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Air (se donner ou se pousser de l’)

France, 1907 : Figures pour partir, se sauver.
Jouer la fille de l’air a la même signification : c’est une réminiscence d’une ancienne pièce du boulevard du Temple, La Fille de l’air. A. Barrère, dans son Argot et Slang, a réuni les différentes expressions du même acte. Elles sont aussi nombreuses que pittoresques :

Faire le patatrot, le lézard, le jat-jat, la paire, crie, gilles ; jouer la fille de l’air, se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la courir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, baudrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courantes à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esbalonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, décamper.

Faire valser

Larchey, 1865 : Accabler de coups.

Nous ferons valser les Prussiens.

(Henry, Ch., 1838)

Patatrot (faire le)

France, 1907 : Décamper, se sauver ; corruption de pattes au trot. « Faire un patatrot », poursuivre à grande vitesse.
Les synonymes sont nombreux ; en voici les principaux :

Jouer la fille de l’air, faire le lézard, le jat jat, la paire, cric, gilles ; se déguiser en cerf, s’évanouir, se cramper, tirer sa crampe, se lâcher du ballon, se la couler, se donner de l’air, se pousser du zeph, se sylphider, se la trotter, se la couvrir, se faire la débinette, jouer des fourchettes, se la donner, se la briser, ramasser un bidon, se la casser, se la tirer, tirer ses grinches, valser, se tirer les pincettes, se tirer des pieds, se tirer les baladoires, les pattes, les trimoires ou les flûtes ; jouer des guibes ou des quilles, se carapater, se barrer, bandrouiller, se cavaler, faire une cavale, jouer des paturons, happer le taillis, flasquer du poivre, décaniller, décarer, exhiber son prussien, démurger, désarrer, gagner les gigoteaux, se faire une paire de mains courante à la mode, fendre l’ergot, filer son nœud, se défiler, s’écarbouiller, esballonner, filer son câble par le bout, faire chibis, déraper, fouiner, se la fracturer, jouer des gambettes, s’esbigner, ramoner ses tuyaux, foutre le camp, tirer le chausson, se vanner, ambier, chier du poivre, se débiner, caleter, attacher une gamelle, camper.

Valser

d’Hautel, 1808 : Au propre, danser une valse ; au figuré, se sauver, prendre la poudre d’escampette.

Larchey, 1865 : Courir. V. Cheval.

Delvau, 1866 : v. n. S’enfuir, ou seulement s’en aller. Faire valser quelqu’un. Le mettre brutalement à la porte.

Rigaud, 1881 : Décamper.

Virmaître, 1894 : Battre quelqu’un.
— Je vais te faire valser sans musique.
Ce qui arrive souvent le samedi de paye, quand le mari rentre au logis plus qu’éméché : il fait faire un tour de valse à sa ménagère si elle ronchonne (Argot du peuple).

France, 1907 : S’en aller, s’enfuir. Faire valser quelqu’un, le mettre à la porte, ou le battre.

Valser du bec

Fustier, 1889 : Avoir l’haleine fétide.

France, 1907 : Avoir mauvaise haleine.

C’est avec raison que l’abbé Fricard désignait la vieille Ambroisine sous le nom de punaise, car celle valsait si fortement du bec qu’elle infectait la sacristie.

(Les Propos du Commandeur)

Valser, vaner

La Rue, 1894 : Partir, s’enfuir.

Vénus populaire (la)

Delvau, 1864 : La fille de trottoir, qui ne demande que deux francs pour un voyage à Cythère.

Amour, empoisonne mes sens.
Et toi, Vénus la populaire,
À toi mon hymne et mon encens.

(A. Barbier)

Ces rustiques Vénus qui font les innocentes.

(Ant. Méray)

Faut t’voir valser, comm’ t’es vive et légère ;
Tous les garçons, disiont d’ toi dans le pays,
Qu’ t’es t’un’ vraie nymphe, un’ Vénus potagère.
J’n’en bois ni mange et j’n’en dors point les nuits.

(Ad. Porte)

Nous avons eu depuis : la Vénus aux carottes.

Zinc

Delvau, 1866 : s. m. Chic, — dans le même argot [des faubouriens]. Avoir du zinc. Avoir une brillante désinvolture.

Delvau, 1866 : s. m. Maladie vénérienne, — dans l’argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : s. m. Voix métallique et solide, — dans l’argot des coulisses. Avoir du zinc. Avoir une voix sonore. On dit aussi Être zingué.

Rigaud, 1881 : Argent. — Comptoir de marchand de vin. — Prendre un canon sur zinc.

Des poivrots, le coude sur le zinc, riaient au nez des petites.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Argent. Comptoir de marchand de vin. Syphilis.

Virmaître, 1894 : Argent monnayé.
— J’ai du zinc dans ma profonde, nous pouvons aller de l’avant (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Le comptoir du mastroquet. Allusion au plomb qui couvre le comptoir. Boire sur le zinc, c’est boire debout.
— Viens-tu licher un glacis sur le zinc, j’ai dix ronds d’affure (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Comptoir de marchand de vins.

Je n’ai pas le temps, je veux bien accepter quelque chose, mais nous prendrons ça sur le zinc.

Hayard, 1907 : Comptoir de marchand de vin.

France, 1907 : Argent, monnaie.

France, 1907 : Comptoir de marchand de vin.

Près des Halles centrales, dans un sous-sol, aux faibles lueurs des becs de gaz, entre le zinc du tenancier et un orchestre composé d’un piano, d’un violon et d’une basse, on voit des enfants s’agiter, polker, valser, et autour d’eux rôde une immonde clientèle d’érotomanes et de gagas. Les mères ou leurs remplaçantes absorbent des saladiers de vin chaud, de punch au rhum, et, le long du Marché-aux-Anges, on heurte des mégères ivres, titubantes ou étendues sur le plancher, cuvant leur vin.
Mignonnes ouvrières, trottins, petits abandonnés des deux sexes, vagabonds et vagabondes, tous les oiseaux sans nid, autant de numéros de parisiens ; et les matrones des départements et de l’étranger y amènent de la marchandise, comme d’autres des animaux sur le marché de la Villette.

(Dubut de Laforest, La Traite des blanches)

Le comptoir, à l’intérieur, donnait le sentiment de la proximité des faubourgs. C’était le zinc traditionnel, avec sa fontaine à eau couverte, ses bouteilles multicolores alignées derrière le patron qui, debout dès l’aube, en gilet à manches, hiver comme été, versait le marc, l’absinthe et le vin blanc aux ouvriers se rendant au travail.

(É. Zola, La Conquête de Plassans)

Zinc des ratichons, Maître autel.

France, 1907 : Costume de gymnastique à l’École polytechnique, appelé ainsi dans l’argot des élèves parce que la toile en est de couleur grisâtre.

France, 1907 : Élégance, chic.

— Je joue le rôle d’un pigeon du Jockey-Club qui se croit aimé pour lui-même… Il faut que j’aie du zinc ce soir.

(Philippe Auderbrand)

France, 1907 : Uniforme chamarré de haut fonctionnaire.

La soirée du ministre était fort brillante et les ambassadeurs, les ministres plénipotentiaires, les attachés militaires étaient là dans leurs costumes chamarrés. Les préfets mêmes avaient sorti leur frac, avec joie, car le préfet de la Seine s’était pavané depuis le matin dans le sien et on l’avait entendu s’écrier plusieurs fois :
— Enfin, j’ai donc sorti mon zinc ! Il ne sera pas dit que mes administrés ne m’auront pas admiré dans mon zinc.

(Edgar Monteil, Le Monde officiel)

France, 1907 : Voix métallique dans l’argot des chanteurs. Avoir du zinc, c’est avoir un organe vocal bien timbré.

Peut-être a-t-on choisi le zinc de préférence à tout autre métal, à cause de son rapprochement avec les verbe anglais to sing, chanter.

(Émile Gouget, L’Argot musical)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique