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Bottoche

Virmaître, 1894 : Fusil (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Fusil ; argot des voleurs.

Cantoche

France, 1907 : Cantine.

Centoche

France, 1907 : Centime.

Cocodès

Larchey, 1865 : Jeune dandy ridicule. — Diminutif de coco pris en mauvaise part.

Ohé ! ce cocodès a-t-il l’air daim !

(L. de Neuville)

Une physiologie des Cocodès a paru en 1864.

Delvau, 1866 : s. m. Imbécile riche qui emploie ses loisirs à se ruiner pour des drôlesses qui se moquent de lui.
On pourrait croire ce mot de la même date que cocotte : il n’en est rien, — car voilà une vingtaine d’années que l’acteur Osmont la mis en circulation.

France, 1907 : Dandy ridicule qui dépense sottement la fortune que son père ou ses ancêtres lui ont laissée, ce qui rétablit l’équilibre social, en quoi le cocodès a du bon. Ce fut un acteur du nom d’Osmard qui inventa ce mot et le mit en circulation. Il le tira, sans doute, de coco, homme sans consistance, digne de mépris, dans l’argot bourgeois. Cocodès a pour féminin et digne compagne : cocodette. Ses synonymes sont nombreux : petit crevé, gommeux, poisseux, gâteux, boudiné, grelotteux, etc. ; ils peuvent être confondus sous la désignation générale de crétins.

… Les corodès et les petits crevés de l’époque, successeurs des daims, des lions et des gants jaunes qui représentaient alors la classe des élégants, n’étaient que d’affreux bonshommes étiolés, flétris, barbouillés de fard, parfumés, grasseyant et ridicules, dont le costume, pour épatant qu’il fût aux yeux de ces fantoches, n’en était pas moins laid, burlesque et contraire à tout sentiment de correction.

(Octave Uzanne, La Femme et la Mode)

Le cocodès apparut sur l’asphalte parisien vers 1863. Il portait un faux col droit très haut, englobant parfois le menton. Il semblait être né avec un carreau dans l’œil.
Le petit crevé date de 1869. Son nom qui semblerait si bien provenir de l’état d’épuisement où l’ont mis les excès, paraît cependant venir de la mode de la chemise à petits crevés que portait habituellement un élégant de cette époque. Il portait la raie au milieu et deux petites coques plaquées au cosmétique sur le front.
Le gommeux. On prétend que c’est l’ancien petit crevé, qui obséda tellement ses amis du récit de ses campagnes que ceux-ci le comparèrent à la gomme qui colle et dont on ne peut se dépêtrer. C’est à ce sentiment des désagréments de la gomme et de tout ce qui est gluant qu’on doit une variété de l’espèce des gommeux appelée :
Le poisseux. Il a vécu ce que vivent les roses. Puis, comme, en souvenir de la guerre, il avait conservé la capote militaire, qui sur son dos civil paraissait un vêtement d’hôpital lui donnant l’air infirme et maladif, il devint :
Le gâteux, et son manteau, qui descendait jusqu’à la cheville, fut appelé gâteuse, Le pantalon s’élargissait par le bas et tombait de telle sorte sur la chaussure qu’il donnait au pied toute la grâce du pied de l’éléphant. Cet animal avait par sa coiffure une supériorité incontestable sur le gâteux, dont les chapeaux minuscules atteignaient le comble du ridicule sur un corps grossi démesurément par les vêtements. Tout à coup la chrysalide sort de son cocon gâteux, et apparait :
Le boudiné, emprisonné dans des vêtements trop étroits, trop courts et atteignant les dernières limites du collant. Vrai boudin ambulant, menaçant sans cesse de faire craquer son enveloppe. Une variété de boudin, peut-être de seconde qualité, reçoit un nom particulier :
Le petit gras, auquel succéda le vibrion, qui s’effaça à son tour devant :
Le grelotteux. Cet être grelottait sous la bise, grâce aux vêtements étriqués du boudiné.

(Courrier de Vaugelas)

Débiscassié, débistoché

France, 1907 : Fatigué, éreinté ; du patois rémois.

— Ah ! mon pauv’ fieu ! V’là ce que c’est que d’épouser une jeune femme qu’a pas du sang d’navet dans les veines et qui aime trop qu’on lui arrose le bénitier. J’en suis tout débiscassié, quoi !

(Les Propos du Commandeur)

Escaper

Ansiaume, 1821 : Assassiner.

Tu vois ce messière hautocher sur son gaillet, je vais l’escaper dans le satou.

Vidocq, 1837 : v. a. — Assassiner.

Flingot

Delvau, 1866 : s. m. Couteau, — dans l’argot des bouchers. Fusil, — dans l’argot des troupiers.

Rigaud, 1881 : Fusil de boucher.

Rigaud, 1881 : Fusil, — dans le jargon des troupiers.

On lui mettait un flingot entre les doigts et là, au soleil, à la pluie, au vent, il devait s’évertuer à jongler avec.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

Ricornot, navré, faisait l’exercice dans la cour, ayant le sac au dos et le flingot sur l’épaule.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres)

Merlin, 1888 : Fusil.

La Rue, 1894 : Fusil. Couteau, dans l’argot des bouchers. Ventre.

Virmaître, 1894 : Fusil (Argot des troupiers). V. Bottoche.

Rossignol, 1901 : Fusil.

Hautocher

Ansiaume, 1821 : Monter.

Il y a trop à hautocher, l’affaire n’est pas bonne.

Delvau, 1866 : v. n. Monter, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Monter, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Monter.

Virmaître, 1894 : Monter à une certaine hauteur.
— J’ai hautoché jusqu’au sixième (Argot des voleurs).

France, 1907 : Monter ; argot des voleurs.

Mandarin (tuer le)

France, 1907 : Voici le passage de Jean-Jacques Rousseau qui a donné lieu à cette expression :

S’il suffisait pour devenir le riche héritier d’un homme qu’on n’aurait jamais vu, dont on n’aurait jamais entendu parler et qui habiterait le fin fond de la Chine, de pousser un bouton pour le faire mourir, qui de nous ne pousserait pas ce bouton ?

(Émile, ou de l’éducation)

Dans son remarquable roman Le Mandarin, Félicien Champsaur a développé ce thème et arrive à la même conclusion :

Un mandarin vit, là-bas, en Chine, dans sa famille ; vous ne le connaissez pas, vous ne l’avez jamais vu ; il ne vous apparait que comme un fantoche vêtu d’une robe de soie amusante, la tête rasée et une queue de cheveux dans le dos ; mais il mange et pense à peu près comme vous. C’est notre frère en joie et en souffrance. Or, vous pouvez le tuer impunément. Ne cherchez pas à expliquer par quelle suggestion empoisonnée, par quel fluide extraordinaire, plus subtil et plus puissant que l’électricité, votre volonté, à une telle distance, va accomplir un assassinat. Vous pouvez tuer, magiquement, par un geste, en levant ce verre ; de l’or est là, un tas de billets de banque, un million. Tuerez-vous ? Si vous êtes gêné de répondre, attendez d’être chez vous, tout seul, la nuit, la porte close. Si vous levez le doigt, un homme sur un point quelconque du globe, un homme comme vous, — mais ni de vos parents, ni de vos amis, ni même un indifférent sur votre chemin, — synthétisons, un mandarin, sous ce doigt levé qui dirige vers la victime la projection de votre pouvoir occulte et momentané de yogui occidental — tombe foudroyé ; alors, pauvre vous serez riche. S’il n’était impossible, d’un dilettantisme inutilement criminel, combien accepteraient le pacte tentateur ? Presque tous, et d’honnêtes gens, des boursiers, des bourgeois bourgeoisants, des industriels, des commerçants, des épiciers, des magistrats. À une certaine heure de sa vie, quel est celui d’entre les hommes qui, dans la solitude, une seconde n’a pas dit oui au tentateur ?

Oie (jeu de la petite)

France, 1907 : Les menus plaisirs de l’amour et de la galanterie, ou, en d’autres termes, les bagatelles de la porte ; à quoi s’amusent entre eux par timidité adolescents et adolescentes, les collégiens avec leur petite cousine ignorante — s’il en est encore — serrements de mains, billets doux, baisers furtifs derrière la porte et autres mignardises, prélude de plus sérieux engagements. « Petite oie, petite joie », dit le proverbe. Le proverbe à tort.

Une fleur donnée, une main serrée dans les petits coins, un baiser effleurant une mèche de cheveux, bref, ce que nos pères appelaient si gentiment : la petite oie.

(Raoul Toché)

Patoche

Delvau, 1866 : s. f. Férule, — dans l’argot des enfants, dont les mains en conservent longtemps le souvenir.

France, 1907 : Férule.

France, 1907 : Main. Déformation de patte.

Y faut que larg’ soit ta patoche,
Qu’ton palpitant n’soit pas de roche ;
Et donner au pont’ du nanan
En taillant une banque au flan !

(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)

Patoches

Delvau, 1866 : s. f. pl. Mains.

Petoche (être en)

France, 1907 : Suivre quelqu’un de près.

Pot (fouille au)

France, 1907 : Individu qui prend des libertés avec les femmes.

Il fallait le voir toujours en pétoche autour d’elle. Un vrai fouille-au-pot qui tâtait sa jupe par derrière, dans la foule, sans avoir l’air de rien.

(Émile Zola)

Santoche

France, 1907 : Santé, prison de la Santé ; argot des voleurs.

— Ah ! les vaches, on les pendra, nom de Dieu ! Mort aux tantes et aux bourgeois ! Et youp-ohu ! Courage ! on est sorti de la Santoche !

(Michel Morphy)

Ustoches

Rigaud, 1881 : Ciseaux, — dans le jargon des couturières ; c’est une déformation d’eustache. — Passe-moi tes ustoches.

France, 1907 : Ciseaux ; argot faubourien de eustache.

Vache à lait

Delvau, 1866 : s. f. Dupe qu’on ne se lasse pas de duper ; père trop faible qui ne se lasse pas de payer les dettes de son fils ; maîtresse trop dévouée qui ne se lasse pas de fournir aux dépenses de son amant.

Virmaître, 1894 : Homme riche, qui a le louis facile et que les tapeurs trayent jusqu’à extinction. Vache à lait : gogo qui souscrit à toutes les émissions véreuses sans se lasser jamais. Pour le souteneur, la marmite est une bonne vache à lait. Une affaire qui rend bien, qui rapporte beaucoup, sans risques et sans efforts, est une vache à lait. Allusion à la vache laitière qui est une fortune inépuisable (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Une personne qui subvient aux besoins d’une autre est sa vache à lait.

France, 1907 : Dupe qui se laisse exploiter. Maîtresse de souteneur.

Maudit sois-tu, vilain bonhomme
Qui viens dans ton paletot blanc
Nous extorquer la forte somme
Sous prétexte de Jour de l’An.
Pour te complaire, face blême,
De peur de t’affliger, vieil ours,
Il faut donner, donner quand même,
Donner encor, donner toujours !
Donner à l’un, donner à l’autre,
À tous, sans compter l’imprévu…
À ma femme comme à la vôtre,
À Z… que je n’ai jamais vu…
À Madame X… que je déteste,
À sa fille qui me déplaît !
Et c’est en vain que je proteste,
Je suis devenu vache à lait.

(Raoul Toché, Le Père Janvier)

Vécu

Delvau, 1866 : adj. Arrivé, véridique, — dans l’argot des gens de lettres. Roman vécu. Roman qui est l’histoire réelle de quelqu’un.

France, 1907 : Vrai, véridique. Une œuvre vécue, c’est-à-dire dont les personnes ne sont pas des fantoches de convention comme ceux de la plupart des romans populaires.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique