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Abeller

(France, 1907) : Rendre beau, parer, endimancher : mot poitevin. Bel, en celtique, signifie lumineux. En rouchi et en artésien, c’est le nom de la lune.

Avoir une belle presse

(Fustier, 1889) : Être complimenté par tous les journaux.

Madame est en train de lire ses journaux… Madame, à ce qu’il paraît, n’a jamais eu une si belle presse !

(De Goncourt : La Faustin.)

Belle

(Delvau, 1867) : s. f. Occasion favorable ; revanche. Argot du peuple. Attendre sa belle. Guetter une occasion. Être servi de belle. Etre arrêté à faux.
Cette dernière expression est plus spécialement de l’argot des voleurs.

(Delvau, 1867) : s. f. Dernière partie, — dans l’argot des joueurs.

(La Rue, 1894) : Occasion. Revanche. Servi de belle, arrêté à faux. Être de belle, n’avoir pas de charge à redouter en justice.

Belle (être de la)

(France, 1907) : N’avoir rien à redouter en justice. Jouer la belle, jouer la partie décisive ; être servi de belle, être victime d’une fausse accusation ; attendre sa belle, attendre une occasion.

Belle (faire la)

(Virmaître, 1894) : Jouer une troisième partie qui décidera quel sera le vainqueur des deux adversaires ayant perdu chacun une manche (Argot du peuple).

Belle (jouer la)

(Larchey, 1865) : Tout risquer d’un seul coup. — On sait que deux joueurs jouent la belle (partie), lorsque après avoir gagné chacun une partie, ils conviennent d’en jouer une décisive.

Belle (la)

(Rigaud, 1881) : Troisième partie, partie décisive aux cartes, au billard, à un jeu quelconque, lorsque chacun des adversaires est manche à manche. — Faire la belle.

Il est essentiel qu’il (le commis-voyageur) laisse gagner la belle à son antagoniste.

(Code du commis voyageur, 1830)

Belle à la chandelle

(Delvau, 1867) : s. f. Femme laide, qui n’a d’éclat qu’aux lumières. Argot du peuple.

(France, 1907) : Laide.

Belle de nuit

(Delvau, 1867) : s. f. Fille oui hante les brasseries et les bals. Même argot [du peuple].

(Rigaud, 1881) : Rôdeuse de pavé, coureuse de bastringues.

(Virmaître, 1894) : Fille publique déjà vieille qui raccroche la nuit parce que la nuit tous les chats sont gris. Cette expression est ancienne. Vers 1850, on chantait dans une revue intitulée : Vive la Joie et les Pommes de terre représentée aux Folies-Dramatiques, à l’ancien boulevard du Temple.

Tous les soirs l’amateur contemple
Les belles de nuit qui s’font voir,
Sur le boulevard du Temple.

(Argot du peuple).

Belle en cuisses

(Delvau, 1864) : Galanterie que les gens du peuple adressent volontiers à une femme — dont ils n’ont pas encore relevé la robe.

J’ prendrais bien quéque chose, moi… Et toi, la belle en cuisses ?

Lemercier de Neuville.

Belle enfant

(Delvau, 1864) : Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en âge de faire l’enfant, ou de faire un enfant.

Ma belle enfant !

Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et impossibles, depuis la Pie voleuse, jusqu’à la Grâce de Dieu, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme mademoiselle Georges : — La belle enfant !

Belle lurette (il y a)

(France, 1907) : C’est-à-dire, il y a longtemps. Cette expression, telle qu’on l’orthographie, n’aurait aucune signification si l’on ne savait que lurette est une corruption de heurette, diminutif de heure, mot encore en usage en Flandre. C’est donc : il y a belle heurette, qu’il faudrait dire.

Belle minette

(France, 1907) : Surnom donné aux petites dames.

Filles aimables, prêtresses de Vénus, vierges folles, horizontales de grande marque, apéritives et belles minettes, écoutez l’histoire suivante :
La doyenne des femmes galantes de Paris, celle qui s’était appelée Du Harlay, l’amie de la Guimard, la maîtresse de Barras, du beau Barras, vient de mourir à l’hôpital de Pontarlier.
Elle était née en 1780. Le vice et la misère en avaient fait un être repoussant.

(Gil Blas.)

Belle petite

(France, 1907) : Même sens que ci-dessus.

Pour la circonstance, elle avait pris ce que les femmes de cette catégorie appellent une tenue de femme honnête. Elle portait un petit chapeau fermé, très simple, recouvert d’une épaisse voilette, et sous la fourrure entr’ouverte on voyait une robe de soie noire d’une parfaite sévérité. Néanmoins, il s’exhalait de toute sa personne ce léger parfum de la femme galante, ce je ne sais quoi provocant qui fait qu’un Parisien expérimenté reconnait aussitôt ce que nos pères appelaient une cocotte, et que l’argot du jour appelle une belle petite.

(Édouard Ducret, Paris-Canaille.)

Belle sous le linge (être)

(Delvau, 1864) : Ne rien perdre de ses séductions en se mettant nue devant un homme qui vous a trouvée belle habillée.

Il y avait à côté de son nom : bonne créature, assez belle sous le linge, mais gauche et sans mouvement.

La Popelinière.

Belle-de-nuit

(France, 1907) : Coureuse de bals, de gueulants et de cafés.

Quant aux filles publiques, les hommes les désignent par un grand nombre d’appellations. Les messieurs qui ont des prétentions à la distinction disent : fille de joie, courtisane, belle-de-nuit. Comme désignation insultante, on dit : putain, catin. Les autres termes employés avec le plus de grossièreté sont les suivants : garce, gothon, salope, gueuse, toupie, vache, bagasse, calèche, doffière, chameau, grenouille, tortue, volaille, rouscailleuse, couillère, omnibus, giberne, vessie, vezon. Les souteneurs, dans leur argot, disent : gaupe, marmite, dabe, largue, ouvrière, guénippe, ponante, ponisse, panturne, panuche, bourre-de-soie. On se sert aussi des mots poupée et gourgandine.

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine.)

Belle-petite

(Rigaud, 1881) : « On ne dit plus : cocotte, en parlant des impures, on dit : belle-petite : c’est le vocable réeemment adopté. »

(Figaro du 25 août 1878.)

Bellemeresque

(France, 1907) : Qui a rapport à la belle-mère. Cet adjectif, mis en circulation par Edmond Lepelletier, mérite de faire son chemin.

Ce gendre, qui pousse peut-être trop loin l’amour de sa belle-maman, vient d’enseigner à ses collègues la manière de traiter la terrible gent bellemeresque.

Voir Caisson.

Boquabelle

(Virmaître, 1894) : La bouche (Argot des voleurs). V. Affamée.

(France, 1907) : Bouche ; argot des voleurs.

Cierge est éteint à Saint-Jean de Belleville (le)

(Rigaud, 1881) : Les ouvriers qui habitent Belleville se servent de cette expression lorsqu’en jouant aux cartes ils n’ont pas d’as dans leur jeu. — Pour en avoir, il faut faire brûler un cierge à saint Jean-Baptiste. (Le Sublime.)

Coucher à la belle étoile

(Virmaître, 1894) : Dormir dans les champs. On dit aussi : coucher dans le lit aux pois verts (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Coucher dehors, ne pas avoir de domicile.

Décarer de belle

(Bras-de-Fer, 1829) : Être sûr de se sauver.

Décarrer de belle

(Delvau, 1867) : Sortir de prison sans avoir passé en jugement. Argot des voleurs.

(Virmaître, 1894) : Sortir de prison à la suite d’une ordonnance de non-lieu. Mot à mot : Je l’échappe belle (Argot des voleurs).

Faire belle (la)

(Rigaud, 1881) : Être heureux ; avoir une bonne situation, à n’importe quel degré de l’échelle sociale on appartienne. D’un grec heureux, les grecs disent : Il la fait belle ; d’un souteneur qui nage dans de hautes eaux, les souteneurs disent : Il la fait belle. D’un ouvrier qui gagne de bonnes journées, ses camarades disent : Il la fait belle. C’est une dés locutions les plus répandues pour le moment, et qui s’applique à n’importe qui réussit dans n’importe quoi.

Faire une belle jambe

(Delvau, 1867) : Ne servir à rien, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression ironiquement et à propos de n’importe quoi. Ça lui fait une belle jambe ! La « Belle Heaulmière » de François Villon disait dans le même sens : J’en suis bien plus grasse !

Fourchette (belle)

(Rigaud, 1881) : Convive de bel appétit.

Belle fourchette !… Mes compliments !

(Sardou. Daniel Rochat, acte III, sc. 1.)

Gabelle

(d’Hautel, 1808) : Frauder la gabelle. Voy. Frauder.

Giberne (avoir, une belle)

(Merlin, 1888) : Avoir les rotondités postérieures proéminentes.

Hôtel de la Belle-Étoile (coucher à l’)

(Rigaud, 1881) : Coucher dans la rue, sur un banc, dans les champs, dans les fossés des fortifications, partout enfin où l’on a le ciel pour ciel-de-lit.

Jambe (faire une belle), rendre la jambe mieux faite

(Larchey, 1865) : Donner un avantage illusoire.

Tu as maudit ton père de t’avoir abandonné ? — Ça m’aurait fait une belle jambe.

E. Sue.

La faire belle

(Rossignol, 1901) : Gagner beaucoup d’argent par le travail ou toute autre façon, c’est la faire belle.

Lurette (belle)

(Fustier, 1889) : Longtemps : Corruption de belle heurette, il y a belle heure que…

Passer de belle (se)

(Delvau, 1867) : Ne pas recevoir sa part d’une affaire, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Ne rien trouver à voler, être trompé par un complice au moment de recevoir une part de butin. — Recevoir des conseils au lieu d’argent.

(Virmaître, 1894) : Ne pas recevoir sa part d’un vol ou d’une affaire. Il s’en passe de belles : homme qui vit joyeusement. Mot à mot : qui passe de belles journées. Il s’en passe de belles pour exprimer que dans tel endroit il se passe de vilaines choses. Il en fait de belles : commettre de mauvaises actions.
— Il en fait de belles ton vilain sujet, il crèvera sur l’échafaud (Argot du peuple et des voleurs). N.

Poubelle (la)

(Virmaître, 1894) : Boîte à ordures qui tire son nom du préfet de la Seine qui en a ordonné l’usage. Avant, les ordures étaient jetées en tas dans la rue (Argot du peuple). N.

Pucelle de Belleville

(Delvau, 1864) : Fille galante. Cette expression, tirée d’un roman de Paul de Kock, remplace maintenant celle qu’on employait aux XVIe et XVIIe siècles : pucelles de Marottes.

Ribambelle

(d’Hautel, 1808) : Pour bande, kyrielle ; histoire à n’en plus finir.

(Delvau, 1867) : s. f. Troupe nombreuse de choses ou de gens.

Servi de belle

(M.D., 1844) : Être arrêté sans preuve.

Servir de belle

(Bras-de-Fer, 1829) : Dénoncer à faux.

(Rigaud, 1881) : Dénoncer à faux. (L. Larchey)

(Virmaître, 1894) : Dénoncer un complice faussement (Argot des voleurs).


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