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Piautre

Delvau, 1866 : s. m. Mauvais garnement, — dans l’argot du peuple. Envoyer au piautre. Envoyer au diable. Vieille expression se trouvant dans Rétif de la Bretonne.

France, 1907 : Mauvais garnement. « Envoyer aux piautres », envoyer au diable.

On l’eût pris, sans mentir, à son air, à sa grâce,
À son joli menton non encor cotoné,
Pour le jeune Apollon ou Cupidon l’aîné.
J’avais pour cet ingrat écartés tous les autres,
Les envoyant tretous, comme l’on dit, aux piautres.

(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)

Trestous

France, 1907 : Tous ; vieux mot.

Mais Pantagruel s’escria à haulte voix, comme si ce eust esté le son d’un double canon, disant : « Paix de par le diable, paix : par Dieu, coquins, si vous me tabustez ici, je vous couperai la teste à trestous. » À la quelle parole, ils demouroient touts éstonnés comme canes, et ne osoient seulement toussir.

(Rabelais)

Pour afin d’éclaircir l’affaire,
L’guet les mène trétous cheux l’commissaire,
Qui condamne l’jeune garçon
D’aller faire un tour en prison.

(Vadé)

Trétous

France, 1907 : Tous ; vieux mot.

Queu qui veut savoir l’histoire
De Manon Giroux ?
J’l’ons encore dans la mémoire,
Y accourez trétous.

(Vadé, La Pipe cassée)

On disait aussi tertous.

Un jour que j’mènions paître
Mes moutons dans les champs,
Je rencontris Toinette
Qui filait en chantant ;
J’lui lançons une œillade,
All’ me la r’lance itou :
Qu’ l’amour est agréable
Quand on s’entend tertous.

(Les Amoureux de village)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique