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Bouillabaisse

Delvau, 1866 : s. f. Confusion de choses ou de gens. Argot des coulisses et des gens de lettres. Faire de la bouillabaisse. Arranger confusément des choses ou des idées.

France, 1907 : Amalgame de choses confuses, mélange disparate d’idées ou de gens. La bouillabaisse est une soupe ou plutôt un plat provençal dans lequel il entre une grande variété de poissons et de crustacés. En voici d’ailleurs la recette donnée par un poète méridional :

Oh ! ne transigez pas, ayez de la rascasse,
Du merlan, du saint-pierre et du rouget, assez
Pour un jeune requin. Parmi les crustacés,
Préférez la langouste à petite carcasse.
L’anguille ? l’oublier serait un trait cocasse !
La sardine s’impose aux mollusques tassés,
La cigale de mer poivre ces testacés !
D’un arôme enragé de piment madécasse.
Or, sans ail, thym, fenouil, quatre épices, lauriers,
Oignons et céleris, jamais vous ne l’auriez !
Un zeste de citron délicat l’enjolive.
Quant au safran, maudit qui le dose !… Raca
Sur l’huile qui n’est pas honnêtement d’olive !
Et quand on l’a mangée, on peut faire caca !

Faire le con cocu

Delvau, 1864 : Enculer une femme, ou un homme.

Il déconne et s’adresse au cul,
Puis zeste !… il fait le con cocu,
En et avant merde et foire.

(Parnasse satyrique)

Reste (donner son)

Larchey, 1865 : Accabler, tuer quelqu’un.

Mais zeste ! Lowendal leur ficha son reste.

(Vadé, 1750)

Ne pas demander son reste : Rester anéanti.

Delvau, 1866 : Achever un homme en le tuant de n’importe quelle façon.

Zeste

d’Hautel, 1808 : Ce qui divise intérieurement les noix par quartier ; on donne aussi ce nom à un petit morceau d’écorce d’orange ou de citron.
Il ne vaut pas un zeste de citron. Se dit d’un homme inepte et sans talens.
Je n’en donnerois pas un zeste. C’est-à-dire rien du tout.

Zut

Larchey, 1865 : Non.

Zut et bran pour les Prussiens.

(P. Borel, 1833)

Ah ben ! non, zut !… du flan ! Je ne veux pas rester à côté d’Adolphe.

(Jaime)

Rigaud, 1881 : Non ; ça m’ennuie. Au diable ! — Ah ! zut alors.

Zut pour le naturel.

(Clairville et Siraudin, Le Mot de la fin)

Le jour où j’aurai assez de cette chère amie, je lui dirai zut.

(X. de Montépin, Les viveurs de Paris)

Il y a cinquante ans, pour donner plus de force au zut ! on ajoutait et bran : zut et bran, comme on dit aujourd’hui zut et crotte. Zut ne me paraît qu’une déformation du mot zeste qui lui-même n’est qu’un travesti de peste !

Et zeste, si quelqu’un vous pouvait prendre au mot.

(Destouches, Le Philosophe marié)

Virmaître, 1894 : C’est fini, je prends congé. J’en ai assez. Que mes lecteurs ne prennent pas ce mot dans un mauvais sens. Je voudrais qu’ils le traduisent de cette manière : — Au revoir !


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique