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Amoureux

d’Hautel, 1808 : Amoureux des onze mille vierges. Terme de dérision. Homme volage et inconstant ; cœur banal qui s’enflamme également pour toutes les femmes.
Amoureux transi. Homme indifférent et flegmatique, qui n’aime que par calcul et intérêt.

France, 1907 : Bossu, dans l’argot populaire.

(Une bande de bambins poursuivant un enfant bossu.) — Hue ! l’amoureux, hue !
L’enfant. — Laissez-moi, vous me faites du mal !
La bande. — Hue ! l’amoureux, hue ! (Ils le frappent et le renversent.)
L’enfant. — Vous êtes méchants, vraiment… brigands, assassins, voleurs ! Ne me battez pas tous à la fois aujourd’hui, vous me battrez demain.
La bande. — Hue ! l’amoureux, hue !
L’enfant. — Oh ! si j’étais fort !
Tous. — Fort à quoi, l’amoureux, fort à quoi ?
L’enfant. — Fort, fort à casser le ciel, je vous écraserai tous.
La bande. — Hue ! l’amoureux, hue !…
Le bourgeois, attendri. — Chers enfants ! C’est l’espoir de la France, oui, monsieur, l’espoir de la France ; oui, monsieur, l’espoir de la France.

(Jules Noriac)

Casser (à tout)

Fustier, 1889 : Considérable, fantastique, inouï.

Le public voit la quatrième page de son journal occupée par la réclame à tout casser du grand bazar.

(Giffard, Les grands bazars)

France, 1907 : Superlatif exprimant une exagération dans les plaisirs, les dépenses, le scandale. Noce à tout casser ; potin à tout casser ; branle-bas à tout casser.

Rasetamouche, ayant surpris sa volage moitié en flagrant délit, lui fait une scène à tout casser.
Madame se jette aux pieds de son mari et, fondant en larmes :
— Pardonne-moi, mon ami, je t’en supp’ie… Pour une fois que ça m’arrive !

Évaporé

d’Hautel, 1808 : Un évaporé. Jeune fou ; tête extravagante, légère, capricieuse et volage.

Fantasque

d’Hautel, 1808 : Il est fantasque comme une mule. Pour il a l’humeur inconstante, volage et capricieuse.

Horreur d’homme

Delvau, 1866 : s. f. Homme qui fait rougir et que l’on n’ose pas chasser, — dans l’argot des bourgeoises, qui commencent à se shockigner comme les ladies anglaises.

Rigaud, 1881 : Homme volage, infidèle. — Homme très entreprenant auprès d’une femme, et dont les privautés ne déplaisent pas au fond.

In extremis

France, 1907 : À l’extrémité, sur le point de mourir. Latinisme.

Autrefois, Jenny l’ouvrière, « lâchée » par son galant, allumait sur un réchaud quatre sous de charbon de bois et tentait de « se périr » dans les prix doux. Les fissures de la fenêtre, mal bouchées par le papier de journal, laissant pénétrer un air libérateur, et le volage, prévenu par une lettre in extremis, accourait convaincu et repentant rappeler la pauvrette à la vie : ou bien — autre dénouement — un voisin, qui depuis longtemps guignait la jolie fleuriste, enfonçant la porte, chassait le mauvais gaz et ne tardait pas à dire à l’abandonnée, remise des émotions d’un premier suicide : « Voulez-vous être ma femme ? » Elle, voulait toujours être la femme de quelqu’un.

(Henry Bauër, La Ville et le Théâtre)

Mouche (faire)

France, 1907 : Atteindre au centre de la cible sur le point noir appelé mouche et, par extension, frapper au bon endroit, ne pas manquer son coup.

Hors les cas délicats où la séduction, le détournement et la naissance d’enfants imprévus déterminent nettement la responsabilité du mâle, nos jurés devraient se montrer impitoyables pour ces justicières improvisées que le printemps affole, et qui font mouche à tous coups sur les crânes de leurs volages. Le printemps fait excuser bien des bêtises, mais pas celle-là !

(Mentor, Le Journal)

Papillonne (la)

France, 1907 : Mot créé par Paul Fourier. C’est la passion du changement, le papillon voltige de fleur en fleur, comme le volage d’amourette en amourette. Il n’est guère homme qui, au temps de sa prime jeunesse, n’ait été plus ou moins atteint de la papillonne.

Poule

d’Hautel, 1808 : Ma poule. Terme de bienveillance, de tendresse et d’amitié, que l’on emploie ordinairement en parlant à une petite fille.
Une poule mouillée. Homme mou, sans capacité, sans vigueur.
Faire le cul de poule. Faire la lipe ; bouder ; être d’une humeur maussade.
Un bon coq a sept poules. Se dit par plaisanterie d’un homme volage, qui courtise plusieurs femmes à-la-fois.

La Rue, 1894 : Non, rien.

Hayard, 1907 : Femme.

France, 1907 : Maîtresse mâle de forçat.

On a vu des forçats, séparés de leur poule par la libération où l’échafaud, s’éteindre de désespoir et de langueur, dans l’impuissance de la rejoindre, si elle était libre ; ou périr par le bourreau, parce qu’elle avait péri par le bourreau.

(A. Dauvin)

Repetita placent (bis)

France, 1907 : Les choses dites ou faites deux fois plaisent. Locution latine tirée de l’Art poétique d’Horace.

Non bis in idem était également un principe qui, bien qu’émanant du droit romain, s’appliquait fort bien aux choses de l’amour, et qu’affectionnait le volage adjudant… Mais cependant, si les circonstances l’y obligeaient et si le sujet avec lequel il opérait était de tout premier ordre, si la première escarmouche l’avait émoustillé et l’invitait à une passe d’armes plus sérieuse, Letimbré faisait volontiers accorder ce principe avec cet autre : bis repetita placent, et, affirmait-il avec une pointe d’orgueil : « Je ne m’arrête pas là ! »

(Le Régiment)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique