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Assaut

d’Hautel, 1808 : Faire assaut de bêtises et de malhonnêtetés. Débiter à qui mieux mieux des sornettes, des contes biscornus ; se dire réciproquement de grosses injures.

Battre un quart

Rigaud, 1881 : Dire des sornettes, faire des contes à endormir, — dans l’ancien argot.

Bourder

d’Hautel, 1808 : Mentir, dire des sornettes, donner des colles, tenir des discours qui n’ont ni rime ni raison.

Chanson

d’Hautel, 1808 : Pour sornettes, fadaises, contes en l’air.
Il ne se paie pas de chansons. Signifie, il veut des effets et non de vaines paroles.
C’est la chanson de rịcochet, on n’en voit pas la fin. Pour dire, c’est une conversation aussi sotte qu’ennuyeuse ; c’est toujours les mêmes paroles, la même répétition.
C’est bien une autre chanson. Pour c’est bien une autre affaire ; c’est une affaire à part.

Cœur (joli)

France, 1907 : Bellâtre, coqueluche des dames : l’amant d’Amanda. C’est aussi un mot d’amitié dont se servent les travailleuses de nuit :

— Dites donc, joli cœur, vous ne montez pas… je serai bien gentille.

Ils n’y manquaient pas, les jolis cœurs, vous savez, les commis de magasin, les miroirs à farceuses, qui logent le diable dans leur porte-monnaie et ont, quand même, une cravate fraîche.

(François Coppée, Le Journal)

Faire le joli cœur, prendre des mines, rouler des yeux pâmés, débiter des sornettes pour séduire de naïves jouvencelles. Faire la bouche en cœur, sourire amoureusement.

Dans ce qu’on appelle le beau monde, les femmes qui se détestent le plus ne s’abordent jamais qu’en se faisant la bouche en cœur.

Colin-Tampon

d’Hautel, 1808 : Mot baroque et plaisant qui signifie baliverne, sornette, fadaise, niaiserie, pauvreté.
Je m’en soucie comme de Colin-Tampon. Pour, cette chose m’est absolument indifférente, ne m’importe nullement ; je me moque de tout ce qui peut en arriver. Ce mot adressé à quelqu’un devient un sobriquet injurieux

Faire fiasco

France, 1907 : Échouer complètement.
L’expression vient d’Italie, Ludovico Fiasco, que nous appelons Fiesque, était un gentilhomme de Gênes qui, en 1547, ourdit avec l’aide de la France et du pape Paul III une conspiration contre l’amiral Andreo Doria. Il parvint à l’aide de ses deux frères, à s’emparer des portes du port de Gênes, mais il se noya en montant sur son vaisseau, au moment peut-être de réussir.

En fait de chances déshonnêtes,
Nous comptions tout dernièrement
Sur Simon lisant les sornettes
Du grand pétitionnement ;
Mais, hélas ! cet Iscariote,
Ce politique à la Bosco,
Ce faux et louche patriote,
N’a fait qu’un immense fiasco !

(Julien Fauque, Ce que disent les Jésuites)

Les Allemands ont la même expression : Fiasco machen.

Faribole

d’Hautel, 1808 : Goguettes, plaisanteries, sornettes.
Un conteur de fariboles. Homme vain, frivole et léger ; qui n’a que des fadaises à la bouche.

Delvau, 1866 : s. f. Farce, plaisanterie, gaminerie, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Chose sans importance, objet de peu de valeur. On disait autrefois et on dit encore quelquefois Falibourde.

France, 1907 : Plaisanterie, farce. Objet sans valeur. Voir Fariboulet.

Par notre faute et notre très grande faute, les peuples se sont épris de redoutables fariboles : principe des nationalités, irrédentisme, groupement des races, etc. Nous savons ce que cela nous a coûté. Mais le mal est fait. L’Europe est hérissée de baïonnettes ; partout, on centralise à outrance, et le roi de Saxe ni celui de Bavière n’ont même le droit de graver leur profil sur les timbres-poste.

(François Coppée)

Gaudrioles

d’Hautel, 1808 : Colifichets, ornemens superflus ; gaillardises, sornettes, balivernes.

Goguette

d’Hautel, 1808 : Sornettes, badinerie, mot pour rire.
Faire ses goguettes. Se divertir, faire bonne, chère, mener une joyeuse vie.
Être en goguettes. Pour dire être en joyeuse humeur.
Chanter goguette. Pour gronder, réprimander quelqu’un, lui dire des injures.

Larchey, 1865 : Société chantante. — Au moyen âge, ce mot signifiait Amusement, réjouissance.

Il y a environ trois cents goguettes à Paris, ayant chacune ses affiliés connus et ses visiteurs. L’entrée de la goguette est libre.

(Berthaud)

L’affilié de la goguette est un goguettier.

Delvau, 1866 : s. f. Chanson joyeuse. Être en goguette. Être de bonne humeur, grâce à des libations réitérées.

Delvau, 1866 : s. f. Société chantante, — dans l’argot du peuple, qui lui aussi a son Caveau.

Rigaud, 1881 : Cabaret où l’on, cultive la chanson inter pocula, en dînant et après dîner.

France, 1907 : Joie, belle humeur, suite de libations ; de gogue.

Franc ami de la goguette,
Ma chambre est une guinguette
Où je tiens festin et bal.

(Désaugiers)

… La manie de tourner tout en ridicule excite la verve de certains écrivains et le crayon de quelques dessinateurs avides de réclames scandaleuses. Journellement le public se groupe aux étalages des marchands de journaux pour regarder des gravures sans esprit, représentant des sœurs de charité, des prêtres en goguette ou des officiers et des soldats dans des tenues et des allures grotesques.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Condamner à la déportation dans une enceinte fortifiée, pour quelques articles de journaux, un homme qui n’a jamais conspiré — est déjà bien. Ajouter trois mois de prison à cette peine qui implique la mort civile est tout à fait piquant. Ce sont là de ces facéties auxquelles se plait la magistrature, qui, alors même qu’elle est en goguette, a toujours la plaisanterie un peu macabre.

(Édouard Drumont, La Libre Parole)

Matagrabolique

France, 1907 : « J’oserai dire encore que peu de nos contemporains ont feuilleté les Deux Cadavres dont s’honora Frédéric Soulié,

Auteur néfaste à la grammaire.

Le genre truculent, féroce et romantique n’a rien fourni de plus pharamineux que cette effroyable rapsodie. Entre autres sornettes, un fils de Cromwell (autant qu’il m’en souvienne) assassine et viole, sur le cercueil paternel, une fille de Charles Ier. Toutes gentillesses écrites, au surplus, dans un auverpin matagrabolique, prudhommesque et grandiloquent : le Sinaï chez l’épicier ! »

(Tybalt, Écho de Paris)

Menottes

Delvau, 1866 : s. f. pl. Mains, — dans l’argot des enfants, des mères et des amoureux. On disait mainettes au temps jadis, comme le prouvent ces vers de Coquillart :

Tousjours un tas de petits ris,
Un tas de petites sornettes.
Tant de petits charivaris,
Tant de petites façonnettes,
Petits gants, petites mainettes.
Petite bouche à barbeter…

Merlan

d’Hautel, 1808 : Un merlan à frire. Sobriquet que l’on donne à un perruquier, à cause de la poudre qui couvre ordinairement ses habits.

Larchey, 1865 : « Sobriquet donné à un perruquier à cause de la poudre qui couvre ordinairement ses habits. » — d’Hautel, 1808.

La Peyronie est chef de perruquiers qu’on appelle merlans parce qu’ils sont blancs.

(Journal de Barbier, 1744)

Delvau, 1866 : s. m. Coiffeur, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis l’invention de la poudre à poudrer, parce qu’alors les perruquiers étaient toujours enfarinés comme prêts à mettre en la poêle à frire. Le Journal de Barbier en fait mention, ce qui lui donne plus d’un siècle de circulation.

Rigaud, 1881 : Surnom donné autrefois à celui qui s’appelle aujourd’hui « artiste en cheveux ».

La Rue, 1894 : Perruquier.

Virmaître, 1894 : Coiffeur perruquier. Quand le perruquier met de la poudre de riz à son client, il l’enfarine comme le merlan avant d’être mis dans la poêle à frire (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Perruquier, coiffeur.

Hayard, 1907 : Coiffeur.

France, 1907 : Coiffeur, perruquier. Ce sobriquet date de l’époque où la mode était de porter des perruques poudrées. Les perruquiers, constamment occupés à poudrer les têtes, se trouvaient enfarinés comme des merlans que l’on va frire.

M. Edmond, le coiffeur de Madame, sollicitait chaque matin l’honneur de renouveler les raies de Mademoiselle : Madeleine acceptait volontiers. Alors, le perfide merlan crêpait, embrouillait, démêlait et remêlait à plaisir l’épaisse chevelure de la jeune fille, afin d’avoir tout le temps possible de lui débuter des sornettes…

(Jules Noriac, Le Grain de sable)

Et donc, je tire mon chapeau
À ces bonnes têtes de canne,
Mais auparavant, dans leur peau,
Que l’immortalité boucane,
Un dernier coup de sarbacane !
À ces bribes, dont le merlan,
Quand ils se font coiffer, ricane,
Je veux offrir leur jour de l’An.

Sisez-vous

France, 1907 : Asseyez-vous.

Sisez-vous donc dessus ces bancs.
Cheminaux, vieux conteux d’sornettes,
Courandiers, j’ons du bon p’tit vin,
Traineurs de peill’s et de besaces,
Mèn’-tout, va-nu-pieds, grands flandrins,
Venez vous couleurer la face.

(Hugues Lapaire, Noël berriand)

Sorgue

Ansiaume, 1821 : Nuit.

Il ne faut suivre le grand trimard que de sorgue.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Nuit.

Vidocq, 1837 : s. — Nuit.

Clémens, 1840 : Nuit.

M.D., 1844 / M.D., 1844 : La nuit.

un détenu, 1846 : Nuit.

Halbert, 1849 : La rue.

Larchey, 1865 : Soirée, nuit. — Roquefort donne sorne avec la même signification. V. Baïte, Chenu, Billon.
Sorguer : Passer la nuit.

Content de sorguer sur la dure, va, de la bride (chaîne) je n’ai pas peur.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Nuit, — dans l’argot des voleurs. Les Maurice La Châtre de Poissy prétendent qu’il faut écrire Sorgne.

Rigaud, 1881 : Nuit, soir. — Sorgabon, bonsoir, bonne nuit ; qui ne vient pas du tout du basque gabon, bonsoir, comme l’a avancé V. Hugo. Sorgabon, c’est bon sorgue retourné.

La Rue, 1894 : Nuit. Sorguer, dormir.

Virmaître, 1894 : La nuit (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : La nuit.

Hayard, 1907 : Nuit.

Sorgue, sorne

France, 1907 : Nuit ; argot des voleurs, de l’argot espagnol sorna.

— Belle fichue vie que d’avoir continuellement le taf des griviers, des coques, des rousses et des gerbiers, que de ne pas savoir le matois si on pioncera la sorgue dans son pieu…

(Mémoires de Vidocq)

La grande sorgue, la mort.

Ça t’étonn’ ?… ben, vrai, tu m’épates !
C’est la vi’… faut porter l’licou
Tant qu’on tient un peu su’ses pattes
Et tant qu’on peut en foute un coup,
Et pis après, c’est la grand sorgue.
Toi, tu t’en iras chez Maquart.
Moi, j’irai p’t’êt’ ben à la morgue,
Ou ben ailleurs… ou ben aut’ part.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Se refaire de sorgue, souper.

— Si au lieu de pitancher de l’eau d’aff nous allions nous refaire de sorgue au Lapin Blanc ?

(Eugène Sue, Les Mystères de Paris)

Sorne

Halbert, 1849 : Noir.

Rigaud, 1881 : Nuit ; pour sorgue. — Noir.

France, 1907 : Noir, nuit ; de l’argot espagnol sorna.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique