Virmaître, 1894 : La tournure que portent les femmes pour faire bouffer leur robe. Celle tournure est ainsi nommée parce qu’elle est au-dessus du trou du souffleur (Argot du peuple). N.
Acteur
Attrapeur
Rigaud, 1881 : Critique malveillant, bruyant et ignorant. L’attrapeur s’attaque à la pièce, aux auteurs, aux décors, au souffleur au besoin. C’est presque toujours un ami de l’auteur ou un impuissant ou un quidam entré au théâtre avec un billet de faveur.
Boudin
d’Hautel, 1808 : Clair comme du boudin. Se dit d’une affaire obscure effort embrouillée.
Faire du boudin. Minauder, bouder, faire l’enfant ; signifie aussi dormir la grasse matinée.
Cette affaire tournera en eau de boudin. Pour dire qu’elle n’aura aucun succès.
Souffleur de boudin. Homme qui a un gros visage, une figure grotesque.
Vidocq, 1837 : s. m. — Verrou.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Larchey, 1865 : Verrou (Vidocq). — Allusion à la forme des verrous ronds qui ferment les grandes portes.
Delvau, 1866 : s. m. Verrou, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Doigt épais et rouge.
Rigaud, 1881 : Verrou.
La Rue, 1894 : Verrou. Estomac.
France, 1907 : Verrou, estomac. En avoir plein le boudin. Sac à boudin, ventre. L’expression est vieille, on la trouve dans Scarron :
Énéas de sa grande épée,
Plus fier que ne fut un Pompée,
Éventa le sac à boudin
De ce désespéré blondin.
(Le Virgile travesti)
Capot
d’Hautel, 1808 : Être capot. Ne point faire de levées dans une partie ; et par extension, être mal dans ses affaires, être ruiné. Il signifie aussi être honteux, surpris et confus.
Rigaud, 1881 : Trou du souffleur, pour capote ; par allusion à la forme de cette boîte dont le couvercle rappelle la capote de cabriolet.
Dessalée
Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme de mauvaise vie, — dans le même argot [du peuple]. Cette expression, qui a plus d’un siècle, signifie aussi femme rusée, roublarde.
Rigaud, 1881 : Femme rusée, coquine délurée, femme sans moralité ni tenue. La dessalée était la gourgandine de nos pères. Ce n’était primitivement qu’une épithète accrochée au vocable « morue. » On disait sous Louis XV « morue dessalée » pour donner plus de force à l’injure. Aujourd’hui tout est si cher, même les mots du bas langage, que d’mie injure on en a fait deux, et voilà pourquoi l’on dit « morue » pour désigner une femme sale, repoussante, et pourquoi « dessalée » dans le sens de fille de joie.
Vous paraissez toutes deux assez dessalées.
(Les Souffleurs)
La Rue, 1894 : Femme rusée ou sans moralité ni tenue.
France, 1907 : Femme de mœurs légères.
Envoyer
d’Hautel, 1808 : Je l’ai envoyé paître, promener, au diable. Pour dire que l’on a congédié durement un importun, un fâcheux.
Delvau, 1866 : v. a. et n. Injurier, se moquer, critiquer, — dans l’argot du peuple. C’est bien envoyé ! Se dit d’une repartie piquante ou d’une impertinence réussie.
Rigaud, 1881 : Dire, répondre, lancer la réplique. C’est rien envoyé ! c’est bien répondu.
Rigaud, 1881 : Pour envoyer le mot, la phrase à l’acteur. C’est le rôle du souffleur. Un souffleur qui envoie bien est précieux.
Rossignol, 1901 : Voir appuyer.
Faire de la toile
Rigaud, 1881 : Perdre la mémoire, oublier le texte et improviser, en attendant le secours du souffleur, — dans le jargon des coulisses. Frédérick Lemaître faisait souvent de la toile, et il faut avouer que, presque toujours, sa version était préférable à celle de l’auteur. Un jour, à la répétition générale d’une pièce de Barrière, comme il faisait de la toile : « Faites attention, lui dit le collaborateur de madame de Prébois, vous marchez dans ma prose. » Frédérick s’arrête, le toise, et avec cette ampleur de geste qui le caractérisait : « On prétend, répond-il, que ça porte bonheur. »
Haloteur
Halbert, 1849 : Souffleur.
Incurable (portier des)
Rigaud, 1881 : C’est sous cette dénomination qu’on désignait, en 1835, le balcon du Théâtre-Français.
C’est là que se réfugie l’opposition ultra classique des vieux amateurs.
(Jacques le souffleur, Dict. des coulisses, 1835)
Poisson souffleur
Virmaître, 1894 : Rendre par les narines, comme le font certains fumeurs de cigarettes, ce qui est aspiré par la bouche. Se prend dans deux sens (Argot du peuple).
Poisson souffleur (faire le)
Rigaud, 1881 : Fellare. Aspirer la vie à ses sources.
Prendre au souffleur
Delvau, 1866 : Jouer son rôle le sachant mal, en s’aidant du souffleur. Argot des coulisses. On dit aussi : Prendre du souffleur.
France, 1907 : Ne pas savoir son rôle et jouer en s’aidant beaucoup trop du souffleur ; argot théâtral.
Prendre des temps de Paris
Larchey, 1865 : Signifie, au théâtre, préparer ce que l’on a à dire par une pantomime pour augmenter l’effet. Le mot a été inventé par des comédiens de province (Couailhac).
Delvau, 1866 : Augmenter l’effet d’un mot par une pantomime préalable, — dans l’argot des comédiens de la banlieue et de la province.
Rigaud, 1881 : « Préparer ce que l’on a à dire par une pantomime vive et animée, pour en augmenter l’effet. C’est encore sauver son manque de mémoire par une pantomime. C’est Monvel qui, le premier, pour venir en aide à sa mémoire et attendre le souffleur, avait une délicieuse pantomime de petit-maître. Il secouait son jabot, arrangeait ses manchettes, etc. » (V. Couailhac, La Vie de théâtre)
Prendre du souffleur
Rigaud, 1881 : Tout attendre du souffleur. Réciter son rôle avec l’aide incessante du souffleur, quand on l’a oublié ou qu’on n’a pas eu le temps de l’apprendre, — dans le jargon du théâtre. C’est-à-dire prendre les mots de la bouche du souffleur.
Souffleur
d’Hautel, 1808 : Pour un buveur, un ivrogne, un fils de Noé.
Souffleur de boudin
Delvau, 1866 : s. m. Homme à visage rubicond.
Virmaître, 1894 : Individu à visage boursouflé, joufflu. Allusion au compagnon charcutier dont les joues gonflent quand il souffle dans le boyau. Cette expression est également employée d’une autre manière, sous forme de proposition… (Argot du peuple). N.
Souffleur de boudins
France, 1907 : Personne à figure bouffie.
Souffleur de poireau
France, 1907 : Joueur de flûte.
Théâtre de la nature
Delvau, 1864 : Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine. Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc ; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu. Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec un instrument à vent une ouverture sur les motifs de : sentir avec ardeur. Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant ; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu… il pleure. La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport, — à moins de raisons majeures. — Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle tort applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui… Souvent il se fatigue, revient malade… Alors la directrice se plaint et l’administration coule ! Nota ; La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.
Toile (faire de la)
Rigaud, 1881 : Ne pas manger faute d’argent, — dans le jargon des tailleurs.
France, 1907 : Se dit d’un acteur qui ne sait pas sou rôle, qui improvise, qui joue au souffleur ; argot théâtral.
Trou de balle
Delvau, 1866 : s. m. Le podex, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Trou du souffleur et Trou de bise.
Virmaître, 1894 : Le derrière. On dit aussi : la lumière (Argot du peuple).
France, 1907 : Anus. On dit aussi trou d’Aix, trou du souffleur, trou de bise.
Pour lors, on a fait respirer à Ressegnier un litre de vinaigre et un kilo de sels anglais, après quoi on l’a palpé sur toutes les coutures ; — seul, le trou de balle, dont la nature l’a orné, dénotait quelque chose de pas normal.
(La Sociale)
Trou de bise
Rigaud, 1881 : Derrière.
Parce qu’il est continuellement éventé des vents du trou de bise.
(Rabelais, l. I)
Et les variantes : Trou de balle, trou du souffleur.
Argot classique, le livre • Telegram