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Dun (parler en)

France, 1907 : Autre forme de l’argot, ou plutôt procédé de déformation argotique du même genre que drègue. Il consiste, dit Lorédan Larchey, à ajouter dun au mot prononcé en troquant l’n de dun contre la première lettre du rot si cette lettre est une consonne, et en l’ajoutant si c’est une voyelle. Non content de cette opération, on termine en redoublant après du la première syllabe. — « Ainsi, pour dire on ne voit pas, ils disent : nonduon nedue noiduvoit nadupas. Pour maladroit, ils disent naladroitdumal. » (Rabasse) Voilà bien du mal pour se rendre inintelligible.

Javanais

Larchey, 1865 : « La Crécy parlait le javanais, cet argot de Bréda où la syllabe va, jetée après chaque syllabe, hache pour les profanes le son et le sens des mots, idiome hiéroglyphique du monde des filles qui lui permet de se parler à l’oreille — tout haut. » — Goncourt. — Ex. ; Jaunet, javaunavet ; jeudi, javeudavi ; etc., etc.

Delvau, 1866 : s. m. Langue de convention parlée dans le monde des coulisses et des filles, qui consiste à ajouter après chaque syllabe la syllabe va ou av, ad libitum, de façon à rendre le mot prononcé inintelligible pour les profanes. Les voleurs ont aussi leur javanais, qui consiste à donner des terminaisons en ar et en oc, en al ou en em, de façon à défigurer les mots, soit français, soit d’argot, en les agrandissant.
Quant aux bouchers, étaliers ou patrons, leur javanais consiste à remplacer toutes les premières lettres consonnes d’un mot, par un L et à reporter la première consonne à la fin du mot, auquel on coud une syllabe javanaise. Ainsi pour dire Papier, ils diront Lapiepem, ou Lapiepoc. Pour les mots qui commencent par une voyelle, on les fait précéder et suivre par un L, sans oublier de coudre à la fin une syllabe javanaise quelconque. Par exemple avis se dit Laviloc ou mieux Lavilour. Quelquefois aussi ils varient pour mieux dérouter les curieux ; ils disent nabadutac pour tabac, — quand ils ne disent pas néfoin du tré pour tréfoin, en employant les syllabes explétives na et qui sont du pur javanais, comme av et va.

Rigaud, 1881 : Langage de convention qui consistait, il y a une vingtaine d’années, à intercaler les syllabes va et av entre chaque syllabe. C’était idiot et antieuphonique au dernier point. Les filles parlaient fort couramment le javanais. Il y eut un moment une telle fureur de javanais qu’on vit paraître un journal entièrement écrit dans ce langage stupide.

La Rue, 1894 : Langage de convention qui consiste à intercaler les syllabes va et av entre chaque syllabe pour défigurer les mots.

France, 1907 : Langage de convention qui consiste à déformer les mots usuels en ajoutant à chaque syllabe une syllabe additionnelle de façon à rendre ce mot inintelligible pour ceux qui ne sont pas initiés. Vers la fin du second empire, ce furent les syllabes va et av que l’on ajoutait, ce qui sans doute fit donner à ce jargon le nom de la langue de Java.

Pataquès (faire des)

France, 1907 : Fautes de langage consistant à faire entendre un t final quand il faut sonner l’s ou réciproquement, et plus généralement à faire entendre à la voyelle initiale d’un mot une consonne qui ne termine pas le mot précédent. Domergue, dans son Manuel des amateurs de la langue françoise, donne l’origine de cette expression qui devrait s’écrire pat-à-qu’est-ce : Un plaisant était à côté de deux dames : tout à coup il trouve sous sa main un éventail. — « Madame, dit-il à la première, cet éventail est-il à vous ? — Il n’est point-z-à moi, Monsieur. — Est-il à vous, Madame ? dit-il en le présentant à l’autre. — Il n’est pas-t-à moi, Monsieur. — Puisqu’il n’est point-z-à vous et qu’il n’est pas-t-à vous, ma foi, je ne sais pas-t-à-qu’est-ce. L’aventure fit du bruit, et donna naissance à ce mot populaire encore en usage aujourd’hui. »


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique