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Bartholo

France, 1907 : Surveillant vieux et jaloux ; nom tiré d’un tuteur incommode de la pièce de Beaumarchais, Le Barbier de Séville.

Cambronne

France, 1907 : On connaît le mot que Victor Hugo, dans les Misérables, attribue au colonel Cambronne, à la bataille de Waterloo. Beaucoup de gens l’admirent, mais nous lui préférons la riposte que lui prête l’histoire : « La garde meurt et ne se rend pas ! »

Le général Mellinet avait eu pour tuteur le colonel Cambronne : à sa demande s’il avait dit le mot en question, Cambronne aurait répondu : Je n’ai jamais crié le mot que l’on m’attribue : Merde ! mais bien : « Grenadiers, en avant ! »
Antoine Deleau, adjoint au maire de Vicq, ancien grenadier, témoin oculaire et auriculaire, a donné une autre version :
… Entre deux décharges, le général anglais nous cria : « Grenadiers, rendez-vous ! » Cambronne répondit (je l’ai parfaitement entendu, ainsi que tous mes camarades) : « La garde meurt et ne se rend pas ! — Feu ! » dit immédiatement le général anglais.
Nous serrâmes le carré et nous ripostâmes avec nos fusils. — « Grenadiers, rendez-vous, vous serez traités comme les premiers soldats du monde ! » reprit d’une voix affectée le général anglais. — « La garde meurt et ne se rend pas ! » répondit encore Cambronne, et, sur toute la ligne, les officiers et soldats répétèrent avec lui : « La garde meurt et ne se rend pas ! » Je me souviens parfaitement de l’avoir dit comme les autres… Je déclare donc avoir entendu à deux reprises : « La garde meurt et ne se rend pas ! » et ne lui avoir pas entendu dire autre chose.

(Intermédiaire des chercheurs et curieux)

Comble

France, 1907 : Quelque chose d’outré, le nec plus ultra d’un défaut, d’un vice. C’est un jeu de mots qui se fait par des appositions d’idées tout à fait inattendues.
Le comble de la distraction est, en sortant de table, au lieu de s’essuyer la bouche, d’essuyer le derrière de sa voisine.
Le comble de l’embarras pour un tuteur ? Avoir une pupille qui lui tape dans l’œil.
Le comble du zèle pour un sergent de ville ? Arrêter sa montre et la mettre au clou.

Aujourd’hui, tout ce qui n’est pas un comble est l’exception.

(Dr Grégoire, Turlutaines)

Corbeau

d’Hautel, 1808 : On donne ordinairement ce nom à ceux qui ont charge d’enterrer les morts ; et généralement aux personnes qui, par état, sont obligées d’être vêtues en noir.
Les corbeaux étoient ce matin chez lui. Pour dire les huissiers, les sergens, etc.

Larchey, 1865 : Frère de la doctrine chrétienne. — Allusion aux longues robes noires de cet ordre.

Delvau, 1866 : s. m. Employé des pompes funèbres, — dans le même argot [des faubouriens].

Delvau, 1866 : s. m. Frère de la Doctrine chrétienne, — dans l’argot des faubouriens, qui ont été frappés de l’analogie d’allures qu’il y a entre ces honnêtes instituteurs de l’enfance et l’oiseau du prophète Elie.

Rigaud, 1881 : « On appelait, autrefois, de ce nom ceux qui, en temps de peste, cherchaient les corps morts pour les enterrer, qui ensuite nettoyaient les maisons infectées de cette maladie. » (Le Roux, Dict. comique.) Aujourd’hui les porteurs des pompes funèbres ont hérité de ce sobriquet.

Rigaud, 1881 : Prêtre. — Allusion à la couleur noire de la robe.

Virmaître, 1894 : Frère ignorantin. Quand les gamins rencontrent un frère, ils crient : Couac ! Couac ! imitant le croassement du corbeau (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Frère ignorantin.

France, 1907 : Frère de la Dioctrine chrétienne, prêtre, tout ce qui porte soutane. Ce sobriquet est également donné aux croque-morts.

Nègre de Mac-Mahon (faire comme le)

France, 1907 : Continuer. Cette expression, qui date du mac-mahonnat, vient d’une anecdote facétieuse où l’on fait jouer un rôle ridicule au maréchal. Étant venu visiter l’École de Saint-Cyr, le général commandant l’école lui parla incidemment d’un jeune nègre natif de la Martinique qui se distinguait entre tous par sa conduite et son travail. Quelques instants après, le maréchal passa les élèves en revue et s’arrêta devant le jeune homme de race noire :
— Ah ! c’est vous le nègre ?
— Oui, Monsieur le maréchal.
— Eh bien ! mon ami, continuez… à donner de la satisfaction à vos chefs.
Le mot fut répété, mais où tronqua la phrase, en en supprimant la seconde partie, de sorte qu’il ne resta plus que : « Eh bien ! mon ami, continuez ! » c’est-à-dire : continuez à être nègre.

Le héros du livre de Darien (Le Voleur) est un petit monsieur qui a été volé par son tuteur. Furieux de ne pouvoir lui faire rendre gorge, il se promet de se venger et commence par voler quelques centaines de mille francs au fiancé de sa cousine.
Cela n’est déjà pas trop mal, seulement, selon le mot de Descaves, dans sa pièce La Cage, il faut avoir déjà des moyens pour tenter des coups semblables. Quoi qu’il en soit, mis en goût par son coup d’essai, il fait comme le nègre de Mac-Mahon, il continue, et, chemin faisant, rencontre toutes sortes de gens dont la principale occupation est de voler…

(Jean Grave, Les Temps Nouveaux)

Quête des œufs

France, 1907 : On appelait ainsi, dans le Midi, la coutume qu’avaient les enfants des villages d’aller de maison en maison, à l’approche de Pâques, quêter des œufs pour l’instituteur. Cette coutume est tombée en désuétude depuis l’amélioration du sort des instituteurs.

Tuteur

France, 1907 : Souteneur, protecteur d’une fille.

Le « Bal Duvert » fut jadis en grande réputation parmi le monde interlope des barrières ; depuis vingt ans il était devenu le rendez-vous de prédilection de tous les tuteurs et de toutes les filles de bas étage qui y pullulaient : des poings d’hercule, une grande adresse dans l’art de suriner un homme sans le faire crier, une connaissance approfondie de l’argot donnaient seuls droit à l’affection des femmes de l’endroit et au respect des habitués.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Vidé

France, 1907 : Débauché qui a usé et abusé de la vie ; qui s’est ruiné dans les excès le corps et le cerveau.

— De deux choses l’une, Éliane, car j’y songe souvent et le dilemme me tracasse, au moins comme tuteur, ou celui que tu prendras sera riche, ou il sera pauvre. S’il est riche, et, pour l’être en ce cas, il faut que sa fortune équivaille à la tienne, c’est d’avance et sûrement un crétin, un vidé où une canaille !… Donc, ou il t’assommera, ou il te fera des enfants phtisiques, ou il te tuinera ! Oh ! quelle belle société que la ploutocratique !… S’il est pauvre, c’est un lâche en cinq lettres ! On ne s’empare pas, sans être tel, sous prétexte d’amour, d’un sac de trois cents millions.

(Émile Bergerat, Le Chèque)


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