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Belle-de-nuit

France, 1907 : Coureuse de bals, de gueulants et de cafés.

Quant aux filles publiques, les hommes les désignent par un grand nombre d’appellations. Les messieurs qui ont des prétentions à la distinction disent : fille de joie, courtisane, belle-de-nuit. Comme désignation insultante, on dit : putain, catin. Les autres termes employés avec le plus de grossièreté sont les suivants : garce, gothon, salope, gueuse, toupie, vache, bagasse, calèche, doffière, chameau, grenouille, tortue, volaille, rouscailleuse, couillère, omnibus, giberne, vessie, vezon. Les souteneurs, dans leur argot, disent : gaupe, marmite, dabe, largue, ouvrière, guénippe, ponante, ponisse, panturne, panuche, bourre-de-soie. On se sert aussi des mots poupée et gourgandine.

(Léo Taxil, La Prostitution contemporaine)

Calèche

France, 1907 : Femme entretenue, prostituée élégante ; argot des voleurs.
Les synonymes sont très nombreux et plus injurieux les uns que les autres. Léo Taxil, dans la Prostitution contemporaine, en donne une liste à peu près complète :

Les messieurs qui ont des prétentions à la distinction disent : fille de joie, courtisane, belle de nuit. Comme désignation insultante on dit : putain, catin. Les autres termes employés, avec le plus de grossièreté, sons les suivants : garce, gothon, doffière, chameau, grenouille, tortue, volaille, salope, gueuse, toupie, cache, bagasse, calèche, rouscailleuse, couillère, omnibus, giberne, vessie, vezou. Les souteneurs dans leur argot disent : gaupe, marmite, dabe, largue, ouvrière, guénippe, ponante, ponisse, panturne, panuche, bourre de soie. On se sert aussi des mots poupée, gourgandine, vieille citadelle.

(Léo Taxil, La prostitution contemporaine)

Folie du nombre

France, 1907 : Voici certes qui n’est pas une expression d’argot, ni même un néologisme, mais un terme devenu militaire et que je me hâte d’inscrire en me couvrant du journal d’où j’en détache l’explication :

Mais, à présent que la folie du nombre a gagné tout le monde autour de vous, que l’on s’inquiète fort peu d’avoir des soldats pourvu qu’on puisse aligner par millions les hommes, et que, partout, le progrès consiste à revenir aux foules armées de Xerxès — en attendant Marathon !…

(L’Avenir militaire)

Goteur

Halbert, 1849 : Paillard.

Delvau, 1866 : s. m. Débauché, libertin, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Libertin qui se plaît avec des souillons de cuisine et des souillons de tous genres, vulgo : Gothons.

France, 1907 : Paillard, débauché ; argot des voleurs.

Gothon

Ansiaume, 1821 : Fille de joie.

Aujourd’hui je vais picter et rigoler avec les gothons.

Delvau, 1864 : Abréviation de Margoton, qui signifie fille de mauvaise vie.

Delvau, 1866 : s. f. Cuisinière malpropre. Signifie aussi Coureuse, — dans l’argot des bourgeois.

Merlin, 1888 : Maîtresse, catin, comme ci-dessus. — Gothon est un prénom comme Margot.

Goton

France, 1907 : Abréviation de Margoton ; fille vulgaires, malpropre et de mœurs relâchées.

— Je ne vois qu’une chose, c’est qu’un garçon qui court les bastringues et les gotons ne risque que ses deux oreilles, tandis qu’une fille, en voulant agir comme lui, s’expose à en rapporter quatre au logis, d’oreilles.

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

Les deux brutes se collètent et se culbutent dans le sable. Leurs muscles craquent !
Maintenant, le maigre est dessous. Le gros, pour décrocher la victoire, allonge la patte entre les cuisses de l’adversaire : il guigne les parties sexuelles… Veine ! S’il réussissait, ce serait le triomphe certain !
Et tous les pleins-de-truffe et les gotons, de jubiler au spectacle sinistre. Ça leur donne des émotions pas ordinaires… Une castration est opération rare et savoureuse.

(La Sociale)

On écrit quelquefois, mais à tort, gothon.

Or, partout, j’ai vu que les verres,
Tout larges qu’ils sont, ont un fond,
Que le sourire des chimères
Voile un ricanement profond ;
Que la plus belle des Lisettes
Finit par tourner en gothon ;
Qu’on se dégrise des grisettes
Comme on se blase du flacon.

(Alfred Delvau, Le Fumier d’Ennius)

Pleins de pudeur, nous constatons
Qu’au théâtre quelques gothons
Montrent leurs cuiss’s et leurs tétons.

(Catulle Mendès, Le Journal)

Jeanneton

Delvau, 1864 : Synonyme de Goton. Fille de la petite vertu, servante ou grisette, qui se laisse prendre volontiers le cul par les rouliers ou par les étudiants.

Partout on vous rencontre avec des Jeannetons.

(V. Hugo) (Ruy-Blas)

Larchey, 1865 : « Servante d’auberge, fille de moyenne vertu. » — 1808, d’Hautel.

Delvau, 1866 : s. f. Fille de moyenne vertu, — dans l’argot des bourgeois, qui connaissent leur La Fontaine.

Car il défend les jeannetons,
Chose très nécessaire à Rome.

France, 1907 : Paysanne, fille vulgaire et de mauvaises mœurs. Même sens que Gothon.

Sans vous brouiller avec les roses,
Évadez-vous des Jeannetons.
Enfuyez-vous de ces drôlesses,
Derrière ces bonheurs changeants
Se dressent de pâles vieillesses
Qui menacent les jeunes gens.

(Victor Hugo, La Légende des siècles)

Pourquoi ce diminutif de Jeanne est-il devenu terme méprisant ? Sans doute parce qu’il était commun dans les campagnes et porté par nombre de servantes. Une vielle bourrée limousine le rehaussait jadis :

Baissez-vous, montagnes !
Levez-vous, vallons !
M’empêchez de voir,
Ma mie Jeanneton…

Longe

Ansiaume, 1821 : Année.

Il est gerbé de 12 longes pour deux coups de lingré à une gothon.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Année. J’ai fauché le pré cinq longes, j’ai été aux galères pendant cinq ans.

Vidocq, 1837 : s. f. — Année.

Clémens, 1840 : Année.

Larchey, 1865 : Année (Vidocq). — Forme de longue. Une année est souvent longue à passer.

Delvau, 1866 : s. f. Année, — dans l’argot des voleurs, qui tirent volontiers dessus lorsqu’ils sont en prison.

Rigaud, 1881 : Année, an. — Tirer une longe, faire un an de prison.

La Rue, 1894 : Année.

Virmaître, 1894 : V. Berge.

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Année.

Hayard, 1907 : Couteau.

France, 1907 : Année ; corruption de longue. Argot des forçats, qui trouvent en effet longues les années passées au bagne.

Marmelade

d’Hautel, 1808 : Avoir le derrière en marmelade. Pour avoir les fesses meurtries ; comme il arrive quand on va à cheval, sans en avoir l’habitude, ou que l’on voyage dans une mauvaise voiture, qui cahote continuellement.
On dit aussi d’une chose quelconque qu’elle est en marmelade, pour dire qu’elle est écachée, brisée en morceaux.

France, 1907 : Misère : on dit aussi panade.

Un jeune paysan naïf et candide va consulter une somnambule extra-lucide, à qui il demande des éclaircissements sur le sort qui lui est réservé.
La pythonisse de répondre :
— Mon pauvre garçon, vous resterez dans la marmelade jusqu’à votre âge mûr.
— Et après ?
— Après ? Vous y serez habitué.

Membre (le)

Delvau, 1864 : Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !

(Lemercier de Neuville)

On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
d’admiration — ou d’horreur.

(Anonyme)

Monseigneur le vit, ou madame la pine — Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux :

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boutejoie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, le broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écoutillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croit dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le moineau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pondiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

Menton (s’en mettre ou s’en fourrer jusqu’au)

France, 1907 :

Que ce soit poule ou caneton,
Perdreaux truffés ou miroton,
Barbue ou hachis de mouton,
Pâté de veau froid ou de thon,
Nids d’hirondelles de Canton,
Ou gousse d’ail sur un croûton,
Pain bis, galette ou panaton,
Fromage à la pie ou stilton,
Cidre ou pale-ale de Burton,
Vin de Brie ou branne-mouton,
Pedro-jimenès ou corton,
Chez Lucullus ou chez Caton,
Avalant tout comme un glouton,
Je m’en mettrai jusqu’au menton,
Sans laisser un seul rogaton
Pour la desserte au marmiton.

(Th. Gautier, Épître à Garnier)

Mikel

Vidocq, 1837 : s. m. — Je conçois fort bien que l’on accorde à celui qui montre à travers les verres d’une lanterne magique, monsieur le Soleil, madame la Lune et le palais de l’Empereur de la Chine, qui avale des barres de fer et des lames de poignard, qui danse sur la corde ou exécute des tours de souplesse, le droit d’exercer son industrie sur la place publique : il ne fait de mal à personne, et quelquefois il amuse les badauds de la bonne ville ; mais ce que je ne puis concevoir, c’est qu’une police bien organisée accorde à certains individus le droit de voler impunément à la face du soleil. Il n’y a, je crois, que deux genres d’industrie, celles qui servent à l’utilité et à l’amusement, et celles qui ne servent absolument à rien ou plutôt qui ne sont que les moyens dont se servent quelques individus pour escroquer de l’argent aux niais : c’est évidemment dans cette dernière classe que doivent être rangées celles qui sont exercées par ces marchands de pommade propre à faire croître les cheveux, de baume propre à guérir les cors aux pieds. Si les charlatans qui débitent ces spécifiques sont dangereux, combien sont plus dangereux encore ces devins et devineresses en plein vent, qui prédisent au Jean-Jean qu’un jour il sera colonel, à la servante d’un homme seul que son maître la couchera sur son testament, à la fille publique qu’elle trouvera un entreteneur.
Lorsque vous passerez dans la rue de Tournon, arrêtez-vous au numéro 5, et entrez chez mademoiselle Lenormand, vous trouverez toujours dans le salon plusieurs individus des deux sexes, de tout âge et de toutes conditions, attendant avec impatience l’instant d’être admis dans l’antre de la pythonisse ; allez vous promener sur les boulevards, sur la place du Châtelet ; arrêtez-vous au milieu du cercle qui entoure le sieur Fortuné, ou tout autre « élève favori du célèbre Moreau, qui a eu l’honneur de tirer les cartes à sa majesté Napoléon, » et vous verrez toutes les mains tendues lorsque le Pitre offrira aux amateurs la carte révélatrice.
Les individus qui vont demander des conseils aux tireurs de cartes sont des imbéciles, sans doute, mais il ne doit cependant pas être permis de les exploiter ; aussi, je le répète, je ne comprends pas l’indulgence de la police.
L’établissement d’un tireur de cartes se compose ordinairement d’une petite table, de trois gobelets de fer-blanc, de quelques petites boules de liège ou muscades, de plusieurs jeux de cartes, et d’un Pitre ou paillasse ; c’est dans un quartier populeux et à proximité d’un marchand de vin que l’Éteilla moderne exerce ; le Pitre commence ordinairement la séance par quelques lazzis de mauvais goût, ou quelques chansons plus que grivoises ; c’est lui, qui, en termes du métier, est chargé de faire abouler le trèpe, lorsque la foule est assez grande pour promettre une bonne recette, le devin arrive et débite son boniment ; le Pitre distribue les cartes et reçoit la rétribution fixée ; cela fait, le devin explique à voix basse et hors du cercle, la dame de carreau ou l’as de pique ; si parmi les individus qui ont pris, moyennant deux sols, une carte du petit jeu ou jeu de piquet, il s’en trouve un qui écoute avec plus de recueillement que les autres les vagues explications auxquelles sa carte donne lieu, et qui paraisse ajouter une foi entière aux discours du devin, celui-ci propose de lui faire le grand jeu ; si l’individu accepte, un signe du devin avertit le Pitre qui sait très-bien s’acquitter de la tâche qui lui est imposée. Il va trouver le Mikel, et tout en buvant une chopine avec lui, il lui tire adroitement les vers du nez, et bientôt il sait ce qu’il est, d’où il vient, où il va et ce qu’il espère ; il rapporte à son maître ce qu’il vient d’apprendre, et celui-ci est pris pour un grand homme par le Mikel, qui ne se doute jamais qu’il ne fait que lui répéter ce que lui-même disait il n’y a qu’un instant, et il ne regrette pas ce qu’il a payé pour se faire expliquer une ou deux cartes du jeu du tarot. Après le jeu du tarot il se fait faire le jeu égyptien, puis encore d’autres jeux qu’il trouve plus merveilleux les uns que les autres ; si bien, qu’il quitte le devin plus pauvre de quelques pièces de cinq francs, mais bien convaincu que dans peu de temps il n’aura plus de souhaits à former.
Si les tireurs de cartes bornaient à cela leur industrie, cette industrie, il est vrai, ne serait rien moins que délicate, mais au moins elle ne serait pas dangereuse, et si l’on voulait bien être très-indulgent elle serait même bonne à quelque chose, ne fût-ce qu’à donner à de pauvres diables ce qui ne saurait être payé trop cher : l’espérance ; mais il n’en est pas ainsi, les devins ne se contentent pas toujours de faire naître, moyennant finances, l’espérance dans le cœur du Mikel, ils veulent bien se charger de la réaliser. Lorsqu’ils ont trouvé un niais de force à croire qu’ils peuvent le faire aimer d’une femme, gagner à la loterie, ou découvrir un trésor caché, ils puisent à poignées dans sa bourse ; ce sont tous les jours des consultations, qui alors ne se donnent plus pour deux sous, mais qui sont payées fort cher ; ce sont des présens qu’il faut faire au génie familier du sorcier, etc., etc. Il arrive souvent, très-souvent même, que le Mikel n’est désabusé que lorsqu’il est complètement ruiné.
On mit un jour sous les yeux de M. Anglès, alors préfet de police, une pétition qui relatait toutes les ruses mises en œuvre par le sorcier que j’ai nommé plus haut, le sieur Fortuné, pour dépouiller un Mikel ; M. Anglès indigné écrivit en marge de cette pétition : « Si cet escamoteur ne rend pas ce qu’il a escroqué, je l’escamote à Bicêtre. » L’escamoteur rendit, pour ne pas être escamoté ; ce qui pourtant ne l’empêcha pas de faire de nouvelles dupes.

Larchey, 1865 : Dupe (Vidocq). — C’est le nom de Michel dont le diminutif michon signifiait autrefois sot. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. m. Dupe, — dans l’argot des saltimbanques.

Miselocq

Ansiaume, 1821 : Comédie.

Je vais pésiller une gothon et aller au mislocq faire des bogues.

Monôme polytechnicoprotestant

France, 1907 : Entente spontanée de tous les protestants pour cacher les histoires scabreuses qui surgissent dans leur parti. L’on sait en effet que rien n’est plus moral que les protestants ; ce sont eux qui sont à la tête de toutes les sociétés pour l’extinction du vice ! Cependant c’est surtout dans les pays protestants, témoin l’Angleterre et l’Allemagne, qu’il semble fleurir le plus, mais il se cache… ce qui n’empêche pas les scandales comme ceux de la Pall Mall Gazette et celui des petits télégraphistes d’éclater quelquefois. Le pudibond Bérenger, le pasteur Dide, et le pieux Jules Simon, tous sénateurs, faisaient partie du monôme polytechnicoprotestant.

Toujours le monôme polytechnicoprotestant !… si… l’accident fût arrivé à… à la femme d’un officier catholique par exemple… ça n’eût pas fait tant d’histoires, et toute cette boue, — comme vous dites, — n’eût pas été remuée… mais ici il s’agit d’une protestante !… une protestante, songez donc ! est-ce qu’une protestante peut faillir ?… (il n’y a qu’à Mme de Staël que ça a été permis… et il y a si longtemps…) une protestante !… allons donc !… et tous les protestants, orthodoxes ou pas, se dressent comme un seul homme… on évoque l’ombre des illustrations du parti… tout le monde est fourré dans l’affaire, depuis Luther jusqu’à Guizot… en passant par Mélanchthon, Wolf, Leibniz, Schelling, Fichte, etc., etc…

(Gil Blas)

Morganer

Ansiaume, 1821 : Dénoncer.

Donnes un bouquet à la gothon pour l’empêcher de morganer.

Vidocq, 1837 : v. a. — Mordre.

Clémens, 1840 / M.D., 1844 / un détenu, 1846 : Mordre.

Larchey, 1865 : Mordre (id.). — Mot de langue romane. V. Roquefort (Mordant).

Delvau, 1866 : v. a. Mordre, — dans le même argot. Signifie aussi Nuire, comme le prouvent ces deux vers de la parodie du Vieux Vagabond de Béranger, par MM. Jules Choux et Charles Martin :

Comme un coquillon qui morgane
Que n’aplatissiez-vous l’gonsier ?…

Rigaud, 1881 : Mordre, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 / Rossignol, 1901 : Mordre.

Mouloir

Ansiaume, 1821 : Bouche.

Cette gothon a un joli petit mouloir et de beaux chassis.

Vidocq, 1837 : s. m. — Batelier.

Halbert, 1849 : Bouche.

Delvau, 1866 : s. m. La bouche, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Bouche ; dent.

La Rue, 1894 : Bouche.

France, 1907 : Bouche, dents.

Putiphar

France, 1907 : Cocu.

Puisse l’amour heureux t’avoir fait un berceau
Chez une de Warens si douce pour Rousseau !
Tu n’es plus jouvenceau, plus tard tu diras comme
Gothon on Putiphar a de toi fait un homme.

(Alfred Lecomte, La Voie du philosophe)

Queues

Delvau, 1866 : s. f. pl. Phrases soudées ensemble à la queue-leu-leu, — dans l’argot des typographes, dont c’est le javanais. Un échantillon de ce système de coquesigruïtés, que l’on pourrait croire moderne et qui est plus que centenaire, sera peutêtre plus clair que ma définition. Quelqu’un dit, à propos de quelque chose : « Je la trouve bonne. » Aussitôt un loustic ajoute d’enfant, puis un autre ticide, puis d’autres de Normandie, — t-on — taine — ton ton — mariné — en trompette — tition — au Sénat — eur de sanglier — par la patte — hologie — berne — en Suisse — esse — vous que je vois, etc., etc., etc. Lesquelles coquesigruïtés, prises isolément, donnent : Bonne d’enfant, — infanticide, — cidre de Normandie, — dit-on, — ton taine ton ton, — thon mariné, — nez en trompette, — pétition au Sénat, — hure de sanglier, etc.

Rondine

Ansiaume, 1821 : Bague.

Avec une rondine j’affranchirai la gothon.

Vidocq, 1837 : s. f. — Bague.

un détenu, 1846 : Bague.

Halbert, 1849 : Boule, canne.

Larchey, 1865 : Bague. — Même allusion. V. Vague.

Delvau, 1866 : s. f. Bague, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Bague. — Canne.

La Rue, 1894 : Bague. Canoë. Rondiner, battre à coups de bâton.

France, 1907 : Canne.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique