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Bordel ambulant

Delvau, 1864 : Fiacre, dont les stores baissés permettent aux amoureux, qui l’ont pris à l’heure pour aller plus doucement, de faire leurs petites affaires de cul.

France, 1907 : Fiacre.

Il y avait autrefois, dit Michel, des voitures de place disposées de manière à servir de lieu de rendez-vous. Bien que les « sapins » d’aujourd’hui ne soient pas constitués en vue de cette destination spéciale, il ne s’y passe pas moins quelquefois de drôles de choses.

(Gustave Fustier)

Chauffer une femme

Delvau, 1866 : v. a. Lui faire une cour sur le sens de laquelle elle n’a pas à se méprendre. Nos pères disaient : Coucher en joue une femme.

France, 1907 : La courtiser, la serrer de près. On disait autrefois : « la coucher en joue. »

Dans un fiacre, agrémenté de la pancarte : CHAUFFÉE, montent un monsieur et une jeune ferme qui baissent aussitôt les stores.
Gavroche, surprenant le fait :
— Pour sûr, alors !… qu’elle va l’être chauffée… à blanc, la p’tite dame !

Entretien

France, 1907 : Conversion intime entre deux personnes d’un sexe différent, et où l’usage de la parole n’est pas absolument nécessaire.

Le soir, il mène Éléonore
Avec un vieux tout plein de feux
Qui lui dit, en baissant le store :
« Cocher, au pas… vas où tu veux !… »
Compris ! Sans souffler mot, il roule
Au bois, comme un pauvre martyr,
Dans les chemins que fuit la foule,
Mais où l’amour prend son plaisir !…
Pour ces trajets il est commode :
S’il entend un seul bruit, eh bien !
Il sifflote un air à la mode,
Il ne voit rien… de l’entretien !…

(Henri Buguet)

Pastoure

France, 1907 : Petite bergère ; abréviation de pastourelle, féminin de pastoureau, du latin pastorellus, diminutif de pastor, pasteur. Patois du Berry.

La Guillette prit avec sa fille une douzaine de jeunes et jolies pastoures, amies et parentes de sa fille, deux ou trois respectables matrones voisines fortes en bec, promptes à la réplique et gardiennes rigides des anciens us.

(George Sand, La Mare au diable)

Rouleuse, roulure

Rigaud, 1881 : Fille qui fait un peu de tous les métiers. Tantôt elle vend des bouquets dans les rues, tantôt de la dentelle sous les portes cochères ; un jour modèle d’atelier, le lendemain vendeuse de parfumerie, etc. — Prostituée de bas étage, celle qui roule de quartier en quartier. Les rouleuses sont des filles qui proposent un tour de promenade en voiture, les stores baissés. Elles habitent ordinairement des chenils dans des quartiers excentriques, vivent avec quelques misérables employés ; ou bien encore elles habitent chez leurs parents ; quelquefois elles n’ont aucun domicile fixe. La plupart d’entre elles portent un petit panier sous le bras et affectent des airs d’ouvrière en course.

Store

Rigaud, 1881 : Œil, paupière. — Baisser les stores, baisser les yeux.

Stores

Virmaître, 1894 : Paupières qui s’abaissent et se relèvent à volonté (Argot des voleurs).

France, 1907 : Paupières ; argot populaire. Baisser les stores, fermer les yeux.

Tarte bourbonnaise

Delvau, 1866 : s. f. Résultat du verbe alvum deponere, — dans l’argot du peuple, qui a la plaisanterie fécale. Il a pour excuse l’exemple de Rabelais (Pantagruel, liv. II, chap. XVI).

France, 1907 : Un étron. Vieille expression que l’on trouve dans Rabelais et Bonaventure Despériers.

Et ne failloit point à vous porter le pauvre Saint Chelant en un fossé, où en quelque tarte bourbonnaise…

(Contes et joyeux devis de Bonaventure Despériers)

Un jour que l’on avait assigné à tous les théologiens de se trouver en Sorbonne, il feit une tartre bourbonnoise, composée de force de ails, de galbanum, de assa fœtida, de castoreum, d’estroncs touts chaulds, et la détrempit en sanies de bosses chancreuses, et de fort bon matin en graissa et oignit tout le treillis de Sorbonne, en sorte que le diable n’y eust pas duré.

(Rabelais, Pantagruel)

Dans le Centre l’on appelle tartes bourbonnaises certains mauvais pas où les chevaux enfoncent jusqu’au poitrail.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique