gare le bois ! Pour dire gare les coups de bâton !
Il est du bois dont on fait les flûtes. Pour il a l’humeur douce et égale ; il est de l’avis de tout le monde ; il ne s’oppose à rien.
Entre l’arbre et l’écorce il ne faut pas mettre le doigt. C’est-à-dire qu’il ne faut pas se mêler des querelles entre mari et femme.
Trouver visage de bois. C’est trouver la porte fermée quand on va chez quelqu’un.
Il est du bois dont on les fait. C’est-à-dire d’un rang, d’un mérite à pouvoir prétendre, aspirer à cet honneur, à cet emploi.

(Rossignol, 1901) : Meubles ; mes bois, mes meubles.

Bois (avoir du)

(France, 1907) : Avoir des amis parmi les spectateurs dont les applaudissements essayent d’enlever la salle ; terme de coulisses. Remettre du bois, pousser à l’enthousiasme.

Bois (être dans ses)

(La Rue, 1894) : Être dans ses meubles.

(France, 1907) : Être chez soi, dans ses meubles.

Bois (mettre du)

(Rigaud, 1881) : En style de vaudevilliste, c’est envoyer des amis çà et là, un peu à toutes les places, pour réchauffer l’enthousiasme du public engourdi par le froid de certaines pièces. Le rôle des amis consiste à s’écrier :

Admirable ! sublime ! comme c’est trouvé !… Quel talent !… C’est du Molière !

Coût à l’auteur : un souper à base de choucroûte ou de volaille froide, selon que la pièce est en un acte ou en cinq actes.

Bois au-dessus de l’œil-jard

(Halbert, 1849) : Savoir et entendre l’argot.

Bois blanc (société des)

(France, 1907) : C’était une association de laïques et de prêtres qui s’engageaient à vivre le plus simplement possible, à renoncer au luxe, à toutes les mollesses de la vie ; et l’on prétendait que les membres de cette association s’interdisaient tout autre mobilier que celui de bois blanc. Cette association avait été fondée par le curé de la Madeleine, l’abbé Le Rebours, mort de chagrin, dit-on, en avril 1894, à la suite de l’explosion de la bombe de l’anarchiste Pauwel. Elle n’eut pas grand succès ; les mondaines se refusèrent à l’introduction du bois blanc dans leur salon.

Bois blec

(Rigaud, 1881) : Toupie d’un sou, — dans le jargon des enfants. Mot à mot : toupie en bois blec ; blec pour blanc.

Bois dur

(La Rue, 1894) : Repris de justice.

(France, 1907) : Repris de justice.

Les repris de justice se subdivisent en margotins, cotrets, falourdes et fagots, s’il faut en croire le Roi des grecs, mélodrame de Belot joué en mars 1883. Le point de départ de toutes ces subdivisions ne doit pas être cherché ailleurs que dans fagot.

(Lorédan Larchey.)

Bois pourri

(Delvau, 1867) : s. m. Amadou, dans l’argot des voyous.

(France, 1907) : Amadou ; bois tortu, vigne.

Aussi le jus du bois tortu
Sera mon but toute ma vie.

(Ballard.)

Bois vert

(France, 1907) : Homme inexpérimenté ou inutile. « Rien à faire avec ces gens, ce sont bois vert. »

Bois-tortu

(Delvau, 1867) : s. m. Vigne, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot aux poètes du XVIIe siècle.

Boisé (être)

(Rigaud, 1881) : Être trompé par sa femme.

Boisseau

(d’Hautel, 1808) : Il a la tête comme un boisseau. Manière exagérée de dire que quelqu’un a la tête très-enflée.
Dire des boisseaux de paroles ou d’injures. Caqueter, jaser perpétuellement ; n’ouvrir la bouche que pour dire des paroles sottes et grossières.
Cacher la chandelle sous le boisseau. C. à d. déguiser ses talens, ses moyens, sa capacité ; dissimuler ; se présenter sous de faux dehors.

(Clémens, 1840) : Shako.

(Delvau, 1867) : s. m. Schako, — dans l’argot des vieux troupiers.

(Rigaud, 1881) : Schako. — Chapeau haute forme.

(Rigaud, 1881) : Litre de vin. — Demi-boisseau, demi-litre.

(Merlin, 1888) : Schako, comme le précédent.

(La Rue, 1894) : Litre de vin. Tête. Chapeau haut de forme.

(Virmaître, 1894) : Chapeau haut de forme. Allusion de forme et aussi à la grandeur de certains chapeaux qui, assurément, pourraient servir à mesurer des pommes de terre (Argot du peuple). V. Bloum.

(Rossignol, 1901) : Chapeau haut de forme.

(France, 1907) : Litre de vin ; chapeau à haute forme.

Boisson

(d’Hautel, 1808) : S’adonner à la boisson. Se passionner pour le jus de la treille ; se livrer à tous les excès de l’ivrognerie.

Boissonner

(d’Hautel, 1808) : Siroter ; gobelotter ; se laisser abrutir par le vin.

(Larchey, 1865) : Boire avec excès (d’Hautel).

Dites donc, voisin, on a un peu boissonné chez vous hier ?

Gavarni.

(Delvau, 1867) : v. n. Boire plus que de raison.

(France, 1907) : Boire outre mesure.

Boissonneur

(Fustier, 1889) : Pilier de cabaret.

Que sa sœur lâchât un boissonneur comme Anatole, rien de plus naturel.

(Huysmans : Les Sœurs Vatard.)

(France, 1907) : Client de cabaret.

Boissonnier

(Delvau, 1867) : s. m. Ivrogne.

(France, 1907) : Ivrogne.

Chopine en bois

(Rigaud, 1881) : Broc de bois à l’usage des marchands de vin.

Cloche de bois

(Virmaître, 1894) : Déménager furtivement sans prévenir son propriétaire. Quand le déménagement s’opère par la fenêtre on dit : déménager à la ficelle. Brûler ses meubles, c’est déménager par la cheminée. On dit aussi : déménager a la cloche de cuir ou à la sonnette de bois.

Cloche de bois (à la)

(La Rue, 1894) : Déménager furtivement sans payer son terme.

Cloche de bois (déménagement à la)

(Rigaud, 1881) : Déménagement furtif. — Déménager à la cloche de bois, déménager sans bruit et sans payer.

Pendant ces vingt ans, il a déménagé à la cloche de bois, c’est-à-dire qu’il est sorti de ses diverses résidences sans acquitter le prix de son terme.

(Maxime Parr.)

Cloche de bois (déménager à la)

(Larchey, 1865) : Déménager furtivement en tamponnant la clochette d’éveil adaptée aux portes de beaucoup d’hôtels garnis.

(Hayard, 1907) : Sans payer, furtivement.

Con bien boisé

(Delvau, 1864) : Dont la motte est abondamment fournie de laine.

Mon con est boisé comme l’est Meudon,
Afin de cacher l’autel du mystère
Où l’on officie en toute saison.

(Parnasse satyrique.)

Donner la migraine à une tête de bois

(Delvau, 1867) : v. a. Être excessivement ennuyeux, — dans l’argot des gens de lettres. L’expression appartient à Hippolyte Babou.

Emboiser

(d’Hautel, 1808) : Tromper, abuser de la bonne foi de quelqu’un ; le caresser ; l’enjôler ; s’emparer de son esprit ; s’en rendre le maître absolu.
Il s’est laissé emboiser. Pour, il s’est laissé gagner ; attraper.

Emboiseur

(d’Hautel, 1808) : Enjôleur, attrapeur, homme exercé dans les retours de la charlatannerie, et qui ne cherche qu’à faire des dupes.

Être dans ses bois

(Rossignol, 1901) : Celui qui habite dans ses meubles est dans ses bois.

Faire des heures en bois

(Boutmy, 1883) : v. n. Faire des heures non rétribuées. Dis donc, compagnon est-ce que tu fais des heures en bois ? est une question que l’on adresse à un camarade qui s’attarde à l’atelier, quand l’heure du départ a sonné.

Gueule de bois

(Delvau, 1867) : s. f. Ivresse, — dans l’argot des faubouriens, qui ont voulu exprimer son résultat le plus ordinaire. Se sculpter une gueule de bois. Commencer à se griser.

(La Rue, 1894) : Malaise spécial des lendemains d’ivresse. Va de pair avec le mal aux cheveux.

(Hayard, 1907) : Malaise à la suite d’excès de boisson.

Homme de bois

(Larchey, 1865) : Nom qu’on donne dans les imprimeries à celui qui rajuste les planches avec des petits coins en bois. — Cabarets de Paris, 1821. — Jeu de mots.

(Rigaud, 1881) : Ouvrier qui aide le metteur en pages dans une imprimerie.

(Boutmy, 1883) : s. m. Dénomination ironique qui sert à désigner un ouvrier en conscience ; il est corrigeur, homme de conscience ou chef du matériel. Se dit aujourd’hui à peu près exclusivement de celui qui fait les fonctions avec un metteur en pages.

Lapin du bois de Boulogne

(Fustier, 1889) : Filles publiques qui, l’été venu, font élection de domicile au Bois de Boulogne, quærentes quos devorent.

Ces amoureuses vagabondes, qu’on appelle en langage familier les lapins du Bois de Boulogne et qui ont à leur arc plusieurs cordes…

(République française, juin 1885.)

Livraison de bois devant la porte

(Virmaître, 1894) : V. Capitonnée.

Livraison de bois devant sa porte (avoir une)

(Delvau, 1867) : v. a. Se dit, — dans l’argot des faubouriens, d’une femme richement avantagée par la Nature.

Planteuse de bois

(Virmaître, 1894) : Femme qui fait son mari cocu. Mot à mot : elle lui plante du bois sur la tête (Argot du peuple). N.

Pousser le bois

(Delvau, 1867) : v. a. Jouer aux échecs ou aux dames, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter ce verbe au neveu de Rameau.

Public de bois

(Rigaud, 1881) : Public mal disposé, — dans le jargon des comédiens.

Ratiboisé

(Rigaud, 1881) : Ruiné.

J’ai fait faillite comme un vrai commerçant ; ratiboisé, ma chère.

(Huysmans, Marthe.)

(Virmaître, 1894) : Plus le sou.
— Je n’ai plus le sou, je n’ai plus de crédit et pas envie de bien faire, je suis ratiboisé (Argot du peuple).

(Hayard, 1907) : Décavé, sans le sou.

Ratiboiser

(Rossignol, 1901) : Prendre, voler.

Ratiboiseur de cabot

(Virmaître, 1894) : Voleur de chiens. C’est une industrie toute spéciale, elle est florissante au printemps quand les chiennes sont amoureuses. Les chiens une fois volés, sont tondus, maquillés pour les rendre méconnaissables, puis expédiés en Angleterre à une association affiliée aux voleurs parisiens. Ce vol est des plus simples, il faut être deux pour l’accomplir. Pendant que l’un fait la cour à la bonne qui promène Tom ou Mirza, le complice profite de son inattention, il enlève le cabot (Argot des voleurs). N.

Ratiboiseur de landau à baleines

(Virmaître, 1894) : Voleur de parapluies. On les nomme aussi des ratiboiseurs à l’échange. Le voleur entre dans un grand café, il a un mauvais parapluie à la main, il le place au porte-parapluie, au milieu des autres. Il s’assied à côté pour guigner de l’œil le plus beau, il paye sa consommation, se lève sans affectation en emportant le parapluie sur qui il a jeté son dévolu. Si l’on s’aperçoit de l’échange, il s’excuse de s’être trompé, puis s’en va tranquillement. Il est rare que ce vol ne réussisse pas (Argot du peuple). N.

Rendre visite à M. Du Bois

(Delvau, 1867) : Aller « où le Roi va à pied », — dans l’argot des faubouriens.

Rentré dans ses bois (être)

(Rigaud, 1881) : Porter des sabots. Les voleurs disent d’un individu chaussé de sabots : Le client est gandin, il est rentré dans ses bois.

Scier du bois

(Delvau, 1867) : v. a. Jouer du violon ou de la contrebasse, — dans l’argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Jouer du violon, jouer du violoncelle.

Scieur de bois

(Delvau, 1867) : s. m. Violonniste ou contrebassiste.

(Rigaud, 1881) : Violoniste.

Sculpter une gueule de bois (se)

(La Rue, 1894) : S’enivrer.

Serrebois

(Rigaud, 1881) : Sergent. Il fait serrer les rangs. (L. Larchey)

Sonnette de bois

(Delvau, 1867) : s. f. Sonnette d’hôtel garni que l’on bourre de chiffons pour l’empêcher de sonner lorsqu’on veut s’en aller clandestinement. D’où l’expression Déménager à la sonnette de bois.

Sonnette de bois (déménager à la)

(Larchey, 1865) : Emporter ses effets sans avoir payé sa chambre, en tamponnant la sonnette d’éveil qui signale la sortie d’un hôtel garni.

Car il était réduit à déménager à la sonnette de bois (sans bruit et clandestinement).

Chenu.

Souliers se livrant à la boisson

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Souliers usés, prenant l’eau, — dans l’argot des faubouriens.

Taper sur les vivres, sur la boisson

(Larchey, 1865) : Manger et boire avidement.

D’avoir trop tapé sur l’pichet, Qu’en avaient plein la gargamelle.

Chansonnier, 1836.

Tête de bois

(Virmaître, 1894) : Visage peu expressif. Dans le peuple, on dit aussi : il a été sculpté dans un marron d’Inde, quand l’individu à qui cette expression s’adresse est laid à faire peur (Argot du peuple).

Visage de bois

(Larchey, 1865) : Porte fermée.

Fontenay Coup-d’Épée n’en fit que rire, et il retourne, mais il trouve, comme on dit, visage de bois.

Tallemant des Réaux.

(Delvau, 1867) : s. m. Porte fermée.

(Virmaître, 1894) : Se casser le nez contre une porte fermée. Éprouver une déception à laquelle on ne s’attendait pas. Aller dîner en ville et ne trouver personne : visage de bois. On dit également : rester en figure (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Aller chez quelqu’un et n’y trouver personne est trouver visage de bois.

Visage de bois flotté

(Delvau, 1867) : s. m. Mauvaise mine, figure pâle, allongée. L’expression a des ancêtres :

Je ne suis pas un casse-mottes,
Un visage de bois flotté :
Je suis un Dieu bien fagotté,

a dit d’Assoucy.

Voie de bois (foutre une)

(Rigaud, 1881) : Donner des coups, — dans le jargon des chiffonniers. — C’est l’ancien : charger quelqu’un de bois.

Soit, mais gare le bois, si j’apprends quelque chose.

(Molière.)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique