Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Bras

d’Hautel, 1808 : Droit comme mon bras quand je me mouche. Se dit par dérision de quelque chose qui est de travers.
Un fort à bras. Pour dire un portefaix, un homme de peine ; et par extension, un fanfaron, un hâbleur, qui se vante de tout ce qu’il n’a pas fait.
Couper à quelqu’un bras et jambes. Lui ôter tout moyen d’agir dans une affaire ; le décourager par des paroles dures ou piquantes.
C’est son bras droit. Signifie il tire d’un autre homme toute sa gloire, toute sa réputation ; il met à profit ses conseils et ses talens.
Ils se tiennent bras dessus bras dessous. Se dit de personnes qui sont très-familières entr’elles, qui se comblent de caresses et d’amitié.
Traiter quelqu’un de monsieur gras comme le bras. Marquer beaucoup de respect à une personne de basse condition.
Il est manchot des deux bras. Manière railleuse de dire qu’un homme est aussi maladroit d’une main que de l’autre.
Si on lui donne un doigt, il prend long comme le bras. Pour, il abuse de la liberté qu’on lui donne.
Avoir quelqu’un sur les bras. L’avoir entièrement à sa charge.
Les bras retroussés. Se dit par hypallage, pour manches retroussées.
Avoir les bras longs. Avoir un grand crédit, un grand pouvoir.

Halbert, 1849 : Grand.

Delvau, 1864 : Le membre viril, qui nous sert a prendre les femmes par le — sentiment. — On dit aussi un bras d’enfant pour donner une idée de la longueur et de la grosseur de l’objet.

Delvau, 1866 : adj. m. Grand, — dans l’argot des voleurs, qui exagèrent la longueur de la brasse.

La Rue, 1894 : Grand. Avoir le bras long, être puissant.

Godiche

Delvau, 1866 : s. et adj. Niais, ou seulement timide. On dit aussi Godichon.

France, 1907 : Niais, nigaud, benêt. Corruption de Claude.

Un jour, elle était revenue au Culot, en robe de velours, des bagues à tous les doigts, si joliment astiquée que le village entier avait processionné devant les fenêtres pour la voir ; même le vieux et la vallée, interloqués par ses airs de grande dame, n’avaient su quoi lui offrir à manger. C’est ça qui s’appelait avoir de la chance ! Elle aurait pu en faire autant si elle avait été moins godiche.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

— Si, au lieu d’avoir fait de mes deux grandes, de mon Adèle comme de ma Victoire, ce que j’en ai fait, de leur avoir mis à toutes les deux le balai et l’aiguille à la main, j’avais été assez godiche pour leur faire étudier un tas de belles choses comme celles qu’on a enseignées aux princesses d’ici, de la pédagogie qu’elles appellent ça, de la géométrie… de l’anatomie, de la… mythologie, je ne sais plus quoi ! je les aurais encore sur les bras.

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

— Si tu crois que c’est amusant d’être là comme une godiche de jeune fille… et de se heurter la cervelle à un tas d’affaires qu’on devine à moitié… et auxquelles on n’ose pas croire tout de même… parce que c’est tellement fort ! tellement fort ! Alors, dans ces moments-là, on pense à ses amies qui sont mariées… on va les trouver ; on les interroge tout doucement, gentiment, comme je le fais… et puis elles, qui savent à présent tout ce qu’on peut savoir et qui en font de toutes les couleurs… puisque ça leur est permis !…

(Henri Lavedan)

…Nous nous sommes regardés profondément… un de ces regards qui déshabillent le corps et fouillent l’âme… Puis, dans ses yeux, un sourire ineffable, car elle s’apercevait que, douze ans après, je la trouvais toujours belle et désirable… Puis, tout à coup, elle devint distraite… Et, à la vue d’un tout jeune homme, à l’air à la fois malin et godiche, qui l’accompagnait, j’ai compris qu’il n’était plus temps de réparer une erreur de ma jeunesse.

(Paul Alexis)

Comme autrefois, l’amour, cachant ses ailes,
Sur son blason met deux cœurs enflammés ;
Comme autrefois, les femmes sont fidèles,
Comme autrefois, les maris sont aimés.
Les amoureux seront toujours godiches ;
Les innocents seront toujours dupés ;
Les daims courront toujours après les biches,
Mais ce sont eux qui seront attrapés.

(La Toile ou mes quat’ sous, Revue de 1859)

Petit salé

Virmaître, 1894 : Petit enfant.
— Tu ne vas pas faire taire ton salé ; fous-y donc sa gamelle pourqu’il ne chialle plus (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Jeune enfant.

France, 1907 : Enfant nouveau-né.

L’autre après-midi elle est arrivée au Moulin-Rouge suivie d’une nourrice en pélerine classique, avec des rubans… larges comme ça !… pendant jusque sur ses bottines. Et, bien entendu, la nourrice avait un poupon sur les bras. Rose, blond, un vrai chérubin.
Ce cortège a mis en rumeur tout l’établissement. Le directeur est arrivé tout essoufflé. Il a demandé avec stupéfaction :
— Qu’est-ce que c’est que ça ?
— C’est à moi.
— À toi ! Depuis quand ?
— Depuis avant-hier. C’est le petit salé de ma sœur… Y a fallu que je lui donne deux mille francs pour l’avoir ! C’est-y Dieu possible ! Si j’avais fait un enfant comme ça, moi, j’donnerais deux mille francs pour le garder.

(Hugues Le Roux)

Tortubossu

France, 1907 : Mal bâti, contrefait ; expression familière.

Ma vie est devenue un véritable enfer. À commencer par toutes ces bigotes, que jusqu’alors j’avais tenues en lisière (je n’aime pas, moi, ces évaporées qui font les petites folles avec le bon Dieu) et qui, terribles, sont revenues à la charge et se multiplient. Il n’en est pas une qui ne vienne à confesse deux et trois fois le jour, me réservant un tas de vieux péchés, toujours les mêmes, et pour lesquels, dix coups de suite, je leur ai donné l’absolution. Et puis, voilà-t-il pas qu’à force de creuser, une source a jailli près du tombeau de la sainte, et, depuis, tout ce qu’il y a de boiteux, tortubossus et béquillards dans le pays se fait porter à la fontaine. Porter par moi, cela va sans dire. J’ai sur les bras toute la cour des Miracles.

(Jean Richepin)


Argot classique, le livre • Telegram

Dictionnaire d’argot classique