France, 1907 : Vrilles de vigne.
…Ces cassants tire-bouchon verts que les gamins de tous pays, dans leur langage fait de poésie et de chimère, appellent des agrippe-rossignols.
(Paul Arène)
Agrippe-rossignols
France, 1907 : Vrilles de vigne.
…Ces cassants tire-bouchon verts que les gamins de tous pays, dans leur langage fait de poésie et de chimère, appellent des agrippe-rossignols.
(Paul Arène)
Avant-courrier
Halbert, 1849 : Mèche anglaise à percer.
Delvau, 1866 : s. m. Mèche anglaise à percer. Argot des voleurs.
Virmaître, 1894 : Mèche en acier dont se servent les voleurs pour percer les devantures des boutiques de bijoutiers (Argot des voleurs). V. Vrilleurs.
France, 1907 : Mèche à percer, tarière ; argot des voleurs.
Avrillée
France, 1907 : Averse de printemps.
Tout comme la langue classique, les patois ont d’ingénieuses trouvailles pour exprimer les divers phénomènes atmosphériques. Ainsi, en Poitou, les paysans disent d’une violente pluie d’orage : « C’est une érabinée ; mais s’il s’agit de ces tièdes averses du printemps, qui ne durent que quelques minutes, ils les baptisent du nom charmant d’avrillées. »
(André Theuriet)
On dit aussi érabiné.
Éviau
France, 1907 : Vrille.
Fiche (va te faire) !
France, 1907 : Expression de désappointement. « Je croyais trouver la même dans sa chambre, mais va te faire fiche ! elle était déjà partie. »
Du pain de son ! des sous de cuivre !
C’est pour nous vivre ;
Mais va te faire fiche !
On nous prend pour des merlifiches !
(Jean Richepin)
… As-tu regardé, quelquefois, du fumier ?.…. C’est d’un mystère… d’une beauté déconcertante… Figure-toi un tas d’ordures, d’abord… Et puis, quand on cligne de l’œil, voilà que le tas s’anime, grandit, se soulève, grouille, devient vivant… et de combien de vies ?… Des formes apparaissent, des formes de fleurs, d’êtres féeriques, de surnaturels animaux qui brisent la coque de leur embryon… C’est une folie de germination merveilleuse, une magie de flores, de faunes, de chevelures, un éclatement de vie splendide… Oui, mais comment rendre ça dans ce sentiment ? J’ai essayé… Mais, va te faire fiche !…
(Octave Mirabeau)
On dit aussi dans le même sens : je t’en fiche, ou je t’en fous.
Qu’a caus’ quand alle a rien à faire
Ou dans l’jour, quand on est couché,
Mais l’soir, qu’a soye à son affaire
Et qu’a caus’ qu’avec le miché,
Mais j’t’en fous, faut qu’madam’ babille,
C’est des cancans, c’est des potins,
C’est La femme à Jules qu’est eun’ vrille,
Les sœurs à Pierr’ qu’est des putains…
(Aristide Bruant)
Gousse
Passette
France, 1907 : Vrille de tonnelier.
Turbiner
Vidocq, 1837 : v. a. — Travailler honnêtement.
un détenu, 1846 : Travailler.
Delvau, 1866 : v. n. Travailler.
Rigaud, 1881 : Travailler beaucoup, se donner beaucoup de mal.
Il y a des gens qui arrivent avec une mise de fonds de dix francs, turbinent toute l’après-midi et font dix opérations pour gagner quarante sous.
(Le Figaro, du 30 nov. 1878)
Boutmy, 1883 : v. intr. Travailler avec activité.
Merlin, 1888 : Synonyme de pivoter.
France, 1907 : Se prostituer.
— T’es marié ?
— Q’t’es moule ! j’suis bien trop gosse !… La vrille aussi est trop « loupiotte » ; elle n’a que quatorze « bergues ».
— Elle turbine ?
— Pas encore ; mais je la forme !
(Dubut de Laforest)
On dit aussi dans le même sens : turbiner sur le bitume.
Ne dites pas de mal des mômes qui turbinent sur le bitume, jeune homme. vous ne savez pas ce que vous deviendrez un jour…
(Edmond Lepelletier)
France, 1907 : Travailler de quelque façon que ce soit, mais péniblement.
On était voisins, on taillait des bavettes, le soir, dans la rue, avant de s’aller fourrer dans le dodo ; on en disait de roides, naturellement ; on se sentait pincé l’un pour l’autre, mais là, pincé ! sérieusement ; bref, on se colla. — Puis, reconnaissant le tort qu’elle avait fait à son mari en ne lui apportant pas une bonne dot, comme une jeune fille du monde chic, Chloé s’est mise à turbiner.
(Montfermeil)
À quinze ans, ça rentre à l’usine,
Sans éventail,
Du matin au soir, ça turbine,
Chair à travail.
Fleur de fortifs, ça s’étiole,
Quand c’est girond,
Dans un guet-apens, ça se viole,
Chair à patron.
(Jules Jouy)
Vrille
Delvau, 1866 : s. f. Lesbienne, — dans l’argot des souteneurs.
Virmaître, 1894 : Femme pour femme. Pourquoi vrille ? Elle ne perce rien (Argot des souteneurs).
Rossignol, 1901 : Voir gousse.
Hayard, 1907 : Tribade.
France, 1907 : Lesbienne.
Vrille (voleur à la)
Larchey, 1865 : « Voleur pénétrant dans les maisons en pratiquant aux volets une ouverture carrée à l’aide de quatre trous de vrille entre lesquels il fait jouer une scie très-fine. »
(Canler)
Vriller du nez
France, 1907 : Froncer le nez ; exprimer par le jeu des muscles nasaux le mécontentement, le dédain, le dégoût. Expression du Centre.
Vrilleur
France, 1907 : Voleur de nuit qui dévalise les boutiques, spécialement celles des bijoutiers, en pratiquant une ouverture dans la devanture au moyen d’une mèche ou vrille.
Vrilleurs
Virmaître, 1894 : Les vrilleurs sont des voleurs de nuit qui dévalisent les boutiques des bijoutiers. Ce vol nécessite une audace extraordinaire. Avec l’avant-courrier (mèche), ils percent la devanture en tôle de plusieurs trous en carré ; avec une scie fine introduite dans l’un des trous, ils scient la tôle et pratiquent une ouverture assez large pour y passer le bras. À l’aide d’un diamant, ils coupent la glace en carré également, pour que les débris ne fassent pas de bruit en tombant ; préalablement, ils appliquent sur la partie coupée un fort tampon de mastic, après quoi, à l’aide d’une tringle d’acier, ils attirent à eux tous les bijoux qu’ils peuvent. Ils en est qui raflent tout un étalage en quelques minutes (Argot des voleurs). N.
Yeux
d’Hautel, 1808 : Il a les yeux percés avec une vrille. Se dit d’un homme qui a les yeux extrêmement petits, et très-renfoncés. Voyez œil.
Yeux tournés à la friandise. Pour dire des yeux fripons, enclins à la luxure.
Deux yeux valent mieux qu’un. Signifie qu’une chose est mieux soignée, quand elle est examinée par plusieurs personnes.
Avoir les yeux pochés au beurre noir, en compote. Voyez Beurre.
Il a plus grands yeux que grand ventre. Voyez Panse.
Se manger le blanc des yeux. Se quereller, se dire des injures, s’emporter l’un contre l’autre, se chamailler continuellement.
Faire les yeux doux, faire les yeux en coulisse. Voyez Coulisse.
Il a la mort dans les yeux. Se dit d’une personne qui est excessivement malade, qui est tombée en langueur.
Cela lui crève les yeux. Se dit d’une chose visible qu’une personne ne peut trouver quelque recherche qu’elle fasse.
Jeter de la poudre aux yeux. Voyez Poudre.
Yeux en trou de vrille, petits 22
Rigaud, 1881 : Yeux bien bêtes, sans expression. On dit encore, dans le même sens : yeux en trou de pipe. Cette dernière expression présente une variante, grâce au changement d’une seule lettre, variante que je ne puis citer. Et il y a des gens qui gémissent sur la pauvreté de notre langue ! Ce sont eux qui sont pauvres… d’imagination.
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