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Faire chanter

France, 1907 : Voir Chanter.

Lorsque Antoine eut versé à Mme Stéphanoise Dubochet toutes les ivresses de son cœur généreux et tendre, il se rappela qu’il était fin de siècle, qu’il était assoiffé d’argent, et que, somme toute, l’heure avait sonné de faire chanter les deux singes.

(Marc Anfossi)

Gaga, gagace

France, 1907 : Stéphanois, Stéphanoise. C’est ainsi que se désignent entre eux les habitants de Saint-Étienne, sans d’ailleurs attacher à ce nom une signification injurieuse. Parler gaga, parler le patois de Saint-Étienne. C’était, d’abord, le nom donné aux houilleurs et aux forgerons qui s’est étendu ensuite à tous les habitants de la localité.

Gaillardes

Virmaître, 1894 : Joues (Argot des voleurs). V. Jaffles.

France, 1907 : Joues.

La grosse Stéphanie avait de belles gaillardes, mais je leur préférais son gaillard d’arrière.

(Les Propos du Commandeur)

Loi de Lynch

France, 1907 : « Pratique de châtiment infligé sans jugement et en dehors des autorités légales par les individus qui prennent un coupable en flagrant délit ou qui se croient absolument sûrs de sa culpabilité. D’après quelques autorités, ce terme vient d’un fermier virginien nommé Lynch qui, ayant pris un voleur, au lieu de le livrer aux magistrats, prétendit qu’il serait bien mieux puni par lui-même, le pendit à un arbre et le fouetta jusqu’à ce qu’il fût mort. La loi de Lynch a aussi été attribuée à James-Fitz-Stephens Lynch qui, étant maire de Galway (Irlande), en 1493, pendit son propre fils en dehors de sa fenêtre pour avoir volé et tué des étrangers, en disant qu’il n’y avait pas besoin de juges et qu’il fallait donner un bon exemple à la postérité. Cette loi est toujours appliquée aux États-Unis, bien qu’elle soit sévèrement prohibée. » Voir Lynchage et Lyncher.

Nihilisme

France, 1907 : Nom très moderne comme la secte qu’il désigne. Il fut inventé et mis à la mode par le romancier Tourgueneff.

Dans le principe, ce terme fut employé avec une pensée de mépris, mais comme il est arrivé si souvent, le parti l’a fait sien, avec orgueil… Le véritable nihilisme fut un mouvement philosophique et littéraire, qui remonte aux premières années de la libération des serfs et se développe de 1860 à 1870. Aujourd’hui il est absolument terminé… Le nihilisme fut un effort pour affranchir l’homme intelligent de toute dépendance et, corollaire naturel, les classes laborieuses de tout esclavage.
Le principe fondamental du nihilisme proprement dit fut l’individualisme absolu. C’était la négation, au moins de la liberté individuelle, de toutes les obligations imposées à l’individu par la société, la famille, la religion. Le nihilisme fut une réaction puissante et passionnée, non pas contre le despotisme politique, mais contre le despotisme moral qui pèse sur la vie privée, intime de l’individu.

(Stepniak, La Russie souterraine)

Steppage

France, 1907 : Dressage d’un cheval de course ; anglicisme.

Stepper

France, 1907 : Cheval de course ou de voiture de maître ; anglicisme.

Pour une parvenante, un amant en vue ne fait-il pas partie du programme obligatoire autant que la paire de steppers dans des dix mille, l’hôtel baroquement meublé où l’on reçoit à portes ouvertes, les excentricités, les bruyances que notent les échotiers des journaux mondains ?

(Colombine, Gil Blas)

Voilà le hic

France, 1907 : Voilà le difficile ! Voilà le problème.

J’ai connu à Londres un poète français qui traduisait Shakespeare. C’était, si j’ai bonne mémoire, Le chevalier Chatelain, de qui se souvient notre cher grand poète Stéphane Mallarmé. Arrivé à la célèbre phrase du monologue d’Hamlet : That is the question, comment pensez-vous qu’il la traduisit ? « Telle est la question » ou : « Voilà la question ? » Pas le moins du monde ; il traduisit « That is the question », par : « Voilà de hic ! » Et pourquoi pas ? En disant Voilà le hic, n’exprimait-il pas admirablement la pensée d’Hamlet, et de Shakespeare ? La vie, la mort, les problèmes de a prévie et de la survie, voilà de hic en effet !

(Catulle Mendès)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique