Boutmy, 1883 : s. m. Ouvrier compositeur dont le père était lui-même typographe, et qui, depuis son enfance, a été élevé dans l’imprimerie. L’origine de cette expression, qui est passée dans la langue vulgaire, est assez peu connue. Elle vient de ce que, avant l’invention des rouleaux, on se servait, pour encrer les formes, de tampons ou balles.
Balle (enfant de la)
Béquiller
Ansiaume, 1821 : Pendre.
J’ai vu béquiller un auverpin qui avoit fait suer un chesne tout seul.
Vidocq, 1837 : v. a. — Pendre.
Clémens, 1840 : Manger.
un détenu, 1846 : Manger sans besoin.
Halbert, 1849 : Manger.
Larchey, 1865 : Manger. Même étymologie que Becqueter.
C’est égal, je lui ai envoyé un coup de tampon sur le mufle qu’il ne pourra ni béquiller, ni licher de quinze jours.
(Th. Gautier)
Delvau, 1866 : v. a. et n. Manger, — dans l’argot des faubouriens.
La Rue, 1894 : Pendre. Manger. Béquillard, bourreau. Béquillarde, potence, guillotine.
Virmaître, 1894 : Manger (Argot des voleurs). V. Becqueter.
Rossignol, 1901 : Voir bèqueter.
France, 1907 : Boiter.
France, 1907 : Pendre.
Crompe, crompe, mercandière,
Car nous serions béquillés ;
Sur la placarde de vergne,
Lonfa malura dondaine !
Il nous faudrait gambiller,
Lonfa malu a dondé !
(Vidocq)
Bichon
d’Hautel, 1808 : Mon bichon. Nom d’amitié que l’on donne à un petit enfant.
On donne aussi ce nom à une espèce de chiens qui a communément le poil long.
Delvau, 1864 : Jeune homme qui sert aux plaisirs d’un homme mûr. C’est le giton moderne. — C’est aussi l’amant de cœur, le petit chien complaisant des femmes qui aiment à se faire bichonner, c’est-à-dire, lécher le cul.
Delvau, 1866 : s. m. Petit jeune homme qui joue le rôle de Théodore Calvi auprès de n’importe quels Vautrin.
Rigaud, 1881 : Éphestion de trottoir.
Rigaud, 1881 : Terme d’amitié. Nom de diminutif qui veut dire petite Elizabeth, petite Babet. (Hurtaut, Dict. des homonymes) Ne serait-ce pas plutôt une forme altérée de l’ancien mot bouchon, terme d’amitié, d’où est venu bouchonner ?
Sans cesse, nuit et jour, je te caresserai,
Je te bouchonnerai, baiserai, mangerai.
(Molière, École des femmes)
Virmaître, 1894 : Outil de chapelier. C’est une sorte de petit tampon de soie ou de velours qui sert à bichonner les chapeaux de soie et à leur donner le coup de fion (Argot des chapeliers).
Virmaître, 1894 : Petit chien à tout faire. Cet animal est fort affectionné des dames d’un certain monde qui évitent avec lui les accidents et les maladies de neuf mois (Argot des filles).
France, 1907 : Petit jeune homme qui remplit le même rôle que les mignons de Henri III. Se dit aussi pour Jésus ; allusion à sa frisure. Les débauchés, les mignons de la cour de France.
C’est dans l’argot des filles, un de ces abominables petits chiens de manchon et de lit, qu’elles emploient à tout faire.
France, 1907 : Souliers à bouffettes ; tampon de chapelier qui sert à lustrer, à bichonner le chapeau.
Cloche de bois (déménager à la)
Larchey, 1865 : Déménager furtivement en tamponnant la clochette d’éveil adaptée aux portes de beaucoup d’hôtels garnis.
Hayard, 1907 : Sans payer, furtivement.
Colin-Tampon
d’Hautel, 1808 : Mot baroque et plaisant qui signifie baliverne, sornette, fadaise, niaiserie, pauvreté.
Je m’en soucie comme de Colin-Tampon. Pour, cette chose m’est absolument indifférente, ne m’importe nullement ; je me moque de tout ce qui peut en arriver. Ce mot adressé à quelqu’un devient un sobriquet injurieux
Colin-tampon (s’en moquer comme de)
France, 1907 : N’avoir pas le moindre souci d’une personne ou d’une chose.
Colin-tampon était le sobriquet donné aux élèves tambours des régiments suisses au service de la, France, et pour lesquels les soldats des autres régiments professaient un grand mépris.
Dans les Courriers de la Fronde en vers burlesques, on lit :
Les gardes qu’on avait postées
Sur le Pont-Neuf sont tapotées ;
Et dessus tous les autres ponts
On frotte les colins-tampons.
On dit aussi : s’en moquer comme de l’an quarante, sous-entendu : de la République, expression employée par les royalistes pour signifier que l’on ne verrait jamais l’an quarante de la République.
Claude Le Petit, dans Paris ridicule, appelle Colin-Tampon le Luxembourg.
Donnons des éloges idoines
Au noble Palais d’Orléans,
Colin-Tampon, Dieu soit céans,
Et le diable chez tous les moines !
Quand j’admire solidement
Cet admirable bâtiment
Qui semble au Louvre faire niche,
Je dis : Est-il possible enfin
Que celle qui l’a fait si riche
Soit morte, à Cologne, de faim ?
Allusion à Marie de Médicis, qu’une tradition erronée fait mourir dans la misère à Cologne.
Coquard
Delvau, 1866 : s. m. Œil, — dans l’argot des bouchers.
Delvau, 1866 : s. m. Œuf, — dans l’argot des enfants.
Rigaud, 1881 : Œil ; et les variantes : Cocarde, coquillard. S’en tamponner le coquillard, s’en moquer. Mot à mot : s’en battre l’œil, comme dit encore le peuple.
France, 1907 : Œil. S’en tamponner de coquard, s’en moquer, s’en battre l’œil.
France, 1907 : Œuf.
Coquillard
Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Halbert, 1849 : Pélerin.
Delvau, 1866 : s. m. Pèlerin, — dans l’argot des faubouriens.
Fustier, 1889 : Œil. S’en tamponner le coquillard, s’en battre l’œil, s’en moquer.
France, 1907 : Cuirassier.
— Voyez-vous, affirma le gros capitaine Chavoye, — ce colosse dont la cuirasse ressemble à une guérite dans laquelle on pourrait donner des rendez-vous secrets, — vous direz tout ce que vous voudrez, mais il n’y a encore que les coquillards…
(Pompon, Gil Blas)
France, 1907 : Œil ; allusion aux paupières qui ferment l’œil comme des coquilles.
Eh ben ! quand vous serez là, à écarquiller vos coquillards ! (Ouvrant une portière.) Prenez ma main, duchesse ! Vous allez entrer dans le tourbillon des plaisirs, comme ça, toute seule… ah ! malheur ! Comme si vous ne feriez pas mieux d’accepter une tournée d’un galant homme… de moi, par exemple ! Un verre de vin sur le zinc !… Quoi ? J’suis un homme propre, moi, et électeur… et ouvrier… sans ouvrage depuis qu’une sœur est à Saint-Lazare…
(Gil Blas)
France, 1907 : Pèlerin ; allusion aux coquilles dont s’ornait la pélerine des pieux vagabonds qui revenaient où feignaient revenir de la Terre sainte.
Coquillards sont les pélerins de Saint-Jacques ; la plus grande partie sont véritables et en viennent ; mais il y en a aussi qui trichent sur le coquillard.
(Le Jargon de l’argot)
Deux tables plus loin, un coquillard, avec son costume complet de pèlerin, épelait la complainte de Sainte-Reine, sans oublier la psalmodie et le nasillement.
(Victor Hugo, Notre-Dame de Paris)
Coup de tampon
Delvau, 1866 : s. m. Coup de poing. Argot du peuple.
Rossignol, 1901 : Coup de poing.
J’ai reçu un coup de tampon, qui m’a mis l’œil au beurre noir.
France, 1907 : Coup de poing. Se flanquer des coups de tampon, se battre.
Écrabouiller
Fustier, 1889 : Écraser ; réduire en morceaux, en miettes.
La Rue, 1894 : Aplatir, écraser.
France, 1907 : Écraser, mettre en pièces.
Les uns se saisissent aux cheveux, hurlent frénétiquement et s’écrabouillent sans s’être entendus. Ils croient. Ils gobent. C’est les Coline-Maillard. À la même question, posée par le même fait éternel, la réponse des autres est de siffler un petit air. Si la fatalité insiste, ils terminent cet air par une note suraiguë et décisive que les linguistes modernes ont nommée le Zut dièse. Ceux-là ne croient pas.
Ils blaguent : ce sont les Colin Tampon.
(É. Bergerat)
Façade
Rigaud, 1881 : Figure, — dans le jargon des voyous. Démolir la façade, porter des coups au visage. — Un coup de tampon à démolir la façade.
France, 1907 : Tête. Démolir la façade, donner des coups de poing sur la figure. Se faire la façade, se peindre, se maquiller.
Ficher
d’Hautel, 1808 : Met bas et trivial qui est d’un fréquent usage parmi les Parisiens, et qui a un grand nombre d’acceptions.
Fichez le camp d’ici. Manière impérative et malhonnête de renvoyer quelqu’un ; et qui équivaut à, sortez d’ici ; retirez-vous.
Va te faire fiche. Pour, va te promener ; laisse moi tranquille.
Se ficher. Pour, se moquer de quelqu’un ; ne pas craindre ses menaces ; s’embarrasser peu de quelque chose.
Je m’en fiche. Pour, je me moque bien de lui ; je m’embarrasse peu de cette chose.
Je ťen fiche. Expression dubitative, pour cette chose n’est pas vraie ; tu te trompes assurément.
Je m’en fiche comme de Colin-Tampon. C’est-à-dire, comme de rien du tout ; je ne fais aucun cas de sa personne.
C’est bien fichant de n’avoir pas pu parvenir à conclure cette affaire.
C’est fichant d’avoir sacrifié son bien pour un ingrat.
C’est fichant de faire le gros seigneur et de n’avoir pas le sou. Ces locutions, comme on voit, expriment alternativement le regret, la plainte, le déplaisir, l’ironie.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Donner.
Vidocq, 1837 : v. a. — Bâiller.
Larchey, 1865 : Donner, flanquer.
Je l’ai fichue à l’eau.
(E. Sue)
J’lui fiche un soufflet.
(1750, Cailleau)
Fiche-moi la paix.
(Jaime)
Dès la fin du quatorzième siècle, ficher se trouve souvent dans le livre des faicts du mareschal de boucicaut (édit. michaud). — à une déroute de sarrasins, il est dit que les jardins favorisèrent beaucoup leur retraite, car s’y fichèrent ceulx qui eschapper peurent (p. 276). — la même année (1399), on nous représente les vénitiens après un combat maritime s’en allant ficher en leur ville de modon (p. 283). — enfin,
quand chateaumorant, avec la compaignée des autres prisonniers feurent arrivez à venise, adonc on les ficha en forte prison.
(édit. petitot, t. II, p. 83)
Larchey, 1865 : Faire. — Il est à remarquer que la finale de cet infinitif s’élide presque toujours.
Mais voyons, Limousin, avec un méchant budget d’une cinquantaine de millions, qu’est-ce que tu peux fiche ?
(Gavarni)
Larchey, 1865 : Fourrer.
Ne vas pas te ficher cela dans la cervelle.
(Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle)
Delvau, 1866 : v. a. Donner. Signifie aussi : Appliquer, envoyer, jeter.
Delvau, 1866 : v. n. Faire, convenir, importer. Une remarque en passant : On écrit Ficher, mais on prononce Fiche, à l’infinitif.
France, 1907 : Donner, envoyer. C’est une corruption du bas latin ficham facere, faire la fine, se moquer de quelqu’un.
Voir Faire fi. Les Italiens disent : Far le fiche. « Fichez-moi la paix. »
Ficher comme de coller un tampon (s’en)
Rigaud, 1881 : S’en moquer complètement ; c’est la variante de « s’en ficher comme de colin tampon. »
Je m’en fiche comme de colin-tampon
Larchey, 1865 : Je ne fais aucun cas de sa personne (1808, d’Hautel). — On appelait colin-tampons les Suisses en garnison à Paris. Les mazarinades en donnèrent plus d’une preuve.
Moquer comme de colin-tampon (s’en)
France, 1907 : Voir Colin-Tampon.
Une aimable demi-mondaine se présente au rez-de-chaussée de son seigneur et maître.
— Absent ! lui répond le valet de chambre du galant.
— Et où est-il ?
— Je crois que Monsieur m’a dit qu’il allait voir Françoise de Rimini.
— De Rimini ou pas de Rimini, s’écria la demi-mondaine, c’est ça qui m’est égal ! Il peut bien aller voir toutes les Françoises du monde. Pourvu qu’il casque, je m’en moque come de Colin-Tampon.
Patapatapan
d’Hautel, 1808 : Mot imitatif, pour exprimer le bruit du tambour, lorsqu’on bat un rappel.
France, 1907 : Onomatopée du tambour français, comme colin-tampon l’était du tambour suisse, suivant certains étymologistes.
Patarasses
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Petites pelottes dont les forçats se servent pour empêcher le froissement des fers sur la peau.
Delvau, 1866 : s. f. pl. Tampons que les forçats glissent entre leur anneau de fer et leur chair, afin d’amortir la pesanteur de la manicle sur les chevilles et le coude-pied.
Platventrer
France, 1907 : Être couché à plat ventre ; néologisme.
On grognait alentour. Il ne s’en émut pas. Sûr de sa force, la main au revolver, il était prêt à tuer ; les autres reculèrent, il restait le seul chef de la barricade ; un colonel, la peau trouée, platventrait au dehors ; le capitaine, le crâne ébréché, jurait dans un coin, délaissé, tamponnant sa blessure.
« Chacun pour soi ! »
(Maurice Montégut, Le Mur)
Quoquillard
France, 1907 : Œil, même sens que coquillard. S’en tamponner le quoquillard, s’en battre l’œil.
Pour nous autres biffins, nous nous en tamponnons énergiquement le quoquillard, mais n’empêche qu’il nous faut du cœur au ventre ; avant peu il nous faudra montrer ce que valent les troupiers français.
(La Baïonnette)
Rigouillard
Virmaître, 1894 : Chose drôle, c’est plus fort que rigolo. C’est tellement rigouillard qu’il y a de quoi s’en tamponner le coquillard, c’est à se tordre, c’est crevant (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Amusant, folichon.
Ce n’est pas qu’elle fût extraordinairement jolie, mais ses yeux noirs, où, des fois, se pailletait de l’or, avec, au fond, l’Énigme accroupie ; ses cheveux crépus encombrant son jeune front ; son petit nez rigouillard et bon bougre ; sa bouche trop grande, mais si somptueusement meublée, lui faisaient un si drôle d’air !
(Alphonse Allais)
Rouspance
France, 1907 : La police.
Si la Rousse a de l’appétance,
Mets donc à table la rouspance.
(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)
Les noms par lesquels les malfaiteurs désignent la police sont nombreux ; voici les plus usités ; arguche, arnac ou arnaque, arnache, arnacle, contractions de la renacle ; arnif, bigorne, casserole, ces Mess pour ces Messieurs, louche, lousse, marmite, mouche, pousse, raclette, raille, rapporteuse, renacle, renaclette, renifle, reniflette, rousse, roustampone, volante.
Roustampone, roustempoigne
France, 1907 : La police. Jeu de mot pour Rousse tamponne (frappe), Rousse t’empoigne.
Sonnette de bois (déménager à la)
Larchey, 1865 : Emporter ses effets sans avoir payé sa chambre, en tamponnant la sonnette d’éveil qui signale la sortie d’un hôtel garni.
Car il était réduit à déménager à la sonnette de bois (sans bruit et clandestinement).
(Chenu)
France, 1907 : Déménager sans payer son terme. On dit plus généralement : « à la cloche de bois ».
Soucier
d’Hautel, 1808 : Je m’en soucie comme de Colin tampon.
Je m’en soucie comme de la vieille morue. Ces deux locutions ont absolument le même sens, et signifient qu’on se met peu en peine des menaces de quelqu’un, ou de la valeur d’une chose quelconque.
Tampon
un détenu, 1846 : Poing.
Larchey, 1865 : Poing.
Je lui ai envoyé un coup de tampon sur le mufle.
(Th. Gautier, 1845)
Delvau, 1866 : s. m. Poing, — dans l’argot du peuple.
La Rue, 1894 : Poing. Tamponner, rudoyer, frapper.
France, 1907 : Poing. Se flanquer des coups de tampon, se battre.
Tampon (colin-)
France, 1907 : Dupe, gogo.
Les annales de la bêtise humaine s’écrivent toutes seules. Les jours de vote, ceux qui mettent dans l’urne sont les Colin-Tampon ; ceux qui y sont mis sont les Colin-Maillard. Et puis après ? Après, ça recommence ; mais rien ne cesse de graviter autour du soleil.
(Émile Bergerat)
France, 1907 : Nous ajoutons comme document à l’article Colin-Tampon les lignes suivantes extraites de l’Écho du public :
D’après le Courrier de Vaugelas, Colin-Tampon serait une onomatopée de la batterie des tambours des Suisses. Ce mot et les règles de cette batterie se trouvent dans l’Orchésographie de Jean Tabouret, ouvrage sur la dance publié en 1589. On disait à cette époque : battre le colin-tampon, comme on dit aujourd’hui : battre le rataplan. De la batterie de tambour, ce mot passa bientôt avec un sens ironique aux soldats suisses qui jouaient de cet instrument, puis à tous les soldats suisses indistinctement, et cela surtout après la bataille de Marignan, où ils furent battus.
Ayant perdu là leur réputation de soldats invincibles et n’inspirant plus aucune crainte, chacun disait en parlant d’une chose qui lui était indifférente : Je m’en soucie comme de colin-tampon, ce que l’on a peu à peu modifié en : Je m’en moque comme de colin-tampon.
Ce mot étant une onomatopée et non un nom propre, devrait s’écrire en un seul mot et sans majuscule.
(Bellanger)
Tampon (coup de)
Rigaud, 1881 : Coup de poing.
Tamponne
France, 1907 : Nourriture, plat quelconque. On s’en tamponne l’estomac. Vieux français. Faire la tamponne, se régaler.
Le 13e a eu ses illustrations culinaires. On y parle encore d’un Provençal qui n’avait pas son pareil pour le rata au lard et aux pommes de terre ; et il est avéré que certain soir, ayant un grand dîner, le capitaine de l’escadron envoya chercher plein une soupière de cette délicieuse tamponne, pour en faire goûter à ses convives, lesquels s’en léchèrent les doigts.
(Émile Gaboriau, Le 13e hussards)
En Béarn, tamponne signifie débauche de table ; ha la tamponne, boire et manger avec excès ; tamponnaire, personne qui fait des excès de table.
Tamponner
Rigaud, 1881 : Donner un coup de poing.
Fustier, 1889 : Rudoyer.
Ah ! tu me tamponnes, s’écrie-t-il, je te reconnaîtrai à la prochaine.
(Figaro, 1880)
Virmaître, 1894 : Donner ou recevoir un coup de tampon — un coup de poing. Allusion au choc de deux trains qui se tamponnent (Argot du peuple). N.
Hayard, 1907 : Battue.
France, 1907 : Battre à coups de poing ; argot populaire.
Tamponner (se)
Delvau, 1866 : v. réfl. Se battre à coups de poing. On dit aussi Se foutre des coups de tampon.
Rossignol, 1901 : Se battre.
Tamponner le coquard, le coquillard (s’en)
France, 1907 : S’en moquer, littéralement s’en battre l’œil.
Il est intéressant aussi, en ces parisianismes, d’étudier les progrès et les transformations de la même expression durant un certain nombre d’années. Prenons, par exemple, le dicton Je m’en moque ! Un chansonnier de la Restauration, Émile Debraux, l’agrémenta dans son Fanfan la Tulipe et dit : Je m’en bats l’œil, tour de phrase qui eut un grand succès. Sous Louis-Philippe, un vaudevilliste modifia la formule en un : Je m’en fustige le cristallin qui fut très applaudi. Il y a une quinzaine d’années, fut lancée la version : Je m’en tamponne de coquillard ! On ne peut évidemment prévoir quand prendra fin cette fantaisie ; la série est inépuisable.
(Pontarmé, Le Petit Journal)
Tamponner le coquillard (se)
Fustier, 1889 : Se moquer de.
Vrilleurs
Virmaître, 1894 : Les vrilleurs sont des voleurs de nuit qui dévalisent les boutiques des bijoutiers. Ce vol nécessite une audace extraordinaire. Avec l’avant-courrier (mèche), ils percent la devanture en tôle de plusieurs trous en carré ; avec une scie fine introduite dans l’un des trous, ils scient la tôle et pratiquent une ouverture assez large pour y passer le bras. À l’aide d’un diamant, ils coupent la glace en carré également, pour que les débris ne fassent pas de bruit en tombant ; préalablement, ils appliquent sur la partie coupée un fort tampon de mastic, après quoi, à l’aide d’une tringle d’acier, ils attirent à eux tous les bijoux qu’ils peuvent. Ils en est qui raflent tout un étalage en quelques minutes (Argot des voleurs). N.
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