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Ad nutum

France, 1907 : À la volonté, à la fantaisie, sur un signe.

Un directeur dans son cabinet, c’est un souverain sur sou trône, aucuns disent aussi un sultan dans son harem. Pour les auteurs, il est le dispensateur de la gloire et de la fortune. De son goût et de son caprice peut dépendre la destinée d’un homme. Il gouverne despotiquement tout un monde d’artistes, de figurants, d’employés, de machinistes et ce monde doit lui obéir ad nutum.

(Henri Fouquier)

Battre l’eau

France, 1907 : Travailler en vain, se donner une peine inutile comme Xerxès, roi des Perses, qui, au dire d’Hérode, fit frapper de verges la mer, pour la punir d’avoir détruit le pont de vaisseaux qu’il avait jeté sur le détroit séparant Sestos d’Abydos, ou l’Asie de l’Europe. « Le pont était formé de vaisseaux rattachés fortement par des cables fournis par les Égyptiens et les Phéniciens ; une tempête l’ayant détruit, le despote ordonna que l’on battit les eaux de l’Hellespont de 300 coups de fouet, qu’on jetât dans la mer une paire d’entraves, et qu’on la marquât d’un fer rouge. »

Canut

France, 1907 : Ouvrier en soie de Lyon.

Je serais fort embarrassé de donner ici l’étymologie du mot canut, par lequel on désigne l’ouvrier de la fabrique lyonnaise, qu’il travaille sur la soie, le velours ou les châles. Ce mot est-il dérivé de canette, bobine sur laquelle se roule la soie ?
Au physique, le canut a le visage pâle, maigre, le coup long et tendu, le dos voûté, le corps grêle, les bras osseux, les mains grosses, les jambes cagneuses, les genoux saillants, les pieds plats. Certes, le portrait n’est ni flatté ni flatteur. Disons cependant qu’il y a quelques heureuses exceptions, et que si le canut est ainsi fait, ce n’est pas sa nature mais son travail qui est coupable et qui le rend difforme.
Au moral, le canut est susceptible, sournois, entêté, vindicatif, peu confiant ; mais il est laborieux, économe, ne souffre aucune marque de mépris, ne manque pas de courage, aide l’ami dans le malheur, souscrit à toutes les actions généreuses, combat toute forme de despotisme et de mesures illégales. Quoique peu instruit, il supplée à ce défaut d’éducation par une certaine dose d’esprit, et si la nature de ses occupations, de son travail, ne venait pas nuire à ses moyens, étouffer ses désirs d’émancipation, refouler son intelligence, on verrait plus souvent sortir de l’obscurité quelques hommes remarquables auxquels l’illustre Jacquard a si glorieusement ouvert la carrière.
L’organe du canut est lent, trainard, d’un son monotone ; son langage et les expressions qu’il emploie forment comme un vocabulaire à part.

(Joanny Augier)

Gruger

d’Hautel, 1808 : Pour, rapiner, voler, manger ; être aux crocs de quelqu’un ; lui soutirer de l’argent.
Il le gruge d’une belle manière. Pour, il le vole, il le ruine secrètement.

Delvau, 1866 : v. a. Manger le bien de quelqu’un, — dans l’argot du peuple. Les gens de lettres écrivent grue-ger, par allusion aux mœurs des grues, — ces Ruine-maison !

France, 1907 : Manger ; du bas allemand grusen, écraser, broyer avec les dents. Gruger quelqu’un, le piller, lui manger son bien.

Certes, ce monde circonscrit, brillant et mêlé, qui va du turf au Jockey, en passant par les foyers de théâtres, nous montre plus de princes tombés aux maquignonnages louches qu’aspirant aux hautes vertus démocratiques. Plus d’un, parmi ces brillants, à mis son grain air, sa renommée d’élégance au service de quelque cocotte, ambitieuse de gruger de jeunes bourgeois vaniteux.

(Francis Chevassu)

Dans Nos Intimes, Victorien Sardou essaye de faire le dénombrement des variétés d’amis. « Nous avons, dit l’illustre académicien, l’ami despote qui nous fait faire ses commissions, l’ami spirituel qui fait des mots à nos dépens, l’ami indiscret qui raconte aux hommes nos petites faiblesses et aux dames nos petites infirmités !… l’ami gêné qui est encore bien plus gênant, l’ami parasite qui nous mange, l’ami spéculateur qui nous gruge, enfin mille espèces d’amis dont le dénombrement serait éternel, depuis celui qui nous emprunte nos livres … qu’il ne nous rend pas, jusqu’à celui qui nous emprunte notre femme… qu’il nous rend ! »

Loufoque

Rigaud, 1881 : Fou, — dans l’argot des voleurs ; en remplaçant, comme dans le jargon des bouchers, la première lettre par un L, et rejetant l’F à la fin avec addition de la désinence oque.

Non, c’est pas le père Duchêne qui est loufoque, c’est vous autres qui êtes des ahuris.

(Le père Duchêne, 1879)

La Rue, 1894 : Fou.

Virmaître, 1894 : Fou (Argot des bouchers).

France, 1907 : Homme fantasque, excentrique, un peu timbré. C’est Le mot fou dénaturé par le procédé loucherbème, en remplaçant la première lettre du mot par l et ajoutant la lettre substituée à la fin du mot suivi de la terminaison oque.

Héliogabale faisant au milieu d’un festin attaquer ses convives par des panthères subitement introduites dans la salle et Guillaume II s’affublant pour fêter son hôte d’un vêtement noir semé de têtes de mort ne font qu’un seul et même aliéné.
C’est l’autorité despotique dont ils jouissent qui pousse ainsi les rois à la démence. Aussi, au lieu de s’en égayer, a-t-on toutes les raisons de trembler pour l’avenir des peuples fatalement destinés à tomber entre les mains de pareils loufoques.

(Rochefort)

Songez donc, ils peuvent imprimer que Louise Michel est folle : c’est si bon quand on est ramolli de pouvoir traiter les autres de loufoques !

(Le Père Peinard)

À forc’ de boire, elle devient loufoque,
Et comme ell’ s’tient à pein’ sur ses fum’rons,
Ses locatair’s lui flanquent des horions ;
Elle a parfois les deux yeux à la coque.

(Héros-Cellarius)

On se hasarde :
« Le beau mollet ! »
Qu’on la regarde
Cela lui plait,
Elle se moque
Et rit tout bas
Du vieux loufoque
Qui suit ses pas.

(Victor Meusy)

Mac

Vidocq, 1837 : s. m. — Amant et souteneur d’une fille publique. Il s’est opéré une telle fusion dans nos mœurs, que plusieurs types se sont effacés sans laisser la moindre trace de leur existence. Bientôt le Mac sera un de ceux-là ; il est déjà fossile, bientôt il sera anté-diluvien. Mais cela ne prouve rien en faveur de nos mœurs ; notre belle jeunesse d’aujourd’hui ne vaut guère mieux que celle d’autrefois ; les dehors sont sans doute moins repoussans, mais l’intérieur est le même, et la seule conclusion qu’il soit possible de tirer de ce qui se passe, c’est que le nombre des êtres vicieux est plus grand. Le métier de Mac, autrefois, n’était guère exercé que par des voleurs ou des mouchards. Ces messieurs étaient jadis les seuls sultans des harems publics ; maintenant les prêtresses de Vénus Callipyge ont pour amans des jeunes gens de famille, ils ne volent personne, ils ne rendent aucun service à la préfecture de police, ils ont même de l’honneur ! Ce qui ne les empêche pas d’envoyer leur femme au vague, et d’avoir conservé toutes les traditions du métier, hormis celles qui pouvaient les compromettre. Que l’on ne croie pas cependant que les filles de joie ont gagné à cet échange ; il y avait autrefois entre elles et leurs amans une certaine conformité de périls et d’infortunes qui rendait la communauté plus douce, communauté qui n’existe plus maintenant. Cependant celui qui s’est fait le despote d’une courtisane, à la charge par lui de la défendre envers et contre tous, s’il n’est ni voleur ni mouchard, est bien prêt de devenir tout cela.
Le monde des Macs était autrefois un monde à part. On voyait ces Messieurs, réunis dans les bouges de la Grève et des environs, prêts, au premier signal, à aller jeter par la fenêtre le malheureux qui, pour son malheur, était entré dans un des mauvais lieux qui, à cette époque, infestaient les rues de la Tannerie, de la Vieille-Lanterne, de la Vieille-Place-aux-Veaux, de la Mortellerie.
Les Macs de l’ancien régime étaient tous costumés de la même manière ; grand chapeau à cornes, cravate d’une ampleur démesurée, veste très-courte, pantalon large, bas à coins de couleur, et chaussure des magasins de la mère Rousselle. Une chique énorme et un bâton long et noueux leur servaient de signes de reconnaissance.
Les filles étaient chargées de pourvoir aux besoins et aux plaisirs de MM. les Macs, et, à cet effet, chacune d’elles avait un compte ouvert chez Dupuis, la mère Bariol, la mère Sans-Refus, taverniers en grande renommée à cette époque. Chaque Mac inscrivait sur une ardoise sa dépense, que sa femme était chargée de payer. L’éponge passée sur une ardoise servait de quittance générale. (Voir Rutière).

Delvau, 1864 : Abréviation de maquereau.

Ça m’ fera peut-être rigoler un brin, de changer d’rôle, et de mac devenir miché.

(Lemercier de Neuville)

Après tout, ce n’est pas si bête
D’avoir fait quatre cents binettes.
D’hommes de lettr’s, de peintr’s et de mac ?

(A. Pothey)

Delvau, 1866 : s. m. Apocope de Maquereau, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Apocope de maquereau, souteneur de filles ; et mecque avec changement de l’a en e. — De maque, marchand ; d’où maquignon.

Virmaître, 1894 : Diminutif de maquereau. Quelques-uns écrivent mec, d’autres mecque. C’est mac qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).

Rossignol, 1901 : Individu qui vit du produit d’un labeur vaginal.

Hayard, 1907 : Souteneur.

France, 1907 : Abréviation de maquereau.

Moutard

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Enfant.

Delvau, 1866 : s. m. Gamin, enfant, apprenti, — dans l’argot du peuple, qui, n’en déplaise à P. J. Leroux et à Francisque Michel, n’a eu qu’à regarder la chemise du premier polisson venu pour trouver cette expression.

France, 1907 : Petit garçon.

Au reste, si l’insolence envers la roture peut être admise comme preuve de noblesse, cette aristocratie de l’enfance en est possédée au plus haut degré, et l’égalité tant vantée du collège n’existe pas réellement. Ces patriciens superbes comprennent toute la plèbe qui les entoure sous la dénomination injurieuse de moutards ou de mômes et se livrent à leur égard à des extorsions et à des abus de pouvoir qui caractérisent un despotisme effréné.

(Henri Rolland, L’Écolier)

Nihilisme

France, 1907 : Nom très moderne comme la secte qu’il désigne. Il fut inventé et mis à la mode par le romancier Tourgueneff.

Dans le principe, ce terme fut employé avec une pensée de mépris, mais comme il est arrivé si souvent, le parti l’a fait sien, avec orgueil… Le véritable nihilisme fut un mouvement philosophique et littéraire, qui remonte aux premières années de la libération des serfs et se développe de 1860 à 1870. Aujourd’hui il est absolument terminé… Le nihilisme fut un effort pour affranchir l’homme intelligent de toute dépendance et, corollaire naturel, les classes laborieuses de tout esclavage.
Le principe fondamental du nihilisme proprement dit fut l’individualisme absolu. C’était la négation, au moins de la liberté individuelle, de toutes les obligations imposées à l’individu par la société, la famille, la religion. Le nihilisme fut une réaction puissante et passionnée, non pas contre le despotisme politique, mais contre le despotisme moral qui pèse sur la vie privée, intime de l’individu.

(Stepniak, La Russie souterraine)

Ogresse

Bras-de-Fer, 1829 : Femme qui loue des effets aux filles.

Vidocq, 1837 : s. f. — Les filles publiques nomment ainsi les revendeuses qui leur louent la pièce qui manque à leur toilette, au besoin même la toilette toute entière ; elles ne pouvaient vraiment choisir un nom plus caractéristique, et qui exprimât mieux l’idée qu’elles voulaient rendre ; rien, en effet, ne peut être comparé aux Ogresses ; elles sont plus voraces que le boa constrictor, plus inhumaines que la hiène, plus âpres à la curée qu’un chien de basse-cour ; aussi ce n’est que forcées par la nécessité que les tristes filles de joie s’adressent à elles ; mais comme la nécessité est presque toujours assise à leur porte, les Ogresses reçoivent tous les jours de nombreuses visites, et tous les jours leur bourse s’arrondit.
Plus de 15,000 filles de joie sont inscrites sur les registres de la préfecture de police, et parmi elles l’on compte à peine quelques centaines de parisiennes, encore sont-elles en carte, c’est-à-dire qu’elles exercent pour leur propre compte ; les autres se prostituent au bénéfice des maîtresses de maison ; ce sont celles-là que l’on nomme filles d’amour ou en numéro ; elles ne possèdent rien en propre, ni robes, ni chemises, ni bas ; aussi madame, qui connaît leur misère, madame, que la police protège, et qui souvent n’a qu’un mot à dire pour envoyer ses pensionnaires passer quelques mois à Saint-Lazare, les mène tambour battant et règne despotiquement sur son petit royaume ; mais il lui arrive quelquefois ce qui arrive aux souverains absolus : son peuple, las de souffrir, lève enfin la tête et se soustrait à sa domination ; l’Ogresse alors est, pour la fille qui a quitté l’empire de sa souveraine, une seconde providence ; elle lui loue, moyennant trois ou quatre francs par jour, une toilette qui peut bien valoir, estimée au plus haut prix, de 30 à 40 francs, et que la pauvre fille garde quelquefois des mois entiers de sorte qu’elle se trouve avoir payé le double de ce qu’ils valent, des objets qui, en définitive, ne lui appartiennent pas.
Le métier des Ogresses est bien ignoble, sans doute, et les Ogresses sont des femmes bien méprisables, mais cependant sans elles les pauvres créatures dont je viens de parler seraient quelquefois très embarrassées, et plus d’une bien certainement s’est dit, en remettant à l’Ogresse sa rétribution quotidienne, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Halbert, 1849 : Tavernière de tapis-franc ou maison galante.

Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse de tapis-franc, de maison borgne, — dans l’argot des voleurs, qui ont sans doute voulu faire allusion à l’effroyable quantité de chair fraîche qui se consomme là dedans.

Delvau, 1866 : s. f. Marchande à la toilette, proxénète, — dans l’argot des filles, ses victimes.

Rigaud, 1881 : Cabaretière, propriétaire d’un garni à la nuit et à la corde. — Revendeuse à la toilette, vendeuse et revendeuse de chair humaine plus ou moins fraîche.

La Rue, 1894 : Maîtresse d’hôtel borgne. Cabaretière. Marchande à la toilette. Proxénète.

Virmaître, 1894 : Femme friande de chair fraîche appartenant à son sexe (Argot des filles). V. Accouplées.

Virmaître, 1894 : La procureuse ou la proxénète, bouquetière ou marchande à la toilette ; elle donne cent sous aux filles quand elle touche vingt francs, elle leur vend mille francs ce qui vaut cent francs. Mot à mot : l’ogresse les mange toutes crues (Argot des filles).

Hayard, 1907 : Tenancière de caboulot. Proxénète.

France, 1907 : « Femme friande de chair fraîche appartenant à son sexe. » (Ch. Virmaître)

France, 1907 : Tenancière d’un débit de bas étage, maîtresse d’un lupanar, d’un hôtel borgne, marchande à la toilette, proxénète.

Sans beurre ou chiffonniers aristocrates

Vidocq, 1837 : Le cabaret du Pot blanc, situé à proximité de la barrière de Fontainebleau, est le rendez-vous de ces hommes qui parcourent les rues de Paris le crochet à la main, la hotte sur le dos, et qui quelquefois sont munis d’une lanterne, non pas comme Diogène pour chercher un homme qu’ils ne trouveraient pas dans la rue de la moderne Babylone, mais pour chercher, calembourg à part, des loques à terre.
Les mœurs de ces individus sont de nature à être peintes. Malgré leur amour pour l’égalité des rangs, et la liberté, ils n’en sont pas moins de véritables despotes, des aristocrates s’il en fût.
Les chiffonniers se sont classés suivant leur rang, leur fortune, et le genre qu’ils ont adopté. Ceux qui possèdent un hoteriot en bon état, un crochet dont le manche est propre et luisant forment la première classe ; ceux qui appartiennent à la seconde n’ont qu’un mannequin assez propre ; ceux qui appartiennent à la troisième ne possèdent qu’une vieille serpillère dans laquelle ils mettent ce qu’ils ramassent.
Ce n’est pas seulement dans l’exercice des fonctions que la distinction a lieu, elle existe aussi au Pot blanc, et pour ne point mettre leur hoteriot en contact avec les mannequins et les serpillières, les chiffonniers de la première classe se sont emparés de la plus belle, ou plutôt de la moins vilaine pièce du Pot blanc : elle leur appartient exclusivement, et pour bien indiquer sa destination, ils l’ont nommée la Chambre des Pairs. Les porteurs de mannequins, à leur exemple, se sont emparés d’une autre pièce qu’ils ont nommée la Chambre des Députés. Les membres de la troisième classe ont donc été forcés de se contenter de celle dont n’ont point voulu les deux autres, el ils l’ont nommée : la Réunion des vrais Prolétaires.
L’étiquette étant ainsi réglée, les membres d’une chambre n’oseraient entrer dans celle destinée à une catégorie à laquelle ils n’appartiennent pas ; ils sont très-retenus, et par conséquent très-sévères envers celui qui pénètre dans le sanctuaire sans y être appelé.
À l’entrée de chaque salle sont rangés les hoteriots, les mannequins, et les serpillières ; les crocs ont aussi leur place.
Le vin qu’on boit au Pot blanc n’a pas été composé avec le jus de la treille ; mais, tel qu’il est, il paraît fort bon aux habitués ; il est servi dans un pot de terre que ces Messieurs nomment petit père noir, et extrait d’un broc omnibus auquel ils ont donné le nom de Moricot. Des filles d’une tournure toute particulière servent une gibelotte équivoque, du bœuf à la mode, ou d’autres mets de cette espèce, mais elles en exigent la valeur avant même de déposer le plat sur la table. On voit souvent les consommateurs venir rendre au comptoir les brocs, pots et verres, et boire jusqu’à concurrence de la somme déposée en garantie de ces objets ; le comptoir est un lieu franc où fraternisent les membres des trois catégories.

Sic volo, sic jubeo

France, 1907 : Je le veux et je l’ordonne ainsi. Locution latine.

Voltaire a dit que la langue française était une gueuse orgueilleuse. On peut dire, avec plus de raison, que la langue française est une mère arbitraire et despotique, n’écoutant ni raison ni logique, imposant sa loi à ces enfants comme elle l’a reçue de ses ancêtres, sans tenir aucun compte, ni des hommes, ni des lieux, ni des progrès faits par d’autres langues et n’ayant qu’une devise jupitéresque : Sic volo, sic jubeo.

(Alexandre Weill, Étude comparative de la langue française avec les autres langues)

Sit pro ratione voluntas

France, 1907 : Que ma volonté serve de raison. Locution tirée de Juvénal et qu’on applique au despotisme, où a une impérieuse volonté.

Voyoucratie

Delvau, 1866 : s. f. Gouvernement de la blouse sale ; tyrannie du ruisseau ; démocratie qui ferait regretter aux républicains sincères « le despotisme de nos rois » — lequel du moins était un despotisme aimable.

Rigaud, 1881 : Prétention de la canaille à primer les autres classes de la société.

France, 1907 : Le monde des voyous ; la tyrannie de la canaille.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique