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Cher

d’Hautel, 1808 : C’est magnifique et pas cher. Phrase dérisoire et satirique, qui se dit d’une chose ou d’une action dont on veut rabaisser la valeur.
Mon cher, ma chère. Pour dire mon ami, mon amie ; terme d’amitié, et quelquefois de hauteur dont se servent les gens de qualité en parlant à leurs inférieurs.

Vidocq, 1837 : ad. — Rude.

Vidocq, 1837 : ad. — Haut, élevé.

Rigaud, 1881 : Beaucoup, énormément, — dans le jargon des voleurs ; se place après le verbe qu’il, modifie. Se cavaler cher, courir ventre à terre.

La Rue, 1894 : Beaucoup, énormément, rude, élevé, très bien.

Rossignol, 1901 : Beaucoup.

Pour quatre sous de brie, tu es mal servi : il n’y en a pas cher.

France, 1907 : Beaucoup ou trés. Se cavaler cher, s’enfuir au plus vite.

Ventre

d’Hautel, 1808 : Se serrer le ventre. Pour se passer de manger.
Un ventre à tous grains. Homme qui mange de tout, que les alimens les plus lourds ne peuvent incommoder.
Il n’a pas deux paroles dans le ventre. Voyez Paroles.
Tout fait ventre. Maxime des gens peu propres et peu délicats sur le manger.
Parler du ventre. Avoir la voix sourde et caverneuse ; c’est ce que de nos jours, on appelle l’art du ventriloque.
Il n’a pas six mois dans le ventre. Pour dire il n’ira pas loin, il mourra bientôt.
Tant que le cœur me battra dans le ventre. C’est-à-dire, tant que j’aurai souffle de vie.
Bouder contre son ventre. Jeuner contre son appétit ; refuser par orgueil ce que l’on désire, ce que l’on souhaite intérieurement.
Ventre saint-gris ! Juron ordinaire du Grand Henry.
Demander pardon ventre à terre. Faire des soumissions, indignes d’un homme de bien.
Être sujet à son ventre. Aimer la bonne chère, faire, comme on dit, un dieu de son ventre.
Manger à ventre déboutonné. C’est-à-dire, en franc épicurien.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique