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Coire

Halbert, 1849 : Ferme ou métairie.

Delvau, 1866 : s. f. Ferme, métairie, — dans l’argot des voleurs.

La Rue, 1894 : Ferme. Chef de bande.

Virmaître, 1894 : Ferme ou métairie (Argot des voleurs).

France, 1907 : Chef. Corruption de coëre.

— Je rencontrai des camarades qui avaient aussi fait leur temps ou cassé leur ficelle. Leur coire me proposa d’être des leurs ; on faisait la grande soulasse sur le trimar.

(Victor Hugo)

France, 1907 : Ferme où métairie.

Faire la grande soulasse

Bras-de-Fer, 1829 : Assassiner.

Delvau, 1866 : v. a. Assassiner, — dans l’argot des voleurs.

Virmaître, 1894 : Assassiner tous les habitants d’une maison (Argot des voleurs).

Faire la grande soûlasse

Rigaud, 1881 : Assassiner par profession.

Faire la grande soulasse sur le trimard

France, 1907 : Assassiner sur les grandes routes.

Grand soulasse

Bras-de-Fer, 1829 : Assassinat.

France, 1907 : Assassinat ; argot des chauffeurs.

— Eh bien ! père Cornu, ça marche-t-il ?
— Tout à la doucette.
— Que faites-vous maintenant ?
— Toujours le grand soulasse, toujours le grand soulasse.
— On fait ce qu’on peut.
— Chacun sa partie.
— Et vous ne craignez pas la passe ?
— Eh ! on ne la craint point, ma fine, quand n’y a plus de parrains (témoins).
— Vous êtes un malin, père Cornu.
— Peut-être bien qu’oui, peut-être bien que non.

(Marc Mario, Vidocq)

Poulainte

Vidocq, 1837 : s. — Vol par échange. (Voir Graisse, Soulasse, Charrieurs.)

Delvau, 1866 : s. f. Vol par échange.

Rigaud, 1881 : Vol par échange. (Fr. Michel)

La Rue, 1894 : Vol par échange.

France, 1907 : Tricherie sur un échange de marchandises ; argot des voleurs.

Slasse

France, 1907 : Ivre : abréviation de soulasse ; de même on a fait slasser, saouler.

Soulasse

Ansiaume, 1821 : Joueur, escroc.

Il ne fait que soulasser, picter et tortiller.

Vidocq, 1837 : Ce mot, beaucoup plus usité dans les départemens qu’à Paris, n’est guère employé que par les voleurs de la Haute Pègre, et signifie : se lier avec une personne pour la tromper ensuite d’une manière quelconque. Tous les membres de la grande famille des trompeurs peuvent donc être nommés Soulasses.
Un assassin, exécuté à Rouen il y a plusieurs années, avait donné à ce mot une autre signification. Voici dans quelle occasion.
« Eh bien, père Cornu, comment vous portez-vous ? Que faites-vous maintenant ? lui disait un jour un voleur qu’il venait de rencontrer. — Toujours la Grande Soulasse, mon enfant, répondit le père Cornu. » Et ces mots toujours la Grande Soulasse, dans la bouche du père Cornu, ne pouvaient être traduits que par ceux-ci : Toujours l’assassinat !
[ Le père Cornu, dont j’ai parlé dans mes Mémoires, avait trois garçons et deux filles : les garçons sont morts tous les trois sur l’échafaud, et les deux filles en prison. Le caractère de l’une d’elles, nommée Marguerite, était si cruel, qu’un jour, après avoir de complicité avec toute sa famille commis un triple assassinat, elle porta la tête de l’une des victimes dans son tablier pendant tout le temps qu’elle mit à faire plusieurs lieues.]

La Rue, 1894 : Traître, trompeur. Jeu. La grande soulasse, l’assassinat.

France, 1907 : Traître.

Soûlasse

Rigaud, 1881 : Traître, trompeur. (Colombey)

Soulasse (faire la grande)

France, 1907 : Voler et assassiner sur les grands chemins.

Soulasse (grande)

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Assassinat. Faire la grande soulasse, tuer les gens après les avoir volés.

Soûlasse (la grande)

Rigaud, 1881 : L’assassinat ; l’habitude de l’assassinat. — Maquiller la grande soulasse, faire le métier d’assassin.

Soulasse, soulasser

Clémens, 1840 : Joueur, jouer.

Soulasser

Ansiaume, 1821 : Jouer en trompant.

C’est un marloux qui soulasse bien aux brêmes.

Watriner

Fustier, 1889 : Tuer, assassiner et, par extension, détruire, renverser par force. Allusion au meurtre que commirent, au mois de février 1886, les mineurs de Decazeville sur la personne de leur sous-directeur, M. Watrin, dont ils prétendaient avoir à se plaindre.

Il ne manque dans ma boutique
Que le tonnerre et les éclairs
Pour watriner toute la clique
Des exploiteurs de l’univers.

(Galette anecdotique, février 1887)

En avant ! et watrinez les obstacles qui entravent votre mouvement.

(Grève sociale, février 1886)

De watriner on a fait watrinade qui, pour les révolutionnaires, est synonyme de vengeance, de représailles et qui, pour les honnêtes gens, signifie tout simplement crime, meurtre, assassinat.

Hier encore, un ouvrier jugeait à propos de tirer sur son patron. Le Cri du Peuple, naturellement, exalte le courage de l’assassin et qualifie de watrinade ce qui est un crime.

(Parti national, mars 1887)

France, 1907 : Assassiner le contremaitre ou le patron ; néologisme créé depuis l’assassinat de l’ingénieur Watrin par ses propres ouvriers aux troubles de Decazeville en 1886. C’est une expression très caractéristique et spéciale à ajouter à celles indiquant l’acte de tuer son prochain et dont voici les principales : abasourdir, buter, capahuter, cônir, couper le sifflet, crever la paillasse, chouriner, décrocher, dégringoler, démolir, descendre, dévisser le trognon, écharper, endormir, entailler, envoyer ad patres, érailler, esbasir, escarper, escoffier, estourbir, estrangouiller, expédier, faire banque, faire flotter, faire passer le goût du pain, faire un macchabée, faire suer un chêne, faire la grande soulasse, faire le pante, foutre à l’ombre, laver son linge dans la saignante, lingrer, moucher le quinquet, rebâtir, rebouisser, refroidir, sabler, saigner, scionner, suager, sonner, suriner, terrer, tortiller le gaviot, tourner la vis, tourlourer, watiner.

J’ai ce qu’il faut dans ma boutique,
J’ai le tonnerre et les éclairs,
Pour watriner toute la clique
Des affameurs de l’univers.

(Chanson anarchique.)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique