Merlin, 1888 : Musicien qui joue du trombone à coulisse.
Avaleur de cuivre
Bruscambille
France, 1907 : Joyeux luron.
Pleurez, pierrots, bobèches, pitres !
Bruscambilles et margotons.
Et vous, Trombones et Pistons
Qui symphonisez sans pupitres.
(Jules Jouy)
Seringue
d’Hautel, 1808 : Chanter comme une seringue. Avoit la voix fausse et discordante.
Delvau, 1864 : La pine, avec laquelle l’homme donne a la femme un lavement de sperme — qui est le plus émollient de tous les lavements.
Il tire de sa pochette
Sa seringue et deux pruneaux.
(Gautier-Garguille)
Delvau, 1866 : s. f. Voix fausse, aigre, criarde, — dans l’argot du peuple. Chanter comme une seringue. Chanter très mal.
Rigaud, 1881 : Personne ennuyeuse, rabâcheur.
Merlin, 1888 : Trombone.
Virmaître, 1894 : Machine à vapeur qui fonctionne mal ; allusion au bruit du piston (Argot des ouvriers).
France, 1907 : Machine à vapeur.
France, 1907 : Personne ennuyeuse.
France, 1907 : Voix fausse. Chanter comme une seringue.
Trombone (faire)
Rigaud, 1881 : Mettre la main au gousset et la retirer à plusieurs reprises sans en sortir de l’argent. Faire semblant d’avoir envie de payer. Les doigts qui vont et viennent dans la poche du gilet simulent le mouvement du trombone, — dans le jargon des troupiers.
France, 1907 : Mettre la main à sa poche pour feindre de vouloir payer les consommations et attendre qu’un camarade se charge de ce soin ; expression militaire faisant allusion au mouvement du trombone.
Trotter (se)
Rigaud, 1881 : Déguerpir, — dans le jargon des soldats de cavalerie.
La Rue, 1894 : Aller. Aller vite. Partir. S’enfuir.
France, 1907 : S’en aller, s’enfuir, ou simplement marcher.
Mélie, un bout de femme pâlotte, aux joues piquetées de taches de rousseur, aux lèvres friandes, d’une joliesse de petite bouquetière vicieuse et qui, dans sa robe nuptiale, avait l’air de s’être déguisée pour quelque chahut de mi-carême plutôt que de revenir de l’église, s’était tranquillement trottée en même temps que le trombone de l’orchestre, un solide garçon dont la tête faisait penser aux images qui ornent les romances sentimentales.
(Champeaubert, Le Journal)
Se dépêcher.
Quand je sors, c’est avec orgueil
Que je me mets en grand’ tenue ;
Les p’tits tendrons me font de l’œil,
J’vous avou’ qu’mon cœur éternue,
Mais sitôt rentré, cré mâtin !
Faut qu’aux écuri’s je me trotte,
Et quand je lav’ le cul d’Cocotte,
Pour l’amour j’n’ai plus de béguin !
(Rosario)
Volière cipale
France, 1907 : La municipalité, le conseil municipal de Paris ; argot faubourien.
Le conseil cipal a gaspillé quinze cents balles en feux d’artifices et illuminations.
N’y avait-il donc pas un meilleur emploi à trouver pour ces quinze cents francs ?
Foutre si !
À Carmaux y a encore des pauvres prolos qui claquent du bec ; y en a qui vont le cul nu.
Si les birbes de la volière cipale avaient été — ce qui est impossible à une collection d’élus — des socialos francs du collier, ils auraient arboré le drapeau noir à l’Hôtel de Ville et auraient acheté pour quinze cents balles de frusques et de miches…
Pour éclairer et chauffer pendant les jours gras la volière cipale, ça a coûté environ 48.000 francs ; on a dépensé autant en boustifaille, vinasse et liqueurs, puis y a une douzaine de mille francs pour le personnel, 3.600 francs pour les frais d’invitation et 3.400 francs pour payer les violons et les trombones à coulisse. En ajoutant à ça quelques billets de mille, gaspillés en frais divers, ou arrive au chiffre rondelet de 118.000 francs.
Vive la République, nom de dieu !
(Le Père Peinard, 1897)
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