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Auvergnate

Delvau, 1864 : Qui appartient au troisième sexe — puisqu’elle n’est pas homme et ne veut pas être femme.

Consommateurs des deux sexes, hommes et femmes, pas d’Auvergnats, tout au plus quelques Auvergnates très élégantes, fleurs du mal qui se respirent entre elles.

(A. Delvau)

Brodeuse

Clémens, 1840 : Plume.

Delvau, 1866 : s. f. Individu appartenant au troisième sexe. Même argot.

Rigaud, 1881 : Homme-femme, — dans le jargon des voleurs.

Virmaître, 1894 : Homme et femme à la fois. De la famille des pédérastes (Argot du peuple).

Copaille

Rossignol, 1901 : Voir chatte.

Hayard, 1907 : Homme de mœurs douteuses.

France, 1907 : Jeune homme de mœurs inavouables. Individu du troisième sexe, pédéraste.

— Les copailles ?… Ce sont ces petits jeunes gens moulés dans leur culotte et leur pet-en-l’air qui se promènent et qui se tortillent en minaudant comme des filles. Elles se tiennent en général…
— Comment, elles ?
— Oui, c’est encore une particularité, on dit elles en parlant d’eux… Eh bien ! elles se tiennent en général aux Champs-Élysées et sur les grands boulevards, aux environs des cafés et principalement du Grand-Hôtel. Vous les voyez circuler deux par deux, par petits ménages, faisant des mines, des manières, maquillées, leur badine sous le bras, quelques-unes avec des tournures dans leurs pantalons. On les appelle aussi des lobes, des coquines, et quand elles parlent de l’une d’elles, elles disent entre elles : « C’est une sœur. » Mais ce qu’il faut entendre, ce sont les titres et les surnoms sous lesquels elles se distinguent. Il y a la Pompadour, la comtesse Dubarry, la duchesse de Mayenne, la de Valentinois, la reine d’Espagne, la reine d’Angleterre, l’archiduchesse d’Autriche, l’Épicière, le Petit Journal, la Petite-Semaine, la Miss Chaudron, la Miss Bombée, la mère Gamelle…

(Maurice Talmeyr)

Emproseur

Vidocq, 1837 : s. m. — Pédéraste.

Delvau, 1866 : s. m. Lesbien, — dans l’argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Le troisième sexe.

Virmaître, 1894 : Variété de pédéraste (Argot des voleurs).

France, 1907 : Pédéraste.

Jésus

Vidocq, 1837 : s. m. — Les voleurs donnent ce nom aux jeunes garçons que les Tantes, les Chanteurs, les Rouspans (Voir ces divers articles), prostituent à leur gré, et dressent en même temps au vol et à la débauche.

Halbert, 1849 : Grand jeune homme payé pour satisfaire aux passions d’un vieillard.

Larchey, 1865 : « Jeune et beau garçon lancé comme appeau près des sodomistes que veut exploiter le chanteur. »

(Canler)

Grippe-Jésus : Gendarmes. — Le jésus n’est ici qu’un homme garrotté comme le Christ, lorsqu’il fut conduit devant Pilate.

Delvau, 1866 : s. m. « Enfant dressé au vol et à la débauche, » — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. m. Innocent, — dans l’argot souvent ironique du peuple. D’où le grippe-Jésus de l’argot encore plus ironique des voleurs, puisqu’ils appellent ainsi les gendarmes.

Rigaud, 1881 : Innocent, — dans le jargon des voleurs.

Rigaud, 1881 : Jeune filou. — Tout jeune Éphestion de trottoir.

La Rue, 1894 : Innocent. Jeune Voleur. Nouveau-né. Adolescent du troisième sexe.

Virmaître, 1894 : Jeune homme à l’aspect efféminé, frisé, parfumé, qui sert d’appât pour attirer les individus à passions honteuses. Souvent il travaille réellement pour son compte (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Jeune chatte qui sert d’appât pour faire chanter les individus portes à cette passion.

Hayard, 1907 : Jeune garçon de mœurs pédérastiques.

France, 1907 : Adolescent du troisième sexe.

Dans cette catégorie d’individus (les pédérastes) on désigne deux classes : les amateurs, ceux qui recherchent dans la pédérastie la seule satisfaction de leurs sens ;
Les prostitués qui trafiquent de leur corps ; ceux-ci prennent le nom de Jésus…
Vêtu d’un costume étriqué qui lui permet d’étaler à tous les regards ses avantages, la raie allant du front à la nuque, maquillé, une cigarette aux lèvres, le Jésus va et vient, le regard en coulisse, la bouche ou cœur, le sourire aux lèvres ; il joue avec une mince badine — qu’on peut lui arracher des mains et lui casser sur la figure si prompte fuite vous en laisse le temps.

(Jules Davray, L’Armée du vice)

Le persillard, une fois d’accord avec le chanteur pour duper son douillard, devient alors son compère, c’est-à-dire son Jésus ! Tel est dénommé aujourd’hui le persillard exploiteur.

(Mémoires de M. Claude)

Le Jésus est un jeune et beau garçon lancé comme appeau près des sodomites que veut exploiter le chanteur.

(Mémoires de Canler)

France, 1907 : Innocent, et aussi jeune voleur.

Rouspant, rouspont

Rigaud, 1881 : Proxénète pour le troisième sexe et ses admirateurs.

Spinster

France, 1907 : Célibataire du sexe féminin ; vielle fille. Anglicisme.

Il existe un bonheur complet, le bonheur que nous avons assigné au premier groupe dont toutes les activités, mises en exercice, peuvent atteindre leur plus haut degré de développement, et il existe aussi un bonheur relatif qui consiste dans l’adoption, dans la création de palliatifs, lorsque l’objet naturel de l’aptitude vient à manquer. Exemples : les religieuses, qui, privées des fonctions de la maternité, se créent une maternité artificielle, et cette sorte de troisième sexe, les spinsters anglaises, qui substituent à l’amour et au mariage le développement d’autres aptitudes, d’autres activités, et réussissent à atteindre un bonheur relatif.

(Paola Lombroso, Le Bonheur des femmes)

Tante

Ansiaume, 1821 : Femme concierge de prison.

Ma tante est encore girofle, ma foi, si elle m’ouvroit la lourde.

Vidocq, 1837 : s. m. — Homme qui a les goûts des femmes, la femme des prisons d’hommes. Je dois l’avouer, ce n’est pas sans éprouver un vif sentiment de crainte que je me suis déterminé à donner place dans cet ouvrage, à ce mot que l’ordre alphabétique amène sous ma plume ; mais cet ouvrage n’est destiné ni aux filles, ni aux femmes ; on le trouvera peut-être entre les mains de celles qui assistent, parées comme pour le bal, aux audiences de la cour d’assises lorsque l’acte d’accusation promet des détails sanglans ou critiques, ou qui sont allées par une froide matinée d’hiver, enveloppées de fourrures et nonchalamment étendues sur les coussins moelleux de leur landeau, acheter bien cher une place de laquelle elles pussent voir commodément tomber les têtes de Lacenaire et d’Avril ; mais à celles-là je n’apprendrais rien qu’elles ne sachent déjà, elles savent ce que c’était que la Tante Chardon, c’est tout au plus si la pile galvanique pourrait agacer leurs nerfs, et peut-être que si l’on cherchait sous leur oreiller on y trouverait les ouvrages du marquis de Sade.
Cependant ce n’est point pour -elles que j’écris ; aussi je d’aurais pas publié ces quelques lignes si je n’avais pas cru qu’il en dût résulter quelque bien.
Il ne faut pas croire que la pédérastie soit toujours le résultat d’une organisation vicieuse ; les phrénologistes qui ont trouvé sur notre crâne la bosse propre à chaque amour, n’y ont point trouvé celle de l’amour socratique ; la pédérastie n’est autre chose que le vice de toutes les corporations d’hommes qui vivent en dehors de la société ; les quelques hommes vivant dans le monde que l’on pourrait me citer, sont des êtres anormals qui ne doivent pas plus prouver contre ce que j’avance, que les boiteux, les bossus, les culs de jatte, ne prouvent que la nature de l’homme est d’être boiteux, bossu, ou cul de jatte ; ainsi donc quelques soldats, un peu plus de matelots, et beaucoup de prisonniers, seront atteints de ce vice, et cela, du reste, est facile à concevoir : tous les besoins de la nature sont impérieux, il faut que l’on trompe ceux qu’on ne peut satisfaire.
Il serait souvent plus juste de plaindre que de blâmer celui que l’on voit mal faire, car il est fort rare que l’homme succombe sans avoir combattu ; c’est presque toujours la nécessité qui conduit la main de celui qui commet un premier crime, et peut-être que si à côté des lois répressives de notre Code, le législateur avait placé quelques lois préventives, tel individu qui languit dans un bagne ou dans une maison centrale, posséderait la somme de bien-être à laquelle tous les hommes ont le droit de prétendre, et qui doit être le prix de toutes facultés utilement employées.
Je-ne me suis pas éloigné de mon sujet, ce que je viens de dire doit me servir à constater un fait qui malheureusement n’est que trop prouvé, et qui déjà a été signalé par des hommes vraiment recommandables : c’est que la pédérastie est la lèpre des prisons ; ce vice ignoble, que l’imagination ne peut que difficilement concevoir, est le plus saillant de tous ceux qui infestent des lieux placés aous la surveillance immédiate de l’autorité ; cependant les hommes dont la mission est d’améliorer le régime pénitenciaire, ne daignent pas seulement chercher les moyens de l’extirper.
Il y a plus même, dans les bagnes et dans les prisons, on voit souvent sans peine les voleurs audacieux s’attacher à de jeunes pédérastes, car alors ils ne cherchent plus à s’évader ; les directeurs et surveillans de maison centrale ont même quelquefois souffert que des mariages* fussent célébrés avec une certaine pompe ; cet abus n’existe plus, il est vrai, on se cache aujourd’hui pour faire ce qu’autrefois on faisait ouvertement, mais le mal existe toujours.

* Les prisonniers qui contractaient de semblables mariages ne faisaient, au reste, que ce que fit Henri III qui passa avec Maugiron, celui de ses mignons qu’il aimait le plus, un contrat de mariage que tous ses favoris signèrent, et qui donna naissance à un pamphlet intitulé : La Pétarade Maugiron. J’ai extrait de cet ouvrage le quatrain suivant, destiné à servir d’épitaphe à un des seigneurs de la cour de ce monarque, ainsi qu’à sa famille :
Ci gist Tircis, son fils, sa femme,
Juge passant qui fis le pis,
Tircis prit son fils pour sa femme,
Sa femme eut pour mari son fils.

Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas sans avoir combattu que l’homme succombe ; mais, comme les mauvaises habitudes ont plus de force que les bonnes, il ne s’est pas plus tôt laissé séduire par l’exemple, qu’il aime ce que d’abord à ne pouvait concevoir, et bientôt son esprit affaibli, du reste, par une nourriture malsaine et insuffisante, et par une tension continuelle, ne lui permet plus de discerner les objets ; alors il croit avoir trouvé ce qu’il désire ; il flatte, il adule, il courtise les malheureux qu’il convoite, et qui, eux aussi, croient souvent être ce que l’autre cherche.
Oh ! il est de ces spectacles qu’il faut avoir vu, pour savoir jusqu’où peut descendre l’homme ; il faut être doué d’une organisation bien vigoureuse, et ne jamais s’être arrêté aux surfaces pour ne pas dire ruca à ses frères, lorsque l’on s’est couché sur le banc d’un bagne ou dans la galiote d’une maison centrale ; car n’est-ce pas un spectacle à dégoûter l’humanité toute entière, que de voir des hommes renoncer aux attributs, aux privilèges de leur sexe, pour prendre le ton et les manières de ces malheureuses créatures qui se vendent au premier venu, de les voir lècher la main de celui qui les frappe, et sourire à celui qui leur dit des injures ? et cela cependant se passe tous les jours, et dans toutes les prisons, sous les yeux de l’autorité qui, disent ses agens, ne peut rien y faire. Vous ne pouvez rien y faire ? dites-vous. Pourquoi donc le peuple paie-t-il grassement des philantropes et des inspecteurs-généraux ? Vous ne pouvez rien, mais il faut pouvoir ; le prisonnier est toujours un membre de la famille : la société qui vous a chargé de le punir, vous a en même temps donné la mission de le rendre meilleur, car s’il n’en était pas ainsi, le recueil de vos lois ne serait qu’un recueil d’absurdités ; la peine qui ne répare rien est une peine inutile. Rendez meilleurs les hommes vicieux, voilà la réparation que la société vous demande.
Les pédérastes, à la ville, ont un signe pour se reconnaître ; il consiste à prendre le revers de l’habit ou de la redingotte avec la main droite, le hausser à la hauteur du menton, et à faire une révérence imperceptible.

Delvau, 1864 : Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins ; adolescents, ce sont des cousines ; plus âgés, ce sont des tantes.

(Christophe)

Larchey, 1865 : « Homme qui a des goûts de femmes, la femme des prisons d’hommes. »

(1837, Vidocq)

Pour donner une vague idée du personnage qu’on appelle une tante, il suffira de rapporter ce mot magnifique du directeur d’une maison centrale a feu lord Durham qui visita toutes les prisons pendant son séjour à Paris. Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigne du doigt un local en faisant un geste de dégoût : Je ne mène pas là Votre Seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes. — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord.

(Balzac)

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins ; adolescents, ce sont des cousines ; plus âgés, ce sont des tantes.

(Moreau Christophe)

Dans le chapitre détaillé qu’il a consacré à cette espèce de gens, M. Canler reconnaît quatre catégories appartenant à diverses classes sociales : persilleuses, honteuses, travailleuses et rivettes. Cette dernière est seule exploitée par les chanteurs.

Larchey, 1865 : « Tous mes bijoux sont chez ma tante, comme disent mes camarades lorsqu’elles parlent du Mont de Piété. » — Achard. — C’est, comme oncle, un terme ironique à l’adresse de ceux qui croient déguiser la source d’un emprunt en disant qu’ils ont eu recours à leur famille.

Delvau, 1866 : s. f. Individu du troisième sexe, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Tapette.

Rigaud, 1881 : Être hybride que Balzac a nommé le troisième sexe, et Vidocq la femme des prisons d’hommes. — Toutes les tantes ne sont pas des assassins, mais tous les assassins sont des tantes.

Homme ou femme ? On ne sait. Ça rôde, chaque soir,
En tous lieux où le gaz épargne un peu de noir,
Et ça répond au nom de : La Belle Guguste.

(J. Dementhe)

La Rue, 1894 : Individu ignoble. Le troisième sexe. Signifie aussi dénonciateur.

Virmaître, 1894 : Le Mont-de-Piété
— Je porte ma toquante chez ma tante, mon oncle en aura soin (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Pédéraste, homme à double face qui retourne volontiers la tête du côté du mur (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Voir chatte.

Hayard, 1907 : Pédéraste.

France, 1907 : Faux frère ; dénonciateur ; lâche.

Et quand faut suriner un pante
Ej’ reste là… les bras ballants…
I’s ont beau m’dir’ : Va donc… eh ! Tante !
Ej’ marche pas… j’ai les foies blancs.

(Aristide Bruant)

France, 1907 : Individu appartenant au troisième sexe dont était exclusivement composée la légion thébaine. On dit aussi tapette.

Il suffira, dit Balzac, de rapporter ce mot du directeur d’une maison centrale à feu lord Durham, qui visita toutes les prisons pendant son séjour à Paris. Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigne du doigt un local en faisant un geste de dégoût : « Je ne mène pas là votre Seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes. — Aaoh ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — Le troisième sexe, milord. »

 

Alfred Tennyson, le barde national, étant mort, et sa succession ouverte, Oscar Wilde passait pour l’un de ceux qui devaient y prétendre et pouvaient y appéter. Pour qu’il soit devenu le chantre subventionné de la Grande-Bretagne et des Indes, il ne s’en est fallu peut-être que du lapin trop fort posé à un grand-oncle, je veux dire au père d’une jeune tante. Londres ne demandait au divin que de ne pas étaler sa « divinité », et, pour le reste, elle lui faisait crédit, sur la foi des aèdes antiques, ses maîtres et ses modèles.

(Émile Bergerat)

Tapette

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Fer rouge avec lequel le bourreau marque les condamnés.

Vidocq, 1837 : s. m. — Faux poinçon servant à marquer les objets d’or ou d’argent.

Delvau, 1866 : s. f. Individu faisant partie du troisième sexe.

Delvau, 1866 : s. f. Verve, entrain, platine. Avoir une fière tapette. Être grand parleur, — ou plutôt grand bavard.

Rigaud, 1881 : Bavard. — Jeune tante. De quatorze à vingt ans c’est une tapette, de vingt à… c’est une tante.

Rigaud, 1881 : Faux poinçon servant à marquer les objets d’or et d’argent. (Fr. Michel)

Merlin, 1888 : Voyez Platine.

La Rue, 1894 : Bavard. Signifie aussi tante. V. ce mot.

Virmaître, 1894 : Homme qui parle sans cesse.
— Il en a une rude tapette.
On dit aussi : forte platine (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Pédéraste passif, il se fait taper dans le tas (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Celui qui parle sans cesse a une bonne tapette.

Rossignol, 1901 : Celui qui prend n’importe quelle cuiller pour mettre dans son pot à moutarde, est une tapette. Voir Chatte.

Hayard, 1907 : Langue, homme de mœurs douteuses.

Hayard, 1907 : Pédéraste.

France, 1907 : Langue intarissable ; bavard ou bavarde. Avoir une fameuse tapette, parler sans discontinuer.

Je me serais assez plu dans la compagnie de la petite Jeanne, si elle ne m’avait assourdi les oreilles de son intarissable tapette.

(Les Propos du Commandeur)

France, 1907 : Pédéraste passif.

Les antiphysiques, que l’on nomme ordinairement tantes, se divisent en quatre catégories… Semblable au caméléon qui change, non de forme, mais de couleur, la tante est tantôt appelée tapette, tantôt serinette. Elle est désignée par les marins sous le nom de corvette, mais elle reste toujours un objet d’opprobre.

(Mémoires de Canler)

J’en ai eu deux : deux saligauds,
Deux tant’s, deux filous, deux fagots,
Deux vach’s, deux cochons, deux tapettes,
Qui gueulaient… qui m’foutaient des coups,
Quand j’m’ach’tais un’ robe d’cen’ sous,
Le lend’main d’la paye aux lipettes.

(Aristide Bruant)

Voir Tante, Travailleuse.

Troisième sexe

Delvau, 1866 : s. m. Celui qui déshonore les deux autres. « Il suffira de rapporter ce mot magnifique du directeur d’une maison centrale à feu lord Durham, qui visita toutes les prisons pendant son séjour à Paris. Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigne du doigt un local en faisant un geste de dégoût : Je ne mène pas là Votre Seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes. — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord. » (H. de Balzac)

France, 1907 : Le monde des pédérastes passifs.

Troisième sexe (le)

Delvau, 1864 : Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.

— Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes, — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord.

(H. de Balzac)

Truqueur

Larchey, 1865 : « On appelle ainsi tous ces gens qui passent leur vie à courir de foire en foire, n’ayant pour toute industrie qu’un petit peu de hasard. » — Privat d’Anglemont. — C’est aussi un homme usant de trucs, dans toutes les acceptions susdites.

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui passe sa vie à courir de foire en foire, de village en village, n’ayant pour toute industrie qu’un petit jeu de hasard.

Delvau, 1866 : s. m. Trompeur ; homme qui vit de trucs.

Rigaud, 1881 : Habile, malin.

Rigaud, 1881 : Industriel en plein vent qui exerce toute sorte de petits métiers ; vendeur de montres à dix sous, de chaînes de sûreté, de cartes transparentes, de porte-monnaie, etc., etc. — Individu qui court de foire en foire avec un jeu de hasard.

Fustier, 1889 : Individu du troisième sexe qui vit de son… industrie.

La Rue, 1894 : Malin. Contrefacteur. Individu qui exerce en plein vent un petit métier, un truc.

Virmaître, 1894 : Le truqueur est un filou qui va de village en village et de foire en foire, avec un petit jeu de hasard qu’il exploite habilement. Ce jeu est généralement un chandelier fait avec les débris d’un vieux chapeau ; il met un sou sur le chandelier qui est placé dans une assiette. Il s’agit, au moyen d’une longue baguette d’osier, de faire tomber le chandelier et que le sou reste dans l’assiette. Cela n’arrive jamais, à moins de connaître le truc. Il y a une masse de truqueurs, surtout en cette fin-de-siècle où tout est truc pour gagner sa vie. (Argot du peuple). N.

Hayard, 1907 : Malin.

France, 1907 : Trompeur, contrefacteur.

Des truqueurs, il n’est pas besoin de parler ; ouvrier sans travail, ancien militaire, faux demandeur, maladie, mort, sortie d’hôpital, tout est exploité d’une façon merveilleuse.

(L. Florian-Pharaon)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique