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Bouzingot

Larchey, 1865 : « À la révolution de Juillet, les romantiques se divisèrent en bouzingots et en jeunes-France. Les premiers adoptèrent l’habit de conventionnel, le gilet à la Marat et les cheveux à la Robespierre ; ils s’armèrent de gourdins énormes, se coiffèrent de chapeaux de cuir bouilli. » — Privat d’Anglemont. — Mot à mot : faiseur de bousin, tapageur. Le bouzingot voulait bouziner le régime de 1830.

Jeune (tu es trop)

Larchey, 1865 : Tu n’as pas l’intelligence nécessaire à l’accomplissement de telle ou telle chose. — Cela peut se dire à un octogénaire.
Jeune France : « Les romantiques se divisèrent en Bouzingots et en Jeune France. Les Jeune France conservèrent longtemps leurs pourpoints, leurs barbes fourchues, leurs cheveux buissonneux. » — Privat d’Anglemont. — « Ils ont fait de moi un Jeune France accompli. J’ai un pseudonyme très-long, et une moustache fort courte ; j’ai une raie dans les cheveux à la Raphaël. Mon tailleur m’a fait un gilet… délirant. Je parle art pendant beaucoup de temps sans ravaler ma salive, et j’appelle bourgeois ceux qui ont un col de chemise ; de plus j’ai fait acquisition d’une mignonne petite dague en acier de Toscane, pas plus longue qu’un aiguillon de guêpe. » — Th. Gautier, Préface des Jeune France, 1833.
Avoir son jeune homme : Être gris. — Allusion à la forte mesure de liquide qui dans les brasseries a reçu le nom de jeune homme, et qui vaut deux moos.

Chaque fois qu’il rentrait avec son jeune homme.

(Privat d’Anglemont)

Un individu en blouse qui semblait avoir son petit jeune homme.

(G. de Nerval)

Mannezingue

Delvau, 1866 : s. m. Cabaret ; marchand de vin, — dans l’argot des faubouriens, qui n’emploient ce mot que depuis une trentaine d’années. On dit aussi Minzingouin et Mannezinguin.
Voilà un mot bien moderne, et cependant les renseignements qui le concernent sont plus difficiles à obtenir que s’il s’agissait d’un mot plus ancien. J’ai bien envie de hasarder ma petite étymologie : Mannsingen, homme chez lequel on chante, le vin étant le tirebouchon de la gaieté que contient le cerveau humain.

La Rue, 1894 / Rossignol, 1901 : Marchand de vin.

France, 1907 : Marchand de vin : c’est-à-dire homme du zing : man-zing, à moins qu’il ne faille s’en rapporter à l’étymologie donnée par Delvau, qui ferait de mannezingue un mot tout à fait germanique : Mannsingen, homme chez lequel on chante, le vin étant, dit-il, Le tire-bouchon de la gaieté que contient le cerveau humain.

Les mannezingues ont toutes les audaces.
L’un d’eux, l’autre jour, dans le quartier Montmartre, voulant se donner tout le temps nécessaire pour faire des mouillages abondants, a pris le parti de fermer sa boutique.
Et les passants ont pu lire ces mots écrits à la craie sur la devanture :
« Fermé pour cause de baptême. »

(Le Journal)

J’suis républicain socialisse,
Compagnon, radical ultra,
Révolutionnaire, anarchisse,
Eq’cœtera… eq’cœtera…
Aussi j’vas dans tous les métingues,
Jamais je n’rate un’ réunion.
Et j’pass’ mon temps chez les mann’zingues
Oùs qu’on prêch’ la révolution.

(Aristide Bruant)

Minzingo

France, 1907 : Cabaretier, marchand de vin. Corruption de manzingue.

Je la rencontrai chez le minzingo qu’est au coin du boulevard ; elle s’enfilait un demi-setier avec le tambour-maître. « Ah ! la gironde gonzesse, que je me dis : quinze ans et pas de corset ! »

(Les Joyeusetés du régiment)

Minzingue

Rigaud, 1881 : Marchand de vin. Et les variantes minzingo, mind-zingue, manzinguin, qu’on prononce en faisant sonner fortement le premier N.

La philosophie, vil mindzingue, quand ça ne servirait qu’à trouver ton vin bon.

(Grévin)

Pauvre Dupuis manzinguin, malheureux.

(Privat d’Anglemont)

Zingo

Delvau, 1866 : s. m. Bon Zigue, — dans l’argot des marchands de vin.

Merlin, 1888 : Comptoir de la cantine.

Zingot

France, 1907 : Marchand de vin ; il débite sur le zinc. Argot populaire.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique