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Dévasté

France, 1907 : Homme courbé, fatigué par les excès plutôt que par les ans.

Le dévasté plaît, le dévasté intéresse parce qu’en le voyant, chacun se dit : Si cet homme a la tête plus nue que le genou, c’est que le volcan qui lui tient lieu de cervelle a anéanti sa chevelure, son œil est éteint ? C’est qu’il a trop flamboyé. Il n’a plus de mollets ? Ah ! Qu’est-ce que prouve cette absence du gras de la jambe, sinon que cet homme a trop abusé de ses mollets, sinon que cet homme a trop aimé !

(Ed. Lemoine)

Prudhomme

Delvau, 1866 : s. m. Imbécile solennel dont le type a été inventé par Henry Monnier. On se rappelle et l’on cite souvent en riant, dans la conversation, cette phrase supercoquentieuse, digne du bourgeois sur les lèvres duquel elle est éclose : « Si cela peut faire votre bonheur, soyez-le. » Soyez-le pour soyez heureux ! L’ellipse est un peu forte. Un chroniqueur parisien, M. Jules Maillot, plus inconnu sous le nom de Jules Richard, s’est rendu coupable d’une phrase de la même famille : « Il ne faut pas traiter sérieusement les choses qui ne le sont pas, » a-t-il dit très sérieusement dans le Figaro du 7 décembre 1865.

Rigaud, 1881 : Personnage sententieux, solennel et bête à la fois ; type créé par Henry Monnier. Joseph Prudhomme professeur en fait d’écritures, élève de Brard et Saint-Omer, expert assermenté près les Cours et Tribunaux, ancien propriétaire des anciens terrains de l’ancien Tivoli, ainsi qu’il s’annonce lui-même. — Le père des deux phrases célèbres :

Ce sabre est le plus beau jour de ma vie. — Le char de l’État navigue sur un volcan.

France, 1907 : Imbécile solennel dont le type a été créé par H. Monnier, et caricaturé par Cham.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique