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Biribi

La Rue, 1894 : Médaillon. Le bataillon de discipline.

Rossignol, 1901 : Compagnies de discipline. À la suite d’un certain nombre de punitions, le militaire est envoyé après conseil de corps à biribi ; si là il se conduit mal, il est expédié dans une compagnie coloniale que l’on nomme les Cocos. À biribi il n’a rien de la tenue militaire, il porte veste, pantalon et képi en drap noir, il a les cheveux courts et la figure entièrement rasée ; c’est la différence qu’il y a entre le militaire envoyé aux travaux publics à la suite d’un conseil de guerre, car celui-ci porte toute sa barbe et a la tête entièrement rasée, de là le nom de « tête-de-veau ». Le travail du disciplinaire consiste à casser des cailloux et à faire du terrassement, mais tous trouvent la terre trop basse et qu’il serait plus facile de la travailler si elle était sur un billard. Ils feraient certainement autant de travail si on leur faisait botteler du sable ou piler du liège.

Rossignol, 1901 : Jeu qui se joue dans le genre du bonneteau, mais avec trois quilles creuses, trois coquilles de noix, ou encore trois dés à coudre et une petite boule de liège. À ce jeu bien connu des Arabes, il y a toujours escroquerie puisque la boule que l’on croit être sous une des coquilles, qu’il faut découvrir pour gagner, reste le plus souvent entre les doigts du teneur.

Hayard, 1907 : Les compagnies de discipline.

France, 1907 : Compagnie de discipline.

Un auteur, encouragé sans doute par les succès de Descaves, profita de son passage involontaire aux compagnies de discipline pour faire un livre à sensation. Il se plaint avec fracas du régime auquel on l’a soumis, et s’étonne que certains sous-officiers aient pu se départir vis-à-vis de lui de la plus exquise politesse. Biribi, à l’en croire, est un enfer effroyable où, sous le couvert de l’uniforme et avec la permission de l’État, des hommes peuvent impunément supplicier d’autres hommes et exercer leur pouvoir sans contrôle avec des raffinements de cruauté chinoise.

(Marzac, Gil Blas)

Y en a qui font la mauvais’ tête
Au régiment ;
I’s tir’ au cul, i’s font la bête
Inutil’ment ;
Quand i’s veul’nt pus fair’ l’exercice
Et tout l’fourbi,
On les envoi’ fair’ leur service
À biribi.

(Aristide Bruant)

Sainte Canaille

France, 1907 : Le peuple.

Ancien ministre des travaux publics et toujours habile financier, celui-ci, depuis un quart de siècle au moins, volait tel qu’un vautour et plumait tous les oisillons qui lui tombaient entre les serres et sous le bec : à présent sénateur, ce pillard, ce goulu, ce brigand, siégeait au palais du Luxembourg, au milieu des Pères conscrits, et celui-là, naguère marchand de vins et déclaré plusieurs fois en faillite, ayant été depuis, nonobstant, décoré de la Légion d’honneur et même élu député, tempêtait à la chambre basse, composée de non moins de nullités et de fripons que la haute, et dirigeait trois ou quatre feuilles vénales vendues successivement à tous les chefs de parti : radicaux, opportunistes et réactionnaires.
Sans cesse ils me soupiraient la même litanie en m’offrant, avec une louable émulation, un des millions qu’ils avaient extorqués à la sainte canaille.

(Léon Cladel, La Juive errante)

Sucre (casser du)

Rigaud, 1881 : Dénoncer, — dans le jargon des voleurs. — Médire, se moquer de, — dans l’argot du peuple.

Merlin, 1888 : Les soldats condamnés aux travaux publics sont employés au percement et à l’entretien des routes. On dit d’eux qu’ils cassent du sucre à deux sous le mètre cube.

La Rue, 1894 : Dénoncer. Médire.

France, 1907 : Dénoncer.

— Bâillonnons-le, c’est suffisant.
— Nom de Dieu, jamais de la vie, reprit le manchot ; il casserait du sucre, j’aime mieux ma peau que la sienne ; et il prit mon couteau. À ce moment, l’homme, fou de frayeur, se mit à crier ; je lui mis la main sur la bouche et c’est le manchot qui l’a saigné !

(Mémoires de Goron)

France, 1907 : Médire ; argot des gens de lettres qui ne manquent jamais une occasion d’en casser sur la tête des camarades.

B… est, comme on sait, une des langues les plus mauvaises de Paris. L’autre jour, comme il se plaignait à Louis Davyl de souffrir du diabète, celui-ci reprit : « Ce n’est pas étonnant, tu as cassé tant de sucre ! »

(Gil Blas)

Tête de veau

Rigaud, 1881 : Individu chauve. — Figure pâle et grasse ; et, encore, tête de veau lavée, par allusion aux têtes de veau trempant dans les baquets des bouchers.

Rossignol, 1901 : Celui qui n’a plus ou peu de cheveux.

France, 1907 : Tête chauve. C’est le sobriquet donné aux condamnés militaires aux travaux publics dont la tête est complètement rasée.

— Tu sais ici, on rase tout, barbe et moustache. Les disciplinaires n’ont pas le droit d’en porter. C’est ce qui les distingue des condamnés aux travaux publics qui, eux, portent la barbe et la moustache, mais ont la tête complétement rasée… C’est pour ça qu’on les appelle les têtes de veaux.

(Georges Darien, Biribi)

Têtes de veau

Rossignol, 1901 : Les militaires condamnés à une peine de travaux publics, à la suite d’un conseil de guerre. Tête de veau, parce qu’on leur laisse toute la barbe et qu’on leur rase la tête.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique