Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Bigard

Halbert, 1849 : Trou.

Delvau, 1866 : s. m. Trou, — dans l’argot des voleurs. D’où Bigardée pour Trouée, Percée.

Rigaud, 1881 : Trou, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Trou.

France, 1907 : Trou, argot des voleurs ; d’où bigarder, pour trouer.

Botte de neuf jours

Larchey, 1865 : Botte percée. — Vidocq. — Calembour. Jour est pris pour trou, et une botte trouée ne passe guère la huitaine.
Botter : Convenir. — Mot à mot : aller comme une botte qui chausse bien.

J’aurai l’honneur de vous envoyer ma voiture à onze heures. — Ça me botte.

(Gavarni)

Faire un trou dans la lune ou à la lune

France, 1907 : Se sauver avec la caisse.
On disait autrefois : faire un trou à la nuit, métaphore prise des lieux clos, fermés de murailles, d’où l’on ne pouvait s’esquiver qu’en pratiquant un trou dans la porte ou dans le mur. On ouvrait ainsi une trouée à la nuit.
Didier Loubens donne de ce dicton une explication plus probante : « Autrefois le terme des contrats et des paiements était ordinairement fixé à la lune qui précède et détermine la fête de Pâques avec laquelle commençait l’année, sous la troisième race de nos rois jusqu’au reigne de Charles IX. C’est pour ce motif que les débiteurs qui ne payaient pas plus à l’échéance de la pleine lune que s’il n’eût pas été pleine lune, furent supposés faire une brèche ou un trou à la lune. »

Faubourg souffrant

Rigaud, 1881 : Arrondissement où réside la population indigente de Paris. Le douzième arrondissement avait primitivement reçu ce surnom.

France, 1907 : On appelait ainsi autrefois le quartier Saint-Marcel, à cause, disent les uns, de la misère qui y régnait et que font disparaître peu à peu les nouvelles trouées ; parce que prétendent les autres, c’est là que furent établies les premières fabriques d’allumettes soufrées.

Platventrer

France, 1907 : Être couché à plat ventre ; néologisme.

On grognait alentour. Il ne s’en émut pas. Sûr de sa force, la main au revolver, il était prêt à tuer ; les autres reculèrent, il restait le seul chef de la barricade ; un colonel, la peau trouée, platventrait au dehors ; le capitaine, le crâne ébréché, jurait dans un coin, délaissé, tamponnant sa blessure.
« Chacun pour soi ! »

(Maurice Montégut, Le Mur)

Trou (faire son)

Larchey, 1865 : Arriver à une bonne position. — Mot à mot : faire sa trouée dans la foule.

Rigaud, 1881 : Faire son chemin dans le monde.

France, 1907 : Faire sa situation, se caser, vivre tranquillement et confortablement.

— Pourquoi je ne suis pas resté à Paris ? Pourquoi je n’ai pas cherché, comme les autres camarades de la bande, à y faire mon trou ? Parce que j’ai senti que, dans ce trou, je m’y enterrerais. Parce que je me suis aperçu, un beau jour, que j’avais et que j’aurais de plus en plus Paris en horreur, à cause de son écœurante et annihilante banalité.

(Jean Richepin, Les Sœurs Moche)

Trouée

Vidocq, 1837 : s. f. — Dentelle.

Larchey, 1865 : Dentelle (Vidocq). La broderie fait trou.

Delvau, 1866 : s. f. Dentelle, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Dentelle, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Dentelle.

France, 1907 : Dentelle ; argot des voleurs.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique