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Faire la souris

Delvau, 1866 : v. n. Enlever délicatement et sans bruit son argent à un homme au moment où il doit y penser le moins, — dans l’argot des petites dames qui ne craignent pas d’ajouter le vol au vice.

Rigaud, 1881 : Dévaliser un client dans le feu de la conversation, — dans le jargon des filles.

Virmaître, 1894 : Fille qui vole son client pendant qu’il dort (Argot des filles). Albert Glatigny a dit à ce sujet :

En robes plus ou moins pompeuses,
Elles vont comme des souris.
Ce sont les jeunes retapeuses
Qui font la gloire de Paris.

France, 1907 : Voler adroitement.Le voyant tout feu tout flamme et bien en point, elle s’assit sur ses genoux, et tandis qu’un de ses bras lui enserrait le cou, de sa main restée libre elle faisait la souris et lui vidait rapidement le gousset.

(Les Propos du Commandeur)

Retapeuse

Delvau, 1864 : Putain. — Femme ou fille qui fait la retape ; — qui raccroche.

En robes plus ou moins pompeuses,
Elles vont comme des souris :
Ce sont les jeunes retapeuses
Qui font la gloire de Paris.

(A. Glatigny)

Rigaud, 1881 : Fille qui fait la retape.

France, 1907 : Prostituée qui racole les passants. qui fait la retape.

En robes plus ou moins pompeuses,
Elles vont comme des souris,
Ce sont les jeunes retapeuses
Qui font la gloire de Paris.

(Albert Glatigny)

Smoking

France, 1907 : En Angleterre, jaquette d’intérieur, dont on se sert pour se mettre à l’aise, fumer au coin de son feu. Anglicisme, participe présent de to smoke, fumer. En France, vêtement de soirée qui remplace souvent l’habit, surtout pour les jeunes gens.

Moi, j’ai connu, dans un des premiers hôtels de Nice, un de ces rastaquouères que Scholl a dépeints si bien. Celui-là, tous les soirs, était en smoking ou en habit, mais il ne portait qu’un plastron, un col et des manchettes ! Il n’avait même plus de chemise !
Je l’ai retrouvé, depuis, dans une maison centrale.
Aujourd’hui, où la veste de bure a remplacé le smoking, il a du moins une bonne chemise de grosse toile !

(Mémoires de M. Goron)

Du vêtement le nom est passé à celui qui le porte.

Deux smokings, en butte aux sollicitations sans nombre des femmes du monde qui quêtent pour des œuvres de charité, échangent leurs doléances.
— Ah ! s’écrie l’un d’eux, qui nous délivrera des tapeuses patronnesses !

(Le Journal)

Tal

Rigaud, 1881 : Derrière. — Tapeuse du tal, fille publique qui en remontrerait à la femme de Loth. Taper dans le tal, faire rétrograder Eros.

La Rue, 1894 : Le postérieur.

Rossignol, 1901 : Voir troufignon.

Hayard, 1907 : Postérieur.

France, 1907 : Le derrière. L’étymologie de ce mot est inconnue. « Il se trouve, nous écrit Gustave Fustier, dans une des éditions de Lorédan Larchey (1880), qui s’appuie sur l’autorité de M. Macé, l’ancien chef de la Sûreté, et a été reproduit par Rigaud (1881), et par Delesalle (1896). Virmaître ne le donne pas (1894) non plus que dans son supplément. Pour moi, qui en vue de mon baccalauréat ès lettres argotiques, ai fréquenté et fréquente dans le peuple — et le bas — je ne l’ai jamais entendu prononcer. » Nous ajouterons à ce renseignement qu’a bien voulu nous donner le continuateur d’Alfred Delvau : « Ni nous non plus. » Mais nous nous rallions à la conclusion de Gustave Fustier : « Ne pensez-vous pas que ce soit un mot tout à la fois à apocopé et déformé ?… Le mot primitif pourrait bien être ballon, qui a pu fort bien par apocope devenir bal, puis ce mot recueilli par un lexicographe où une personne quelconque à l’oreille paresseuse, ou encore mal écrit ou mal imprimé est devenu tal au lieu de bal, cas fréquent en langue argotique. » Quoi qu’il en soit, les synonymes sont nombreux, ce qui prouve combien maître Luc est sujet aux plaisanteries populaires. Nous croyons bon de les rappeler :
Artiche, arrière-train, as de pique, ballon, banlieue du dos, baril de moutarde, Bernard, blair, boîte à gaz, borgne, cadet, cadran, canonnière, captif, contrebasse, croupion, culasse, cyclope, disque, doubleblanc, faubourg, fignard, figne, fla, flaque, foiron, garde-manger, giberne, lune, maître Luc, médaille, médaillon, moutardier, n’a qu’un œil, obusier, oignon, panier à crottes, papan, pétard, petit bourgeois, prépondérance à la culasse, ruelle aux vesses, salle de danse, soufflet, tirelire, triffois, trou de balle, troufignon, troussequin, tunnel. Voir Vénérable.

Tapeur, tapeuse

Rigaud, 1881 : Emprunteur, emprunteuse de profession. Il y a des gens qui n’ont pas d’autre moyen d’existence. Longtemps le passage Jouffroy et la partie du boulevard comprise entre les rues du faubourg Montmartre et Drouot ont été de préférence fréquentés par les tapeurs. (V. les Soupeurs de mon temps, par Roger de Beauvoir, Portrait du marquis de Saint-Cricq)

Tapeuse

Fustier, 1889 : Prostituée qui, sans faire payer ses services, emprunte aux clients des sommes plus ou moins élevées qu’elle ne rend bien entendu jamais. (Réveil)

Tapeuse de tal

France, 1907 : Prostituée qui se livre à des pratiques hors nature. Voir Tal.

— Y avait dans la piaule deux roussins qui m’ont mise au violon comme tapeuse de tal.

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)

Tapeuse du tal

La Rue, 1894 : Prostituée.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique