La Rue, 1894 : Fille galante, maîtresse. Les prostituées de basse catégorie ont reçu beaucoup de noms : crevette, bourdon, passade, fesse, galupe, catau, catin, gerse, gaupe, ruttière, gouge, gouine, baleine, chausson, roubion, grognasse, gourgandine, truqueuse, asticot, morue, brancard, autel ou outil de besoin, dossiers, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, traînée, trouillarde, camelotte, volaille, carogne, blanchisseuse de tuyaux de pipes, pouffiasse, moellonneuse, pontonnière, pilasse, ponante, ponifle, pierreuse, vadrouille, chiasse, avale-tout, taupe, paillasse, cambrouse, wagon à bestiaux, voirie, rouchie, gadoue, etc.
Biche, cocotte, grue, horizontale, persilleuse, bergeronnette, Louis XV
Éponge
d’Hautel, 1808 : Boire comme une éponge. Boire avec excès ; s’enivrer.
Passer l’éponge sur quelque chose. Pardonner ; oublier noblement une mauvaise action ; une offense.
Presser l’éponge. C’est faire rendre à quel qu’un ce qu’il a pris ; le faire regorger.
Delvau, 1864 : Femme. Épouse ou maîtresse qui vous éponge, en manœuvrant au cul, le trop plein de vos couilles.
Delvau, 1866 : s. f. Ivrogne, — dans l’argot du peuple.
Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse, — dans l’argot des voyous, qui révèlent ainsi d’un mot tout un détail de mœurs. Autrefois (il n’y a pas longtemps) les filles et leurs souteneurs hantaient certains cabarets borgnes connus de la police. Ces messieurs consommaient, en inscrivait sur l’ardoise, ces dames payaient, et le cabaretier acquittait la note d’un coup d’éponge.
Rigaud, 1881 : Maîtresse d’un souteneur.
Mais, pardon, tiens, que je te fasse voir mon éponge, poursuivit-il, en tirant à lui Céline.
(Huysmans, les Sœurs Vatard)
La Rue, 1894 : Femme de souteneur. Éponge d’or, avoué.
France, 1907 : Ivrogne. La périphrase s’explique de soi.
France, 1907 : Maîtresse ; argot des souteneurs.
Me v’là, Laur’, l’éponge à Polyte,
C’est un beurr’ comm’ nous nous aimons,
Mon homme et moi, nous somm’s l’élite,
La fleur, la crèm’ des butt’s Chaumont,
C’est dimanch’ dernier, au bastringue,
Qui m’a plu Polyte, et qu’j’y plus ;
La grande Irma, c’t’espèc’ de bringue,
Était sa marmite, ell’ l’est pus,
Dès qu’j’en suis d’venue amoureuse,
Y m’a dit : Toc, ça t’va, ça m’va !
C’est vraiment chouett’ pour un’ pierreuse
D’avoir un mec comm’ celui-là.
(André Gill, L’Éponge à Polyte)
Voici en bloc les noms donnés aux prostituées de basse catégorie : asticot, autel du besoin, avale-tout, baleine, blanchisseuse de tuyau de pipe, bourdon, brancard, cambrouse, camelotte, carogne, catau, catin, chausson, chiasse, dossière, fesse, gadoue, galupe, gaupe, gerse, gouge, gouine, gourgandine, grognasse, moellonneuse, morue, outil de nécessité, paillasse, passade, pétasse, pierreuse, ponante, ponifle, pontonnière, pouffiasse, punaise, roubion, rouchie, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, rullière, taupe, trainée, trouillarde, truqueuse, vadrouille, voirie, volaille, wagon à bestiaux.
Escorte
France, 1907 : Fille ou femme ordinairement âgée ou laide qui accompagne une plus jeune et plus jolie pour la mettre en évidence, lui servir de mère, tante ou chaperon, ou simplement de « repoussoir ».
Rose de Senlis, une grande et superbe fille aux cheveux blonds et aux yeux de velours bleu, avait comme repoussoir une nommée Catherine Bélinaud, dite la Taupe. Elles étaient du même pays, d’un village de l’Oise, et elles arrivèrent toutes deux, très jeunes, très fraîches, très roublardes. Catherine se distinguait ; mais une maladie la courba, la fit laide, et, au sortir de l’hôpital, elle dut accepter de Rose l’emploi d’escorte repoussante et repoussée.
(Dubut de Laforest)
Faute
d’Hautel, 1808 : Les pêcheurs, les chasseurs et les preneurs de taupes, feroient de beaux coups sans les fautes.
Fouinard, fouineur
France, 1907 : Rusé, farfouilleur, qui se mêle des affaires d’autrui.
— Quelle est donc cette dame qui a une toilette blanche et noire ? demandait la préfète de la Seine au secrétaire général de la préfecture, un petit fouinard qui passait pour border les draps de lit du couple préfectoral.
(Edgar Monteil, Le Monde officiel)
C’était un petit Méridional du mauvais Midi ; chevelu, barbu, velu, noir comme une taupe, bruissant comme une cigale et fouinard comme un cent de Normands.
(Séverine)
Fourguer
Ansiaume, 1821 : Acheter ces effets [volés].
Il a fait sa taupe à fourguer avec les pègres.
Vidocq, 1837 : v. a. — Vendre à un Fourgat des objets volés.
M.D., 1844 : Vendre des obj. vol.
un détenu, 1846 : Receler.
Delvau, 1866 : v. a. Vendre à un receleur des objets volés.
Rigaud, 1881 : Vendre à un recéleur.
Virmaître, 1894 : Vendre des objets volés (Argot des voleurs).
Hayard, 1907 : Vendre.
France, 1907 : Vendre à un recéleur ; du vieux mot fourgager, vendre à perte.
Elle ne fourgue que de la blanquette, des bogues et des broquilles.
(Mémoires de Vidocq)
Frimousse
Ansiaume, 1821 : Figure, visage.
Je lui ai moucheté 3 camoufflets sur la frimousse.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Visage.
Larchey, 1865 : Visage. — Diminutif de Frime.
C’est bien là le son du grelot, si ce n’est pas la frimousse.
(Balzac)
On a dit aussi firlimousse :
Je voy bien à leur physionomie ou firlimousse, mine et trogne, que l’une est subjecte au vin.
(Parlement nouveau, par D. Martin, Strasbourg, 1660)
Delvau, 1866 : s. f. Visage, — dans l’argot des faubouriens. C’est pour ma frimousse. C’est pour moi. L’expression a des cheveux blancs :
«… De tartes et de talmouses,
On se barbouille les frimouses. »
a écrit l’auteur de la Henriade travestie.
La Rue, 1894 : Visage (de jeune femme, d’enfant).
Virmaître, 1894 : Vieille expression qui veut dire visage. On la trouve dans la Henriade travestie (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Visage.
France, 1907 : Visage, physionomie.
Une fois mariée, pourvue d’un éditeur responsable, elle saura bien se créer une existence selon ses goûts. Sa frimousse de Parisienne futée, sa tenue à peine réservée et qui se ferait volontiers provocante, ne laissent aucune hésitation sur les projets formés par cette petite tête à l’apparence frivole. Le choix de ses amants futurs l’inquiète plus que celui du mari qu’elle va chercher. Ah ! si elle était libre, comme elle mordrait vite à la pomme !
(Yvan Bouvier)
Et aux abois, retombée sur le trottoir avec, pour tout capital, sa frimousse drôle, ses lèvres et ce que Virelocque eût appelé son instrument de travail, elle avait enfin pensé à son petit guerluchon qui végétait là-bas, là-bas en province, se décidait à le reprendre, à lui demander le vivre et le couvert, comme un pauvre oiseau perdu qui cherche un colombier.
(Mora)
Pauvre Repoussoir ! Pauvre Taupe ! Elle suivait pour le contraste ; elle suivait pour mettre en valeur, grâce à son horrible frimousse, les charmes de madame ; elle suivait pour arrêter le bon client sous l’œillade amoureuse de sa compagne ; elle suivait pour jeter le p’sstt, p’sstt ! et se détourner, en gémissant : « Madame est belle !… Regarde-la… Ne me regarde pas… Aimez-vous !… » Elle suivait pour aider, pour souffrir, pour allumer, pour pleurer, — pour en mourir.
(Dubut de Laforest)
Le royaume des taupes
Larchey, 1865 : La terre.
Il est au royaume des taupes, il est mort.
(Oudin, 1640)
Pays des marmottes (le)
Delvau, 1866 : La terre, — dans l’argot du peuple. S’en aller dans le pays des marmottes. Mourir. On dit aussi le Royaume des taupes.
Royaume
d’Hautel, 1808 : Envoyer quelqu’un au royaume des taupes. Pour dire, l’expédier pour l’autre monde ; le faire mourir.
Au royaume des aveugles, les borgnes y sont rois. Voyez Aveugle.
Royaume des taupes
Delvau, 1866 : s. m. La terre, — dans l’argot du peuple. Partir pour le royaume des taupes. Mourir.
Virmaître, 1894 : V. Les pissenlits pousser par la racine.
Saint Taupat
France, 1907 : Plaisanterie des catholiques sur les protestants : les premiers supposent que ceux-ci, assemblés un jour près d’un cimetière, voient une tête de mort rouler d’elle-même sur le sol ; ils crièrent : miracle ! une taupe en sortit. Alors le ministre aurait dit « Mes frères, nous n’avions pas de saints ; en voici un : ce sera saint Taupat. »
(P. Jonain, Dictionnaire du patois saintongeais)
Taupage
Vidocq, 1837 : s. m. — Égoïsme.
Larchey, 1865 : Égoïsme. — Tauper : Travailler. — Taupier : Égoïste (Vidocq). — Allusion à la nature active et solitaire de la taupe. — Le travail des malfaiteurs n’est-il pas un vrai travail de taupe ?
Delvau, 1866 : s. m. Égoïsme, existence cachée, — dans le même argot [des voleurs et des voyous].
Rigaud, 1881 : Égoïsme. (Fr. Michel)
France, 1907 : Égoïsme ; argot des voleurs.
Taupe
d’Hautel, 1808 : Il est allé au royaume des taupes. Pour dire que quelqu’un a terminé sa carrière ; qu’il n’est plus de ce monde.
Noir comme une taupe. Manière exagérée pour dire mulâtre ; extrêmement basané.
Taupe. Terme de mépris qui signifie courtisane ; et vile prostituée.
Delvau, 1866 : s. f. Fille de mauvaises mœurs, — dans l’argot peu chrétien des bourgeois. On dit aussi gaupe.
Rigaud, 1881 : Maîtresse d’un souteneur. Terme méprisant à l’adresse d’une femme.
France, 1907 : Prostituée ; elle travaille souterrainement comme l’animal de ce nom.
Malheur aux pantres de province
Qui flouaient la taupe à Navet !
Comme au drame, il criait : Vingince !
Malheur aux pantres de province !
Souvent, lardé d’un coup de bince,
Le micheton nu se sauvait
Malheur aux pantres de province
Qui flouaient la taupe à Navet.
(J. Richepin, La Chanson des gueux)
Se dit aussi d’une femme vieille et laide.
À l’arrivée des troupes, l’ennemi s’enfuit avec les femmes et les enfants, laissant le reste. Deux jours après nous trouvâmes dans la prairie une vieille taupe, jugée trop décrépite pour qu’on s’en embarrassât et abandonnée aux loups.
(Hector France, Chez les Indiens)
Taupe de rempart
France, 1907 : Sapeur du génie ; argot militaire. On dit aussi taupier.
Tauper
Ansiaume, 1821 : Travailler.
Il taupe comme un cabot pour gagner 10 jacques par reluis.
Vidocq, 1837 : v. a. — Travailler.
Delvau, 1866 : v. a. et n. Battre, Accabler de coups, — dans l’argot des ouvriers. On dit aussi Tauper dessus.
Delvau, 1866 : v. n. Travailler, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Travailler.
La Rue, 1894 : Travailler. Taupiner, assassiner.
Virmaître, 1894 : Travailler. L. L. Tauper veut dire accoster. Quand les compagnons faisaient le tour de France, et que deux marchaient en sens inverse sur la grande route, ils s’interpellaient :
— Tope, pays, quelle vocation ?
— Serrurier.
— Passe au large.
S’ils étaient du même métier, ou de la même société, ils fraternisaient, autrement ils se battaient.
Cela s’écrit toper et non tauper. Toper veut aussi dire : conclure.
— Affaire faite, tope-là (Argot du peuple).
France, 1907 : Battre ; argot des canuts.
— Tais donc ton bec, gringalet, tu vas te faire tauper.
(Johnny Augier, Le Canut)
France, 1907 : Travailler ; argot faubourien. Allusion à la nature active et solitaire de la taupe.
Taupes de rempart
Merlin, 1888 : Expression ingénieuse désignant les soldats du génie, chargés de creuser les tranchées et surtout les mines.
Taupier
Ansiaume, 1821 : Amasser et cacher son argent.
Il ne grinchit pas souvent, mais il fait la taupe.
Delvau, 1866 : s. m. Égoïste.
France, 1907 : Égoïste malfaisant ; argot populaire.
Maintenant, je suis devenu vieux, et je ne suis plus méchant ; mais j’ai toujours peur du taupier. Car le taupier est éternel ; et le monde est plein de taupiers qui font du mal à toutes les pauvres petites bêtes qui voudraient vivre, à toutes les petites gens du bon Dieu. Ils vous guettent, ils vous poursuivent, ils apprêtent leur sac : on n’est point à l’abri sous les taupinières. Les entendez-vous rire ? Il y a celui qui vous trompe et celui qui vous condamne, celui qui vous affame et celui qui vous tue. Il y en a bien d’autres encore…
(Gaétan de Meaulne)
Taupin
Larchey, 1865 : « Le simple taupin, le candidat qui se présente à la colle d’admission à l’École polytechnique, possède déjà des connaissances supérieures. » — La Bédollière.
Delvau, 1866 : s. m. Candidat à l’École polytechnique, — peut-être parce qu’on a remarqué que la plupart des jeunes gens qui se destinent à cette école, travailleurs plus acharnés que les autres avaient de bonne heure la vue aussi faible que celle des taupes. Taupin carré. Taupin de 2e année. Taupin cube. Taupin de 3e année.
Rigaud, 1881 : Élève du cours des mathématiques spéciales. Les taupins se divisent en trois classes : le Bizut, élève de première année ; le Carré, élève de deuxième année, et le Cube, élève de troisième année. Le Carré passe pour être quatre fois plus abruti que le Bizut et le Cube neuf fois plus, — dans le jargon des élèves de mathématiques spéciales.
Rigaud, 1881 : Nom donné à l’artilleur, — dans le jargon du régiment. Allusion à la taupe qui passe pour avoir la vue basse. Nombre d’officiers d’artillerie sont dans ce cas et portent lunettes. M. L. Larchey donne encore ce nom de taupin au soldat du génie.
La Rue, 1894 : Soldat du génie.
France, 1907 : Candidat à l’École polytechnique, « peut-être appelé ainsi, dit Alfred Delvau, parce qu’on a remarqué que la plupart des jeunes gens qui se destinent à cette école, travailleurs plus acharnés que les autres, avaient de bonne heure la vue aussi faible que les taupes ». Cette étymologie peut être vraie, car autrefois il était de mode chez ces jeunes savants de s’affubler de lunettes ou de binocles pour se donner un air sérieux. Ils travaillent maintenant autant et plus qu’autrefois et cependant les lunettes ont à peu près disparu. Leur travail de jour et de nuit auquel les oblige la difficulté des examens ne les aurait-il pas fait comparer à la taupe ? La taupe creuse la terre, le taupin creuse la science.
Le taupin souffre et potasse,
C’est la devise du carré !
Il se fiche pas mal de la crasse
Qui recouvre son vieux collet,
De pommade il est toujours chiche,
Il conspue la gomme et la corniche…
(Chanson du Taupin français)
France, 1907 : Sobriquet donné au moyen âge aux francs-archers, miliciens levés et organisés pur Charles VII et dissous par Louis XI à cause du discrédit où ils étaient tombés. On les appelait francs-taupins parce que, paysans pour la plupart, les gens de guerre ne les disaient bons qu’à fouir la terre comme les taupes. Le Roux de Lincy, dans son Recueil de chants historiques, donne une chanson du temps qui montre quel peu de cas on faisait de ces milices. En voici quelques couplets :
Le franc-taupin à la guerre s’en va,
Testamenta comme un chrétien doit faire,
Il a laissé sa femme à son vicaire
Et au curé les clefs de sa maison…
Le franc taupin chez son hôte arriva :
« Vertu, morgoy, jarnigoy, je te tue. »
— Tout beau, monsieur, mes oignons sont en mue.
Il l’appaisa d’une soupe à l’ognon…
Le franc-taupin prend et vaillant estoit ;
Il assailloit fort volontiers les mouches :
« Suz-de-foit-il il faut que je vous touches. »
Mais une guêpe lui donna l’aiguillon.
C’est à la suite du licenciement des milices des francs-archers que Louis XI engagea à son service un corps de 6000 Suisses. Voir ce mot.
Taupiner
d’Hautel, 1808 : Manier brusquement et sans soin ; tripoter, patiner ; bouleverser quelque chose.
Fustier, 1889 : Assassiner.
France, 1907 : Assassiner ; littéralement, envoyer chez les taupes ; argot des malfaiteurs.
Taupinier
France, 1907 : Casanier ; personne qui ne sort pas de chez elle, à l’exemple des taupes qui ne sortent guère de leurs galeries souterraines.
Troisième dessous
Larchey, 1865 : « Dans le troisième dessous des sociétés, pour emprunter à l’art dramatique une expression vive et saisissante, le monde n’est-il pas un théâtre ? Le troisième dessous est la dernière cave pratiquée sous les planches de l’Opéra, pour en recéler la rampe, les apparitions, les diables bleus que vomit l’enfer. » — Balzac.
Delvau, 1866 : s. m. La dernière cave pratiquée sous les planches d’un théâtre pour recevoir la rampe, les trucs, les machines, etc. Tomber dans le troisième dessous. Se dit d’une pièce sifflée, dont la chute est irrémédiable.
Delvau, 1866 : s. m. Le monde des coquins, « la dernière sape, inferi », de la société, « la fosse des ténèbres, la grande caverne du mal », dit Victor Hugo, qui la peint à grands coups de brosse, comme Dante, son Enfer.
Cette cave est au-dessous de toutes et est l’ennemie de toutes. C’est la haine sans exception. Elle a pour but l’effondrement de tout, — de tout, y compris les sapes supérieures, qu’elle exècre. Elle ne mine pas seulement, dans son fourmillement hideux, l’ordre social actuel : elle mine la philosophie, elle mine la science, elle mine le droit, elle mine la pensée humaine, elle mine la civilisation, elle mine le progrès. Elle est ténèbre et elle sent le chaos. Sa voûte est faite d’ignorance. Elle s’appelle tout simplement vol, prostitution, meurtre et assassinat. Détruisez la cave-ignorance, vous détruirez la taupe-crime.
France, 1907 : Voir Tomber.
Varin
France, 1907 : Venin. « Pour panser du venin, disent les paysans du bas Berry, il faut avoir étouffé trois taupes dans sa main gauche, et savoir certaines paroles cabalistiques accompagnées d’eau bénite. »
Voir les pissenlits pousser par la racine
Virmaître, 1894 : Être sous terre. Dans le peuple, on dit également : Aller dans le royaume des taupes (Argot du peuple).
Yeux de lynx (avoir des)
France, 1907 : Avoir de bons yeux à cause de la vue extraordinaire attribuée au lynx, dont le nom vient de λύγξ, lumière. Le lynx, espèce de chat, possède, comme tous les animaux de la race féline, une vue très perçante et les naturalistes de l’antiquité, qui n’y regardaient pas de si près, avaient accrédité la fable que le lynx jouissait de la faculté de voir à travers les murailles.
Lynx envers nos pareils et taupe envers nous,
dit La Fontaine.
On a donné une autre explication de cette expression proverbiale :
Lorsque Jason partit à la conquête de la Toison d’or, il avait parmi ses compagnons un nommée Lyncée, fils d’Apharée, doué d’une vue telle qu’il apercevait les écueils dans la mer et prévenait le pilote ; et jusque dans les profondeurs de la terre découvrait les trésors enfouis. Il est probable que ce Lyncée était un habile marin qui, ayant navigué dans le Pont-Euxin, en connaissait les côtes et savait à certains indices reconnaître les terrains aurifères.
Suivant les anciens, l’urine du lynx avait la propriété de se changer en pierre précieuse : le lapis lyncurius.
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