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Flème, flemme

France, 1907 : Paresse nonchalance ; dérivé de flegme, qui s’écrivait autrefois flemme. Battre sa flemme, tirer sa flemme.

Bien souvent la flemme, la flemme,
Bien souvent la flemme me prend.

(Refrain d’atelier)

Rien n’est sacré pour un tapeur,
Pourvu qu’il tire sa flemme ;
Les refus ne lui font pas peur,
Ni les coups de bott’ de même.

(Héros-Cellarius)

Grâce sans doute aux approches du renouveau, Alphonsine Giresse traversait une période de flemme, de noce et de vadrouille, qui menaçait de s’éterniser. Elle arrivait au bureau à des heures déclarées « impossibles » par la doyenne…

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

Vidocq prit la parole.
— En voilà des fainéants ! s’écria-t-il, si vous avez tous la flemme, je vais y aller, moi, chez votre négociante. Je ne vous demande qu’une chose, c’est de me donner son adresse.

(Marc Mario et Louis Launay)

Tapeur

France, 1907 : Emprunteur.

Il va, il revient, il arpente le trottoir. Il a la guigne aujourd’hui… Celui-ci couperait peut-être dans le pont ? mais quoi ! Il a déjà casqué hier… Il désespère, car il entend partir derrière lui, de toutes les tables, ce mot cruel : Attention ! Voilà le tapeur.

(Jean Richepin)

Tapeur, tapeuse

Rigaud, 1881 : Emprunteur, emprunteuse de profession. Il y a des gens qui n’ont pas d’autre moyen d’existence. Longtemps le passage Jouffroy et la partie du boulevard comprise entre les rues du faubourg Montmartre et Drouot ont été de préférence fréquentés par les tapeurs. (V. les Soupeurs de mon temps, par Roger de Beauvoir, Portrait du marquis de Saint-Cricq)

Tapin

d’Hautel, 1808 : Sobriquet militaire ; apprenti tambour ; mauvais et petit tambour.

Larchey, 1865 : Tambour. — Mot à mot : petit tapeur (de caisse). — Usité dès 1808.

Le tapin qui tambourinait en tête de l’escouade.

(La Bédollière)

Delvau, 1866 : s. m. Tambour, — dans l’argot des troupiers. Le mot a au moins cent ans de bouteille.

Merlin, 1888 : Tambour. — Celui qui en bat.

La Rue, 1894 : Tambour.

Rossignol, 1901 : Celui qui bat du tambour.

France, 1907 : Tambour, le soldat qui en bat ; argot militaire.

Vache à lait

Delvau, 1866 : s. f. Dupe qu’on ne se lasse pas de duper ; père trop faible qui ne se lasse pas de payer les dettes de son fils ; maîtresse trop dévouée qui ne se lasse pas de fournir aux dépenses de son amant.

Virmaître, 1894 : Homme riche, qui a le louis facile et que les tapeurs trayent jusqu’à extinction. Vache à lait : gogo qui souscrit à toutes les émissions véreuses sans se lasser jamais. Pour le souteneur, la marmite est une bonne vache à lait. Une affaire qui rend bien, qui rapporte beaucoup, sans risques et sans efforts, est une vache à lait. Allusion à la vache laitière qui est une fortune inépuisable (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Une personne qui subvient aux besoins d’une autre est sa vache à lait.

France, 1907 : Dupe qui se laisse exploiter. Maîtresse de souteneur.

Maudit sois-tu, vilain bonhomme
Qui viens dans ton paletot blanc
Nous extorquer la forte somme
Sous prétexte de Jour de l’An.
Pour te complaire, face blême,
De peur de t’affliger, vieil ours,
Il faut donner, donner quand même,
Donner encor, donner toujours !
Donner à l’un, donner à l’autre,
À tous, sans compter l’imprévu…
À ma femme comme à la vôtre,
À Z… que je n’ai jamais vu…
À Madame X… que je déteste,
À sa fille qui me déplaît !
Et c’est en vain que je proteste,
Je suis devenu vache à lait.

(Raoul Toché, Le Père Janvier)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique