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Écurer son chaudron

Delvau, 1866 : v. a. Aller à confesse, — dans l’argot du peuple, pour qui c’est un moyen de nettoyer sa conscience de tout le vert-de-gris qu’y ont déposé les passions mauvaises.

France, 1907 : Aller se confesser.

La petite baronne de Folle-Biche, fidèle aux devoirs du carême, écure son chaudron, pardon ! met à nu son âme devant le révérend père Barbabouc :
— J’ai trompé mon mari.
— Combien de fois, mon enfant ?
— Deux fois, mon père.
Le confesseur, après le speech d’usage, donne l’absolution. Mais, au moment de partir, la pénitente ajoute :
— Mon père, un détail : j’ai oublié de vous dire que c’était deux fois par jour !

Mastroquet

Larchey, 1865 : Marchand de vins. Mot à mot : l’homme du demi-setier. — Vient de demi-stroc : demi-setier.

Delvau, 1866 : s. m. Marchand de vin, — dans l’argot des faubouriens. Ne serait-ce pas une corruption de mastoquet, homme mastoc, le marchand de vin étant ordinairement d’une forte corpulence ?

Virmaître, 1894 : Marchand de vin. Dernière transformation du mot mannezingue. Mann, homme, zinc, par corruption zingue, comptoir (Argot du peuple). V. Bistro.

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Marchand de vin.

France, 1907 : Cabaretier, marchand de vin au détail. On attribue à Louis Veuillot, le célèbre rédacteur en chef de l’Univers, la paternité de ce mot bizarre.

Celles qui se trainent depuis la chute du jour jusques au milieu de la nuit, s’usant les jambes jusques aux genoux en arpentant les distances, se morfondant sur les trottoirs, aux coins des rues, toujours à l’affût, se portant sans cesse d’un point à un autre, et quêteuses poussives du rentrant attardé, toujours inquiètes de la rousse, fuyant l’argousin et marchant de longues heures, trempées d’humidité, transies de froid à travers les ténèbres et les brouillards, et n’ayant pour tout refuge, après la petite pièce si péniblement gagnée, que le comptoir du mastroquet où l’on boit ce qui met le vert-de-gris dans le ventre et oxyde l’estomac.

(Louis Davyl)

Les scènes scandaleuses, renouvelées de Lesbos, dont on peut être témoin dans ces maisons tolérées jusqu’à 3 heures du matin, alors qu’on fait contravention au mastroquet du coin s’il dépasse minuit…

(La Nation)

Les ouvriers ont toujours eu un faible pour les farceurs qui les grugent, et quand ces farceurs sont par-dessus le marché des mastroquets, ils les adorent.

(L’Avenir de Calais)

Au tribunal.
— Accusé, vous avez eu un passé quelque peu orageux ?
— C’est vrai, mon président.
— Cependant, vous paraissiez avoir mis un peu d’eau dans votre vin ?
— Fallait bien, mon président, j’étais devenu mastroquet.

(L’Écho de Paris)

Comme un nigaud, j’ai cherché noise
Aux patrons, à l’autorité :
Aujourd’hui, je n’ai qu’une ardoise
Chez le mastroquet d’à côté.

(Alfred Capus)

Profonde

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Poche.

Vidocq, 1837 : s. f. — Cave.

Halbert, 1849 : Cave ou poche.

Larchey, 1865 : Cave.

Je vais à la profonde vous chercher du frais.

(Vidocq)

Dans les deux mots même allusion de cavité.

Larchey, 1865 : Poche.

Ils se désignent entre eux sous le nom de fouilleurs de profondes.

(Paillet)

Delvau, 1866 : s. f. Cave, — dans l’argot des voyous.

Delvau, 1866 : s. f. Poche de pantalon, — dans l’argot des voyous et des voleurs.

Rigaud, 1881 : Poche. Elle est souvent d’autant plus profonde qu’il n’y a rien dedans.

La Rue, 1894 : Poche. Cave.

France, 1907 : Poche. Elle est parfois si profonde qu’on n’en touche pas le fond.

Pour comble de déveine, ce soir-lá, soir trop voisin de la Sainte Touche, Corniflon n’avait plus que quelques décimes dans sa profonde et conséquemment les ménageait comme la prunelle de ses yeux couleur du vert-de-gris.

(Marc Anfossi)

anon., 1907 : Poche.

Sous (décoction de gros)

France, 1907 : Absinthe.

— Que je sais bien, dit le brigadier, que l’absinthe n’est autre qu’une décoction de gros sous, mais tant pis, une fois qu’on a mis le nez dans ce diable de vert-de-gris, on voudrait y fourrer la tête.

(E. Gaboriau, Le 13e hussards)

Vert-de-gris

Rigaud, 1881 : Domestique de charlatan à carrosse. — Surnom du joueur d’orgue de Mengin, devenu le surnom des accompagnateurs ordinaires de MM. les arracheurs de dents.

Merlin, 1888 : Autrefois, un officier de place.

La Rue, 1894 : Huissier. Domestique de charlatan. Verre d’absinthe. Commandant de place. Officier sévère.

France, 1907 : Absinthe.

France, 1907 : Commandant de place ; officier sévère. Argot militaire.

France, 1907 : Huissier ; argot populaire.

Vert-de-gris (un)

Rigaud, 1881 : Un verre d’absinthe.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique