France, 1907 : Se parer. Vieux français.
Servantes, pastourelles
C’est le mois d’mai,
Le mois d’aimer ;
Affutez-vous, les belles,
De biaux rubans
Pour vos galants.
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France, 1907 : Se parer. Vieux français.
Servantes, pastourelles
C’est le mois d’mai,
Le mois d’aimer ;
Affutez-vous, les belles,
De biaux rubans
Pour vos galants.
Dépot
France, 1907 : Prison située sous le Palais de Justice, enclavée derrière les tourelles de la Conciergerie, dans le massif d’édifices qui comporte la cour d’appel, le tribunal, les greffes, le parquet, la cour de cassation, la cour d’assises, et les services annexes de l’instruction, du petit parquet, de la préfecture de police, de la souricière, des archives, de l’assistance judiciaire, du bureau des amendes et des criées ; enfin, occupant tout le vaste quadrilatère du boulevard du Palais, du quai des Orfèvres, de la place Dauphine, du quai de l’Horloge, qu’on nommait jadis le quai des Morfondus.
On y conduit par le panier à salade toutes les personnes arrêtées par les agents. « C’est, dit Charles Virmaître, un lieu infect, indigne de notre époque, en raison de la promiscuité des détenus et de l’absence d’air et de lumière. Ce n’est pas dépôt que l’on devrait dire, mais dépotoir, car il y passe annuellement 67,000 individus, environ 13.000 vagabonds et 22,000 filles publiques. »
Marion garde la maison
France, 1907 : Ce vieux dicton, qu’on emploie encore en Province pour désigner une ménagère frustrée de tous plaisirs, ou une jeune fille reléguée à la maison comme Cendrillon, tandis que ses frères et sœurs s’amusent au dehors, est une allusion à une pièce de théâtre en vers français, composée à la fin du XIIIe siècle par Adam de la Halle intitulée Le Jeu de Robin et Marion, sur laquelle on a fait une foule de chansons et de pastourelles. Mais il paraît qu’il ne faut pas trop plaindre Marion de rester à la maison, car avec Robin le temps ne lui semblait pas long.
Pastoure
France, 1907 : Petite bergère ; abréviation de pastourelle, féminin de pastoureau, du latin pastorellus, diminutif de pastor, pasteur. Patois du Berry.
La Guillette prit avec sa fille une douzaine de jeunes et jolies pastoures, amies et parentes de sa fille, deux ou trois respectables matrones voisines fortes en bec, promptes à la réplique et gardiennes rigides des anciens us.
(George Sand, La Mare au diable)
Pastourelle
Rigaud, 1881 : « Les cavaliers désignent ainsi la sonnerie des hommes punis. » (Fr. de Reiffenberg.) Les cavaliers pour la pastourelle, en avant !
France, 1907 : Comédie religieuse qui se jouait autrefois aux laudes de Noël.
France, 1907 : Sonnerie qui appelle les hommes consignés au peloton de punition. On sait que la pastourelle est un terme de danse.
Tourlourou
Larchey, 1865 : Soldat du centre. — Forme du vieux mot turelureau, soldat de garnison. V. Du Cange. — Au quatorzième siècle, la turelure (prononcez toureloure) était une porte fortifiée, une sorte de château flanque de tourelles.
Si le tourlourou est solide sur l’école de peloton, il n’est pas moins ferré sur l’école de la séduction.
(M. Saint-Hilaire)
Delvau, 1866 : s. m. Soldat d’infanterie, — dans l’argot du peuple. Francisque Michel pousse une pointe jusqu’au XIVe siècle et en rapporte les papiers de famille de ce mot : turlereau, turelure, tureloure, dit-il. Voilà bien de la science étymologique dépensée mal à propos ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le mot tourlourou est moderne.
La Rue, 1894 : Conscrit. Fantassin.
Rossignol, 1901 : Ce mot qui, en français signifie jeune soldat, a une autre signification peu connue, mais dont on se sert cependant ; il a été importé de la Nouvelle-Calédonie par les déportés et transportés. Tous les Canaques savent que Tourlourou veut dire dauffé.
France, 1907 : Fantassin. Le mot est peu usité maintenant ; il l’était fort de 1830 à 1850 lorsque les régiments étaient divisés en compagnies d’élite, grenadiers et voltigeurs, et compagnies du centre, fusiliers ; ces derniers étaient les tourlourous ; du vieux français turelureau, soldat gardant la turelure ou tourloure, château fort. Dans sa Physiologie du troupier, Émile Marco de Saint-Hilaire décrit ainsi le tourlourou : « Quand le Jean-Jean est passé de l’école du soldat à l’école de peloton, il possède ce qu’on appelle le fil — qui n’est pas celui d’Ariane — pour se reconnaitre dans le labyrinthe d’exercices, de marches, de contremarches et de corvées diverses, où sa nouvelle nature lui ferait courir le risque de se fourvoyer ; c’est-à-dire qu’il est arrivé à l’état normal de tourlourou. Dès ce moment il ne lui est plus permis de s’emmêler dans la manœuvre, car il est parvenu à ce degré d’intelligence qui s’oppose à ce qu’il fourre précipitamment sa baïonnette dans la poche de son pantalon, au lieu de l’introduire avec tranquillité dans le fourreau de cuir à ce destiné…
Au résumé, le tourlourou est bon enfant, coquet, farceur, généreux, courtois, déluré, intrépide et voluptueux ; c’est un lion à la mamelle un viveur en herbe, un gants-jaunes encore inédit, Bernadotte, Bessières, Brune, Junot, Lannes, Lefebvre, Murat, Rapp, et une foule d’autres que je pourrais nommer, ont commencé par être tourlourous, ce qui ne les a pas empêchés de devenir roi, prince, duc, comte, baron, et autre chose par-dessus le marché. »
Puis à travers les trognons d’choux
On voit des grands canonniers roux
Et de tout petits tourlourous
Qu’ont rien d’la veine,
Car, avec des airs triomphants,
I’s vont, avec les bonn’s d’enfants,
Dans les p’tits coins s’asseoir dedans…
(A. Bruant)
Tourner le ciboulot
France, 1907 : Tourner la tôle, affoler.
Hélas ! dans quel art on la traîne,
Jehanne, la bonne Lorraine !
Et que les Français sont… Français !
Pendant des siècles ils l’ignorent,
Et puis tout à coup ils l’arborent,
Tombant dans un contraire excès.
Ils ne jurent plus que par elles :
Cette héroïque pastourelle
Leur à tourné le ciboulot,
Ils l’appliquent sur leur détresse
Et sur leur âme pécheresse
Ni plus ni moins qu’un rigolot.
Au moment où le pays sombre
Loin de son honneur ancien,
Ils croient que cette vierge sage
Va leur refaire un pucelage,
Si j’ose dire, avec le sien.
(Raoul Ponchon)
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