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Abattis

Rigaud, 1881 : Nombreuses révocations dans un personnel administratif. — Hécatombes de fonctionnaires de l’État que la cognée ministérielle abat comme la cognée du bûcheron abat les arbres d’une forêt.

C’est pour affirmer… que le journal de M. Decazes a collaboré à l’abattis, en quelques semaines, de 54 préfets, de 38 secrétaires généraux et de 125 sous-préfets.

(Aug. Vacquerie, le Rappel du 23 octobre 1877)

La Rue, 1894 : Les pieds, les mains, les membres en général. Abattis canailles, extrémités grosses, rougeaudes, massives.

Rossignol, 1901 : Les bras et jambes sont des abattis.

France, 1907 : Les pieds et les mains ; argot du peuple.

Parigo, quoi !… Des Batigneulle’,
Toujours prêt à coller un paing,
Mais j’comprends pas qu’on s’cass’ la gueule
Pour gagner d’quoi s’y tout’ du pain
El’travail… c’est ça qui nous crève,
Mêm’ les ceux qu’est les mieux bâtis,
V’là pourquoi j’m’ai mis en grève…
Respec’ aux abattis.

(Aristide Bruant)

Avoir les abattis canailles, avoir les extrémités massives et larges. Numérote tes abattis.

anon., 1907 : Membres. Mettre ses abattis dans les torchons : se coucher.

Aile, aileron

Larchey, 1865 : Bras.

Appuie-toi sur mon aile, et en route pour Châtellerault.

(Labiche)

Je suis piqué à l’aileron, tu m’as égratigné avec tes ciseaux.

(E. Sue)

La Rue, 1894 : Bras.

France, 1907 : Bras. En avoir dans l’aile, être frappé d’impuissance ; mot à mot : avoir reçu du plomb dans l’aile, ne plus pouvoir voler. (Lorédan Larchey)

Aplomb (coup d’)

Larchey, 1865 : Coup vigoureux, tombant verticalement sur le but.

Sus c’coup là, je m’aligne.
L’gonse allume mon bâton,
J’allonge sur sa tigne
Cinq à six coups d’aplomb.

(Aubert, chanson, 1813)

Ah ! fallait voir comme il touchait d’aplomb.

(Les Mauvaises Rencontres, chanson)

Carder

d’Hautel, 1808 : Pour dire peigner, friser, coiffer.
Il est bien cardé. Se dit par plaisanterie d’un homme frisé avec recherche et prétention.

Delvau, 1866 : v. a. Égratigner le visage de quelqu’un à coups d’ongles. Argot du peuple.

La Rue, 1894 : Égratigner.

Rossignol, 1901 : Battre quelqu’un ou se faire battre.

Il m’embêtait, je lui ai cardé la peau. — Je me suis fait carder.

France, 1907 : Égratigner ; allusion aux pointes des peignes dont se servent les cardeurs de matelas. Carder le poil, prendre quelqu’un aux cheveux, autrement dit : crêper le chignon.

Chaffourer (se)

Delvau, 1866 : v. réfl. S’égratigner.

France, 1907 : S’égratigner, se crêper le chignon.

Chat

d’Hautel, 1808 : Ce n’est pas lui qui a fait cela ; non, c’est le chat. Locution bouffonne et adversative qui a été long-temps en vogue parmi le peuple de Paris, et dont on se sert encore maintenant pour exprimer qu’une personne est réellement l’auteur d’un ouvrage qu’on ne veut pas lui attribuer ; ou pour affirmer que quelqu’un a commis une faute que l’on s’obstine à mettre sur le compte d’un autre.
Il a autant de caprices qu’un chat a de puces. Se dit d’un enfant fantasque, inconstant et capricieux, comme le sont tous les enfans gâtés et mal élevés.
J’ai bien d’autres chats à fouetter. Pour, j’ai bien d’autres choses à faire que de m’occuper de ce que vous dites.
Il a de la patience comme un chat qui s’étrangle. Se dit par plaisanterie d’une personne vive, impatiente, d’une pétulance extrême, et qui se laisse aller facilement à la colère et à l’emportement.
Il trotte comme un chat maigre. Se dit d’une personne qui marche rapidement et avec légèreté ; qui fait beaucoup de chemin en peu de temps.
Mon chat. Nom d’amitié et de bienveillance que les gens de qualités donnent à leurs protégés, et notamment aux petits enfans.
Il a un chat dans le gosier. Se dit d’un homme de temps qui avale sans cesse sa salive, et qui fait des efforts pour cracher.
Il le guette comme le chat fait la souris. Pour, il épie, il observe soigneusement jusqu’à ses moindres actions.
Acheter chat en poche. Faire une acquisition, sans avoir préalablement examiné l’objet que l’on achette.
Il a emporté le chat. Se dit d’un homme incivil et grossier qui sort d’un lieu sans dire adieu à la société.
Chat échaudé craint l’eau froide. Signifie que quand on a été une fois trompé sur quelque chose, on devient méfiant pour tout ce qui peut y avoir la moindre ressemblance.
Traître comme un chat. Faussaire, hypocrite au dernier degré.
Elles s’aiment comme chiens et chats. Se dit de deux personnes qui ne peuvent s’accorder en semble ; qui se portent réciproquement une haine implacable.
À bon chat bon rat. Pour, à trompeur, trompeur et demi ; bien attaqué, bien éludé.
À mauvais rat faut mauvais chat. Pour, il faut être méchant avec les méchans.
À vieux chat jeune souris. Signifie qu’il faut aux vieillards de jeunes femmes pour les ranimer.
Jeter le chat aux jambes. Accuser, reprocher, rejeter tout le blâme et le mauvais succès d’une affaire sur quelqu’un.
À lanuit, tous chats sont gris. Pour dire que la nuit voile tous les défauts.
Il a joué avec les chats. Se dit de quelqu’un qui a le visage écorché, égratigné.
Il est propre comme une écuelle à chat. Se dit par dérision d’un homme peu soigneux de sa personne, et fort malpropre.
Bailler le chat par les pattes. Exposer une affaire par les points les plus difficiles.
Il entend bien chat, sans qu’on dise minon. Se dit d’un homme rusé et subtil, qui entend le demi-mot.
Il a payé en chats et en rats. Se dit d’un mauvais payeur ; d’un homme qui s’acquitte ric à ric, et en mauvais effets.
Une voix de chats. Voix sans étendue, grêle et délicate.
Une musique de chat. Concert exécuté par des voix aigres et discordantes.
Elle a laissé aller le chat au fromage. Se dit d’une fille qui s’est laissé séduire, et qui porte les marques de son déshonneur.

Bras-de-Fer, 1829 : Geôlier.

Vidocq, 1837 : s. m. — Concierge de prison.

Larchey, 1865 : Guichetier (Vidocq). — Allusion au guichet, véritable chatière derrière laquelle les prisonniers voient briller ses yeux.

Larchey, 1865 : Nom d’amitié.

Les petits noms les plus fréquemment employés par les femmes sont mon chien ou mon chat.

(Ces Dames, 1860)

Delvau, 1866 : s. m. Enrouement subit qui empêche les chanteurs de bien chanter, et même leur fait faire des couacs.

Delvau, 1866 : s. m. Geôlier, — dans le même argot [des voleurs]. Chat fourré. Juge ; greffier.

Delvau, 1866 : s. m. Lapin, — dans l’argot du peuple qui s’obstine à croire que les chats coûtent moins cher que les lapins et que ceux-ci n’entrent que par exception dans la confection des gibelottes.

Rigaud, 1881 : Pudenda mulierum.

Rigaud, 1881 : Couvreur. Comme le chat, il passe la moitié de sa vie sur les toits.

Rigaud, 1881 : Enrouement subit éprouvé par un chanteur.

Rigaud, 1881 : Greffier, employé aux écritures, — dans le jargon du régiment. Et admirez les chassez-croisez du langage argotique : les truands appelaient un chat un greffier et les troupiers appellent un greffier un chat. Tout est dans tout, comme disait Jacotot.

Rigaud, 1881 : Guichetier, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Guichetier. Couvreur. Enrouement subit. Pudenda mulierum.

France, 1907 : Couvreur. Comme les chats, il se tient sur les toits.

France, 1907 : Enrouement. Avoir un chat dans le gosier ou dans la gouttière, être enroué.

France, 1907 : Guichetier d’une geôle.

France, 1907 : Nature de la femme. Au moment où le fameux Jack l’Éventreur terrifiait à Londres le quartier de Whitechapel, le Diable Amoureux du Gil Blas racontait cette lourde plaisanterie :
« — Tond les chiens ! coupe les chats !
Un Anglais se précipite sur le malheureux tondeur en criant :
— Enfin, je te tiens, Jack ! »
Ce quatrain du Diable Boiteux est plus spirituel :

 Prix de beauté de Spa, brune, bon caractère !
 Au harem aurait fait le bonheur d’un pacha ;
 Aime les animaux félins, tigre ou panthère,
 Et possède, dit-on, un fort beau petit chat !

Chez lui, revenant après fête,
Un pochard rond comme un portier,
Faible de jambe et lourd de tête,
Cherchait le lit de sa moitié.

Mais il se glissa près de Laure,
La jeune femme du couvreur…
Et ce n’est qu’en voyant l’aurore
Qu’il s’aperçut de son erreur.

— Que va me dire mon épouse ?
Pensa-t-il. Zut ! Pas vu, pas pris !
Elle ne peut être jalouse,
Car la nuit tous les chats sont gris !

(Gil Blas)

Chat, employé pour le sexe de la femme, n’a aucun sens. Le mot primitif est chas, ouverture, fente, dont on a fait châssis. Les Anglais ont le substantif puss, pussy, pour désigner la même chose, mais ils n’ont fait que traduire notre mot chat.

Cousine de vendange

Delvau, 1864 : Femme que l’on baise sur la table de certains cabarets borgnes, moyennant bouteille et quelque monnaie.

M. de L’Aulne se fit égratigner à la place de sa cousine de vendange.

(Comte De Caylus)

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme qui fait volontiers débauche au cabaret, — dans le même argot [du peuple].

France, 1907 : Coureuse de cabarets.

Déchirée (n’être pas trop)

Delvau, 1866 : Se dit — dans l’argot du peuple — d’une femme qui est encore jeune, jolie et appétissante. On dit aussi N’être pas trop égratignée.

France, 1907 : Se dit d’une femme qui, malgré son âge, parait encore appétissante.

Au coin du feu, trouvèrent la vieille troussée quasiment jusqu’aux hanches : — Ça vous fait loucher, mes bons messieurs, dit-elle, mais on n’est pas encore trop déchirée pour son âge.

(Les Propos du Commandeur)

Dévisager

Delvau, 1866 : v. a. Égratigner le visage, le meurtrir de coups, — dans le même argot [du peuple]. Signifie aussi : Regarder quelqu’un avec attention.

France, 1907 : Égratigner ou meurtrir le visage.

France, 1907 : Regarder quelqu’un attentivement ou insolemment.

Discussion avec les pavés (avoir une)

Delvau, 1866 : Tomber sur les pavés et s’y égratigner le visage, soit en état d’ivresse, soit par accident, — dans l’argot des ouvriers, qui ont de ces discussions-là presque tous les lundis, en revenant de la barrière.

France, 1907 : Terme ironique employé en parlant des ivrognes qui se sont meurtris en tombant.

Ébattre dans la tigne (s’)

France, 1907 : Fouiller les poches dans une foule.

Égraffigner

Delvau, 1866 : v. a. Égratigner, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Égratigner.

Égratignée (n’être pas trop)

France, 1907 : Même sens que déchirée.

Égratigner

d’Hautel, 1808 : Cette femme n’est pas encore trop égratignée. Se dit d’une femme qui, quoique d’un âge mûr, a encore un air de fraicheur et quel que trace de beauté.
S’il ne mord, il égratigne. Expression proverbiale qui se dit d’un homme dont la langue est satirique et dangereuse.

Égratigner l’ivoire

France, 1907 : Jouer ou plutôt tapoter du piano, l’une des plaies des temps modernes, la désolation des enfants et le juste supplice des parents.

Égratigner l’ivoire est une qualité requise et sine qua none dans ce marché aux femmes qu’on appelle le mariage. Pour savoir si une fille est nubile en Occident, on la place sur un tabouret tournant devant une harpe à dents, et on la regarde extraire. Le premier jeune homme qui a une attaque de nerfs et s’évanouit est de droit son fiancé. À la seconde crise, il est presque forcé de l’épouser.
J’ai remarqué que les veuves se remettaient toujours au piano.

(Émile Bergerat)

Érafler

d’Hautel, 1808 : Écorcher légèrement, égratigner.

Esbatre dans la tigne (s’)

Vidocq, 1837 : v. p. — Chercher à voler dans la foule.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Esbattre dans la tigne (s’)

Rigaud, 1881 : Chercher à voler dans la foule. (Fr. Michel.)

Flanchet

d’Hautel, 1808 : Dérivé de flanc, côté.
Il est sur le flanchet. Se dit d’un homme dangereusement blessé.
On dit aussi en terme de boucherie, un morceau de flanchet, pour un morceau pris sur le côté.

Delvau, 1866 : s. m. Part, lot, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Part, participation, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Part dans une affaire.

Virmaître, 1894 : Part de vol. Lot qui échoit à un brocanteur. Morceau de viande qui forme la pointe dans l’intérieur du bœuf (Divers Argots).

France, 1907 : Lot, sort, part de vol.

Tout passe dans la tigne
Et, quoiqu’on en jaspine,
C’est un foutu flanchet
Douz’ longes de tirade
Pour un moment d’attrait.

(Vidocq)

Graffigner

Delvau, 1866 : v. a. et n. Saisir, prendre, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi Égratigner.

France, 1907 : Égratigner, griffer.

France, 1907 : Saisir.

Grippe-saucisses

Virmaître, 1894 : Apprenti qui va chercher le déjeuner des ouvriers et qui en chemin égratigne un petit morceau de chaque saucisse (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Apprenti qui va chercher le déjeuner des ouvriers.

Hérisson

d’Hautel, 1808 : C’est un vrai hérisson ; on ne sait par quel bout le prendre. Se dit d’un homme brusque et d’une humeur acariâtre.
On dit aussi d’un avantageux coiffé à la Titus, qu’il a l’air d’un hérisson.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, à cause des broussailles qui en obstruent l’entrée et auxquelles s’égratigne quelquefois le membre viril.

Maqui, maquis

France, 1907 : Rouge, fard ; corruption de masque.

Ma largue n’s’ra plus gironde,
Je serai vioc aussi :
Faudra, pour plaire au monde,
Clinquant, frusque, maquis,
Tout passe dans la tigne (monde)
Et quoiqu’on en jaspine,
C’est un foutu flanchet.

(Winter, forçat, 1829)

Mordre

d’Hautel, 1808 : Ils ne se mordront pas. Se dit par plaisanterie de deux personnes que les mêmes occupations rassemblent dans un même lieu, et qui se tiennent l’une et l’autre aux deux extrémités.
S’il t’égratigne, mords-le. Se dit, pour exciter deux personnes à se battre.
Mordre à l’hameçon. Prêter l’oreille à des paroles trompeuses, se laisser aller à des propositions insidieuses.
S’en mordre les pouces. Se repentir d’avoir manqué une occasion.
Mordre. Pour comprendre, se pénétrer de quelque chose.
Il a peine à y mordre. Pour, il a peine à concevoir, à apprendre cette science.

Hayard, 1907 : Voir.

Onchets (partie d’)

France, 1907 : Duel ; argot militaire. Onchet est la corruption d’once, oncette, sorte de chat-tigre d’Afrique. Faire une partie d’onchets, c’est s’égratigner, se donner des coups de griffes, le sabre ou l’épée remplaçant la patte du fauve.

Parigo, parigot

France, 1907 : Sobriquet que les provinciaux donnent aux Parisiens.

Pour lors, dans la nuit du 17 au 18 mars, ce charognard bas-du-cul (Thiers) fit envahir par une chiée de troubades, afin de désarmer le populo pendant qu’il roupillait.
Il restait des canons et une quantité énorme de flingots.
Turellement, les Parigots ne voulurent rien lâcher, sachant bien qu’une fois désarmés, les bandits de la haute les feraient virevolter à leur gré, kif-kif une toupie hollandaise.

(Le Père Peinard)

Parigo, quoi !… des Batigneule,
Toujours prêt à coller un paing,
Mais j’comprends pas qu’on s’cass’ la gueule
Pour gagner d’quoi s’y fout’ du pain.
El’travail, c’est ça qui nous crève,
Mêm’les ceux qu’est les mieux bâtis,
V’là pourquoi que j’m’ai mis en grève.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Patte de velours (faire)

Virmaître, 1894 : Avoir envie de dire des injures à quelqu’un et au contraire lui faire risette. Avoir envie d’égratigner et au contraire caresser. Allusion au chat qui rentre ses griffes quand il est content :
— Il fait patte de velours (Argot du peuple). N.

Pianoter

Larchey, 1865 : Jouer médiocrement du piano.

On ne devait pas pianoter pendant la nuit.

(Balzac)

Delvau, 1866 : v. n. Toucher du piano, médiocrement ou non, — dans l’argot du peuple, ennemi de cet instrument de bourgeois.

Rigaud, 1881 : Jouer suffisamment du piano pour se faire plaisir à soi-même et agacer les autres.

France, 1907 : Jouer du piano comme la généralité des demoiselles, c’est-à-dire assommer ses voisins et même ses proches.

Les femmes qui écrivent sont dix fois moins nombreuses que les femmes qui peignent. Les femmes qui peignent sont cent fois inférieures en nombre à celles qui jouent la comédie. Les femmes qui jouent la comédie sont, aux femmes qui pianotent, comme un est à cent mille, attendu que toutes les femmes pianotent et égratignent l’ivoire.

(Émile Bergerat)

France, 1907 : Remuer les doigts de façon à indiquer à un joueur les cartes de son adversaire.

Un ser qu’est rup, servant croupier,
C’est en croupant de pianoter.

(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)

Schtigner

Virmaître, 1894 : Puer (Argot du peuple). N.

Tignasse

d’Hautel, 1808 : Une tignasse. Mauvaise perruque.

Delvau, 1866 : s. f. Chevelure abondante, épaisse, bien ou mal peignée, — dans l’argot du peuple, pour qui ces chevelures-là sont autant de nids à teigne. A signifié au début Perruque. On dit aussi Tignon.

France, 1907 : Chevelure touffue, emmêlée ; de tigne, teigne, vieux français.

Elle avait quéqu’s cheveux graisseux,
Perdus dans un filet crasseux
Qu’avait vieilli su’ sa tignasse
À Montparnasse.

(Aristide Bruant, Dans la rue)

France, 1907 : Femme ; argot des boulevardiers.

Dans leur gracieux langage, deux crânes, trois tignasses, ce sont deux hommes, trois femmes.

(Frédéric Loliée, Parisianismes)

Tigne

Delvau, 1866 : s. f. Foule, — dans l’argot des voleurs. S’ébattre dans la tigne. Chercher à voler dans la foule. Signifie aussi Réunion, Cénacle. Quelques Vaugelas de la Roquette veulent qu’on écrive Tine.

La Rue, 1894 : Foule. Tigner d’esbrouffe, voler dans un rassemblement.

France, 1907 : Foule, monde, multitude. S’ébattre dans la tigne, voler dans la foule ; argot des malfaiteurs.

Tigne, tignasse

Larchey, 1865 : Chevelure en désordre. — Du vieux mot tigne : teigne. V. Aplomb.

Tigne, tine

Rigaud, 1881 : Rassemblement, foule, — dans le jargon des voleurs.

Tigner

Vidocq, 1837 : v. — Action du coït.

France, 1907 : Coïter ; argot des malfaiteurs.

Tigner d’esbrouffe

Vidocq, 1837 : v. a. — Violer.

Rigaud, 1881 : Voler à la faveur d’un rassemblement.

Virmaître, 1894 : V. Riffe.

France, 1907 : Violer.

Tine

Clémens, 1840 : Spectateur.

un détenu, 1846 : Foule.

Virmaître, 1894 : La foule. Réunion de souteneurs et de voleurs. Delvau dit dédaigneusement que cette expression est due à « quelques Vaugelas de la Roquette », que le vrai mot est ligne. Pas le moins du monde ; dans le peuple on dit : Tigne-le, pour : le prendre par les cheveux. Tigner est également synonyme de rechigner (Argot des voleurs). N.

Hayard, 1907 : Foule.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique