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Canter

France, 1907 : Petit galop ; anglicisme. Expression du turf qui désigne le petit galop d’essai auquel s’amusent les jockeys avant de ranger leurs chevaux dans le starter. Par extension, d’un cheval qui a gagné aisément la course, on dit qu’il a gagné « dans un canter », c’est-à-dire comme en un petit galop d’essai.

Mouscailler

Vidocq, 1837 : v. a. — Aller à la selle.

Larchey, 1865 : Aller à la garde-robe (Vidocq). — De mousse.

Delvau, 1866 : v. a. Alvum deponere.

Rigaud, 1881 : Se défaire de la matière fécale.

France, 1907 : Faire ses besoins. L’esprit gaulois, vivement porté vers la scatologie, s’est exercé à plaisir sur les fonctions naturelles de l’humaine nature, et les périphrases exprimant l’acte de mouscailler sont des plus nombreuses. Voici les principales : aller à la selle, aller faire une ballade à la lune, aller au numéro cent, aller quelque part, aller à ses affaires, aller où le roi va seul, aller chez Jules, aller où le roi n’envoie pour lui personne, aller voir Bernard, aller au buen-retiro, cracher de la fesse, déponer, déposer une pêche, une médaille de papier volant ; débourrer une pipe, defalquer, enterrer son colonel, écrire à un juif, envoyer une dépêche à Bismarck, fogner, flaquer, flasquer, faire des cordes, faire le grand, faire une commission, faire une moulure, filer, flaquader, fuser, filer le câble de proue, faire un pruneau, un pêche ; faire ronfler le bourrelet, la chaise percée, faire corps neuf ; gazonner, gâcher le gros, galipoter ; mousser, mouler un sénateur, une Vénus ; poser un pépin, un factionnaire, une sentinelle ; mettre une lettre à la poste ; pousser son rond, tarter.

Starter

Fustier, 1889 : Argot de courses. Celui qui donne aux jockeys le signal du départ.

France, 1907 : Employé des courses qui donne le signal du départ. Anglicisme, du verbe to start, partir.

— Une place ? Quelle place ? Je n’ose pas le dire. Faut-il vous l’avouer, Monsieur ? Je suis starter dans les courses de bicyclettes. C’est moi qui donne le signal du départ. Quelquefois c’est en tirant un coup de pistolet — pan ! — d’autres fois c’est en criant : « Allez ! » de cette belle voix que jalousait M. Beauvallet et qui est demeurée superbe. « Allez ! »… Starter, moi ! starter de vélodromes. Voilà où j’en suis. Quelquefois, je ferme les yeux, quand je dis : Allez ! et il me semble que je donne le signal non pas d’une course, mais d’un duel.

(Jules Clarétie, Brichanteau, comédien)

Starting-machine

France, 1907 : Machine à donner les départs aux courses. Cette machine, inventée par un Américain, réunit plusieurs avantages ; les principaux sont la suppression des faux départs, l’impossibilité de suspecter le starter d’avoir avantagé un ou plusieurs des concurrents au détriment des autres, et la sérénité du starter lui-même vis-à-vis des jockeys, toujours tentés de voler le départ.

Tarter

Rossignol, 1901 : Gifler.

France, 1907 : Aller à la selle.

Bon, v’là l’Printemps ! Ah ! salop’rie,
V’là l’monde enquier qu’est aux z’abois
Et v’là t’y pas c’te putain d’vie
Qui se r’nouvelle encore eun’ fois !
La Natur’ s’achète eun’ jeunesse,
A s’déguise en vert et en bleu,
A fait sa poire et sa princesse,
A m’fait tarter, moi, qui m’fais vieux.

(Jehan Rictus, Les Soliloques du pauvre)

Tartir

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Chier.

Delvau, 1866 : v. n. Levare ventris onus, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Aller à la selle.

Virmaître, 1894 : Vider ses intestins. Quand la marchandise est molle, elle s’aplatit en rond, comme une tarte, dont, d’ailleurs, elle a la couleur. Dans le peuple, on dit :
— Je viens de faire une tarte bourbonnaise.
Encore un emprunt à Rabelais (Argot des voleurs).

France, 1907 : Voir Tarter.

Tartir, tarter

La Rue, 1894 : Aller à la selle.

Turfiste

Delvau, 1866 : s. m. Habitué des courses, propriétaire de chevaux coureurs, parieur.

France, 1907 : Personne qui s’occupe de courses.

La langue des courses, en France, on l’a cent fois fait remarquer, est un parler purement anglais. Nous appelons lad un garçon d’écurie, steeple-chase (chasse au clocher) une course d’obstacles et crack un cheval de course, comme nous appelons hunter un cheval de chasse. Jockey, qui signifiait autrefois maquignon en Angleterre, et dont nous avons fait d’abord le synonyme de laquais, est devenu le nom de celui qui monte un cheval de course. Comme les Anglais, nous nous servons de l’expression dead head (dède hède) pour désigner une épreuve nulle où deux chevaux arrivent ensemble et tête à tête au poteau marquant le terme de la course. Comme pour les Anglais, le betting est pour nous le lieu où s’exécutent les paris, et pas n’est besoin d’être turfiste pour savoir ce qu’on doit entendre par bookmaker, starter, outsider, performance, etc.

(Pontarmé, Petit Parisien)

Winning-post

France, 1907 : Poteau d’arrivée ; terme de courses ; anglicisme.

Nous avons accueilli avec l’enthousiasme que mettait les romantiques de 1830 à lire Biron, le waterproof, l’ulster, le carrick, et tout dernièrement le smoking jacket, adoptant du même coup le mot et la chose. Nous buvons solennellement des sherry goblers et des cocktails, nous avons des cabs et des dog-carts, te tout l’argot du turf est passé dans la langue courante des habitués des hippodromes et mêmes des journaux qui jouissent en apparence de leur bon sens éprouvent l’impérieux besoin d’appeler le juge du départ un starter et le poteau d’arrivée le winning-post !

(Léon Millot, La Justice)


Argot classique, le livreTelegram

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