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Dire

d’Hautel, 1808 : Il n’y a pas à dire mon bel ami, il faut que cela aille. Se dit pour contraindre quelqu’un à faire une chose pour laquelle il montre une grande aversion.
Ce n’est pas pour dire ; ce n’est pas l’embarras. Locutions vicieuses qui équivalent à ce n’est pas qu’on y trouve à redire ; ce n’est pas qu’on soit jaloux, envieux, etc.
Se moquer du qu’en dira-t-on. Se mettre peu en peine de tout ce qu’on peut dire ; violer les bienséances ; lever entièrement le masque.
Mon petit doigt me l’a dit. Se dit par plaisanterie, en parlant aux enfans, pour leur faire entendre qu’on est instruit de leurs espiègleries.
Il ne dit rien, mais il n’en pense pas moins. Se dit d’un homme dont l’air, au défaut de la voix, manifeste le mécontentement.
Quand les mots sont dits, l’eau bénite est faite. Pour dire qu’un marché est conclu, et qu’il n’y a plus à revenir contre.
Cela soit dit en passant. C’est-à-dire à la dérobée, une fois pour toutes.
Qu’en voulez-vous dire ? Que proposez-vous ? Qu’avez-vous à objecter ?
Il en dit pis que pendre. Pour, il ne cesse de médire sur cet homme.
En dire de rudes. Conter des fagots, des bourdes, des choses invraisemblables.
Si le cœur vous en dit. Invitation familière que l’on fait à quelqu’un, et qui équivaut à ne vous gênez nullement sur cette chose, si elle peut vous faire plaisir.
C’est donc pour vous dire. Équivaut à, pour en revenir à ce que je voulois dire, à ce que je disois, etc. Le facétieux Brunet a osé le premier introduire cette locution vicieuse sur un théâtre, il est vrai, où toutes les licences de langage semblent être permises.

Delvau, 1866 : v. n. Plaire, agréer, convenir, — dans l’argot du peuple. Cela ne me dit pas. Je n’ai pas d’appétit, de goût pour cela.

France, 1907 : Plaire, convenir. Cela ne me dit pas, je n’en ai nulle envie.

Galbeux, galbeuse

France, 1907 : Personne mise à la dernière mode.

— Tu es très galbeux, Symphorien. Monte encore un peu ton pantalon, car on ne voit pas assez tes chevilles et tes élastiques ! La mode est aux élastiques.

(Dubut de Laforest, L’Homme de joie)

Le mot est employé adjectivement, dans le sens de bon, excellent.

Les cambrioleurs de notre époque n’ont plus ces galbeuses façons : ils sont trop égoïstes et ne s’attaquent pas assez aux riches. — aussi, y a pas à dire, ils sont mal vus du populo.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Comment cela finira-t-il ? — Oh ! ce n’est pas bien compliqué ; ça finira, comme toutes les sociétés décrépites, par un cataclysme qui démantibulera le vieux monde. Et de ces ruines sortir une société galbeuse où sera inconnu le vol, — légal ou illégal — où nul n’exploitera son voisin, où chacun turbinera à sa guise, ou personne n’aura intérêt à faire des mistoufles à son semblable.

(La Sociale, 1896)

Reginglard

France, 1907 : Petit vin aigrelet. On dit aussi reginglet. Argot populaire.

— Y a pas à dire ! criait-il en tapant sur la table. Ça fait du bien par ou ça passe… N’est-ce pas, M’sieu le Marseillais ? Vous n’avez pas du bon petit reginglard comme ça dans vos pays ? Vos vins ça peut se couper avec un couteau. Y a à boire et à manger. Parlez-moi de ce petit blanc-ci… le vin d’Anjou… en joue, feu !

(Simon Boubée, Le Testament d’un martyr)

Une piquette hérétique,
Un infâme reginglard
Sans âme, sans esthétique,
Sans rien là, tel Abélard ;
Et propre à salir la nappe
Tout au plus d’un cabaret :
Jamais la gueule d’un pape
Ne s’en accommoderait.

(Raoul Ponchon)


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