Virmaître, 1894 : Mourir. Allusion au chiqueur qui s’étoufferait en avalant son pruneau (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Mourir, se taire, s’abstenir.
Hayard, 1907 : Mourir.
Avaler sa chique
Virmaître, 1894 : Mourir. Allusion au chiqueur qui s’étoufferait en avalant son pruneau (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Mourir, se taire, s’abstenir.
Hayard, 1907 : Mourir.
Balloter
Rigaud, 1881 : Jeter, — dans le jargon des voleurs. — Balloter un client avalant, jeter un homme à l’eau après l’avoir volé. Avalant vient d’aval ; le corps suit le cours de l’eau.
Rigaud, 1881 : Manquer d’ouvrage.
France, 1907 : Jeter.
Balloter un client avalant
France, 1907 : Jeter à l’eau l’homme qu’on a volé.
Balloter, balanstiquer
La Rue, 1894 : Jeter. Balloter un client avalant. Jeter à l’eau l’homme que l’on a volé.
Bidonnier
Rossignol, 1901 : Truc importé à Paris par des Lyonnais, qui est maintenant blanchi (connu) ; il n’y en a plus que deux pu trois qui se livrent à ce commerce. Le bidonnier achète trois coupons de 1,10 m de mauvais drap de couleur différente ne valant pas plus de 2 fr. 50 le mètre. Il plie les trois coupons de façon à les intercaler les uns dans les autres, il en parait six du côté apparent ; le derrière est enveloppe dans sa grande blouse bleue, cela constitue le bidon. Il offre sa marchandise pour le prix de 25 francs aux consommateurs à la porte des débits. On le plaisante sur lé prix, c’est ce qu’il cherche, et tout en ayant l’air de se fâcher il répond :
Pourquoi marchander ? vous n’avez pas le sou, je parie que si je vous laisse le paquet pour 12 francs, vous ne le prendrez pas.
Le consommateur se pique d’amour-propre, le marché est conclu, il paye, la marchandise lui est ensuite livrée, c’est alors qu’il s’aperçoit ne pas avoir acheté six coupons, mais trois qui ne valent pas le prix de la façon de trois pantalons ; il est volé, mais il n’y a pas escroquerie, le bidonnier lui a parlé du paquet et non du nombre des coupons.
Hayard, 1907 : Qui vend du bidon.
Cavaler
Ansiaume, 1821 : v. Cromper.
Clémens, 1840 : Sauver.
M.D., 1844 : Courir.
Virmaître, 1894 : Se sauver.
— Cavale-toi v’là la rousse (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : S’en aller, se sauver.
Je suis en retard, je me cavale.
Hayard, 1907 : Se sauver.
France, 1907 : Courir : de cavale, jument.
— J’ai rentiché avec des mecs qui t’auraient fait dinguer le timpant rien qu’en cavalant derrière ta gonde (j’ai fréquenté des souteneurs qui t’auraient fait tourner le cœur rien qu’en courant derrière ta porte).
(E. Lepelletier, Les Secrets de Paris)
Fifrelin
Delvau, 1866 : s. m. Monnaie imaginaire fabriquée par le peuple et valant pour lui cent fois moins que rien.
La Rue, 1894 : Presque rien. Valeur presque nulle. Signifie aussi soldat.
France, 1907 : Rien ou à peu près. Diminutif de fifre. Valeur presque nulle. « Monnaie imaginaire, dit Delvau, fabriquée par le peuple et valant pour lui cent fois moins que rien. »
Combien de gommeux, après s’être fait rincer dans les cercles jusqu’à leur dernier fifrelin, ne seraient pas enchantés d’être capables d’entrer comme ouvriers chez un cordonnier ou chez un zingueur au lieu d’en être réduits à se brûler la cervelle faute d’être bons à autre chose ?
(Grimsel, Gil Blas)
Ginglet, ginglard, ginguet
Rigaud, 1881 : Par altération de guinguet qu’on appelait vulgairement au XVIIe siècle
chasse-cousin
En avalant du vin délicieux, tandis que vous ne buvez que du gin-guet.
(P. d’Ablancourt, Dialogues de Lucien, 1637)
Guinguette est un dérivé de guinguet — Les vins de Suresnes et d’Argenteuil sont les types du ginglard. Au XVIe siècle, on disait ginguet, pour désigner un vin vert ; le dictionnaire de l’Académie donne à ginguet la signification de petit vin faible.
Menton (s’en mettre ou s’en fourrer jusqu’au)
France, 1907 :
Que ce soit poule ou caneton,
Perdreaux truffés ou miroton,
Barbue ou hachis de mouton,
Pâté de veau froid ou de thon,
Nids d’hirondelles de Canton,
Ou gousse d’ail sur un croûton,
Pain bis, galette ou panaton,
Fromage à la pie ou stilton,
Cidre ou pale-ale de Burton,
Vin de Brie ou branne-mouton,
Pedro-jimenès ou corton,
Chez Lucullus ou chez Caton,
Avalant tout comme un glouton,
Je m’en mettrai jusqu’au menton,
Sans laisser un seul rogaton
Pour la desserte au marmiton.
(Th. Gautier, Épître à Garnier)
Monnaie (plus que ça de)
Larchey, 1865 : Exclamation admirative équivalant à Quelle bonne fortune !
Mon homme a la croix d’honneur. Pus que ça d’monnaie !
(Ricard)
Pétrole
Rigaud, 1881 : Mauvais vin. — Mauvaise eau-de-vie.
Virmaître, 1894 : Mauvaise eau-de-vie servie dans les assommoirs. Elle brûle l’estomac (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Eau-de-vie ; argot populaire ; ce que les Anglais appellent French cream, crème française.
Des bouges où se rassemble la racaille de l’égout ; où les faces blêmes sont souvent tatouées de pochons noirs, où il coule partout du sang dans les saladiers gluants de vin bleu, où les pierreuses viennent se donner du cœur à l’ouvrage en avalant un verre de pétrole qui leur flanque un coup de fer rouge dans l’estomac…
(Jean Richepin, Le Pavé)
France, 1907 : Mauvais marchand de vin.
Rien
d’Hautel, 1808 : Il lui a donné un petit rien entre deux plats. Facétie, pour dire rien, absolument rien.
Il ne sait rien de rien. Pour, il ignore absolument cette affaire.
On ne fait rien de rien. Pour dire qu’avec rien on a de la peine à faire quelque chose.
Ce que vous dites et rien c’est la même chose. Pour dire, ce sont des paroles inutiles ; je ne vous écoute pas.
Il n’y a rien qu’il y paroisse. Se dit d’une chose que l’on avoit mise en ordre, et qui est de nouveau troublée et confuse.
Vidocq, 1837 : s. m. — Garde chiourme, argousin.
Delvau, 1866 : s. m. Garde-chiourme, argousin, — dans l’argot des forçats.
Delvau, 1866 : s. m. Un peu, très peu, — dans l’argot du peuple. En un rien de temps. En très peu de temps. Rien de rien. Moins que rien.
Delvau, 1866 : Mot de l’argot des faubouriens, qui l’emploient comme selle à tous chevaux, pour donner plus de force et de couleur à leurs discours. Ainsi, ils disent : Il n’a rien l’air de… pour : Il a extrêmement l’air de… Il n’est rien paf, pour : Il est très gris. Ce n’est rien mauvais, pour : On ne saurait imaginer chose plus détestable, etc.
Une autre négation, sœur de celle-ci, et valant comme elle une affirmation, c’est n’être pas. Ainsi : Tu n’es pas blagueur ! signifie : « Comme tu es menteur ! »
Rigaud, 1881 : Très, beaucoup, extrêmement. Une des expressions les plus courantes parmi le peuple. — Être rien chic, être très élégant. — Être rien bate, être très joli. — Être rien poivre, être très soûl.
Boutmy, 1883 : synonyme de beaucoup. Il est rien bête, celui-là. Cette expression saugrenue appartient plutôt à l’argot des margeurs et des receveurs qu’à celui des compositeurs. V. Mince.
La Rue, 1894 : Garde-chiourme. Très, beaucoup, extrêmement : c’est rien beau !
France, 1907 : Argousin ; garde-chiourme. Voir Ruf.
France, 1907 : Beaucoup, très. « Il est rien bête. » Expression populaire.
Encore douz’ ronds, j’vâs m’payer une
Chopine su’ l’premier comptoir,
Crebleu ! Qué vent ! Quien ! V’là la lune !
Elle a rien mauvais’ min’ ce soir.
(Fulbert Mayrat)
Roustissure
Delvau, 1866 : s. f. Blague peu heureuse, rôle de peu d’importance, — dans l’argot des comédiens, qui sans doute ont voulu faire allusion au mot italien rostita, rôtie, maigre chose.
Delvau, 1866 : s. f. Escroquerie.
Rigaud, 1881 : Mauvaise plaisanterie. — Objet de nulle valeur. — Bout de rôle, — dans le jargon des acteurs.
La Rue, 1894 : Volerie. Chose valant peu ou rien.
Virmaître, 1894 : Mauvaise plaisanterie. A. D. Roustissure, dont par corruption on a fait roustenpanne, veut dire moins que rien (Argot du peuple). V. Rousselette.
France, 1907 : Chose sans valeur ; rôle insignifiant, dans l’argot des coulisses. Individu méprisable, basse prostituée ; argot faubourien.
— Il est à Mazas, pour les saletés de son maître… un comte !… La belle roustissure, vraiment !
(Dubut de Laforest, La Vierge du trottoir)
Valant
La Rue, 1894 : Pince à effraction.
Virmaître, 1894 : Pince à usage des cambrioleurs (Argot des voleurs). V. Monseigneur. N.
Hayard, 1907 : Pince de cambrioleur.
France, 1907 : Pince à effraction, rossignol ; argot des voleurs.
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