d’Hautel, 1808 : À bon diseur, bon entendeur. Signifie que les personnes qui parlent bien et finement, doivent avoir de bons auditeurs.
À bon entendeur salut. Se dit quand on reproche indirectement à quelqu’un ses défauts, et qu’il feint de ne pas entendre.
Entendeur
Qui habet aures audienti audiat
France, 1907 : « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. » Locution latine tirée de la Bible, répondant à notre expression : « À bon entendeur, salut ! »
Ramastiqueur
Larchey, 1865 : Filou ramassant à terre des bijoux faux perdus par un compère et les cédant à un passant moyennant une prime qui dépasse leur valeur réelle.
Delvau, 1866 : s. m. Variété de filous décrite par Vidocq.
Rigaud, 1881 : Filou qui vend à une dupe, comme étant de l’or, un bijou en imitation, soi-disant trouvé sur la voie publique.
Virmaître, 1894 : Désigne le genre de vol qui consiste à ramasser à terre un bijou faux qu’un compère a préalablement laissé tomber (Argot des voleurs). V. Trouceurs.
Rossignol, 1901 : Celui qui commet l’escroquerie au ramastique qui consiste à ramasser ou faire semblant de ramasser, devant une bonne tête, un écrin contenant une chaîne, dite Jeannette, avec une petite croix imitation or, d’une valeur de soixante-cinq centimes. Le ramastiqueur dit : « Part à deux », et ouvre l’écrin, en évalue la soi-disant trouvaille à une dizaine de francs ; la bonne tête donne 5 francs, et c’est un bénéfice de 4 fr. 35 pour le ramastiqueur. Ce genre d’escroquerie se fait à la campagne, mais à Paris, il y a une autre façon qui se pratique aux abords des gares : le ramastiqueur remarque un frais débarqué, bon à faire, il le suit, et à un moment donné, il ramasse, de façon à être aperçu, un écrin, puis il s’adresse au frais débarqué et lui dit : part à deux ; l’écrin contient une bague en or, ornée d’un brillant ; on la fait évaluer chez le plus proche bijoutier qui l’estime 80 francs ; il est rare que le voyageur ne donne pas 40 francs pour un bijou estimé 80. Mais le ramastiqueur avait un autre écrin semblable, contenant une bague exactement la même que celle que l’on a fait estimer, elle est en doublé et ornée d’un simili d’une valeur de 1 fr. 50 ; il la remet au voyageur en échange de 40 francs.
France, 1907 : Voleur à la ramastic. Se dit aussi des mendiants qui vont chanter ou mendier dans les cours et ramassent les sous jetés des fenêtres. « Les arcassineurs sont les mendiants à domicile ; les ramastiqueurs, les mendiants de cours qui ramassent des sous. Les tendeurs de demi-aune, les mendiants des rues. »
(Mémoires de M. Claude)
Tendeur
Virmaître, 1894 : Homme qui est toujours prêt à satisfaire une femme gourmande et passionnée (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Voir rippeur.
France, 1907 : Homme de complexion amoureuse. Vieux tendeur, vieux débauché. Argot populaire.
Très tendeur, il se payait d’autor les plus girondes ouvrières…, et fallait pas qu’une lui résistât, — sinon, du balai !
Ce n’était pas qu’un coq, c’était aussi un cochon : un jour, il appela dans son bureau une ouvrière et, se débraillant, lui mit le marché en main.
(Père Peinard)
Pour les vieux tendeurs qu’assomme
Une ronfle à grippart,
On s’camoufle en p’tit jeune homme,
En tant’ figne-à-part,
Quand l’pant’ a l’doigt dans la miche,
S’i’n’ casque pas gros,
Gare au bataillon d’la guiche !
C’est nous qu’est les dos.
(J. Richepin, La Chanson des gueux)
Tendeur de demi-aune
France, 1907 : Mendiant ; argot populaire. On dit aussi tend-la-main.
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