Rigaud, 1881 : Pour alcoolisé. Ivrogne imbu des principes alcooliques, saturé de trois-six, récipient humain à absinthe, — dans le jargon des médecins. La passion de l’alcool est tellement impérieuse chez certains ivrognes, qu’ils arrivent, faute de mieux, à absorber de l’alcool camphré. On en a vu même, en extase devant la boutique des pharmaciens, faire les yeux doux aux bocaux à fœtus et à vers solitaires.
Alcoolique
Sacré chien
Larchey, 1865 : Eau-de-vie.
Vous nous râperez le gosier avec le trois-six et le sacré chien dans toute sa pureté.
(Th. Gautier, 1833)
Les voilà parties chez Caplaine où elles demandent un demi-septier de sacré chien.
(Vadé, 1788)
Avoir le sacré chien : Avoir le génie, l’esprit de son art. — Équivoque sur le mot précédent. — V. Chien.
Delvau, 1866 : s. m. Feu sacré, — dans l’argot des rapins et des cabotins. Avoir le sacré chien. Jouer d’inspiration et avec succès. Peindre avec emportement.
Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie de mauvaise qualité qui emporte le gosier. Argot du peuple. On dit aussi Sacré chien tout pur.
Sacré-chien
Larchey, 1865 : Eau-de-vie. — Dans le monde artistique le sacré-chien, c’est le sentiment de l’art, c’est le feu sacré. — On dit dans le même sens : Il a du chien. Allusion à l’eau-de-vie.
France, 1907 : Eau-de-vie très forte, autrement dit tord-boyaux.
Vous vous râperez le gosier avec du rhum et du rack, avec le trois-six et le sacré-chien dans toute sa pureté, tandis qu’ils se l’humecteront avec les onctueuses liqueurs des îles.
(Théophile Gautier)
Tord-boyaux
Larchey, 1865 : Mauvaise eau-de-vie.
Avaler un verre de tord-boyaux, comme l’appelait notre amphitryon.
(Vidal, 1833)
Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Eau-de-vie commune.
La riboteuse qui consomme
Plus de spiritueux qu’un homme
Et lampe sans peur le rogomme,
Le sacré-chien, le tord-boyaux.
(A. Pommier, Paris)
Hayard, 1907 : Eau-de-vie.
France, 1907 : Mauvaise eau-de-vie.
Quand on pense que l’eau de mélisse, la bourgeoise et rassurante eau de mélisse qui se présente, réconfortante, sur un morceau de sucre, l’eau de mélisse, comme le vulnéraire lui-même, produisent les mêmes effets que le trois-six et le tord-boyaux ! À qui, à qui se fier, bone Deus, si le vulnéraire et l’eau d’arquebuse sont aussi terribles que le dur calvados qui corrode, en Normandie, jusqu’aux lèvres des nouveaux-nés ?
(Jules Claretie)
Cette expression est employée métaphorique ment pour désigner quelque chose de fort, de scandaleux, qui déchire les oreilles pudiques comme la mauvaise eau-de-vie brûle les entrailles.
Ils me font toujours rire, ceux qui parlent des hardiesses du livre ou de la scène. Ce qui semble du tord-boyaux aujourd’hui, paraîtra de l’orgeat dans un quart de siècle.
(Séverine)
Trois-six
Larchey, 1865 : Eau-de-vie.
Au moins, moi, j’dis pas que j’aime pas le trois-six !
(Gavarni)
Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie de qualité inférieure, âpre au gosier, — dans l’argot des bourgeois.
France, 1907 : Eau-de-vie, appelée ainsi en allusion à l’esprit-de-vin du commerce qui est à trente-six degrés et qu’on exprime par la formule 3/6.
On s’enrichit à exploiter les vices et les passions humaines. Un de ces cabaretiers vient de faire l’acquisition d’un hôtel meublé dans la rue Saint-Denis. Un autre a maison de campagne. Un troisième s’offre chaque année un petit voyage d’agrément. Lorsqu’ils seront complètement retirés des affaires, comme ces filles oublieuses du passé, ils ne reconnaîtront plus leurs anciens clients auxquels, entre deux verres de trois-six, ils serrent aujourd’hui cordialement la main. Ils deviendront marguilliers, membres d’un comité de bienfaisance, conseillers municipaux, ou officiers de l’état civil. Ils prêcheront la vertu, couronneront les rosières et, après leur mort, on bénira leur mémoire.
(G. Macé, Un Joli Monde)
Je ne fus pas plutôt assis
Devant je ne sais quel trois-six,
Que rappliquant en sens contraire,
En face de moi vint s’asseoir
Un balochard vêtu de noir
Qui me ressemblait comme un frère.
(Raoul Ponchon)
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