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Aide-cargot

Larchey, 1865 : Valet de cantine.

Aide-cargot, un dégoûtant troupier fait semblant de laver la vaisselle.

(Wado)

Delvau, 1866 : s. m. Aide de cuisine, — dans l’argot des troupiers, par corruption d’aide-gargot.

France, 1907 : Aide de cuisine, pour aide-gargotier.

Auber ou aubert

France, 1907 : Argent ; argot des voleurs. Ce mot date de loin et ne serait qu’un jeu de mots du moyen âge où la maille était une monnaie et le haubert une cotte de mailles. Avoir de l’aubert était donc, comme dit Charles Nisard, être couvert de mailles ou d’argent. Le nombre de mots pour désigner le « vil métal » est considérable et prouve le rôle important qu’il joue dans le monde d’en bas comme dans celui d’en haut. Nous avons : achetoires, beurre, bille, braise, carle, cercle, cigale, cuivre, dale, douille, face, galette, graisse, huile, jaunet, médaille, métal, mitraille, monacos, monarque, noyaux, patard, pèze, philippe, picaillon, pimpion, quantum, quibus, rond, roue de derrière, roue de devant, sine qua non, sit nomen, sonnette, thune, vaisselle de poche, etc.

Plus d’aubert nestoit en fouillouse.

(Rabelais)

Bastringue

d’Hautel, 1808 : Nom donné primitivement à une contredanse qui a été long-temps on vogue à Paris ; ce mot a reçu depuis une grande extension : le peuple, à qui il a plu, s’en est emparé, et l’a appliqué à des choses de nature différente.
Un bastringue signifie tantôt un bal mal composé ; tantôt un mauvais joueur de violon ; puis une maison en désordre ; un mauvais lieu.
Un bastringue est aussi une petite mesure qui équivaut à peu-près à ce que les buveurs appeloient autrefois un canon, dont la capacite répondoit à celle d’un verre moyen.
Boire un bastringue signifie donc vulgairement, boire un verre de vin.

Ansiaume, 1821 : Lime fine.

N’oublie pas la bastringue pour faucher les balançons.

Vidocq, 1837 : s. m. — Étui de fer-blanc, d’ivoire, d’argent, et quelquefois même d’or, de quatre pouces de long sur environ douze lignes de diamètre, qui peut contenir des pièces de vingt francs, un passe-port, des scies et une monture, que les voleurs cachent dans l’anus. La facilité qu’ils trouvaient à dérober cet étui à tous les yeux, et la promptitude avec laquelle ils coupaient les plus forts barreaux et se débarrassaient de leurs chaînes, a long-temps fait croire qu’ils connaissaient une herbe ayant la propriété de couper le fer ; l’herbe n’était autre chose qu’un ressort de montre dentelé, et parfaitement trempé.

Halbert, 1849 : Scie pour scier le fer.

Larchey, 1865 : Étui conique en fer d’environ quatre pouces de long sur douze lignes de diamètre, contenant un passe-port, de l’argent, des ressorts de montres assez dentelés pour scier un barreau de fer, un passe-port, de l’argent, etc. — Vidocq — Les malfaiteurs, sur le point d’être pris, cachent dans leur anus cette sorte de nécessaire d’armes, mais il doit être introduit par le gros bout. Faute de cette précaution, il remonte dans les intestins et finit par causer la mort. Un prisonnier périt il y a quelques années de cette manière, et les journaux ont retenti du nombre prodigieux d’objets découverts dans son bastringue, après l’autopsie.

Delvau, 1866 : s. m. Bruit, vacarme, — comme on en fait dans les cabarets et dans les bals des barrières.

Delvau, 1866 : s. m. Guinguette de barrière, où le populaire va boire et danser les dimanches et les lundis.

Delvau, 1866 : s. m. Scie à scier les fers, — dans l’argot des prisons, où l’on joue volontiers du violon sur les barreaux.

Rigaud, 1881 : Lime, scie. — Étui dans lequel les récidivistes serrent les outils nécessaires à leur évasion, tels que lime, scie, ressort de montre. De là l’habitude qu’on a dans les prisons, lors de la visite, au moment de l’arrivée du prévenu ou du condamné, de le faire complètement déshabiller et de lui administrer une forte claque sur le ventre, dans le but de s’assurer s’il a un bastringue sous lui.

Rigaud, 1881 : Vacarme. — Faire du bastringue.

La Rue, 1894 : Lime, scie, outils d’évasion renfermés dans un étui. Guinguette et bal de barrière.

Virmaître, 1894 : Bal de bas étage où se donne rendez-vous la canaille du quartier dans lequel il est situé. Bastringue, faire du bruit, du tapage. Quand l’homme rentre au logis, un peu humecté et qu’il casse la vaisselle, la ménagère, furieuse, lui dit :
— T’as pas bientôt fini ton bastringue, sale chameau ? (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Bal de bas étage.

Rossignol, 1901 : Étui en ivoire ou en argent que les voleurs tiennent constamment caché dans leurs intestins et qui peut contenir jusqu’a 800 francs en or ; ainsi, lors qu’ils se trouvent arrêtés, ils ne sont jamais sans argent. Il y a des bastringues qui contiennent tournevis, scies et monture. Avec une scie semblable, votre serviteur a scié un barreau de la grosseur de ceux des prisons en trente-six heures. Cet étui est bien connu dans les prisons centrales, mais il est difficile de le trouver, le voleur le retire le soir de sa cachette pour le remettre le matin où il reste toute la journée. Il y a une chanson sur les prisons centrales où il est dit :

Un surveillant vous fait regarder à terre En vous disant : Baissez-vous à moitié ; Il vous palpe et regarde le derrière, Dans la maison, c’est l’usage de fouiller.

Hayard, 1907 : Bal de bas étage.

France, 1907 : Bal de barrière.

Mademoiselle, voulez-vous danser ?
V’là le bastringue.
V’là le bastringue !
Mademoiselle, voulez-vous danser ?
Le bastringue va commencer.

(Vieille chanson)

On appelle aussi bastringue, dans l’argot des prisons, une scie à scier le fer ; c’est également un étui conique, d’environ quatre pouces de long sur douze lignes de diamètre, qui sert à renfermer cette scie et d’autres objets utiles aux prisonniers.

Les malfaiteurs arrêtés cachent dans leur anus cette sorte de nécessaire d’armes, qui doit être introduit par le gros bout. Faute de cette précaution, il remonte dans les intestins et finit par causer la mort. Un détenu périt, il y a quelques années, de cette manière, et les journaux ont retenti du nombre prodigieux d’objets découverts dans son bastringue, après l’autopsie.

(Lorédan Larchey.)

Beurre

d’Hautel, 1808 : C’est entré là-dedans comme dans du beurre. Pour dire tout de go, librement, sans aucun effort.
Il est gros comme deux liards de beurre, et on n’entend que lui. Se dit par mépris d’un marmouset, d’un fort petit homme, qui se mêle dans toutes les affaires et dont la voix se fait entendre par-dessus celle des autres.
Promettre plus de beurre que de pain. Abuser de la crédulité, de la bonne-foi de quelqu’un ; lui promettre des avantages qu’on ne peut tenir.
Des yeux pochés au beurre noir. Yeux meurtris par l’effet d’une chute, d’un coup, ou d’une contusion quelconque.
C’est bien son beurre. Pour, cela fait bien son affaire ; c’est réellement ce qui lui convient.

Vidocq, 1837 : s. m. — Argent monnoyé.

Larchey, 1865 : Argent. — V. Graisse.

Nous v’là dans le cabaret
À boire du vin clairet,
À ct’heure
Que j’ons du beurre.

(Chansons, Avignon, 1813)

Mettre du beurre dans ses épinards : Voir augmenter son bien-être. — On sait que les épinards sont la mort au beurre.
Avoir du beurre sur la tête : Être couvert de crimes. — Allusion à un proverbe hébraïque. V. Vidocq. Beurrier : Banquier (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Argent monnayé ; profit plus ou moins licite. Argot des faubouriens. Faire son beurre. Gagner beaucoup d’argent, retirer beaucoup de profit dans une affaire quelconque. Y aller de son beurre. Ne pas craindre de faire des frais, des avances, dans une entreprise.

Rigaud, 1881 : Argent.

La Rue, 1894 : Argent (monnaie). Synonymes : braise, carme, nerf, blé, monarque, galette, carle, pognon, michon, cercle, pilon, douille, sauvette, billes, blanc, mitraille, face, philippe, métal, dalles, pèze, pimpions, picaillon, noyaux, quibus, quantum, cuivre, vaisselle de poche, zozotte, sonnettes, auber, etc. Milled, 1.000 fr. Demi-sac, 500 fr. Pile, mètre, tas, livre, 100 fr. Demi-jetée, 50 fr. Signe, cigale, brillard, œil-de-perdrix, nap, 20 fr. Demi-signe, 10 fr. Tune, palet, dringue, gourdoche, 5 fr. Escole, escaletta, 3 fr. Lévanqué, arantequé, larante, 2 fr. Linvé, bertelo, 1 fr. Grain, blanchisseuse, crotte de pie, lisdré, 50 cent. Lincé, 25 cent. Lasqué, 20 cent. Loité, 15 cent. Lédé, 10 cent. (Voir largonji). Fléchard, rotin, dirling, broque, rond, pétard, 5 cent. Bidoche, 1 cent.

Rossignol, 1901 : Bénéfice. Une bonne qui fait danser l’anse du panier fait son beurre. Un commerçant qui fait ses affaires fait son beurre. Un domestique qui vole ses maîtres sur le prix des achats fait son beurre. Le domestique, né à Lisieux, qui n’est pas arrive après vingt ans de Service à se faire des rentes parce que son maître, né à Falaise, est plus Normand que lui, n’a pas fait son beurre.

France, 1907 : Argent monnayé, profit de quelque façon qu’il vienne ; argot des faubouriens. Les synonymes sont : braise, carme, nerf, blé, monarque, galette, carte, pognon, michon, cercle, pilon, douille, sauvette, billes, blanc, mitraille, face, philippe, métal, dalles, pèze, pimpions, picaillon, noyaux, quibus, quantum, cuivre, vaisselle de poche, zozotte, sonnettes, etc.
Faire son beurre, prélever des bénéfices plus ou moins considérables, honnêtes ou non ; y aller de son beurre, ne pas hésiter à faire des frais dans une entreprise ; c’est un beurre, c’est excellent ; au prix où est le beurre, aux prix élevés où sont toutes les denrées, argot des portières.

Il faut entendre un restaurateur crier : « L’addition de M. le comte ! » pour s’apercevoir que la noblesse, de nos jours, pas plus que du temps de Dangeau, n’est une chimère. Pour une jeune fille dont le père s’appelle Chanteaud, pouvoir signer « comtesse » les billets aux bonnes amies qui ont épousé des Dupont et des Durand, c’est tout ! Remplacer le pilon ou le mortier, armes dérisoires de la rue des Lombards, par un tortil élégant surmontant des pals, des fasces, des croix ou des écus semés sur des champs de sinople, quel charmant conte de fées ! Et ça ne coûte que trois cent mille francs ; c’est pour rien, au prix où est le beurre.

(Edmond Lepelletier, Écho de Paris)

Avoir du beurre sur la tête, être fautif, avoir commis quelque méfait qui vous oblige à vous cacher. Cette expression vient évidemment d’un proverbe juif : « Si vous avez du beurre sur la tête, n’allez pas au soleil ; il fond et tache. »
Mettre du beurre dans ses épinards, se bien traiter, car, suivant les ménagères, les épinards sont la mort au beurre. Les politiciens ne visent qu’à une chose : à mettre du beurre dans leurs épinards.

Je pense que c’est à la politique des groupes que l’on doit la médiocrité presque universelle qui a éclaté dans la crise actuelle. Le député entre à la Chambre par son groupe, vote avec son groupe, a l’assiette au beurre avec lui, la perd de même. Il s’habitue à je ne sais quelle discipline qui satisfait, à la fois, sa paresse et son ambition. Il vit par une ou deux individualités qui le remorquent.

(Germinal)

Bijou

d’Hautel, 1808 : Mon bijou. Nom flatteur et carressant dont on se sert en parlant à un enfant.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, pour l’homme ; le membre viril, pour la femme, — deux choses précieuses.

Qu’il soit pauvre, avare ou brutal
Un père du moins donne à sa fille
Pour en jouir, soit bien, soit mal,
Un petit bijou de famille.

(É. Debraux)

Non, je l’avoue ; aussi je te rends grâce,
Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou.

(Vadé)

Répondez-moi, tendres amis des dames,
Si vous me manquiez du plus beau des bijoux.
Par quels moyens, hélàs ! leur plairiez-vous ?

(E.T. Simon)

Delvau, 1866 : s. m. Ornement particulier, — dans l’argot des francs-maçons. Bijou de loge. Celui qui se porte au côté gauche. Bijou de l’ordre. L’équerre attachée au cordon du Vénérable, le niveau attaché au cordon du premier surveillant, et la perpendiculaire attachée au cordon du second surveillant.

Fustier, 1889 : Nom donné, par antiphrase, chez les restaurateurs de Paris, à toutes les dessertes des plats et des assiettes ; c’est le profit des laveurs de vaisselle.

(Journal des Débats, 1876, cité par Littré.)

France, 1907 : Décoration de loge maçonnique. Nom donné dans les restaurants de Paris aux dessertes des tables, profit des laveurs de vaisselle (ceux qu’on appelle plongeurs) quand on ne le sert pas de nouveau aux clients.

Bouchon d’évier

Rigaud, 1881 : Souillon de cuisine, laveuse de vaisselle.

Cuistre

d’Hautel, 1808 : Au propre, laveur de vaisselle ; ouvrier chargé des plus bas détails de la cuisine. Au figuré, homme sale et dégoûtant, d’une ignorance grossière.
Fait comme un cuistre. Mal vêtu ; malproprement habillé.

Défalquer

anon., 1827 : Ch.

Bras-de-Fer, 1829 : Ch….

Halbert, 1849 : Ch…. Déponner. Id.

Rigaud, 1881 : Faire ses nécessités, — dans l’ancien argot.

France, 1907 : Faire ses besoins ; éliminer.

— Ah ! le maudit animal ! Il dévastait les plates-bandes, déterrait les semis, détruisait les jeunes pousses, grimpait dans les chambres, arrachait les rideaux, aiguisait ses griffes sur les meubles, déchirait la tapisserie, cassait la vaisselle, crevait le paravent, et, de temps à autre, pour varier la série de ses méfaits, défalquait sous le lit de M. le curé !

(Hector France, Les Cent curés paillards)

Éméché (être)

Virmaître, 1894 : N’avoir pas assez bu pour être pochard mais suffisamment pour avoir une légère pointe ; être allumé. Allusion à la rougeur du visage (Argot du peuple).

France, 1907 : Être gris.

L’artiste voulant croquer sur le vif un de ces types qu’il a rendus célèbres, alla au Vieux-Chêne, mais auparavant, après un diner largement arrosé, il fit de nombreuses stations dans différents cafés et, comme il adorait le champagne et que La rue Mouffetard est loin du boulevard Clichy, il arriva absolument éméché.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Zinque, joliment éméché aussi, avait roupillé à midi pendant une demi-heure. Puis on avait rigolé à dire des blagues, et comme elle insistait pour savoir quelles blagues, il eut une pudeur. Pour ça non, c’était des choses qui se disent entre hommes, mais que les femmes ne doivent pas entendre.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

Quand je rentrais le soir un peu… éméchée, il arrivait, il me flairait avec ses moustaches hérissées, et comme il n’aimait pas l’odeur de la boisson, je ne le voyais plus pendant deux jours… sans doute que je lui avais collé une beigne un soir d’absinthe, mais quand il me sentait à jeun… Ah ! alors c’était la grande rigolade !… il était si content qu’il grimpait dans les rideaux. Et qu’il dégringolait en cassant des cuvettes !… M’en a-t-il coûté de la vaisselle !

(Louise France, Gil Blas)

Graillon

d’Hautel, 1808 : Au propre, excrétion de la poitrine ; au figuré, vieux restes de viande ; chiffons ; frivolités.
Sentir le graillon. Répandre une odeur de viande, ou de graisse brûlée.

Delvau, 1866 : s. f. Servante malpropre, cuisinière peu appétissante. Argot du peuple. On dit aussi Marie-Graillon.

Virmaître, 1894 : Cuisinière, laveuse de vaisselle. Fille sale qui pue la mauvaise graisse (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Mauvais cuisinier. La ménagère qui lave son linge est aussi un graillon.

France, 1907 : Crachat, de gratillon ; ce que l’on gratte au fond d’une marmite.

France, 1907 : Femme malpropre, souillon, laveuse de vaisselle.

Laver la vaisselle

Virmaître, 1894 : V. Descendre à la crémerie.

France, 1907 : Même sens que descendre à la crèmerie.

Marque de la vaisselle

Delvau, 1864 : Le membre viril, — avec lequel nous poinçonnons à notre chiffre le vagin des femmes, qui cependant n’a pas besoin de cela pour être trouvé de bon aloi et pour circuler de main en main.

Officier

d’Hautel, 1808 : Il officie bien à table. Pour, c’est un bon convive, un bon vivant, un homme de bon appétit, qui tient un rang distingué à table.

d’Hautel, 1808 : Officier de la manicle. Filou, fripon, coupeur de bourses.

Delvau, 1866 : s. m. Garçon d’office, — dans l’argot des limonadiers.

Rigaud, 1881 : « Tous les jolis bonbons glacés ou en sucre candi, exposés aux étalages des marchands confiseurs, sont l’ouvrage des officiers. »

(P. Vinçard, les Ouvriers de Paris)

Rigaud, 1881 : Garçon d’office dans un café. Il fait chauffer le café, prépare les grogs et souvent lave la vaisselle.

Rossignol, 1901 : Celui qui rince les verres dans les cafés et restaurants.

France, 1907 : Garçon d’office ; argot des domestiques.

Orbatteur

France, 1907 : Batteur d’or : vieux mot.

Nuls changeurs, orfèvres, orbateurs, ne autres, ne soit si hardi de faire ne ouvrer, ne faire orbaterie, vaisselle ne vaisseaux d’argent.

(Ordonnances royales)

Papillon d’auberge

Rigaud, 1881 : Linge, vaisselle, batterie de cuisine. — M. Fr. Michel ne donne pas à cette expression de signification normale. M. Ch. Nisard traduit par coups de poing, soufflet, s’appuyant sur l’autorité de quatre vers également cités par M. Fr. Michel et tirés des Porcherons, ch. III. (Amusemens rapsodi-poêtiques, 1773)

Bientôt, au défaut de flamberges
Volent les « papillons d’auberges » ;
On s’accueille à grands coups de poing
Sur le nez et sur le grouin.

M. Ch. Nisard a pu mal interpréter l’expression « papillon d’auberge » en lui donnant le sens de soufflet, coups de poing. En argot papillon correspond à linge. Papillon d’auberge serait donc linge d’auberge et, par extension, tout ce qui se rapporte à la table.

La Rue, 1894 : Assiette.

France, 1907 : Assiette ; appelée ainsi parce que, dans les disputes d’auberge, elles volent à la tête des convives.

Bientôt, à défaut de flamberges,
Volent les papillons d’auberges ;
On s’accueille à grands coups de poing
Sur le nez et sur le grouin.

(Les Porcherons)

On appelle aussi de ce nom le linge de table.

Piaule

M.D., 1844 : Maison.

Halbert, 1849 : Chambre, taverne.

Virmaître, 1894 : La maison.
— Y a pas, faut rappliquer à la piaule de la dabe, sans ça pas de boulottage à la clé.
Pourquoi piaule ? Delvau dit que c’est une allusion aux nombreux enfants qui piaillent dans la maison. Ne serait-ce pas plutôt à cause du pieu (lit) dont par déformation on a fait piaule ? C’est plus que probable (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Maison.

France, 1907 : Maison, chambre, logis ; argot populacier. On écrit aussi piole.

Où aller ? Se rentrer à la piaule ? Non, il a peur d’être seul… Il a vagabondé… attiré par la boustifaille, comme les mouches par la lumière, il est venu s’affaler à la porte d’un restaurant.
Du sous-sol l’odeur du frichti monte, il entend les bruits de la vaisselle, les rigolades des boustifailleurs…
Il n’en peut plus, le pauvre bougre ; les jambes coupées par la famine, il s’avachit sur le trottoir.

(Le Père Peinard)

anon., 1907 : Chambre.

Piquer un arlequin

France, 1907 : Prendre au hasard de la fourchette un morceau quelconque, côtelette ou tête de poisson. L’arlequin est un plat composé de rogatons de toutes sortes, restes des assiettes des clients des restaurants et que les laveurs de vaisselle vendent par seaux à des gargotiers de misérables. « On y trouve de tout, dit Privat d’Anglemont, depuis le poulet truffé et le gibier, jusqu’au bœuf aux choux. » Chaque coup de fourchette dans la marmite, quel que soit le morceau qu’on ramène, coûtait autrefois un sou. Il est probable que depuis la cherté des vivres le prix est augmenté.

Notre littérature a pris le goût des ragoûts épicés, et nous sommes de ces civilisés qui trouvent un plaisir exquis à aller piquer un arlequin dans un bouge.

(Nestor, Gil Blas)

Plongeur

Larchey, 1865 : Misérable, déguenillé (Vidocq). — Allusion au costume primitif du plongeur. V. Paffe.

Delvau, 1866 : adj. et s. Homme misérable, déguenillé, — dans l’argot des voleurs. Celui qui lave la vaisselle, — dans l’argot des cuisiniers.

Rigaud, 1881 : Pauvre, misérable, — dans le jargon des voleurs. — Laveur de vaisselle, — dans l’argot des limonadiers et des restaurateurs.

La Rue, 1894 : Misérable, gueux.

Rossignol, 1901 : Employé qui, dans les cuisines de restaurants, lave la vaisselle.

France, 1907 : Garçon de vaisselle d’un café ou d’un restaurant.

Comment, au prix de quels efforts et de quelle patiente industrie, a-t-il pu, d’abord plongeur, chasseur peut-être, gravir un par un les degrés d’une jalouse hiérarchie, conquérir la veste courte et ceindre le tablier blanc ? Comment son ardente ambition a-t-elle, en six ans, parcouru la distance énorme qui sépare un honorable café de province d’un grand café des boulevards ?

(Paul Arène)

France, 1907 : Misérable, gueux déguenillé ; argot des voleurs.

Pousser une selle

France, 1907 : Faire ses besoins. On dit aussi pousser son rond, pousser sa moulure.

Toi qui déjeunes sans vaisselle,
Avec du pain noir pour gâteau,
Bon moissonneur, pousse une selle
Dans la plaine ou sur le coteau.
Ton maître y trouve son affaire :
Ses terrains en sont engraissés !
Jamais tu n’en pourras trop faire,
Tu n’en feras jamais assez !

(Jules Jouy)

Purger la vaisselle

Rigaud, 1881 : Faire les sauces claires et mauvaises.

P’t’êt’ ben que je purgerais encore la vaisselle.

(Mars et Raban, Les Cuisinières, 1837)

Quarante-cinq

Larchey, 1865 : « Bon ! quarante-cinq à quinze ! » — Exclamation proverbiale toutes les fois qu’on voit briser beaucoup de verre ou de vaisselle. Signifie sans doute : quarante-cinq pièces à quinze sous. V. d’Hautel 1808.

France, 1907 : Imbécile ; vilain personnage.

L’expression, dit Alfred Delvau, date de 1833 ; elle à été inventée par quatre artistes et mise à la mode par eux. Toutes les fois qu’un de ces artistes passait devant une de ces bonnes têtes de bourgeois qui annoncent le contentement de soi et l’absence complète de toute intelligence, — ou devant l’un de ces ivrognes à la Daumier dont il semble que les vêtements eux-mêmes se soient livrés à la boisson, tant ils sont fangeux, — ou devant tout autre type grotesque du trottoir, il se découvrait en disant : « Je te salue, Quarante-cinq ! »
Maintenant, ajoute Delvau, pourquoi 45 et non pas 25 ou 105 ou n’importe quel autre chiffre ? Je n’en sais rien, et, de leur propre aveu, les artistes en question n’en savent rien eux-mêmes.

C’est simplement à titre de curiosité que nous donnons cette expression et l’explication de l’auteur de la Langue Verte, car elle est tombée en désuétude, n’ayant d’ailleurs pas le sens commun.

Quibus

d’Hautel, 1808 : Du quibus. Pour dire des espèces, de l’argent monnoyé.

Larchey, 1865 : « Il a du quibus, c’est à dire des écus, de quibus fiunt omnia. »

(Le Duchat, 1738)

Delvau, 1866 : s. m. Argent, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Argent.

Vlà qu’un jour que le quibus répondait à l’appel, je dis à Manon la noceuse…

(Charrin, Une nuit bachique, chans.)

La Rue, 1894 : Argent.

France, 1907 : Argent. D’après Ch. Nisard, quibus serait une corruption du bas latin cuignus, type auquel on frappait la monnaie.

Qui a de quoy tousjours est honoré
De toute gent en chascune saison ;
Car devant tous il sera préféré ;
Sans de quibus, il va à reculon.

(Le Débat de l’homme et de l’argent)

Voici les différentes expressions argotiques pour désigner le « vil métal » : des achetoires, de l’affure, de l’artiche, de l’as, de l’atout, de l’auber, — du bath, du beurre, des billes, de la bougie, de da braise, — du carle, du carme, du cé, de ce qui se pousse, du cercle, — de la dole, de la douille, — des faces, du foin, — de la galette, du gallos, de la galtouze, du gras, du graissage, de la graisse, — de l’huile, de l’huile de main, — des jaunets — du métal, de la miche de profondes, du michon, des monacos, des monnerons, de la mornifle, des mouscaillons, — du nerf, des noyaux, — de l’oignon, de l’oignon pèse, de l’onguent, de l’os, de l’oseille, — des patards, de la pécune, des pépettes, des pépins, du pèze, des pedzoles, des picaillons, des piestos, du plâtre, des plombes, des pimpoins, du pognon, du pouiffe, du poussier, — du quantum, du de quoi, — du radin, des radis, des rouscaillons, — du sable, de la sauvette, du sine qua non, du sit nomen, des soldats, des sonnettes, des sous, — de la vaisselle de poche, — du zing, des zozottes.

Rincer

d’Hautel, 1808 : Il a été bien rincé. Pour dire, bien mouillé ; il a reçu toute la pluie.
On se sert aussi de cette locution pour dire que quelqu’un a été vivement réprimandé ; qu’il a reçu quelque mauvais traitement.

Ansiaume, 1821 : Faire des dupes.

Je suis rincé, on a déplanqué ma camelotte.

anon., 1827 : Voler.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Voler. Rincer la cambriole, voler tout ce qui se trouve dans une chambre.

Bras-de-Fer, 1829 : Dévaliser, voler.

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler.

Halbert, 1849 : Voler.

Larchey, 1865 : Battre.

Un général, fût-il un prince, Fond sur l’ennemi et vous le rince.

(Favart, — 1750)

Tu m’as rincé, et personne ne peut se vanter de me mettre le pied sur la tête.

(E. Sue)

Larchey, 1865 : Dévaliser.

Des malfaiteurs crurent pouvoir rincer la caisse du juif.

(Balzac)

Delvau, 1866 : v. a. Battre, donner des coups. Signifie aussi Gagner quelqu’un au jeu.

Delvau, 1866 : v. a. Dévaliser, nettoyer, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Dépouiller ; voler.

La Rue, 1894 : Battre. Dépouiller, voler. Ruiner.

Rossignol, 1901 : Payer à boire. —

Nous avons soif, tu devrais bien nous rincer.

France, 1907 : Battre.

Nos officiers dans la bataille
Sont pêle-mêle avec nous tous :
Il n’en est point qui ne nous vaille,
Et les premiers ils sont aux coups.
Un général, fût-il un prince,
Des grenadiers se met au rang.
Et r’li, et r’lan,
Fond sur l’s enn’mis et vous les rince,
Relan tamplan, tambour battant.

(Favart)

France, 1907 : Dépouiller, piller. Rincer la cambriole, dévaliser une chambre, un appartement.

— Un immeuble à rincer sur le chemin de Chatou. Maison de maître dans le chic des chics, vaisselle plate dans les armoires, valeur de toute espèce dans les tiroirs des meubles. Sans compter les glaces, les pendules, les tableaux et les bibelots, qu’il n’y a qu’à se baisser pour en prendre.

(Paul Mahalin, Les Monstres de Paris)

Souillard

France, 1907 : Laveur de vaisselle, aide de cuisine. Vieux français.

Si l’on en croit la tradition, certains pédants ne trouvant pas toujours le mot propre, farcissent leur latin de mots dérobés à celui des marmitons et des souillards…

(Charles Nisard, Curiosités de l’étymologie)

France, 1907 : Trou percé dans une pierre pour livrer passage aux eaux sales.

Tout

d’Hautel, 1808 : C’est le tout-tout, le petit chien de madame. Phrase facétieuse et triviale, pour dire, que c’est le reste, la totalité d’une chose. Par allusion avec le mot toutou, nom que les enfans donnent aux chiens.
Tout plein. Expression vicieuse pour dire beaucoup, extrêmement, abondamment.
À tout seigneur tout honneur. Se dit lorsqu’on rend les premiers honneurs à qui ils sont dus.
Il fourre son nez partout. Se dit d’un homme indiscret, importun, qui s’entremêle dans toutes les affaires.
Tout fait ventre. Se dit en plaisantant de quelqu’un qui ne se montre pas délicat sur le manger.

France, 1907 : (Prononcez taout). On appelle ainsi, dans le monde des courses, une sorte d’espion généralement très bien renseigné et qui vend ses tuyaux aux parieurs et aux entraîneurs.

Ancien laveur de vaisselle ou ex-frotteur des appartements du château de Chantilly, le tout ou espion est une sorte de champignon spécial aux grands centres d’entraînement ; son métier consiste à lutter de ruses avec les propriétaires et les entraîneurs ; caché derrière les haies, grimpé sur les arbres, déguisé en paysan, il vient surveiller les salops des chevaux entraînés pour les grandes courses.

(F. Laffon, Le Monde des courses)

Transvaalique

France, 1907 : Qui appartient au Transvaal.

Un autre personnage, transvaalique et formidable, ayant l’habitude de la médianoche, dégoûté de tout ce que le génie de vingt maîtres-queux inventait pour réveiller son goût emoussé et blasé, flanquait régulièrement à la porte, entre minuit et deux heures du matin, ses officiers de bouche éminents et désemparés. Une nuit, une pauvre maritorne, employée à la vaisselle, lui confectionne une soupe, mais quelle soupe, la soupe aux poireaux et aux pommes de terre ! Le milliardaire la dévore, mugit de joie et en redemande. Mais la maritorne était partie, congédiée par le Carême indigné, et jamais plus, ni pour or, ni pour argent, ni par douceur, ni par violence, l’infortuné Crésus n’a mangé une autre soupe comme celle-là. Il n’est pas assez riche, ou il l’est trop. C’est ce que Banville voulait dire.

(Émile Bergerat)

Vaisselle

d’Hautel, 1808 : Remuer la vaisselle. Exécuter quelqu’un par autorité de justice.
Prenez garde à votre vaisselle. C’est-à-dire, prenez garde à vous ; examinez bien ce que vous ferez dans cette affaire.

Merlin, 1888 : Décorations. — Lorsqu’un vieux soldat se met en grande tenue et porte toutes ses décorations, les loustics prétendent qu’il met sa vaisselle à l’air.

France, 1907 : Décorations ; argot populaire. Étaler sa vaisselle, porter toutes ses décorations. On dit aussi batterie de cuisine.

Vaisselle de poche

Delvau, 1864 : L’argent nécessaire en amour — la braise avec laquelle on chauffe les femmes.

Il a son charme, le métier de mac, surtout au point d’vue d’ la vaisselle de poche.

(Lemercier de Neuville)

À des pouilleux si tu t’accroches,
Rappelle-toi qu’il t’en cuira
Car l’amour sans vaisselle de poches,
C’est du caca.

(É. Debraux)

Larchey, 1865 : Argent. — On ne peut pas manger sans celle-là.

L’amour sans vaisselle de poche,
C’est du caca.

(Debraux, 1832)

Delvau, 1866 : s. f. Argent, monnaie, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Argent.

Virmaître, 1894 : C’est une vaisselle que les ouvriers aiment bien à casser, surtout les jours de Sainte-Flemme (Argot du peuple).

France, 1907 : Argent. Vaisselle aussi rare pour la majorité du genre humain que sont nombreuses les différentes appellations qui la désignent. Nous les réunissons ici : Achetoires, beurre, bille, braise, carle, cercle, cigale, cuivre, dale, douille, face, galette, gau, graisse, huile, jaunet, médaille, métal, mitraille, monacos, monarque, noyaux, pétard, pèse, philippe, picaillon, pimpiou, quantum, quibus, rond, roue de derrière, roue de devant, sit nomen, sine qua non, thune.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique