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Arnaque

Halbert, 1849 : Agent de sûreté.

Virmaître, 1894 : Nom d’un jeu qui se joue sur la voie publique et sur les boulevards extérieurs ; il est connu également sous le nom de tourne-vire. Ce jeu consiste en une roue posée à plat sur un pivot, la table est composée de trois planches mobiles, supportées par deux tréteaux ; ces planches sont recouvertes d’une toile cirée ; cette toile est divisée en carrés qui forment cases, ces cases se distinguent par des emblèmes différents, les quatre rois : trèfle, cœur, pique et carreau, une ancre, un cœur, un dé et un soleil. Les joueurs misent sur une case, la roue tourne et celui qui gagne reçoit dix fois sa mise. En évidence, sur la table, il y a des paquets de tabac, des cigares, des pipes et autres objets, mais c’est pour la frime, le tenancier du jeu paie le gagnant en monnaie. Ce jeu est un vol. Autour de la table, il y a toujours deux ou trois engayeurs, ils sont de préférence à chaque bout (la table est un carré long) ; au moment ou la plume va s’arrêter sur une case, par un mouvement imperceptible, un des engayeurs s’appuie sur la planche mobile du milieu, la plume dévie et le tour est joué ; si c’est un engayeur qui gagne, il partage avec ses complices (Argot des camelots). N.

Rossignol, 1901 : Veut dire truc. Les jeux de hasard tels que : La boule Orientale, le billard à cheminée, le billard américain, la jarretière, la ratière, le malo ou mal au ventre, sont arnaqués parce qu’il y a des trucs qui empêchent de gagner.

Boniment

Vidocq, 1837 : s. m. — Long discours adressé à ceux que l’on désire se rendre favorables. Annonce d’un charlatan ou d’un banquiste.

M.D., 1844 : Conversation.

un détenu, 1846 : Parole, récit ; avoir du boniment : avoir de la blague.

Halbert, 1849 : Couleur, mensonge.

Larchey, 1865 : Discours persuasif. — Mot à mot : action de rendre bon un auditoire.

Delvau, 1866 : s. m. Discours par lequel un charlatan annonce aux badauds sa marchandise, qu’il donne naturellement comme bonne ; Parade de pitre devant une baraque de « phénomènes». Par analogie, manœuvres pour tromper.

Rigaud, 1881 : Annonce que fait le pitre sur les tréteaux pour attirer la foule ; de bonir, raconter. — Discours débité par un charlatan, discours destiné à tenir le public en haleine, à le séduire, coup de grosse caisse moral. Depuis le député en tournée électorale, jusqu’à l’épicier qui fait valoir sa marchandise, tout le monde lance son petit boniment.

C’était le prodige du discours sérieux appelé le boniment : boniment a passé dans la langue politique où il est devenu indispensable.

(L. Veuillot, Les Odeurs de Paris)

Le coup du boniment, le moment, l’instant où le montreur de phénomènes, le banquiste, lance sa harangue au public. — Y aller de son boniment, lâcher son boniment, dégueuler, dégoiser, dégobiller son boniment.

La Rue, 1894 : Propos, discours.

Virmaître, 1894 : Discours pour attirer la foule. Forains, orateurs de réunions publiques, hommes politiques et autres sont de rudes bonimenteurs. Quand un boniment est par trop fort, on dit dans le peuple : c’est un boniment à la graisse de chevaux de bois (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Discours.

France, 1907 : Discours destiné à tromper le public ; camelots, charlatans, bazardiers, orateurs de mastroquets, candidats électoraux et bonneteurs font tous leur boniment.

Accroupi, les doigts tripotant trois cartes au ras du sol, le pif en l’air, les yeux dansants, un voyou en chapeau melon glapit son boniment d’une voix à la fois trainante et volubile… « C’est moi qui perds. Tant pire, mon p’tit père ! Rasé le banquier ! Encore un tour, mon amour. V’là le cœur, cochon de bonheur ! C’est pour finir. Mon fond, qui se fond. Trèfle qui gagne. Carreau, c’est le bagne. Cœur, du beurre pour le voyeur. Trèfle, c’est tabac ! Tabac pour papa. Qui qu’en veut ? Un peu, mon n’veu ! La v’là. Le trèfle gagne ! Le cœur perd. Le carreau perd. Voyez la danse ! Ça recommence. Je le mets là. Il est ici, merci. Vous allez bien ? Moi aussi. Elle passe ! Elle dépasse. C’est moi qui trépasse, hélas… Regardez bien ! C’est le coup de chien. Passé ! C’est assez ! Enfoncé ! Il y a vingt-cinq francs au jeu ! etc… »

(Jean Richepin)

Bouffarde

Ansiaume, 1821 : Pipe.

Je vais rifauder le trèfle et bouffarder.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Pipe.

Vidocq, 1837 : s. f. — Pipe.

Clémens, 1840 : Pipe.

M.D., 1844 : Une pipe.

Halbert, 1849 : Pipe.

Larchey, 1865 : Pipe. — Allusion aux bouffées de fumée qui s’en échappent.
Bouffardière : Cheminée (Vidocq). — Id.

Delvau, 1866 : s. f. Pipe.

Rigaud, 1881 : Pipe.

Un peintre dit volontiers ma bouffarde en parlant de sa pipe.

(Paris-fumeur)

Merlin, 1888 / La Rue, 1894 : Pipe.

Virmaître, 1894 : Pipe. Allusion à la bouffée de fumée que le fumeur tire par intervalles de sa pipe et lance dans le vide (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Pipe.

France, 1907 : Pipe ; d’où bouffarder, fumer.

anon., 1907 : Pipe.

Bouffarder

Ansiaume, 1821 : Fumer.

Il faut se dérondiner, rifauder le trèfle et bouffarder comme un messière.

Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Fumer.

Delvau, 1866 : v. n. Fumer.

Rigaud, 1881 : Fumer la pipe.

Ficelé

Rigaud, 1881 : Habillé. Bien ficelé, mal ficelé, bien mis, mal mis ; par allusion à la ficelle qui habille les saucissons.

Virmaître, 1894 : Se dit de quelqu’un bien habillé, tiré à quatre épingles (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Celui qui est correctement vêtu est bien ficelé.

France, 1907 : Habillé. Être bien ou mal ficelé. Ficelé comme l’as de pique ou l’as de trèfle, être mis d’une façon négligée ou ridicule.

Palmyre. — Je vous conseille de vous plaindre. Seulement, vous m’attrapez, parce que je suis une petite couturière avec laquelle vous marchandez… Vous iriez chez Larossi ou chez Commpoivre, vous n’oseriez pas réclamer à cause des cocottes qui sont là, vous payeriez ce qu’on vous demanderait, et vous seriez ficelées comme l’as de trèfle.

(Maurice Donnay)

Nous sommes tous fort laids même en habit de fête ;
Boutonnés, ficelés, et traînant notre ennui,
Les pieds dans deux tuyaux, un tuyau sur la tête,
Les deux bras engainés, le corps dans un étui
Que fabrique un tailleur pour les preux d’aujourd’hui.

(Aurélien Scholl)

Herbe à la vache

Rigaud, 1881 : La couleur trèfle d’un jeu de cartes.

Virmaître, 1894 : L’as de trèfle (Argot du peuple).

France, 1907 : Le trèfle, dans le jeu de cartes.

Quinte majeure portant son point dans l’herbe à la vache.

(Émile Zola, L’Assommoir)

I

France, 1907 : Lettre qui, pour les grecs des tripots, désigne le cœur, au jeu de cartes. Le pique, le trèfle et le carreau sont désignés par Les lettres M, S, V ou Y. « Un grec, dit R. Houdin, veut donner à son compère la couleur dominante du jeu de son adversaire, il suit une phrase commençant par une des quatre lettres du mot. Ainsi, par exemple, s’il lui faut annoncer du cœur, il dit : Il fait bien chaud ; du trèfle : Sapristi ! qu’il fait chaud ! »

Longuette de trèfle

Rigaud, 1881 : Tabac à chiquer, tabac en ficelle.

Maison à parties

France, 1907 : Maison de jeu qui couvre une maison hospitalière. On y passe de la partie de cartes à la partie de dames, de l’as de trèfle à l’as de cœur ou de pique.

Un grand salon est ouvert à tous les amateurs ; on risque galamment quelques louis, et entre deux parties on passe à une autre variété d’exercice dans une chambre ad hoc. Quelques-unes de ces maisons, connues sous le nom de maisons à parties, sont le suprême du genre.

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Misti

Delvau, 1866 : s. m. Apocope de Mistigri, — dans l’argot des brelandières de brasseries.

France, 1907 : Abréviation de mistigri ; argot des joueurs. Le mistigri est le valet de trèfle qui a donné son nom à un jeu où, pour gagner, il faut faire brelan avec ce valet escorté de deux autres.

Misti, mistigri

Rigaud, 1881 : Valet de trèfle.

Mistigri

Delvau, 1866 : s. m. Valet de trèfle, — dans l’argot des joueurs. Se dit aussi d’un Jeu de cartes où l’on a gagné quand on a fait brelan avec le valet de trèfle escorté de deux autres valets.

Nouer l’aiguillette

Delvau, 1864 : Empêcher un mari ou un amant de consommer l’agréable sacrifice, non pas en lui jetant un sort, comme on le croyait autrefois, mais en épuisant complètement son stock de foutre, de sorte qu’on peut le laisser courir un peu dans la ville sans crainte d’infidélité.

Il avait peut-être l’aiguillette nouée.

(Moyen de parvenir)

Lequel ayant eu l’aiguillette nouée la première nuit de ses noces.

(Brantôme)

Ami lecteur, vous avez quelquefois
Ouï conter qu’on nouait l’aiguillette.

(Voltaire)

France, 1907 : Empêcher par un maléfice la consommation du mariage. La croyance populaire attribuait aux sorciers le pouvoir de nouer l’aiguillette aux nouveaux mariés et de les empêcher d’accomplir ce que l’Église appelle l’œuvre de chair. On désignait ces sorciers sous le nom de noueux d’aiguillettes.

Il presse sa jeune épouse, mais soit l’émotion, soit l’excès d’amour,
Trop d’amour peut nuire à l’amour même,
il s’aperçoit avec terreur qu’il à l’aiguillette nouée.

(Les Propos du Commandeur)

Et vous qui présidez aux mystères funèbres,
Esprits noirs et malins, Habitans des Ténèbres,
Qui pour suivre mes Loix êtes toûjours sur piés,
Qui nouez l’aiguillette aux nouveaux mariés,
Qui prodiguez aux miens, d’une main bienfaisante,
Talisman, Trefle à quatre et Pistole volante ;
Vous, que j’ai pour mon Art employés tant de fois,
Farfadets et Lutins, accourez à ma voix.

(Nicolas R. de Grandval, Le Vice puni)

Poivrer

d’Hautel, 1808 : Pour, vendre trop cher.
Cette marchandise est bien poivrée. Pour dire, que le prix en est très-élevé.

Vidocq, 1837 : v. a. — Payer.

Larchey, 1865 : Donner la vérole.

Pour se venger d’un homme, elle prit du mal exprès afin de le poivrer.

(Tallemant des Réaux)

Larchey, 1865 : Vendre trop cher. On dit aussi : Saler (1808, d’Hautel).

Delvau, 1866 : v. a. Charger une note, une addition, — dans l’argot des consommateurs. C’est poivré ! C’est cher. On dit de même : C’est salé.

Delvau, 1866 : v. a. Payer.

Rigaud, 1881 : Communiquer le mal vénérien, donner un bon à toucher chez le docteur Ricord. — Être poivré, être dans les conditions requises pour obtenir une entrée à l’hôpital du Midi, payer cher un moment de plaisir.

Toi louve, toi gueuse, qui m’as si bien poivré, Que je ne crois jamais en être délivré.

(Saint-Amant)

Rigaud, 1881 : Payer, — dans le jargon des voleurs. — Surfaire. — Falsifier. Poivrer le pive, falsifier le vin.

La Rue, 1894 : Payer. Surfaire. Falsifier, empoisonner. Communiquer la syphilis.

Virmaître, 1894 : Quand la cuisinière poivre trop ses mets, elle met le feu au palais des convives. Quand une femme poivre un homme, le poivré maudit Christophe Colomb comme François Ier la belle Ferronnière (Argot du peuple).

France, 1907 : Donner la syphilis. Se faire poivrer, l’attraper. Celle qui la donne a reçu le nom de poivrière.

Ils continuaient l’histoire de Marie Mange-mon-prêt, qui avait poivré en une seule nuit quarante-trois voltigeurs, sans compter les enfants de troupe, ou la partie de piquet avec des cartes usées par six générations d’aides de cuisine, car il était difficile, à première vue, de distinguer l’as de trèfle du valet de carreau.

(Hector France, L’Homme qui tue)

Toi louve, toi guenon, qui m’as si bien poivré,
Que je ne crois jamais en être délivré.

(Saint-Amant)

Porte-trèfle

Larchey, 1865 : Culotte (Vidocq). V. Trèfle.

Delvau, 1866 : s. m. Pantalon, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Pantalon.

France, 1907 : Culotte. Voir Trèfle.

Pouce !

Fustier, 1889 : Exclamation que poussent les enfants dans leurs jeux en tenant le bras levé et les doigts fermés, moins le pouce. Les gamins indiquent ainsi avec cette sorte de drapeau parlementaire qu’ils cessent momentanément de jouer et qu’on n’a aucune prise sur eux. Ils disent aussi trèfle, par corruption de trêve.

Tref, treffe

France, 1907 : Tabac. Déformation de trèfle.

Puis… mal fringué… fauché… sans treffe,
J’os’rais seul’ment pas y causer ;
Donc un béguin, c’est comm’ des nèfes,
Quant au lapin… c’est tout posé !

(Jehan Rictus, Les Soliloques du Pauvre)

Trefle

Hayard, 1907 : Tabac.

Trèfle

Larchey, 1865 : Anus. — Corruption de trou. — V. Trèpe.Vise au trèfle : Apothicaire (Vidocq).

Larchey, 1865 : Tabac. — Allusion à la couleur brune de ce fourrage, quand il est sec.

Delvau, 1866 : s. m. Le podex, — dans l’argot des faubouriens. Vise-au-trèfle. Apothicaire.

Rigaud, 1881 : Derrière.

Merlin, 1888 : Tabac.

Fustier, 1889 : Argent monnayé. Argot des gavroches.

Virmaître, 1894 : Tabac (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Tabac.

France, 1907 : Anus.

France, 1907 : Argent. Les nécromants, astrologues et sorciers du moyen âge attribuaient au trèfle de merveilleuses propriétés, entre autres, celle d’annoncer de l’argent. De là à signifier l’argent lui-même, la pente était facile. Cette propriété était surtout celle du trèfle à quatre feuilles : « Celui ou celle qui trouve le trèfle à quatre feuilles, disent les Évangiles des Quenouilles, s’il le garde en révérence, sachiez, pour aussi vray que Évangile, qu’il sera eureux et riche toute sa vie. »

France, 1907 : Tabac.

Qu’on le traitât de grand mac, feignant comme un prêtre, il en riait ; mais qu’on s’amusât à lui fourrer, ainsi qu’on le fit, des paquets de cheveux dans son trèfle, des poignées de roncés dans son pieu de goémon et des cervelas d’étron dans sa soupe, ah ! zut, alors !

(Jean Richepin)

anon., 1907 : Tabac.

Trèfle !

Fustier, 1889 : Argot des enfants. (V. Pouce.)

Trèfle à cinq feuilles

France, 1907 : Gifle.

Trèfle ou tref

Delvau, 1866 : s. m. Tabac, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens. On dit aussi Trèfoin. Longuette de tref. Tabac en carotte.
On dit aussi Trifois, — d’où Trifoissière pour Tabatière.

Trèfle, tréfoin

La Rue, 1894 : Tabac. Trefflière, tabatière. Passer au trèfle, battre (passer à tabac). Trèfle signifie aussi argent et trou.

Trèfle, tréfouin

Rigaud, 1881 : Tabac à fumer.

Tréfoin

M.D., 1844 : Tabac.

Virmaître, 1894 : Tabac. Ce mot est très vieux ; il est employé par Eugène Sue dans les Mystères de Paris.
— Pas de tréfoin à mettre dans ma chiffarde. (Argot des voleurs).

France, 1907 : Tabac ; argot populaire. Déformation de trèfle.

Trèpe

Vidocq, 1837 : s. f. — Affluence de peuple. Terme des saltimbanques et des voleurs parisiens.

Clémens, 1840 : Rassemblement.

Larchey, 1865 : Foule. — Corruption de Troupe. V. Garçon, Trèfle.

Rigaud, 1881 : Foule, — dans le jargon des voleurs. — Servir de trèpe, faire ranger la foule. (L. Larchey)

Virmaître, 1894 : Ne veut pas dire la foule, comme le disent les dictionnaires d’argot ; ce mot veut dire clientèle, d’après Loyssel.

Faut pas blaguer, le trépe est bath
Dans ce taudion, i s’trouve des rupins
Si queuq’s gonciers traînent la savate
J’en ai r’bourré qu’ont d’scarpins. (Argot des voleurs).

Trinquer

Fustier, 1889 : Ce verbe, qui, dans l’argot, a le sens propre de être battu, s’emploie aussi au figuré comme synonyme de : être malmené, être tancé.

Il faut que M. B… (qui a fortement trinqué dans cette séance) et les actionnaires résilient leurs baux.

(Intransigeant, sept. 1888)

La Rue, 1894 : Recevoir des coups. Être malmené.

Virmaître, 1894 : Boire en choquant son verre. Trinquer : recevoir une volée (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Recevoir des coups ou des réprimandes.

Hayard, 1907 : Être battu.

France, 1907 : Être battu, recevoir des horions.

— Ah ! tu cherches à me prendre mon amant de cœur et tu viens me faire des propositions malhonnêtes !… Assez, charogne… Hors d’ici ou tu vas trinquer.

(Dubut de Laforest)

France, 1907 : Être l’innocente victime.

C’est presque toujours ainsi que ça se pratique dans les tueries : des pauvres diables qui ont laissé passer l’insurrection sans se mettre pour ou contre, sont choppés par les réacs et fusillés ou assommés sans pitié.
On a vu ça après la Commune ; si on pouvait faire le calcul, on trouverait que parmi les 35.000 victimes de la Semaine Sanglante, la moitié au moins étaient restés chez eux.
Cela prouve que c’est un mauvais calcul de s’abriter sous un bonnet de coton, en temps de guerre civile : on trinque quand même ! Et on n’a pas la satisfaction d’être escoffié pour quelque chose.

(Le Père Peinard)

C’matin, en r’venant d’la corvée
Comm’ j’croustillais mon biscuit,
V’là qu’tout à coup dans la chambrée
Rentre l’adjudant qui me dit :
« Ousqu’il est donc l’margis d’semaine ?
— J’sais pas, que j’réponds, mon leut’nant,
— Sais pas, m’ferez deux jours pour la peine. »
Y a pas, c’est moi que j’trinque tout l’temps.

(Th. Ailllaud)

France, 1907 : Payer pour les autres.

Des fois, je reçois un’ lettre chargée
Avec une pièce de trois francs ;
Alors faut voir á la chambrée
Les copains m’fair’ des boniments,
Pis à la cantine on m’entraîne,
On boit des schnicks, des mazagrans,
Et l’on m’dit : À la tienne, Étienne !
Et pis c’est moi qui trinque tout l’temps.

(Th. Aillaud)

France, 1907 : Perdre.

— Le trèfle gagne. Trop petit, bibi, t’as mal maquillé ton outil. V’là celle qui perd. J’ai trinqué, c’est pas gai. V’là celle qui gagne. La v’là encore. Du carreau, c’est pour ton veau. Du cœur, c’est pour ta sœur. Et v’là la noire !

(Jean Richepin)

Trouver mal sur (se)

Rigaud, 1881 : Chiper, s’approprier un objet. — Qu’est-ce qui s’est trouvé mal sur mon trèfle ?

Vasistas

d’Hautel, 1808 : Petite partie d’une porte ou d’une fenêtre qui s’ouvre à volonté. Mot presque toujours défiguré. Beaucoup de personnel disent, vagislas, pour vasistas.

Rigaud, 1881 : Monocle, — dans le jargon des voyous.

Bon, je retire ma provocation et mon vasistas.

(P. Mahalin, Les Monstres de Paris)

France, 1907 : Le derrière. Les dénominations argotiques de cette partie de notre individu sont nombreuses, nous les résumons ici : Arrière-train, as de pique, ballon, baril de moutarde, Bernard, bien séant, blaire, borgne, cadet, cadran, canonnière, contrebasse, cyclope, démoc, département du Bas-Rhin, disque, double-blanc, double-six, face au Grand Turc, faubourg figure, fignard, figne, fla, fleurant, foiron, foiroux, garde-manger, giberne, gingla, Luc, lune, machine à moulures, médaillon, messire Luc, moule à merde, moulin à vent, moutardier, n’a qu’un œil, naze, obusier, oignon, panier aux crottes, pétard, pedzouille, pétrousquin, piffe, ponant, proye, pronos, Prussien, rose des vents, ruelle aux vesses, salle de danse, schaffouse, schlingophone, soufflet, tabatière, tal, tirelire, tortillon, trèfle, troufignon, troussequin, verre de montre, vénérable, visage de campagne, visage sans nez.

France, 1907 : Monocle.

Vise au trèfle

Virmaître, 1894 : Infirmier. L’allusion est amusante (Argot du peuple).

Vise-au-tréfle

Rigaud, 1881 : Apothicaire du temps de M. de Pourceaugnac.

Vise-au-trèfle

France, 1907 : Apothicaire, infirmier ; argot populaire. Voir Trèfle.

Vise-au-trou

France, 1907 : Même sens que vise-au-trèfle.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique