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Sophie

France, 1907 : Menstrues ; à cette époque, la femme est obligée de faire sa Sophie. On dit voir Sophie.

— Viens-tu ? — Non, pas ce soir, je vois Sophie.

(Dialogues de la rue)

France, 1907 : Prude. Faire sa Sophie, prendre des airs de prude ; s’effaroucher pour des vétilles.

— Que ces demoiselles du couvent des Oiseaux fassent donc un peu moins leur Sophie avant le mariage et qu’elles soient un peu moins rosses après. C’est la grâce que je leur souhaite.

(Jean Deslilas)

D’abord ej’comprends pas qu’on s’gène
Ej’suis ami d’la liberté,
J’fais pas ma Sophie, mon Ugène,
Quand ej’pète, ej’dis : j’ai pété.

(A. Bruant)

Voir

d’Hautel, 1808 : Voir deux cochers sur un siège. Être ivre.
Il ne voit pas plus loin que son nez. Se dit par raillerie d’une personne bornée, sans jugement et sans prévoyance.
Il faut voir cela avec les yeux de la foi. C’est-à-dire, ne pas l’examiner avec scrupule ; n’y pas mettre une grande attention.
Si vous ne voulez pas le croire, allez-y voir. Se dit à quelqu’un qui fait l’incrédule, qui se refuse à ajouter foi à un discours, à un récit.
Il a vu le loup. Pour, c’est un vieux renard, un rusé compère qui a vu du pays, qui a fait des siennes.
On diroit qu’il n’a jamais rien vu que par le trou d’une bouteille. Se dit par raillerie d’un nigaud, d’un homme qui s’extasie sur des bagatelles, qui n’a pas fréquenté le monde.
Voyons voir. Pléonasme et solécisme très-usités parmi le peuple ; pour dire, permettez que je voye, ou, laissez moi voir.

Delvau, 1864 : Faire l’acte vénérien.

Vous languissez quelquefois
À lacour plus de trois mois,
Sans que l’heure se présente,
Et moi, bienheureux, je vois,
Quand il me plaît ma servante.

(Cabinet satyrique)

Vous avez été pour le moins six mois à la voir journellement.

(Ch. Sorel)

Il dit que si je la vois
En un mois plus d’une fois,
Il m’en coûtera la vie.

(Saint-Pavin)

Le dernier homme que voit Fulvia, c’est toujours celui qu’elle croit destiné par le ciel à perpétuer sa race.

(Diderot)

Delvau, 1866 : v. a. Permolere uxorem quamlibet aliam, — dans l’argot des bourgeois.

Delvau, 1866 : v. n. Se dit de l’indisposition mensuelle des femmes, — dans l’argot des bourgeoises.

Rigaud, 1881 : Arrêter, — dans le jargon des voleurs. — Se faire voir, se faire arrêter.

Rigaud, 1881 : Avoir ses menstrues, — dans le jargon des bourgeoises. Voir Sophie, — dans celui des ouvrières.

Voir Sophie

Delvau, 1866 : v. a. Avoir ses menses, — dans l’argot des ouvrières.

Virmaître, 1894 : Cette très désagréable Sophie ne rend visite aux femmes qu’à chaque fin de mois. Elle vient sans être annoncée (Argot des filles).


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique