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Abbaye de s’offre à tous

Delvau, 1864 : Bordel, dont les victimes cloîtrées s’offrent volontiers à tout venant qui tient à communiquer avec elles sur l’autel de leur dieu des jardins.

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance du temps jadis.

Abbesse

Delvau, 1864 : Grosse dame qui tient un pensionnat de petites dames à qui on n’enseigne que les œuvres d’Ovide et de Gentil-Bernard : autrement dit Maîtresse de bordel, — le bordel étant une sorte de maison conventuelle habitée par d’aimables nonnains vouées, toutes au dieu de Lampsaque.

Lorsque tu vas rentrer, ton abbesse en courroux
Te recevra bien mal et te foutra des coups.

(Louis Protat)

Fustier, 1889 : Maîtresse d’une maison de tolérance. On dit plus communément : Madame.

La Rue, 1894 : Maîtresse d’une maison de tolérance.

Virmaître, 1894 : Maîtresse d’une maison de tolérance. Allusion aux filles qui sont cloîtrées comme dans un couvent (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Tenancière d’une maison à gros numéro où les pensionnaires sont cloitrées et reçoivent la visite d’hommes, le plus possible.

France, 1907 : Matrone d’une maison de tolérance qu’on désignait aussi sous le nom de couvent. On dit également mère abbesse, ce que les gens polis appellent comme elles dames de maisons.

Les dames de maisons ne sont, de fait, que des prostituées qui en réunissent d’autres ; si elles n’appartiennent pas à la classe des prostituées lorsqu’elles demandent leur livret, la demande de ce livret équivaut à un véritable enregistrement parmi les prostituées. Si elles allèguent que, pour tenir des prostituées, elles ne se prostituent pas elles-mêmes, quelle garantie peut donner de cette allégation l’état auquel elles se vouent ? Il y a faculté implicite pour elles de tirer parti de leur personne, comme elles le font des femmes qu’elles régissent, sans qu’elles puissent donner aucune garantie du contraire. Tous les peuples civilisés ont, d’un commun accord, placé les prostituées en dehors de la loi commune. Mais quelle est la plus coupable de celle qui se prostitue pour ne pas mourir de faim, ou de celle qui, par calcul, par avarice, prostitue les autres, et emploie pour cela les moyens les plus iniques, les plus immoraux, les plus infâmes, ceux enfin qui répugnent le plus aux règles de ce sentiment intérieur que la nature place dans le cœur de tous les hommes ? Que l’on consulte à cet égard l’opinion du public, et l’on verra que s’il y a une différence entre une dame de maisons et ses tristes victimes dans le mépris qu’il leur porte, l’avantage ne se trouve pas du côté de la première. Or, en cela, comme dans beaucoup d’autres choses, le jugement du public doit être notre règle ; j’ai sondé à ce sujet l’opinion de ceux qui ont étudié ce qui regarde la prostitution et j’ai trouvé dans tous mépris profond pour les dames de maisons, et mépris adouci par la commisération pour les prostituées.

(Parent-Duchâtelet, De la prostitution dans la ville de Paris)

On disait au siècle dernier Appareilleuse (Voir Maquerelle).

Ils furent de là prendre des courtisanes chez une appareilleuse.

(La France galante)

Baiser Lamourette

France, 1907 : Réconciliation de peu de durée.

Un baiser historique célèbre et dont le souvenir fait sourire à tort, c’est le baiser Lamourette.
L’Assemblée législative de 1792 était divisée. Des députés, les uns voulaient la paix, les autres la guerre. Un parti soutenait la constitution monarchique, un autre parti essayait de la renverser pour rétablir la République.
Cependant les armées ennemies allaient passer la frontière, entrer en France.
Devant ce cri : « La patrie est en danger ! » Les discordes civiles devraient-elles continuer à troubler les discussions de l’Assemblée ? Une pensée commune ne devrait-elle pas réunir tous les citoyens ?
Un brave homme, l’abbé Lamourette, monta à la tribune et fit un appel à la conciliation.
— Jurons de n’avoir qu’un seul esprit, qu’un seul sentiment ! Jurons-nous fraternité éternelle ! Que l’ennemi sache que ce que nous voulons, nous le voulons tous, et la patrie est sauvée !
À ces mots, un souffle d’enthousiasme passa sur l’Assemblée. Les députés des opinions les plus opposées se jetèrent dans les bras les uns des autres. Il n’y eut plus ni droite ni gauche, mais des hommes confondus, échangeant un baiser fraternel. Ce ne fut qu’une trêve dans la guerre implacable entre l’ancien régime et le nouveau ; et pourtant le baiser Lamourette s’impose à l’histoire par sa grandeur, car il représente, dans la Révolution, la tolérance philosophique : des hommes épris du bien, combattant pour le triomphe de leurs idées sans cesser de s’aimer, oubliant, à un moment donné, leurs querelles dans l’élan d’un sentiment de justice et d’amour.

Bateau de fleurs

France, 1907 : Maison de tolérance, terme poétique venu de l’Extrême Orient, où ces maisons sont d’ordinaire installées sur des bateaux.

Il est bon de savoir que ce diable de Roland avait adopté depuis de longues années une maison… close… une de ces maisons hospitalières… que les Chinois, dans leur langage ourlé, nomment un bateau de fleurs… et que Zola appelle dans son style naturaliste, un… Ma foi !… je n’ose pas.
Enfin, la maison était située rue ***, numéro 60.

(Pedro Garcias)

Dis un bordel, imbécile !

Bazar

Delvau, 1864 : Bordel, — qui est en effet un endroit où l’on expose la femme comme marchandise.

Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames.

(Lemercier de Neuville)

Larchey, 1865 : Maison chétive, ou mal distribuée.

Petit bazar entre cour et jardin.

(Labiche)

Bazar : Mobilier.

J’ai vendu la moitié de mon bazar pour payer le médecin.

(E. Sue)

Mot contemporain de notre entrée en Afrique. Bazarder : Vendre.

J’ai bazardé mon pantalon.

(Les Tribunaux)

Delvau, 1866 : s. m. Ensemble d’effets mobiliers, — dans l’argot de Breda-Street.

Delvau, 1866 : s. m. Maison où les maîtres sont exigeants, — dans l’argot des domestiques paresseux ; maison quelconque, — dans l’argot des faubouriens ; maison de filles, — dans l’argot des troupiers.

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance. Terme de mépris pour désigner une maison, un établissement quelconque. Envoyer promener tout le bazar, envoyer promener toute la maison.

Rigaud, 1881 : Mobilier, vêtements. — Laver tout le bazar, vendre tout le mobilier.

Rigaud, 1881 : Or étranger, or à bas titre, — dans le jargon des bijoutiers.

Fustier, 1889 : Lycée, pension.

Les jeunes citoyens de l’avenir, vulgo les potaches, ont réintégré avant-hier leurs prisons respectives. Ils se sont acheminés vers le bazar.

(Événement, 1881)

France, 1907 : Maison de tolérance, bordel, terme militaire ; précédé de sale, appellation que donne les domestiques à la maison de leurs maîtres. Se dit aussi des menus objets que possèdent dans leurs pupitres les écoliers. Bazar signifie aussi lycée et pension, dans l’argot des potaches.

Bocard

Clémens, 1840 : Lieu public où vont les filles.

Delvau, 1866 : s. m. Mauvais lieu habité par des femmes de mauvaise vie. Argot des soldats.

Virmaître, 1894 : Maison de tolérance (Argot du peuple). V. Magasin de blanc.

Rossignol, 1901 : Tôle ou Christ, maison à grand numéro.

France, 1907 : Beaucaire ; argot des voleurs.

France, 1907 : Même signification que Boc.

Bocson

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance, lieu mal famé.

La Rue, 1894 : Logis, garni.

France, 1907 : Maison de prostitution, bordel, garni de bas étage ; église, dans l’argot des libres penseurs.

Quand douze plombes crossent,
Les pègres s’en retournent
Au tapis de Montron.
Montron, ouvre ta lourde,
Si tu veux que j’aboule,
Et piausse en ton bocson.

(Mémoires de Vidocq)

Boîte à pantes

Virmaître, 1894 : Maison de tolérance. Cette expression n’est pas juste ; il n’est pas nécessaire d’être un pante, c’est-à-dire un imbécile, pour s’offrir une satisfaction avec G. D. G. (Argot des voleurs). V. Bocard.

Boucan

d’Hautel, 1808 : Au propre, lieu où les sauvages font fumer leurs viandes. Au figuré ; terme de mépris ; lieu de débauches et de prostitution ; tripot ; maison sans ordre, sans tenue.
Boucan. Signifie aussi charivari ; vacarme ; bruit que l’on fait soit en se divertissant, soit en querellant ou en grondant quelqu’un.
Faire boucan. Se divertir d’une manière scandaleuse ; faire, un tintamare, un tapage affreux en se réjouissant.
Il m’a fait un beau boucan. Pour, il m’a grondé d’importance ; il m’a fait de vifs reproches.

Delvau, 1866 : s. m. Vacarme ; rixe de cabaret, — dans l’argot du peuple. Faire du boucan. Faire du scandale, — ce que les Italiens appellent far bordello. Donner un boucan. Battre ou réprimander quelqu’un.

Rigaud, 1881 : Tapage. Faire du boucan. — Donner un boucan, gronder en élevant très fort la voix, à grand bruit.

C’est un lieu de débauche, dans les petites rues, écarté du grand monde ; les chambres y sont obscures et malpropres, parce que les jeunes gens qui y vont, et qui ont gagné quelques faveurs, c’est-à-dire du mal, y font souvent tapage, et jettent tous les meubles par la fenêtre ; c’est pourquoi les pourvoyeuses ont grand soin de ne garnir leur académie que de quelques chaises avec quelques paillasses.

(Le Roux, Dict. comique)

Tout se retrouve. Nos troupiers appellent, aujourd’hui, une maison de tolérance « un bouc » par abréviation de boucan.

Virmaître, 1894 : Bruit, tapage, chahut, scandale. Un boucan s’organise pour empêcher un orateur de parler ou un acteur de remplir son rôle. Les étudiants sont passés maîtres dans l’art d’organiser un boucan (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Faire du bruit, du tapage, est faire du boucan.

France, 1907 : Vacarme, bruit discordant ; de bouc, animal querelleur. Donner du boucan à quelqu’un, réprimander ou battre.

Boui ou bouis

France, 1907 : Maison de tolérance, bordel ; argot populaire. De bouis, cloaque.

Bouis

d’Hautel, 1808 : Un bouis. Terme bas et de mépris ; cloaque, maison de débauche et de prostitution ou les honnêtes gens se gardent bien d’entrer.

Bras-de-Fer, 1829 : Fouet.

Vidocq, 1837 : s. m. — Bordel.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Delvau, 1866 : s. m. Fouet, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance, — dans l’ancien argot.

France, 1907 : Fouet.

Bouis-bouis

Rigaud, 1881 : Café-concert, petit théâtre à femmes, petit restaurant, où ces dames, aux jours d’épreuves, vont prendre leur nourriture. Dans le jargon des voleurs, un bouis est une maison de tolérance, et le nom vulgaire de la maison de tolérance a également la signification de bruit, tapage ; d’où bouis-bouis, pour désigner un endroit à femmes, un endroit où règnent le vacarme et les mauvaises mœurs.

Rigaud, 1881 : Marionnette.

Ensecréter un bouis-bouis, consiste à lui attacher tous les fils qui doivent servir à le faire mouvoir.

(Privat d’Anglemont)

Virmaître, 1894 : Endroit mal famé. Se dit d’un café comme d’un théâtre de dernier ordre (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Établissement de bas étage. Un bal de barrière est généralement un bouis-bouis.

Boxon

un détenu, 1846 : Maison de filles.

Delvau, 1864 : Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s’y boxe souvent, — et non comme l’avance Francisque Michel, sans preuves à l’appui, parce qu’il y avait autrefois, à la porte de ces maisons-là, comme à la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. buxus).

Y dit qu’dans tous les boxons
On le r’çoit en paillasson.

(Dumoulin)

Delvau, 1866 : s. m. Mauvais lieu habité par de jolies filles, — dans l’argot des faubouriens.

Virmaître, 1894 : Maison de tolérance. Maison mal famée, dit le sénateur Bérenger, sans doute parce qu’il y a de fort jolies femmes. Question d’appréciation (Argot du peuple). V. Bocard.

Rossignol, 1901 : Voir bocard.

Hayard, 1907 : Maison de tolérance.

France, 1907 : Maison de prostitution.

Cambrouse

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Servante, cuisinière.

Clémens, 1840 : Campagne.

Larchey, 1865 : Campagne (Vidocq). — Du latin campus : campagne. — Cambrousier : Voleur de campagne (id.). — V. Garçon.

La rousse pousse comme des champignons, et même dans la cambrouse, ils viennent vous dénicher.

(Patrie du 2 mars 1852)

Delvau, 1866 : s. f. Gourgandine, — dans l’argot des faubouriens, qui se rencontrent sans le savoir avec les auteurs du Théâtre-Italien.

Rigaud, 1881 : Campagne. Cambrousier, paysan, — dans le jargon des marchands forains.

Rigaud, 1881 : Pensionnaire d’une maison de tolérance, — dans l’ancien argot.

Rossignol, 1901 : Campagne. Celui qui est né ou qui habite la campagne est un cambrousier.

Carat

d’Hautel, 1808 : Il est bête à trente-six carats. Manière exagérée et grossière d’exprimer qu’un homme est d’une stupidité, d’une ineptie au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer.

Rossignol, 1901 : Années. Ce mot est employé par les placiers ou correspondants de maisons de tolérance de province pour désigner l’âge d’une femme : il dira que le colis qu’il va expédier a dans les dix-huit carats pour âge.

Carreaux brouillés

Delvau, 1866 : s. m. pl. Maison mal famée, tapis franc, — abbaye des s’offre-à-tous.

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance.

De par le règlement, les volets doivent être fermés, les carreaux dépolis dans ces dépotoirs à gros numéros.

(Le Sublime)

France, 1907 : Cabaret borgne, maison mal famée, dont les carreaux sont, en effet, ordinairement blanchis à l’intérieur, pour empêcher de voir ce qui se passe au dedans.

Change

Rigaud, 1881 : Trousseau fourni par les maîtresses de maison de tolérance à leurs pensionnaires, — dans le jargon des filles. Rendre son change, laisser ses nippes quand on passe d’une maison dans une autre.

France, 1907 : Substitution d’un jeu de caries prépare à celui qui est sur la table.

Méfiez-vous d’un banquier qui, après avoir pris une poignée de cartes pour servir les tableaux, se démène, fouille dans ses poches, prend son porte-billets, son mouchoir, son étui à cigares, assujettit sa chaise, se penche vers ses voisins, parle au croupier en se penchant sur la table, fait une réclamation bruyante, se querelle avec un ponte, froisse les cartes, se plaignant de leur mauvaise qualité, demande du feu en se tournant un peu de côté, etc., etc. Tout ce manège est pour dérouter l’attention et opérer le change de la poignée de cartes qu’il tient dans la main, afin de les remplacer par d’autres cartes qu’il a sur lui et qui sont « séquencées. »

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on triche)

France, 1907 : Vêtement de ville que les maîtresses de lupanar prêtent à une fille qui passe d’une maison dans une autre.

La plupart entrent au bordel ne possédant ni bas, ni souliers, ni chemises. Lorsque c’est à la prison où à l’hôpital qu’elles ont été recrutées, la dame de maison qui les a retenues est obligée de leur envoyer de quoi se couvrir ; et quand elles passent d’un lupanar à un autre, elles ne peuvent le faire qu’avec les vêtements appartenant à la maîtresse qu’elles quittent. Les filles ont une expression pour désigner ce trousseau lorsqu’elles le renvoient à sa propriétaire ; elles disent alors « quelles rendent leur change. »

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Claque

d’Hautel, 1808 : Il ne vaut pas une claque. Manière fort incivile de dire que quelqu’un ou quelque chose n’a ni mérite ni valeur.
Donner une claque. Pour, frapper avec la main, donner un soufflet.

Delvau, 1866 : s. f. Soufflet, — dans l’argot du peuple, qui aime les onomatopées. Figure à claques. Visage moqueur qui donne des démangeaisons à la main de celui qui le regarde.

Virmaître, 1894 : Maison de tolérance. Abréviation de claque-dents (Argot du peuple).

Hayard, 1907 : Maison de tolérance.

France, 1907 : Hôpital et, aussi, maison de prostitution.

— Je n’ai qu’un mot à vous dire : c’est pour cette nuit l’exécution. Rendez-vous vient d’être pris à la minute pour minuit au claque de la mère Poivre-et-Sel. Que pas un de vous ne manque. C’est dit, n’est-ce pas ? Au claque… à minuit !

(Michel Morphy, Les Mystères du crime)

France, 1907 : Restaurant de dernier ordre. On dit aussi, dans le même sens, claque-dents.

France, 1907 : Soufflet.

— J’voulais être aimée, moi. J’ai pas été heureuse, ici… Tiens.… si j’ai mal fait, c’est ta faute à toi, maman, et à toi aussi, p’pa. Vrai !… Qu’est-ce que vous avez fait pour que je vous aime ? Des claques, d’abord, et puis…

(L.-V. Meunier, Chair à plaisir)

Claque, claquedent

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance, — dans Je jargon des voleurs. — Dans le jargon des voyous, claque s’entend par extension d’une fille de maison publique ; ils disent également : les gonzesses de la claque.

Quand les gonzesses de la claque vont à Montretout il y a toujours du rabiot pour Saint-Lago. Quand les filles de maison passent à la visite, il y a toujours du profit pour St-Lazare.

Claquedent se prend encore dans le sens de mauvais lieu quelconque, cabaret borgne ou tripot.

Si parmi les joueurs, quelques honnêtes gens s’étaient fourvoyés, tous, du moins, fréquentaient le claquedent pour des motifs plus ou moins avouables.

(Vast-Ricouard, Le Tripot)

Colis

Virmaître, 1894 : Les courtiers ou placeurs qui racolent les femmes sur la voie publique pour les expédier dans les maisons de tolérance ; nomment les femmes des colis :
— J’ai à vous expédier un colis de 50 kilos (Argot des souteneurs). N.

Rossignol, 1901 : Chose embarrassante. Votre belle-mère est parfois un colis qu’il faut emmener promener. Un placeur pour pensionnaires de maisons de tolérance, lorsqu’il expédie une femme, l’appelle un colis. Un agent de la sûreté qui arrête un assassin en province télégraphie à son chef : colis en gare ; s’il mettait« assassin arrêté » la dépêche serait interceptée, envoyée au ministère de l’intérieur, de là au préfet de police et ensuite au chef de la sureté qui, devant être le premier avisé, serait le dernier.

France, 1907 : « Les courtiers ou placeurs qui racolent les Femmes sur la voie publique, pour les expédier dans les maisons de tolérances, nomment les femmes des colis :
— J’ai à vous expédier un colis de 50 kilos. »

(Ch. Virmaître)

Coup de filet

France, 1907 : Tactique policière par laquelle on s’empare de malfaiteurs où de prostituées, rassemblés au mème endroit.

— Dans la clientèle hétérogène de ces marchands de vin, reprit le préfet, il doit se trouver des bandits, et je m’explique la tolérance laissée par mes prédécesseurs à des cabaretiers chez lesquels ou peut toujours opérer un fructueux coup de filet !

(G. Macé, Un Joli monde)

Curieux

d’Hautel, 1808 : On dit d’un homme curieux, indiscret et avare, qu’Il veut tout savoir et ne rien payer.

Vidocq, 1837 : s. m. — Juge d’instruction, président du tribunal.

Halbert, 1849 : Juge.

Larchey, 1865 : Juge d’instruction. — Il est curieux par métier. V. Escrache.

Le curieux a servi ma bille (mon argent).

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. m. Le juge d’instruction, — dans l’argot des voleurs, qui, en effet, n’aiment pas à être interrogés et veulent garder pour eux leurs petits secrets.

Rigaud, 1881 : Commissaire de police. — Juge d’instruction.

La Rue, 1894 : Commissaire de police. Juge d’instruction. Président d’assises.

Virmaître, 1894 : Juge (Argot des voleurs). V. Palpeurs.

Rossignol, 1901 : Juge. C’est un curieux, parce qu’il met le nez dans vos affaires.

Hayard, 1907 : Juge.

France, 1907 : Amateur de scènes crapuleuses qui fréquente les bains de vapeur pour assister à des actes honteux. Dans les maisons de tolérance, on les appelle voyants.

En dehors des gens qui se rendent aux bains de vapeur pour satisfaire leurs passions, il y a la clientèle courante que l’hygiène amène seule et où figurent des individus connus sous le nom de curieux. Ils n’aiment pas les femmes, n’ont aucun goût pour les plaisirs contre nature, et cependant ils séjournent des journées entières dans ces établissements : ils mangent, boivent, fument, circulent dans les salles et semblent heureux d’entendre des paroles obscènes, et d’assister à des actes répugnants. C’est là une curiosité maladive assez commune qui charme leurs oreilles et satisfait leur vue.

(Gustave Macé)

France, 1907 : Juge. Il veut, en effet, tout savoir.

— Son couteau… son couteau à lui. Prenez-lui son couteau dans la poche… Vous ne comprenez donc pas, double brute, que quand on trouvera ce couteau, les curieux seront convaincus qu’ils sont en présence d’un suicide… Là ! y êtes-vous ?… Moi, je m’empare des précieux papiers.

(Georges Pradel, Cadet Bamboche)

Grand curieux, président de cour d’assises. Curieux de la planche au pain, président de tribunal. Curieux à mal faire, voleur maladroit.

District

Virmaître, 1894 : Maison de tolérance. Ces maisons sont parquées dans des quartiers spéciaux. C’est un restant des vieilles coutumes du moyen-âge, où les ribaudes étaient parquées dans les clapiers de la Cité. Mot à mot : maison dans un district (Argot des souteneurs). V. Bocard.

En remonte (aller)

France, 1907 : Se dit des teneuses de maisons de tolérance ou de leurs agents en quête de filles, pour alimenter leur établissement.

Ces matrones se trouvaient là en remonte, guettant quelque malheureuse fille, isolée, sans appui, sans espoir à sa sortie de Saint-Lazare, à laquelle on offrirait asile, nourriture et honoraires, à condition de se montrer complaisante et de faire tout ce qu’on lui demanderait.

(Edmond Lepelletier)

Faffes à l’estorgue

Virmaître, 1894 : Faux papiers. Il faut que les filles aient vingt-et-un ans pour être admises dans les maisons de tolérance ; il existe des fabriques de faux papiers pour maquiller les états civils ; d’une brune on en fait une blonde, d’une Marseillaise on en fait une Lilloise (Argot des souteneurs). V. Lopheur. N.

Faffes à l’estorgues

France, 1907 : Faux papiers. « Il faut, dit Ch. Virmaître, que les filles aient vingt et un ans pour être admises dans les maisons de tolérance ; il existe des fabriques de faux papier pour « maquiller » les états civils ; d’une brune on en fait une blonde, d’une Marseillaise on en fait une Lilloise. »

Faire femme

Rigaud, 1881 : Au régiment, le troupier qui a l’habitude de sortir avec la même femme, celui qui, dans une maison de tolérance, consomme habituellement avec la même Dulcinée, « fait femme ». La variante est : Avoir une femme en consigne.

Faire la paire

Rigaud, 1881 : Se sauver, — dans l’argot du peuple. Mot à mot : faire la paire de jambes. — Faire la paire en fringue, se sauver d’une maison de tolérance en emportant les hardes prêtées par la matrone.

Rossignol, 1901 : S’en aller, se sauver.

Hayard, 1907 : Se sauver.

France, 1907 : Courir, se sauver.

Un matin, un bougre assez bien nippé entrait dans un gargot du boulevard et, après s’être enfilé une bleue, se calait les joues d’un déjeuner copieux. Quand vint le moment de passer à la caisse, n’ayant pas un pelo en poche, le type tenta de se faire la paire. Il se fit indiquer les chiottes, s’enfila par une porte dérobée et gagna le boulevard.

(La Sociale)

Faire le quart

Rossignol, 1901 : On dit qu’un mac est un entier dont la moitié fait le quart. Ce mot quart vient de ce que les filles des maisons de tolérance de province font, à tour de rôle, une faction d’un quart d’heure à une porte à claire-voie, pour appeler les clients.

France, 1907 : Battre le trottoir à la recherche de l’homme.

I’s ont des Louis
Qu’a beaucoup d’louis
Sans beaucoup d’peine,
Car, à l’écart
A font leur quart
À la Mad’leine.

(Aristide Bruant)

Figurants du salon

Virmaître, 1894 : Certaines maîtresses de maisons de tolérance pour faire croire à une clientèle choisie, paient chaque soir plusieurs individus qui figurent au Salon. Rue Sainte-Appoline, une de ces maisons eut pour figurants pendant plusieurs années deux acteurs devenus très célèbres (Argot du peuple). N.

Flanelle (faire)

Virmaître, 1894 : Entrer dans une maison de tolérance, peloter le personnel sans consommer (Argot des souteneurs).

Hayard, 1907 : Entrer dans un établissement et en sortir sans rien acheter ni consommer.

Garni de tolérance

France, 1907 : Maison de passe.

Dans les villes de province, surtout dans les villes maritimes, il est une classe de filles isolées que la police oblige à loger dans un quartier affecté à la prostitution de bas étage.
Elles habitent des maisons garnies, appelées garnis de tolérance, pour un loyer de 1 à 2 francs par jour. Ce sont de simples chambres au rez-de-chaussée, prenant jour sur la voix publique par une fenêtre et une porte. Les filles se tiennent tout le jour et souvent la nuit, jusque vers le matin, assises ou debout, sur le seuil de leur porte, pour appeler les passants. Elles forment ainsi, dans toute la longueur des rues, un double rang de sentinelles, échangeant des interpellations rauques ou aiguës, des injures ou des lazzis ; allant, venant d’une maison à l’autre ; coiffées de fleurs fanées ou de madras à carreaux ; chaussées de savates ou de sabots, débraillées, fardées, avinées, faisant aux passants des signes et des appels, elles donnent à tout le quartier un aspect étrange et repoussant.

(Dr Jeannel)

Gros numéro

Delvau, 1864 : Bordel.

Delvau, 1866 : s. m. Prostibulum.

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance.

France, 1907 : Lupanar.

Institutrice

Rigaud, 1881 : Maîtresse d’une maison de tolérance, — dans le jargon du peuple.

France, 1907 : Matrone d’un lupanar.

Mac, maca

La Rue, 1894 : Apocope de macquereau, macquerelle. Maman maca, maîtresse d’une maison de tolérance.

Maca

d’Hautel, 1808 : Une vieille Maca. Terme de mépris. Entremetteuse ; femme vieillie dans le vice et la débauche, et qui vit du commerce honteux de prostitution.

Delvau, 1864 : Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

Rigaud, 1881 : Maquerelle, proxénète. — Mère maca, macquecée, maîtresse d’une maison de tolérance. Maca suiffée, riche matrone.

France, 1907 : Morgue. Abréviation de machabé.

France, 1907 : Tennancière de lupanar. Abréviation de maquerelle ou peut-être de macaque, guenon. On dit aussi maman-maca.

Magasin de blanc

Delvau, 1864 : Bordel — où l’on dépose en effet des quantités considérables de sperme.

La Rue, 1894 : Prostibulum.

Virmaître, 1894 : Maison de tolérance. Il est assez difficile d’expliquer le pourquoi de cette expression ; elle vient sans doute de ce que dans le peuple, tous ceux qui vivent de la femme sont des mangeurs de blanc. La maquerelle est dans ce cas (Argot du peuple). N.

Maison (dame de)

France, 1907 : Maîtresse d’une maison de tolérance.

Maison de passe

France, 1907 : Maison où l’on accueille les personnes de différents sexes qui s’y donnent rendez-vous.

Un grand nombre de maisons de passe sont sous la coupe de la polie. Ce sont des maisons tolérées par l’administration, à qui elles rendent de fréquents services en dénonçant les prostituées inscrites qui viennent s’y cacher.

(Dr Jeannel)

Eh quoi ! une malheureuse que la faim, la misère poussent sur le trottoir est exposée, à chaque minute, à être ramassée dans une de ces rafles qui, de temps à autre, soulèvent de dégoût le cœur de Paris, et, dans ces lupanars autorisés, où la gargote du jour se transforme la nuit en maison de tolérance, à moins que ce ne soit — pis encore ! — en maison de passe, la police laisse, sous son œil bienveillant, avec la fameuse permission de 3 heures du matin, se pratiquer le marchandage de chair humaine le plus éhonté, le plus révoltant qui se puisse imaginer.

(La Nation)

Maison de tolérance

Delvau, 1864 : Bordel, que non-seulement la préfecture de police tolère, mais encore qu’elle autorise pour la satisfaction des besoins du public célibataire — et surtout marié.

Maman-maca

Virmaître, 1894 : Maquerelle qui tient une maison de tolérance. Les pensionnaires appellent la tenancière maman, quand elle est vieille, ce qui est fréquent, elles y joignent le mot maca, abréviation de macaque qui, dans le peuple, signifie vieille guenon (Argot des filles). N.

Maquecée

Delvau, 1866 : s. f. Abbesse de l’abbaye des S’offre-à-tous, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Abbesse d’une maison de tolérance. Vient des deux mots : maq, abréviation de maquerelle, et de cé, femme d’argent ; de là maquecée (Argot des souteneurs). N.

Maquecée, maquerelle

Hayard, 1907 : Tenancière de maison de tolérance.

Maquerelle

d’Hautel, 1808 : Féminin de maquereau, dont il a toutes les significations et dans un sens plus étendu encore.

Delvau, 1864 : Grosse dame qui se charge de procurer de l’ouvrage aux petites dames, et qui pousse parfois la complaisance jusqu’à les aller chercher dans leurs famille.

Le troisième privilège des châtrés, c’est qu’ils sont fort renommés en leur fidélité en fait de maquerellage.

(Variétés hist. et litt)

Tenant par acte misérable
Le maquerellage honorable.

(Cabinet Satyrique)

Tant qu’elle conte sa querelle
À une vieille maquerelle.

(Mathéolin)

Et puis dites que les moustiers
Ne servent point aux amoureux,
Bonne maquerelle pour eux
Est ombre de dévotion.

(Cl. Marot)

Aussi n’épargne-t-il pas les mères qui sont maquerelles de leurs propres filles.

(H. Estienne)

Car l’honneur d’une femme souffre beaucoup quand elle est vue avec une maquerelle.

(P. De Larivet)

Delvau, 1866 : s. f. Femme qui trafique des filles. Au XVIIIe siècle on disait Maqua.

Virmaître, 1894 : Maîtresse de maisons de tolérance ou de maisons de rendez-vous, femme qui vit du travail des filles (Argot du peuple), V. Maman-Maca.

Rossignol, 1901 : Tenancière d’une maison de tolérance ou de rendez-vous. Une proxénète est aussi une maquerelle.

France, 1907 : Tenancière de lupanar : femme qui en procure une autre aux hommes ou qui entraîne les jeunes filles à la débauche.

Lorsqu’elles sont ainsi devenues riches, les maquerelles se retirent généralement à la campagne, dans leurs terres. Elles cachent avec soin leur origine, deviennent dames patronnes, dames quêteuses, font des œuvres de piété. Comme presque toutes ces femmes sont dévotes, elles tombent entre les mains des prêtres, pour qui, comme on sait, l’argent n’a pas d’odeur, et qui, tenant par la confession le secret de leur passé, leur soutirent une bonne partie de la richesse qu’elles ont ramassée dans la boue de la prostitution. Il n’est personne qui ignore à Paris la fin édifiante de la fameuse Farcy, maquerelle devenue plusieurs fois millionnaire, qui accaparée par le clergé, fait construire quantité de chapelles, qui fonde dans les séminaires des bourses pour l’instruction des jeunes abbés pauvres, et qui sera peut-être canonisée quelque jour.

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

— Va, si je faisions un chapelet de maquerelles, tu ferais bien le pater.

(Vadé)

Et puis, dites que les moustiers
Ne servent point aux amoureux,
Bonne maquerelle pour eux
Est ombre de dévotion.

(C. Marot)

Marcheuse

d’Hautel, 1808 : Nom que l’on donne aux femmes qui conduisent les courtisanes, qui les accompagnent dans le lieu de leur trafic.

Delvau, 1864 : Femme qui a été fille et qui, ne l’était plus, est chargée de conduire dans les chemins du vice celles qui le sont encore.

Ses fonctions sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans le bordel où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. Dans, la maison de tolérance de première ligne, il y a ordinairement plusieurs marcheuses dont l’emploi principal est de promener les filles d’amour sur les boulevards et dans les passages.

Larchey, 1865 : « La marcheuse est un rat d’une grande beauté que sa mère, fausse ou vraie, a vendu le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni deuxième, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse, elle n’en pouvait pas prendre d’autre. Pour qu’un rat devienne marcheuse, c’est-à-dire figurante de la danse, il faut qu’elle ait eu quelque attachement solide qui l’ait retenu à Paris, un homme riche qu’elle n’aimait pas, un pauvre garçon qu’elle aimait trop. C’est un débris de la fille d’Opéra du dix-huitième siècle. »

(Balzac)

Larchey, 1865 : « Un simple bonnet la coiffe ; sa robe est d’une couleur foncée et un tablier blanc complète ce costume. Les fonctions de la marcheuse sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans la maison qu’elle représente, où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. »

(Béraud)

Enfin arrivent les marcheuses… Elles marchent pour les filles demeurant en hôtel garni ; celles-ci n’ont qu’une chaussure et un jupon blanc Faut-il qu’elles exposent dans les boues leur unique habillement, la marcheuse affrontera pour elles les chemins fangeux.

(1783, Mercier)

Delvau, 1866 : s. f. Femme en bonnet et en tablier blanc, dont les fonctions « sont d’appeler les passants à voix basse et de les engager à monter dans la maison qu’elle représente ».

Delvau, 1866 : s. f. Rat d’une grande beauté que sa mère, fausse ou vraie, dit H. de Balzac, a vendue le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni deuxième, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse elle n’en pouvait pas prendre d’autres. C’est un débris de la fille d’Opéra du XVIIIe siècle.

Rigaud, 1881 : Dame comparse du corps de ballet, à l’Opéra.

Rigaud, 1881 : Racoleuse d’une maison de tolérance.

Fille publique qui fait la porte, c’est-à-dire qui, du seuil des maisons de joie, appelle les passants.

(Paris-Vivant, la Fille, 1858)

C’est-à-dire la femme stationnant sur le seuil de la porte de la maison de tolérance.

(Béraud, Les Filles publiques de Paris, t. II, 1839)

Par ordonnance de police, les marcheuses doivent être âgées d’au moins quarante ans… Est-ce pour inspirer plus de confiance ?

La Rue, 1894 : Dame comparse au théâtre. Racoleuse.

Virmaître, 1894 : Belle femme qui figure à l’Opéra, Marcheuse : la femme qui appelait les passants en termes très engageants ; elle détaillait avec complaisance les charmes de la marchandise qui était dans l’intérieur de la maison. La marcheuse était généralement un beefteack à corbeau hors d’âge et de service. Les marcheuses furent supprimées à la porte des maisons de tolérance par arrêté de M. Andrieux, préfet de police, en 1881 (Argot des souteneurs).

Rossignol, 1901 : La femme qui fait les cent pas à la porte d’une maison de tolérance où elle est pensionnaire pour y amener des clients, c’est la marcheuse.

Hayard, 1907 : Femme qui fait le trottoir.

France, 1907 : Fille qui se promenait sur le trottoir devant une maison de tolérance pour engager les passants à y entrer. Un arrêté du préfet de police Andrieux supprima en 1881 ce genre d’excitation à la débauche.

Les fonctions de la marcheuse sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans la maison qu’elle représente, où, d’après ces annonces banales, ils doivent trouver un choix… Il y a ordinairement plusieurs marcheuses dont l’emploi principal est de promener les filles d’amour sur les boulevards et dans les passages.

(F. Béraud)

La marcheuse est reconnaissable à ses chapeaux modestes, uniformément noirs, qui écrasent sa tête plus qu’ils ne la couronnent. C’est elle qui a lancé la première en France ces interminables waterproofs, ces cache-misère, longs comme un de ces jours sans pain qu’elle a plus d’une fois connus.

(Édouard Petit)

France, 1907 : Jolie fille qui figure dans un Corps de ballet.

La marcheuse est un rat d’une grande beauté que sa mère, fausse où vraie, à vendue le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni second, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse elle n’en pouvait pas prendre d’autre. Pour qu’un rat devienne marcheuse, c’est-à-dire figurante de la danse, il faut qu’elle ait eu quelque attachement solide qui l’ait retenue à Paris, un homme riche qu’elle m’aimait pas, un pauvre garçon qu’elle aimait trop.

(Balzac)

… Les marcheuses, dont le nom tristement significatif indique qu’elles seraient mieux sur l’asphalte où on les a prises, que sur les planches de l’Opéra.

(Théophile Gautier)

Monsieur

d’Hautel, 1808 : Monsieur vaut bien madame. Pour dire que deux personnes sont d’un mérite égal ; ou par raillerie, qu’elles ne valent pas mieux l’une, que l’autre.
Il fait le monsieur, le gros monsieur. Se dit d’un homme obscur, d’un parvenu qui oublie sa première condition, qui fait le fier, le hautain, l’homme d’importance.
Traiter quelqu’un de monsieur gros comme le bras. Voy. Bras.

Larchey, 1865 : Entreteneur. V. Amant de cœur.

On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le mosieur… n’y est pas ?

(Gavarni)

En argot de galanterie, le mot d’époux désigne l’entreteneur ; mais il n’est pas le seul. Suivant le degré de distinction d’une femme elle dit : Mon époux, — mon homme, — Mon monsieur, — mon vieux, — monsieur chose, — mon amant, — monsieur, — ou enfin monsieur un tel. — Sauf dans la haute aristocratie où l’on dit : Monsieur un tel, ce mot mon époux est général, il se dit dans toutes les classes.

(Cadol)

Larchey, 1865 : Mesure de capacité.

Il existe de plus une certaine eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des petits verres. Voici ce que nous lûmes sur une pancarte : Le monsieur, quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou.

(G. de Nerval)

Delvau, 1866 : s. m. Bourgeois, homme bien mis, — dans l’argot du peuple. Faire le Monsieur. Trancher du maître ; dépenser de l’argent ; avoir une maîtresse.

Delvau, 1866 : s. m. Entreteneur, — dans l’argot de Breda-Street. On dit aussi Monsieur Chose. Monsieur bien. Homme distingué, — qui ne regarde pas à l’argent.

Delvau, 1866 : s. m. Verre d’eau-de-vie de quatre sous, — dans l’argot des ouvriers.

Rigaud, 1881 : Mari d’une maîtresse de maison de tolérance, — dans le jargon des pensionnaires de l’établissement.

Monsieur, avec son épaisse barbiche aux poils tors et gris.

(E. de Goncourt, La Fille Élisa)

Rigaud, 1881 : Nom que la femme entretenue et sa bonne donnent à l’entreteneur.

Rigaud, 1881 : Verre de vin de cinq sous, verre de vin de la bouteille servi sur le comptoir du débitant.

France, 1907 : Entreteneur d’une fille.

France, 1907 : Mesure de capacité. Ce mot n’est plus guère en usage. On l’employait encore vers 1850.

Il existe, écrivait Gérard de Nerval, une eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des verres : le monsieur est tarifé quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou.

Morue

d’Hautel, 1808 : J’en suis las comme d’une vieille morue. Se dit d’une personne que l’on supporte avec peine, dont on est fatigué, dégoûté.

Delvau, 1864 : Femme de mauvaise vie, qu’on pourrait appeler — si l’ichthyologie ne s’y opposait pas formellement — la femelle du maquereau.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle… — Oui, madame, elle vous appelle… morue !

(Gavarni)

Larchey, 1865 : Femme abjecte.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle… — Oui, madame, elle vous appelle… morue !

(Gavarni)

Delvau, 1866 : s. f. Femme sale, dégoûtante, — dans l’argot des faubouriens. Se dit aussi, comme injure, d’une Femme laide et d’une gourgandine.

Rigaud, 1881 : Femme qui pue ; salope, — dans le jargon des Halles. Épithète dont ces dames gratifient volontiers les bourgeoises qui déprécient la marchandise ou qui, marchandent trop. Mot à mot : qui pue comme une morue.

Rigaud, 1881 : Lot d’ouvrages manuscrits que les anciens colporteurs faisaient imprimer à leurs frais. — Les canards ont eu raison des morues.

La Rue, 1894 : Femme sale ou de mauvaise vie.

Virmaître, 1894 : Terme employé par les femmes des halles pour répondre aux râleuses qui leur offrent un prix dérisoire de leurs marchandises.
— Va donc, morue, faudrait-y pas te foutre du beurre avec et te le porter à ton poussier (Argot du peuple).

France, 1907 : Qualificatif que les voyous et leurs compagnes donnent volontiers à toute femme qui leur déplaît. On connait la charge de Gavarni :

— Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle.
— Oui, Madame, elle vous appelle… morue.

 

On dissertait à n’en plus finir sur l’affaire : l’un prouvait qu’on devait fermer les maisons de tolérance ; l’autre en voulait aux maisons de passe ; celui-ci réclamait le célibat des concierges qui, mariés, n’enfantaient que des morues et des maquereaux… Les loges des concierges produisent quatre-vingt-dix-neuf pour cent des filles d’amour.

(Victorien du Saussay, L’École du vice)

Paf

Larchey, 1865 : Ivre. Abréviation de Paffé.

Vous avez été joliment paf hier.

(Balzac)

Delvau, 1866 : adj. Gris, ivre, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Ivre. — Ivrogne gai.

La Rue, 1894 : Ivre. Soulier.

Virmaître, 1894 : Celle expression désigne l’objet qui distingue l’homme de la femme. Ce sont les voyous qui ont inventé le mot. Quand un tenancier d’une maison de tolérance se retire des affaires et qu’il se fait construire une maison à la campagne, s’il éprouve, par vanité, le besoin de mettre au fronton de sa maison un écusson, il peut y ajouter cette devise qui explique le mot paf : Pene erexit domum (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Ivre.

Rossignol, 1901 : Si vous dites à un voyou : « Je vais t’astiquer les côtes », et qu’il vous réponde : « Tu astiqueras mon paf », il n’est pas poli.

Hayard, 1907 : Être ivre.

France, 1907 : Ivre. Syncope du patois lillois épaffe, ahuri, saisi, épouvanté. Quelques étymologistes en font un anagramme de l’anglais fap, ivre. Paf d’ailleurs se disait et se dit encore pour eau-de-vie ; de la cause on a fait l’effet :

— Sans vous commander, not’ voisin,
Lâchez-nous, s’il vous plaît, chopine
De paf, en magnièr’ d’eau divine…
— Allons, bijou, mettez-vous là.
Babet ! verse à Monsieur. Aimez-vous l’eau-de-vie ?
— Non, je ne bois point de cela…

(J. Vadé, Œuvres poissardes)

France, 1907 : Membre viril ; argot des voyous.

Quand un tenancier d’une maison de tolérance se retire des affaires et qu’il se fait construire une maison à la campagne, s’il éprouve, par vanité, le besoin de mettre au fronton de sa maison un écusson, il peut y ajouter cette devise qui explique le mot paf : Pene erexit domum.

(Ch. Virmaître)

Panuche

Rigaud, 1881 : Femme à son aise, femme heureuse, — dans le jargon des voleurs et des filles. À Saint-Lazare, les filles insoumises appellent ainsi les femmes de maison qui, à leur tour, les traitent de connasses, connassons, niaises, petites niaises. Aux yeux de l’insoumise, le sort de la panuche en traitement est le sort le plus beau, le plus digne d’envie. « Madame » s’intéresse à elle, « madame » lui envoie argent, vin de Bordeaux et friandises. Et puis, quand Saint-Lazare lui aura refait une santé, ne retrouvera-t-elle pas tout de suite toilettes fraîches, bon souper, bon gîte et le reste ?

La Rue, 1894 : Femme bien mise. Femme de maison.

Virmaître, 1894 : Femme élégamment mise, L. L. Panuche est la maîtresse d’une maison de tolérance (Argot des souteneurs). V. Maman-maca.

Hayard, 1907 : Femme élégante.

France, 1907 : Prostituée, argot des souteneurs, ou maîtresse de lupanar.

Pistolier

France, 1907 : Prisonnier à la pistole. Voir ce mot.

Le régime alimentaire est le même pour les locataires des cellules que pour les hôtes de la salle commune. Mais le cantinier passe une fois par jour faisant ses offres de service. On peut se procurer ainsi de la charcuterie, du chocolat, du tabac et des portions au prix de 60 centimes. Un perruquier s’offre à barbifier et à tondre les pistoliers, nom des locataires des cellules. Certains détenus, condamnés pour diverses causes à des peines n’excédant pas un an, remplissent par tolérance, sous le nom d’auxiliaires, des services domestiques. Ils peuvent être utilisés par les pistoliers pour balayer leur cellule, faire leur lit et autres menus ouvrages. Ces auxiliaires sont vêtus de la casaque et du pantalon de couleur grise, qui est la livrée des établissements pénitentiaires.
Chaque adoucissement au régime se paie. Il faut aussi de l’argent en prison. Là, comme partout dans cette terrible société, la devise désespérante est : « Malheur aux pauvres ! »

(Edmond Lepelletier)

Plat du jour

Rigaud, 1881 : « Il n’est pas de cabaret où il ne se confectionne chaque jour ce que le restaurateur appelle dans son argot un plat du jour, c’est-à-dire un plat humain, possible, semblable à la nourriture que les hommes mariés trouvent chez eux ; un plat, enfin, que l’on peut manger sans en mourir. » (Th. de Banville, La Cuisinière poétique)

Virmaître, 1894 : Femme nouvelle servie aux habitués des maisons de rendez-vous avant qu’elle ne serve au public (Argot des filles). N.

France, 1907 : Nouvelle arrivée dans une maison de tolérance que la matrone offre aux clients habituels, aux gros bonnets de la localité avant de l’exposer au salon ; argot des filles.

Postdamie

France, 1907 : Nom que l’on donnait, au XVIIIe siècle, au vice hors nature à cause de la tolérance que Frédéric dit le Grand, grand pédéraste, accordait à ce genre d’infamie. L’on sait qu’il habitait le château de Postdam. « Les Mémoires de Bachaumont, du 13 octobre 1783, attestent que, sur un registre consacré par la police â noter toutes les turpitudes de ce goût, figuraient environ quarante mille hommes adonnés à la postdamie. Il est impossible de révoquer ces témoignages, puisque , en 1848, la police de Paris a fait trois mille arrestations de ce genre. »

(Louis Nicolardot, Les Cours et les Salons au dix-huitième siècle)

Potager

Delvau, 1866 : s. m. Prostibulum, — dans l’argot des voyous, pour qui, sans doute, les femmes sont vraiment les choux sous lesquels poussent les enfants.

France, 1907 : Maison de tolérance.

Pour les bas

Rigaud, 1881 : Pourboire des filles de maison, qui font de leurs bas une tirelire.

France, 1907 : Gratuité donnée aux filles des maisons de tolérance, en plus du tarif, et qu’elles glissent dans leurs bas. On dit plus poliment « pour les gants ».

Presse (sous)

France, 1907 : Expression des filles de maisons de tolérance pour dire qu’une des leurs est ocupée.

— Où est la grande Irma ?
— Sous presse.

Remonte (faire la)

Rossignol, 1901 : Les patrons de maisons de tolérance de province vont de ville en ville chercher des femmes chez leurs confrères ; c’est faire la remonte. Il existe du reste un Annuaire de toutes les maisons de France, Belgique, Portugal, Espagne, Tunisie, Algérie avec les noms et adresses des tenancières. Celui qui fait la remonte paye les dettes de la femme qu’il emmène et qui sont quelquefois de 700 à 800 francs ; ces dettes consistent en linge et vêtements vendus par la maison. Une paire de bas, de 29 sous, sera vendue 12 francs, et le tout en proportion. Il y a à ajouter à ces dettes les frais de voyage de la femme et de celui qui fait la remonte, de sorte qu’une femme ne peut sortir de ces maisons que si elle trouve un michet généreux qui règle ce qu’elle doit.

Rencard

Virmaître, 1894 : À l’écart. On met un objet au rencard quand on en a assez. La faire au rencard : lever une femme qui est seule sur un banc, dans un square, ou sur une promenade publique. Les courtiers qui lèvent les bonnes pour les placer dans les maisons de tolérance disent :
— J’ai fait la môme au rencard (Argot des souteneurs). N.

Sacristain

Vidocq, 1837 : s. m. — Mari ou amant d’une Macquecée.

Larchey, 1865 : Mari de maquerelle (Vidocq). V. Marlou.

Delvau, 1866 : s. m. Mari de l’abbesse du couvent des S’offre-à-tous, — dans l’argot des filles.

Rigaud, 1881 : Mari, amant d’une matrone de maison de tolérance, — dans l’ancien jargon du peuple.

La Rue, 1894 : L’homme de la matrone d’une maison autorisée.

Virmaître, 1894 : Maître d’une maison de tolérance. Mot à mot : il est le sacristain de l’abbaye dont sa femme est l’abbesse, puisque c’est elle qui, d’après le règlement, est la propriétaire du livre (Argot des souteneurs).

France, 1907 : Tenancier d’un lupanar.

Sonner

Rigaud, 1881 : « Sonner un individu c’est le saisir par les oreilles ou par les cheveux et lui cogner la tête contre un corps dur. » (P. Mahalin, Les Monstres de Paris, 1880)

Ce n’est pas moi qui l’a sonné, a-t-il dit au juge.

(Affaire de la Villette, Petit-Journal, du 27 octobre 1878)

Rigaud, 1881 : Être à l’agonie, râler, — dans le jargon des infirmiers.

Le râle se fit entendre, et le veilleur après l’avoir arrangé, s’en retourna en disant : il sonne le premier.

(Jean Journet, Cris et soupirs, 1840)

La Rue, 1894 : Saisir un individu et lui cogner fortement la tête contre un corps dur.

Virmaître, 1894 : Quand un client fait du tapage dans une maison de tolérance, le garçon le jette à la porte, et s’il se rebiffe, il lui casse la tête sur l’angle du trottoir ; la tête a sonné (Argot des souteneurs). N.

France, 1907 : Faire un bon repas.

France, 1907 : Tuer quelqu’un en lui frappant la tête contre les pavés, et se servant de ses oreilles comme anses.

Sous-maîtresse

Rigaud, 1881 : Femme de confiance dans une maison de tolérance. — Elle surveille la consommation et il lui est défendu de consommer.

Tout client, pour pénétrer dans les chambres, donne à la sous-maîtresse 1 franc.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris)

France, 1907 : Prostituée dont les charmes sont partis et qui reste comme surveillante dans la maison où elle les a vus se flétrir.

Taule ou tole

Virmaître, 1894 : La maison. Les maîtres de maisons de tolérance sont appelés des tôliers. C’est une allusion à la tôle qui barde les portes de ces maisons dans quelques villes de province, pour les défendre contre les tapageurs. C’est tôle qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).

Tolérance

France, 1907 : Lupanar. Abréviation policière de maison de tolérance.

Pendant qu’elles déjeunent on dînent, s’il arrive un client dans la tolérance, la maitresse envoie chercher la première venue. La chose terminée, la fille retourne achever son repas.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Tôlier

Rossignol, 1901 : Tenancier d’une maison de tolérance.

Veilleur de mort

France, 1907 : « En argot de lupanar, on appelle veilleurs de morts les jeunes vauriens qui emploient leur soirée à mettre sens dessus dessous les maisons de tolérance. Ils sont la terreur des maquerelles, et les pertes qu’ils leur font subir sont les revers de la médaille du proxénétisme. »

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Voyeur

France, 1907 : On appelle ainsi dans les maisons de tolérance les personnes qui, moyennant rétribution, viennent assister, sans être vues, aux scènes intimes qui se passent dans ces établissements. Des ouvertures habilement ménagées dans les cloisons permettent Aux amateurs de ces genres de spectacle, et ils sont nombreux, de s’ébaudir sans que les acteurs en scène se doutent de leur présence.

Le noble marié s’empressa de reprendre la fête interrompue par la débine. Seulement, il ne voulait pas la faire seul. Il offrit à son épouse de l’accompagner. Celle-ci accepta, deux jours à après le mariage. Il la conduisit dans une arène d’amour, où, sous les yeux du couple voyeur les acrobates de l’endroit se livrèrent à cette surprenante et voluptueuse gymnastique. La chaste comtesse parut, dit-elle, un peu étonnée mais le maire lui avait dit, en la mariant, que la femme doit suivre son mari.

(Ed. Lepelletier, Écho de Paris)

Le voyage de noces, qui constituait naguère encore une des plus inévitables formalités du mariage, est aujourd’hui complètement tombé en désuétude ; c’est, je crois, depuis que les wagons de chemins de fer sont munis de petits carreaux triangulaires, évidemment créés pour donner satisfaction aux coupables instincts des vieillards répugnants que leurs tendances contemplatives font appeler des voyeurs.

(Gil Blas)


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