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Baiser ou foutre en cygne

Delvau, 1864 : Baiser une femme à la façon de Jupiter Léda, à genoux et ses jambes sur les épaules.

Balai

d’Hautel, 1808 : Faire le balai neuf. Cette façon de parler n’est guères usitée qu’en parlant d’un domestique qui en entrant dans une nouvelle condition, fait tous ses efforts, les premiers jours, pour contenter son maître.
On dit par menace à un subordonné contre lequel on est en colère, que s’Il ne se retire, on lui donnera du manche à balai sur les épaules.
Il a rôti le balai.
Locution équivoque pour faire entendre qu’un homme a passé sa jeunesse dans la dissipation et la débauche.
Rôtir le balai. Signifie aussi mener une vie obscure et indigente.

Larchey, 1865 : Gendarme (Vidocq). — On appelle de même raclette une ronde de police ; elle racle les gens que la gendarmerie balaie.

Delvau, 1866 : s. m. Agent de police, — dans l’argot des petits marchands ambulants.

Rigaud, 1881 : Dernier omnibus qui rentre au dépôt, — dans le jargon des conducteurs d’omnibus. Ils appellent l’avant-dernière voiture : le manche.

Rigaud, 1881 : Gendarme, agent de police, — dans le jargon des camelots et des marchands ambulants.

La Rue, 1894 : Gendarme.

France, 1907 : Agent de police. Ils balayent en effet la chaussée des petits marchands ambulants et des groupes qui gênent la circulation. Donner du balai, mettre quelqu’un à la porte. « Le général Boulanger était considéré comme le balai qui devait débarrasser la France de la bande des tripoteurs opportunistes. »

Barda

Merlin, 1888 : Sac.

Rossignol, 1901 : Havresac du troupier. C’est probablement de barda que vient le mot barder. La hauteur d’un sac de zouave est connue, il n’a pas plus à porter qu’un soldat d’infanterie ; mais, comme il a l’habitude du voyage, il ne met rien dans le sac, mais tout dessus, de façon que la Charge porte sur les épaules et non sur les reins. Dans le temps, un zouave avait toujours sur son sac un rouleau contenant son linge, un pantalon de drap, une couverture, son manteau, une toile et demie pour camper à deux, un bâton, quatre piquets, une paire de souliers, huit jours de vivres de réserve, soit quatre pains, et un des ustensiles de cuisine et sa gamelle individuelle ; avec les cent cartouches, le fusil, et quelques petits Souvenirs de famille conservés précieusement dans le sac, ça finissait par barder.

France, 1907 : Bagages ; mot arabe rapporté par les soldats d’Algérie.

Boubane

Vidocq, 1837 : s. f. — Perruque.

Larchey, 1865 : Perruque. — Vidocq. — Du vieux mot bouban : luxe, étalage. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. f. Perruque, — dans l’argot des voleurs.

France, 1907 : Perruque ; de l’ancien mot bouban, étalage, à cause de l’ampleur des perruques d’autrefois qui s’étalaient sur les épaules. Argot des voleurs.

Charrieur a la mécanique

Vidocq, 1837 : Voleur qui, avec le mouchoir, attrape un passant par le col, le porte ainsi sur les épaules pendant qu’un camarade s’occupe à le dévaliser de manière à le laisser quelquefois nu et sans vie sur la route.
Lorsque le pantre est mort, ce qui arrive quelquefois, les Charrieurs à la mécanique jettent le cadavre dans le canal ; car c’est ordinairement dans ce quartier désert qu’ils exercent leur horrible industrie.

Diligence (la) de Lyon

Delvau, 1864 : C’est une des postures (voir ce mot) les plus curieuses et les plus rares. Nombre de grands amateurs de Vénus sont morts sans la connaître ; c’est que, pour l’exécuter, il faut trouver une femme qui réunisse deux qualités rares : l’ardeur, d’abord. Nombre de femmes feignent d’être ardentes pour plaire à l’homme qu’elles veulent séduire, mais ne sont au fond que de simples patients et non des agents, et ici il faut que la femme soit agent et que l’homme soit patient. Ensuite, il faut qu’elle ne soit pas neutralisée par une sotte pudeur, résultat de la tyrannie des hommes exercée continuellement jusqu’ici sur les femmes. Quand une femme donc est ardente et libre, elle prend un homme qui lui plaise sous tous les rapports ; elle le met nu comme un ver, l’étend sur un lit en lui mettant des coussins sous la tête et sous les reins, et toute nue elle-même, elle se met à cheval à cru sur lui, s’embrochant sur le pivot naturel, c’est-à-dire sur son vit. Alors, elle fait comme le postillon sur un des chevaux des anciennes diligences de Lyon. S’appuyant un peu sur les épaules de son amant, elle s’avance en chevauchant et le vit se relève près du ventre de l’homme. Elle recule et le vit se renfonce dans son con jusqu’à la garde. Elle s’anime ; elle va de plus fort en plus fort, comme si la diligence parcourait un chemin raboteux. Ses yeux s’égarent, ses cheveux se dénouent. Elle jouit, elle jouit, mais elle va toujours ; elle va jusqu’à ce qu’elle soit tout à fait exténuée de décharge spermatique ; car il faut remarquer que l’homme, étendu sur ses coussins, ne pouvant pas bouger, bande de plus en plus, jusqu’à la fin, mais ne décharge pas. La femme tombe alors comme morte dans les bras de son amant, lequel, tout enflammé, finit de son côté comme il peut.

Je serai bien aimable, je me mettrai toute nue, dit-elle insidieusement. — Passe ton chemin, répond le fidèle époux, ayant encore présente à la pensée l’image des charmes de sa jeune moitié. — Je te ferai le grand jeu ! — Non — Feuille de rose ! — Non. — Le tire-bouchon américain ? — Connu… tu m’ennuies. — Eh bien, tiens, tu me plais, viens, tu ne payeras pas et nous ferons la diligence de Lyon…

(Fantaisiste, I, 177.)

Épaule

d’Hautel, 1808 : Tu l’auras pardessus l’épaule. Pour tu ne l’auras point.
Il ne jette pas les épaules de mouton par les fenêtres. Pour il ne prodigue pas son bien ; il est fort économe.
Il est bien large, mais c’est des épaules. Se dit d’une personne intéressée, d’un égoïste.
Il sent l’épaule de mouton. Pour il pue, il sent fort mauvais.
On a toujours cet homme sur les épaules. Se dit d’un homme importun, indiscret, dont on ne peut se débarrasser.
On l’a mis dehors par les épaules. Pour on l’a chassé avec ignominie.
Donner un coup d’épaule. Aider, assister, secourir quelqu’un.
Regarder quelqu’un par dessus l’épaule. D’une manière arrogante et fière.

Épousseter

d’Hautel, 1808 : Épousseter les épaules à quelqu’un. Lui donner des coups de canne ou de nerfs de bœuf ; le frapper sur les épaules.

Marmotte

Ansiaume, 1821 : Cassette.

J’ai décarré avec la marmotte.

Delvau, 1864 : Le con, — qui ne dort jamais. — Allusion au poil d’une motte bien garnie.

Un soir, ma sœur me dit : Si nous étions dans le même lit, tu pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant.

(Anti-Justine)

Delvau, 1866 : s. f. Boîte ou carton d’échantillons, — dans l’argot des commis-voyageurs.

Delvau, 1866 : s. f. Madras que les femmes du peuple se mettent sur la tête pour dormir.

Rigaud, 1881 : Boîte de placier. Boîte où les commis voyageurs mettent les échantillons.

Rigaud, 1881 : Femme, — dans le jargon des souteneurs ; par altération de marmite.

Virmaître, 1894 : Madras que les marchandes portent encore sur la tête en guise de coiffure. Marmotte : diminutif de marmite.
— Tu n’es qu’une sale marmotte (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Femme qui se prostitue.

France, 1907 : Boîte de commis placier. Allusion aux boîtes où les petits Savoyards enferment leur marmotte.

France, 1907 : Mouchoir de coton ou de soie que les femmes de certaines campagnes et les marchandes des rues portent sur la tête.

Coiffée d’une simple marmotte, un fichu sur les épaules, les seins bombés, la croupe rebondie, elle était plus charmante ainsi que les belles dames avec leurs chapeaux à plumes et leurs manteaux de velours.

(Les Propos du Commandeur)

Monôme

Fustier, 1889 : Promenade qu’exécutent à Paris et à l’époque des examens, les candidats aux diverses écoles du gouvernement. Le monôme consiste à marcher l’un derrière l’autre, en file indienne. Le monôme le plus connu est celui de l’X.

France, 1907 : Sorte de file indienne qu’à certaines époques scolaires forment les collégiens ou des étudiants ; du grec monos, seul. Chacun met les deux mains sur les épaules de celui qui le précède, et l’on s’avance dans une direction convenue en chantant quelque scie d’école. Le premier en tête est désigné sous le nom d’archi-veau.
C’est une transformation de la danse antique appelée grue qui figure sur le bouclier d’Achille, dans laquelle, à l’imitation des longues files de grues volant dans l’espace, les danseurs, se tenant par la main, décrivaient des circonvolutions.

Puis, pour augmenter la migraine
Que ce vieux raseur propagea,
Le maudit palmarès égrène
Les noms de chaque lauréat ;
Et c’est long, très long, plus longs même
Encor que cela ; tour à tour
Le monôme des forts en thème
Monte les marches d’un pas lourd.

(Jacques Rédelsperger)

Porter

d’Hautel, 1808 : Elle porte les culottes et son mari les jupons. Se dit d’une femme qui est plus maître à la maison que ne l’est son mari.
Chacun porte sa croix en ce monde. Pour dire chacun a ses peines, ses afflictions.
Il ne le portera pas en paradis. Se dit par menace en promettant de se venger de quelqu’un.
Porter quelqu’un sur les épaules. En être très importuné, très-fatigué, très-ennuyé.
Porter l’endosse. Endurer la peine, le dommage, le tort d’une affaire.
Ce que l’on ne peut porter, on le traîne. Se dit lorsqu’on a un travail au-dessus de ses forces, ou un fardeau que l’on ne peut porter.

France, 1907 : Bière brune anglaise. La blanche est appelée ale.

On sait qu’il existe en Angleterre, comme d’ailleurs en d’autres pays, des sociétés s’occupant du sort des repris de justice qui, leur peine achevée, rentrent dans la circulation. À certaines époques même, on leur offre des banquets arrosés de thé et de lectures bibliques. Il est probable qu’ils préfèreraient un pot de gin ou de porter, mais on ne leur donne pas le choix.

(Hector France, Lettres d’Angleterre)

Porter à la chèvre morte

France, 1907 : Sorte de jeu des villages du Centre où la personne portée, généralement une fille, est assise sur les épaules du porteur, les cuisses enlacées au cou de ce dernier.

Rouillarde

Ansiaume, 1821 : Bouteille.

Donnez-nous une rouillarde de picton.

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 / Clémens, 1840 / Halbert, 1849 : Bouteille.

Larchey, 1865 : Bouteille (Vidocq). — Mot à mot : chose qui se roule.

Delvau, 1866 : s. f. Bouteille, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Blouse, — dans le jargon des voyous.

La Rue, 1894 : Bouteille de vieux vin. Blouse.

Virmaître, 1894 : Blouse. On sait que la blouse est le vêtement favori des rouliers, de là l’expression rouillarde. Les voleurs disent souillaude (Argot des voleurs). N.

Rossignol, 1901 : Argent. On nomme aussi rouillarde une blouse bleue garnie de boutons et piqûres blanches sur les épaules, que portaient dans le temps les rouliers.

Hayard, 1907 : Bouteille de bon vin.

France, 1907 : Blouse.

France, 1907 : Bouteille de vieux vin. Picter des rouillardes, boire des bouteilles de vieux vin. Argot des forçats.

— Qui est là ? — Un gail de retour. — Que désirez-vous ? — Des fagots. — Ils pictent des rouillardes en cible dans la tapisserie.

(Ed. Ladoucette)

Sorbonne

d’Hautel, 1808 : Pour dire, le chef, la tête.
Quand il a mis quelque chose dans sa sorbonne, le diable ne lui en feroit pas sortir. Se dit d’un homme opiniâtre, entêté.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Tête. Porter la sorbonne à Charlot, aller à l’échafaud.

Bras-de-Fer, 1829 / Halbert, 1849 : Tête.

Larchey, 1865 : Cerveau. V. d’Hautel, 1808.

La sorbonne est la tête de l’homme vivant, son conseil, sa pensée.

(Balzac)

Date du temps où les décisions de la Sorbonne faisaient plus de bruit dans le monde intellectuel. — V. Paumer.

Delvau, 1866 : s. f. La tête, — parce qu’elle « médite, raisonne et conseille le crime ». Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Tête. Autrefois, c’était la tête sur les épaules, la tête qui pense. L’autre, la tête coupée, était la tronche. Messieurs les assassins, qui ne sont jamais sûrs de conserver cette partie si essentielle de leur individu, avaient créé deux mots pour exprimer les deux manières d’être, de la tête. Aujourd’hui sorbonne n’est guère plus usité.

Virmaître, 1894 : Tête. Vieille expression ; on lit en effet, dans la chanson du Canstel :

Des réflexions m’trottaient dans la Sorbonne. (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Tête.

France, 1907 : Tête, considérée comme réceptacle de la pensée. Voir Tronche.

Dehors, c’est drôle ! on fait bien du potin…
À l’écouter, ma sorbonne se plisse ;
Serait-ce pour aujourd’hui, cré matin ?
C’est sûr ! j’entends les pas de la police,
Et du bourreau la sinistre milice.

(Tibou, Ballade du Raccourci)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique