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Coup de fion (donner le)

France, 1907 : Terminer un ouvrage, le parachever, lui donner du chic, du brillant.

On ressangle les chevaux, on arrange les paquetages et les turbans, on époussette ses bottes, on retrousse ses moustaches et l’on drape majestueusement les plis de son burnous. On se donne enfin le coup de fion.

(Hector France, L’Homme qui tue)

Il faut beaucoup d’imagination pour varier les mets, leur donner le parfum d’agréable odeur qui saisit les narines du gourmet et stimule son appétit, pour connaître juste les quantité d’eau, de jus, d’aromates qu’il faut combiner en une habile mixture pour donner enfin à la sauce, — triomphe du vrai cuisinier, — ce que j’appellerai, en argot d’artiste, le coup de fion du maitre d’hôtel.

(Jeanne d’Antilly, Le Journal)

Culotter

Delvau, 1866 : v. n. Noircir, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce verbe spécialement à propos des pipes fumées.

Rigaud, 1881 : Noircir le fourneau d’une pipe selon les règles de l’art du fumeur.

… Sans vider le brûlot Chargez, chargez toujours sur le même culot. Fumez-le lentement, sans brutale secousse, Vous le verrez bientôt prendre une teinte rousse, Assombrir par degrés son cordon régulier, Jusqu’à ce que, formant un superbe collier, Il étale à la fois sa couleur blanche et noire, La culotte d’ébène et le turban d’ivoire.

(Paris-Fumeur.)

Éjaculer

Delvau, 1864 : Décharger son sperme, soit en baisant, soit en se masturbant.

Il y en a qu’on ne saurait faire taire et qui, quand ils éjaculent, en même temps ne peuvent s’empêcher de crier.

(Mililot)

Être heureux

Delvau, 1864 : Jouir en baisant ou en se masturbant, au moment où le sperme part sous l’action du frottement.

Tu vas te soulager, mon chéri, je te le promets ; le roi Louis-Philippe n’aura jamais été aussi heureux que tu vas l’être.

(Lemercier de Neuville)

La douleur qu’il éprouve est quelquefois bien grande ;
Mais il ne se plaint pas : il est heureux… il bande !

(Louis Protat)

Fion

d’Hautel, 1808 : Mot vulgaire dont le sens est fort borné, et qui équivaut à-peu-près à poli, retouche, le dernier soin que l’on donne à un ouvrage, afin de le perfectionner.
Il faut lui donner encore un petit fion. Pour il faut encore ajouter à cet ouvrage, quelqu’ornement, quelqu’embellissement pour qu’il soit parfait ; il faut y mettre la dernière main.

Larchey, 1865 : Élégance.

Un François enseignoit à des mains royales à faire des boutons, quand le bouton étoit fait, l’artiste disoit : À présent, Sire, il faut lui donner le fion. À quelques mois de là, ce mot revint dans la tête du roi ; il se mit à compulser tous les Dictionnaires françois, Richelet, Trévoux, Furetière, l’Académie françoise, et il n’y trouva pas le mot dont il cherchoit l’explication. Il appela un Neuchatelois qui était alors à sa cour, et lui dit : Dites-moi ce que c’est que le fion dans la langue françoise ? — Sire, reprit le Neuchatelois, le fion c’est la bonne grâce… Graves auteurs, graves penseurs, naturalistes, politiques. historiens, vous n’êtes pas dispensés de donner le fion à vos livres ; sans le fion vous ne serez pas lus. Le fion peut s’imprimer dans une page de métaphysique, comme dans un madrigal à Glycère. Académiciens qui parlez de goût, étudiez le fion, et placez ce mot dans votre Dictionnaire qui ne s’achève point.

(Mercier, 1783)

Delvau, 1866 : s. m. Dernière main mise à un ouvrage, — dans l’argot des ouvriers et des artistes. Coup de fion. Soins de propreté, et même de coquetterie.

Rigaud, 1881 : Élégance. — Coup de fion, dernier coup de main donné à un ouvrage.

Hayard, 1907 : Postérieur.

France, 1907 : Dernière main mise à un ouvrage. Donner le coup de fion, achever, parachever une œuvre.

C’est là qu’on se donne le coup de fion. On ressangle les chevaux, on arrange les paquetages et les turbans, on époussette ses bottes, on retrousse ses moustaches et on drape majestueusement les plis du burnous. Il s’agit de bien paraître et de faire noblement son entrée.

(Hector France, L’Homme qui tue)

Jeter le mouchoir

Delvau, 1864 : Choisir une fille, au bordel ou au bal et l’emmener coucher avec soi ; ou, si l’on est femme, faire comprendre à un homme qu’on bande pour lui et qu’on voudrait bien se le payer.

Jetez vous-même le mouchoir
Ou bien au sort il faudra voir
Dans le dortoir,
Qui pourra vaut échoir.

Delvau, 1866 : v. a. Distinguer une femme et lui faire agréer ses hommages et son cœur, — dans l’argot des vieux galantins.

France, 1907 : Arrêter son dévolu sur une femme. Allusion à la coutume des princes orientaux qui, dans leur harem., jetaient un foulard de soie à l’odalisque qu’ils choisissaient pour la nuit.
Il existe encore dans l’Inde et en Perse certaines tribus où les jeunes filles choisissent elles-mêmes leur mari, non pas en leur jetant le mouchoir, mais en envoyant une amie ou une suivante épingler son mouchoir au turban de l’homme qu’elle honore de sou choix. Celui-ci, de par les règles de la tribu, est obligé d’épouser celle qui le juge ainsi digne de son affection, à moins qu’il ne puisse prouver qu’il est trop pauvre pour trouver la somme exigée par le père de la jeune personne. Car, au contraire de chez nous où c’est la femme qui achète son mari, c’est le mari qui achète sa femme. Ces prétendus sauvages ont du bon.

Ainsi parlant, seul dans sa chambre,
Chaque matin, Monsieur Morgan
Balance de l’air d’un sultan
Son fin mouchoir parfumé d’ambre ;
Il sort tout radieux d’espoir,
Promène sa fadeur galante,
Frais et dispos rentre le soir,
Se fait un turban du mouchoir
Et tombe aux pieds de sa servante.

(Duault)

Soulager (se)

Delvau, 1864 : Dépenser son sperme en baisant une femme, ou en se masturbant, — ce qui allège d’autant les rognons. Pauvre chat ! Eh bien, tu vas te soulager, mon chéri, je te le promets.

(Lemercier de Neuville)

Delvau, 1866 : v. réfl. Meiere. Argot du peuple. Se dit aussi à propos de la fonction du plexus mésentérique.

Turban (valeur à)

Fustier, 1889 : Valeur turque.

Les valeurs à turban résistent difficilement.

(Presse, 1882)

Valeur à turban

France, 1907 : Valeur turque.

(Gustave Fustier)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique