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Action fréquente (l’)

Delvau, 1864 : La fouterie, qui est la chose que l’on fait le plus souvent quand on est jeune, vigoureux et bien membré.

Il concède indulgence plénière à tous les religieux de l’ordre de nature, de corps véreux que la débilité de l’âge ou l’action fréquente causera.

(Mililot)

Antony

Larchey, 1865 : « En 1831, après les succès d’Antony, les salons parisiens furent tout à coup inondés de jeunes hommes pâles et blêmes, aux longs cheveux noirs, à la charpente osseuse, aux sourcils épais, à la parole caverneuse, à la physionomie hagarde et désolée… de bonnes âmes, s’inquiétant de leur air quasi cadavéreux, leur posaient cette question bourgeoisement affectueuse : « Qu’avez-vous donc ? » À quoi ils répondaient en passant la main sur leur front : « J’ai la fièvre. » — Ces jeunes hommes étaient des Antonys. »

(Ed. Lemoine)

Delvau, 1866 : s. m. Un nom d’homme qui est devenu un type, celui des faux poitrinaires et des poètes incompris.

Cession de pari

France, 1907 : Genre d’escroquerie par laquelle le filou prétend avoir fait un pari sur le favori dans des conditions avantageuses et cède à un naïf son cheval au comptant.

Les lads et les bookmakers ne sont point les seuls escrocs dangereux sur les champs de courses : il est bon de redouter aussi les gentlemen pratiquant la cession de pari et ils sont nombreux ! Nous connaissons maint Anglais véreux dont cette escroquerie est le seul moyen d’existence.

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on flibuste)

Fauconnier

Fustier, 1889 : ou mieux Grec Fauconnier. Grec qui taille des banques pour le compte d’un gérant ou d’un président de cercle véreux.

France, 1907 : Associé d’un tripot.

Mario, mariole, mariolle

France, 1907 : Malin, rusé. Les écrivains qui emploient ce mot ne se sont pas encore entendus sur son orthographe.

Il y a deux camps parmi les petits colons, deux camps ennemis.
Le pante, en argot ordinaire, c’est la dupe, la victime. Le mariolle, c’est le malin, celui qui sait se tirer d’affaire. Donc, à la Colonie, le pante et le mariolle sont tout simplement le bon et le mauvais sujet. Le pante, flétri de ce nom par les autres comme d’un ridicule et d’une infamie, se soumet sans résistance à la dure discipline, tâche de faire de son mieux, est laborieux et obéissant. Il est rare ; et, parfois, il faut le dire, le pante n’est qu’un hypocrite, qui fuit le chien couchant auprès des gardiens, dénonce et trahit ses camarades…
Quant aux mariolles, ce sont les indomptables, les incorrigibles. Pareils aux fruits véreux que l’entassement achève de corrompre, ils sont entrés vicieux dans le bagne ; ils en sortiront scélérats. C’est l’histoire de presque tous ces malheureux enfants, et c’est la condamnation de l’absurde régime de promiscuité qu’on leur impose. Les pénitenciers d’enfants sont des pépinières de voleurs et d’assassins. On les enferme, pendant de longues années, avec l’espoir — oh ! bien faible — de les amender ; puis, un beau jour, on les lâche, exaspérés contre le sort, perfectionnés dans le mal, mûrs pour le crime.

(François Coppée, Le Coupable)

Toujours le même fourbi : se dispenser d’agir et croire à une intervention supérieure et extra-humaine.
Et donc, il n’y eut rien de changé : les prêtres de l’État remplacèrent les représentants de Dieu. À leur tour, ces birbes-là bénéficièrent de la nigauderie populaire, vivant bien et tirant riche profit des préjugés et de l’ignorance.
Or, de même que, dans le cours de la kyrielle de siècles que l’humanité a égrenés, les hommes avaient changé de Dieu, — croyant tomber sur le vrai, — le seul, l’unique — assez mariol pour faire leur bonheur ;
De même, quand ils eurent changé d’idolâtrie, remplace la croyance en Dieu par la superstition de l’État, ils changèrent de « forme » gouvernementale, comme ils avaient souvent changé de « forme » divine.

(Le Père Peinard)

I’s aurons beau fair’ leur mariole
Sous prétesque qu’i’s ont l’pognon,
J’en ai soupé, moi, d’leur sal’ fiole.
En attendant d’leur fout’ des gnons
Sur la gueul’, j’vais crier c’que j’pense !
Tant que l’populo sommeill’ra,
J’emmerd’rai les ceuss’ qu’a d’la panse ;
Et l’jour d’la révoltes on verra.

(Aristide Bruant)

Mercadet

Larchey, 1865 : Faiseur. V. ce mot.

Delvau, 1866 : s. m. Nom d’un personnage de Balzac qui est devenu celui de tous les brasseurs d’affaires véreuses, de tous les pêcheurs de goujons en eau trouble.

France, 1907 : Tripoteur d’affaires, agioteur adroit, banquier véreux. C’est le nom d’un personnage de Balzac dont d’Ennery arrangea une pièce, Mercadet le faiseur, jouée au Gymnase le 9 septembre 1851. Les mercadets deviennent de plus en plus nombreux de nos jours ; ils encombrent le Sénat, la Chambre. On les trouve partout.

Payer les pots cassés

France, 1907 : Pâtir pour les fautes d’autrui.

J’ai faim, disait ventre creux
Devenu sceptique,
Je suis las des fruits véreux
De la politique,
Tiens ! je paie assez
Les vieux pots cassés.
Les partis
Sont petits.
Chacun a sa bande.
J’aime mieux la viande !

(Eugène Pottier, Chansons révolutionnaires)

Pévéreux

d’Hautel, 1808 : Pour, pédant, homme fier, hautain, orgueilleux.
Il fait son pévéreux. Pour, il fait le précieux, l’important.

Pieds humides

France, 1907 : Sobriquet donné à une bande d’agioteurs véreux pour la plupart qui s’agitent, végètent et tripotent autour de la Bourse, pieds humides, parce qu’ils sont généralement boueux et crottés. Ils se livrent au commerce bizarre de titres tombés en défaveur, d’actions de sociétés en déconfiture.
Certaines de ces valeurs sont cotées quarante sous et sont achetées par des escrocs de haut vol, qui en bourrent leurs portefeuilles, des faiseurs qui en garnissent leurs coffres-forts vides, afin d’éblouir M. Gogo. D’autres de ces papiers à vignettes ne valent plus un sou, ainsi les chemins de fer d’intérêt local en faillite. C’est à l’aide de ces valeurs qu’un certain nombre de Pieds humides, réunis en une sorte de syndicat, parviennent à faire des dupes. Ils font courir le bruit que les dites sociétés se relèvent, que des commandites sont fournies, et envoient des rabatteurs dans les cafés, sur les boulevards, qui amènent au jardin de la Bourse des gogos aux yeux desquels ils font miroiter des bénéfices exorbitants avec toutes sortes de chiffres et de preuves à l’appui.

Rat de palais

Virmaître, 1894 : Clerc d’huissier qui attend les malheureux avant l’audience des référés pour accrocher une pièce de cent sous. Hommes d’affaires véreux qui passent leur existence dans la salle des Pas-Perdus à la recherche d’un imbécile. Rat de palais, en un mot tous les rongeurs qui rongent les plaideurs (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Homme d’affaires véreux qui erre dans la salle des Pas-Perdus à la recherche de dupes. Clerc d’huissier.

Tutti quanti

France, 1907 : Tant d’autres ; tous ceux qui sont tels. Italianisme.

Les financiers véreux, agents de change, banquiers et tutti quanti de la haute flibuste, malgré leurs nombreux démêlés avec la justice, ont su se garder, dans le monde du vice, une situation à part. Ils ont trouvé le moyen de n’être désignés, spécialement, par aucun terme d’argot…

(Hogier-Grison, Les Hommes de proie)

Véreux

d’Hautel, 1808 : Un cas véreux. Pour dire une mauvaise affaire.
On dit aussi d’une personne suspecte, d’une mauvaise créance, qu’elle est véreuse.

Rigaud, 1881 : Individu sous la surveillance de la haute police, — dans le jargon des voleurs.

France, 1907 : Fripon ; homme dont la probité laisse à désirer. Agence véreuse, agence de filous, de tripoteurs.

… Un de ces financiers qu’on appelle « habiles » quand leurs affaires vont bien, « véreux » quand elles périclitent, et « fripouilles » quand ils ont sauté.

(Henry Fouquier)

Véreux (chignon)

Rigaud, 1881 : Fausse natte, faux chignon grossièrement fabriqué.

Véreux, se

Delvau, 1866 : adj. Homme d’une probité douteuse ; chose d’une honnêteté problématique.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique